Chapitre 1 516
Un passage surgit du néant, né de l’annihilation.
Il ne semblait pas s’agir d’une entité physique, mais plutôt d’une forme d’énergie extrêmement singulière, qui traçait de force un chemin à travers le vide.
L’homme vêtu de pourpre fit un pas en avant et disparut aussitôt. L’instant suivant, il avait déjà rejoint l’autre extrémité du passage.
Li Fan et l’Héritier du Dao échangèrent un regard, puis le suivirent de près.
S’ils avaient été seuls à pénétrer pour la première fois dans cette voûte étoilée inconnue, grouillant de Vrais Immortels, ils auraient peut-être fait preuve de prudence. Mais avec un expert aussi puissant pour les guider, qu’avaient-ils à craindre ?
Dès qu’ils posèrent le pied sur ce passage céleste, une sensation singulière, sans pareille, les envahit. Elle était presque impossible à décrire. S’il leur avait fallu la résumer en un seul mot, celui-ci aurait été « sécurité ».
Né dans le monde mortel et constamment menacé par la grande Calamité d’annihilation du Dao, Li Fan n’en avait peut-être pas particulièrement conscience. Il n’en restait pas moins que cette réalité avait profondément ancré en lui, dans son corps comme dans son âme, un instinct de crise.
Des années de conditionnement l’avaient rendu aussi méfiant qu’un oiseau effarouché, perpétuellement inquiet. Même quand la Calamité d’annihilation du Dao n’était pas encore survenue, et malgré le soutien des Piliers célestes qui contenaient les Vrais Immortels sans nom, la peur dans son cœur ne s’était jamais vraiment dissipée.
Après tout, le Royaume Immortel lui-même avait été détruit par l’annihilation du Dao, alors que valait une simple poignée de Piliers célestes ? Qui pouvait garantir combien de temps ils tiendraient ?
Pourtant, dans le passage ouvert par l’homme vêtu de pourpre, cette appréhension qui l’habitait depuis si longtemps finit par s’évanouir.
« Même si l’annihilation du Dao finit par arriver, tant que ce passage existera, je resterai sain et sauf. »
Cette pensée s’imposa tout naturellement à l’esprit de Li Fan, sans raison apparente.
C’était une confiance aveugle, mais il n’était pas le seul à l’éprouver.
En regardant l’Héritier du Dao, il constata que celui-ci ressentait exactement la même chose.
Le sentiment de crise auquel il était impossible d’échapper tant qu’on demeurait dans le monde mortel s’apaisait peu à peu. Li Fan se sentit soudain plus serein qu’il ne l’avait jamais été.
D’innombrables pensées parasites se déposèrent lentement au fond de son cœur, ne laissant qu’un état d’esprit d’une pureté et d’une clarté absolues.
« Quelle capacité divine extraordinaire ! » s’exclama intérieurement Li Fan.
« Quel dommage que ce passage ne soit pas permanent. L’homme vêtu de pourpre l’a créé pour ouvrir la voie, et il disparaîtra forcément peu après son départ. Une puissance aussi formidable, capable de repousser l’annihilation du Dao… »
« Sans même parler de l’immense occasion providentielle que représente le fait d’assister de si près à une telle puissance divine, l’environnement créé par ce passage est quelque chose que d’innombrables êtres du monde mortel pourraient chercher toute leur vie sans jamais l’obtenir. »
« Si je pouvais rester ici indéfiniment, ma compréhension de la Transformation entre vérité et fausseté progresserait à pas de géant. »
Le passage touchait à sa fin. Au moment de le quitter, Li Fan éprouva contre toute attente un pincement au cœur.
Il se surprit même à envisager de subir la [Vérité] dans sa prochaine vie et de répéter tout ce qu’il avait fait avant cette vie, rien que pour revivre cette brève période.
Li Fan prit réellement le temps d’y réfléchir.
« À en juger par mes compréhensions actuelles, même si j’utilisais la [Vérité] plus de dix fois d’affilée, ma compréhension de la Transformation entre vérité et fausseté ne progresserait pas autant que durant ce bref séjour dans le passage. »
« À ce compte-là, ça en vaudrait vraiment la peine… »
Li Fan se laissa absorber par le sentiment de sécurité et de sérénité que lui procurait le passage.
L’Héritier du Dao ne ressentait pas autre chose.
Face aux Montagnes et aux Mers, livré à soi-même, on pouvait encore garder une volonté inébranlable.
Mais lorsqu’un refuge sûr, capable de protéger du vent et de la pluie, apparaissait soudain, même un court séjour à l’intérieur suffisait à émousser peu à peu la force de l’esprit.
Même le visage buriné et résolu de l’Héritier du Dao s’était légèrement adouci.
Peut-être avait-il perçu les pensées qui s’agitaient dans le cœur de ces deux cadets : la voix de l’homme vêtu de pourpre leur parvint et les tira de leur rêverie.
« Vous pouvez l’observer, mais ne l’imitez pas. »
« C’est ma Voie, pas la vôtre. Vous devrez finalement tracer un chemin qui n’appartienne qu’à vous pour mériter de traverser les Montagnes et les Mers. »
Ces paroles ébranlèrent Li Fan et l’Héritier du Dao. La moindre trace de convoitise disparut aussitôt de leur cœur.
« Merci de nous avoir éclairés, aîné. »
Revenus à eux, les deux hommes s’empressèrent de remercier l’homme vêtu de pourpre. Ils comprenaient désormais que le sentiment de sécurité absolue éprouvé dans le passage les avait rendus dépendants en un temps remarquablement court. Il avait même fait naître tout naturellement divers désirs, notamment la convoitise et l’envie de s’approprier ce pouvoir.
Mais comme leur esprit était devenu si profondément paisible, ces pensées parasites s’étaient simplement accumulées au fond de leur cœur sans remonter à la surface. Ce n’est qu’après que l’homme vêtu de pourpre les eut mises au jour qu’elles jaillirent soudain des profondeurs de leur esprit, comme des bulles éclatant sous la pointe d’une aiguille.
« Les Montagnes et les Mers sont sans limites. Je ne peux compter que sur moi-même. »
« Pour parcourir librement les Montagnes et les Mers, il faut posséder un cœur du Dao inébranlable. »
« Dans le monde mortel, vous êtes tous deux remarquables par votre force comme par votre tempérament. Cependant… »
« Vous n’êtes pas encore à la hauteur. »
« Quelle paire pénible… »
L’homme vêtu de pourpre secoua la tête, marmonna ces derniers mots, puis disparut de leur vue.
Li Fan et l’Héritier du Dao se regardèrent, déconcertés. Après avoir quitté le passage céleste, ils se retournèrent tous deux pour jeter un coup d’œil derrière eux.
Ils étaient trempés de sueur froide.
L’Héritier du Dao poussa un soupir ému. « Frère cadet, je comprends enfin pourquoi notre maître a choisi de limiter au minimum ses contacts avec nous. »
« Une telle protection n’est vraiment pas une bonne chose. »
Li Fan hocha lui aussi légèrement la tête. « Si nous étions restés plus longtemps, j’aurais peut-être refusé de partir. »
Finalement, les deux hommes parvinrent à se libérer de l’attrait du passage céleste et continuèrent à suivre l’homme vêtu de pourpre.
Sa vitesse était stupéfiante. Il avait déjà disparu de leur champ de vision.
Ils n’avaient toutefois pas à craindre de perdre sa trace.
Après tout, le bouleversement colossal qu’il provoquait partout où il passait ressemblait au grondement des Montagnes qui s’écroulent et des Mers qui se déchaînent. Il était tout simplement impossible de ne pas le remarquer.
Au milieu du néant englouti par l’annihilation du Dao, un passage était apparu de nulle part. Comment la Mer d’Étoiles de Guangwu aurait-elle pu ne pas remarquer un phénomène aussi extraordinaire ?
Sa réaction fut remarquablement rapide. À en juger par les auras lointaines, aussi stables et imposantes que des bassins profonds et des montagnes majestueuses, toute l’élite combattante de la Mer d’Étoiles de Guangwu s’était probablement rassemblée à cet instant.
Mais face à l’homme vêtu de pourpre, elle était absolument insignifiante.
Un expert capable de franchir les possibilités n’était assurément pas à la portée des Vrais Immortels de l’actuelle Mer d’Étoiles de Guangwu.
En suivant la route empruntée par l’homme vêtu de pourpre, Li Fan et l’Héritier du Dao poursuivirent leur avancée. Ils découvrirent enfin ce que signifiait réellement tout balayer par une force écrasante.
Les nombreux talismans violets qui flottaient dans l’espace alentour étaient, à leur grande surprise, des Vrais Immortels écrasés et comprimés après avoir été soumis.
Li Fan tenta discrètement d’en recueillir quelques-uns, mais découvrit que l’homme vêtu de pourpre ne les avait pas tués. Il les avait simplement scellés pour le moment. Li Fan parvenait même à percevoir faiblement les pensées terrifiées des Vrais Immortels prisonniers des talismans.
Après avoir réfléchi un moment, Li Fan et l’Héritier du Dao décidèrent de ne pas agir à la légère pour l’instant. Ils continuèrent de se hâter vers l’endroit où se trouvait l’homme vêtu de pourpre.
Plus ils s’en approchaient, plus ils rencontraient de Vrais Immortels scellés en chemin.
Il semblait qu’un objet d’une importance capitale se trouvait devant eux, quelque chose qu’ils étaient résolus à protéger au péril de leur vie. Ils étaient prêts à se battre jusqu’à la mort pour arrêter l’intrus.
Mais leur résistance était vaine.
L’écart de force entre les deux camps était tout simplement trop grand.
Même en donnant tout ce qu’ils avaient, ils ne parvenaient pas à ralentir leur adversaire.
Pourtant, cette civilisation avait survécu et prospéré malgré la grande Calamité, jusqu’à atteindre l’époque actuelle. Elle avait même réussi à pêcher l’annihilation du Dao elle-même. Elle possédait naturellement des réserves de puissance insoupçonnées.
« Aîné, vous êtes allé trop loin ! »
Un rugissement furieux retentit devant eux. Les violentes fluctuations qui suivirent n’avaient déjà plus rien à envier au bouleversement provoqué par l’homme vêtu de pourpre lui-même.
Li Fan et l’Héritier du Dao arrivèrent sur les lieux et découvrirent qu’une immense zone de vide absolu s’était formée dans la voûte étoilée alentour.
Ce qui aurait dû être un ensemble de bâtiments importants s’étendant sur toute la zone avait été entièrement vaporisé.
L’homme vêtu de pourpre examinait avec un vif intérêt une orbe lumineuse qu’il tenait dans la main.
Des images se succédaient sans cesse à l’intérieur de l’orbe, où d’innombrables silhouettes semblaient bondir et vaciller.
Devant lui se tenait un homme d’âge mûr aux vêtements en lambeaux, le visage empreint de désespoir.
« Une Projection de l’Éon du Dao. Des gens comme vous ne pourraient pas créer une chose pareille. Vous l’avez pêchée, vous aussi ? » demanda l’homme vêtu de pourpre d’un ton indifférent.
Il exerça une légère pression entre ses doigts, comprimant l’orbe lumineuse à l’infini jusqu’à ce qu’elle se réduise finalement à un unique point brillant.
Puis l’homme vêtu de pourpre lança ce point lumineux vers l’Héritier du Dao.
Craignant apparemment que l’Héritier du Dao ne puisse supporter la pression qui s’en dégageait, il l’enveloppa également d’une force protectrice semblable à celle de la Voie vers le Ciel. L’Héritier du Dao pouvait ainsi examiner le contenu précis du point lumineux sans subir les effets de son pouvoir.
L’Héritier du Dao remercia une nouvelle fois l’homme vêtu de pourpre, puis baissa les yeux vers le point lumineux dans sa main.
Un instant plus tard…
Li Fan remarqua que le corps de son frère aîné s’était mis à trembler légèrement, sans qu’il puisse le maîtriser.
La sueur froide ruisselait sur le front de l’Héritier du Dao, comme s’il portait un fardeau immense.
Au bout de quelques respirations, l’Héritier du Dao arracha de force son regard au point lumineux. Son visage était pourtant livide et il semblait complètement épuisé.
Li Fan en fut aussitôt stupéfait.
Après tout, la forme originelle de l’Héritier du Dao était une pierre spirituelle venue des confins des Montagnes et des Mers. Il avait accompagné le Seigneur Gardien de la Colline tandis que celui-ci veillait sur les collines et contemplait la mer.
Même le paysage des Montagnes et des Mers ne l’avait jamais accablé. Que pouvait donc contenir cette orbe lumineuse pour le bouleverser à ce point ?
Li Fan le regarda avec inquiétude et s’apprêtait à lui demander ce qui s’était passé. Mais l’Héritier du Dao semblait incapable de se remettre des effets de l’examen de l’orbe. Il tendit simplement à Li Fan l’orbe lumineuse appelée Projection de l’Éon du Dao, lui faisant signe de la regarder à son tour. Puis il ferma les yeux pour récupérer et n’ajouta rien.
À cette vue, Li Fan devint encore plus curieux.
Il rassembla prudemment son esprit et plongea le regard dans l’orbe lumineuse.
À la moindre pensée, l’orbe explosa soudain, emplissant instantanément l’espace alentour et envahissant toute la conscience de Li Fan.
Des images sans fin se déroulèrent à la suite, comme un cours d’eau.
Du néant absolu, où le Grand Dao n’existait pas, au vide chaotique où le Dao naquit et continua de croître. Puis le monde connut sa première naissance et les êtres vivants apparurent. Enfin, ces derniers comprirent le Dao par leur propre illumination, et le Royaume Immortel vit le jour.
D’innombrables années défilèrent à une vitesse stupéfiante.
Jusqu’à ce que, finalement, tous les Grands Dao se flétrissent et que tout atteigne son terme.
Tout ce qui s’était produit du commencement à la fin, chaque être vivant apparu durant cette période, avait été comprimé dans cet unique point lumineux.
Et pourtant, il ne s’agissait pas d’un simple enregistrement d’images.
Dans la lumière, chaque Grand Dao, chaque capacité divine et chaque fluctuation de sortilège apparus au cours du chemin de cette possibilité, de sa naissance à sa destruction, avaient également été copiés et incorporés à l’orbe.
Lorsque l’orbe lumineuse explosait pour attaquer ses ennemis, cela revenait à subir l’assaut combiné d’innombrables héros ayant vécu au fil des âges sur une seule possibilité, déchaînant ensemble la puissance qu’ils avaient accumulée à travers le fleuve du temps !
L’horreur de cette scène faillit faire glisser l’orbe lumineuse de la paume de Li Fan. Les mots « C’est réel » manquèrent de lui échapper.
Une goutte de sueur froide perla sur son front tandis que Li Fan retirait sa conscience de la Projection de l’Éon du Dao.
L’orbe lumineuse posée dans sa paume semblait peser un poids inépuisable.
Pendant un instant, Li Fan eut même l’impression d’avoir du mal à refermer les doigts autour d’elle.
« Heureusement que l’homme vêtu de pourpre nous a ouvert la voie cette fois-ci. Sinon, si l’Héritier du Dao et moi avions dû affronter seuls cette Projection de l’Éon du Dao, nous aurions probablement péri sur-le-champ, le corps et le Dao anéantis. »
Li Fan échangea un regard avec l’Héritier du Dao, qui avait déjà rouvert les yeux. Tous deux virent le choc reflété dans le regard de l’autre.
Jamais ils n’auraient imaginé qu’un tel trésor puisse exister dans la Mer d’Étoiles de Guangwu.
À côté de lui, l’Épée du Dao et le Sabre du Dao qu’ils avaient rencontrés autrefois n’étaient que des lucioles auprès de la lune éclatante.
« Pêcher l’annihilation du Dao est bel et bien un moyen de survivre. Ceux qui ont réussi à survivre dans les Montagnes et les Mers ne se limitaient pas aux Vrais Immortels qui ont tout risqué dans un pari désespéré pendant l’apocalypse. Il y avait aussi ces experts puissants qui n’ont pas réussi à transcender, ont tenté de traverser les Montagnes et les Mers, puis ont fini par être engloutis. »
« Les Montagnes et les Mers ont peut-être effacé leur esprit, mais leur corps a pu survivre, même si la probabilité était faible. Les trésors qu’ils transportaient ont pu subsister eux aussi. Cette Projection de l’Éon du Dao doit venir d’une source de ce genre, n’est-ce pas ? »
L’homme vêtu de pourpre retira d’abord, un à un, tous les Piliers célestes qui formaient la digue. Il rassembla les Vrais Immortels terrifiés, prisonniers des piliers, puis rapprocha ses deux mains en exerçant une force immense.
Un tout nouveau Pilier céleste, enveloppé de qi violet, apparut ainsi.
L’homme vêtu de pourpre planta solidement le Pilier céleste à sa place. Ce ne fut qu’alors que le grondement tonitruant de l’annihilation du Dao, déclenché par l’absence du pilier, cessa enfin.
Li Fan remarqua que, même si le phénomène d’annihilation du Dao était apparu durant le bref intervalle où les Piliers célestes étaient transformés, le bouleversement avait été bien moins grave que celui provoqué auparavant dans le Haut Mur de la Mer d’Étoiles de Shuo.
La raison en était clairement l’homme vêtu de pourpre.
Sa simple présence suffisait à résister dans une certaine mesure à l’annihilation du Dao, comme s’il était à lui seul une multitude de Piliers célestes réunis.
Dans la Mer d’Étoiles de Guangwu, l’homme d’âge mûr aux vêtements en lambeaux fixait d’un regard vide le Pilier céleste des Immortels qui se dressait devant lui. Son esprit était entièrement vide.
Plus de cent mille ans d’archives avaient été bouleversés en une seule journée. Le choc avait presque brisé sa volonté.
Lorsque l’homme vêtu de pourpre l’interrogea, il ne répondit pas.
Mais après être resté silencieux un moment, l’homme d’âge mûr retrouva peu à peu ses esprits.
D’une voix rauque, il dit : « Votre jugement est juste, aîné. Nous avons simplement eu la chance d’obtenir les restes d’un expert puissant. »
« Cela aurait dû être notre grande fortune, mais qui aurait pu imaginer… »
L’homme vêtu de pourpre l’interrompit.
« C’est bel et bien votre grande fortune. La Projection de l’Éon du Dao elle-même n’a rien de remarquable. Mais les restes de cet expert puissant ont peut-être déjà donné naissance à un nouveau Transcendant. Dommage que vous ayez pris la mauvaise voie. »
« Avec ces restes pour maître, vous auriez pu comprendre le Dao d’un puissant expert du passé. Mais qu’avez-vous fait à la place ? »
L’homme d’âge mûr avait l’air un peu hébété. Ce n’est qu’après un long moment qu’il murmura : « Nous avons rendu les restes à l’annihilation du Dao et nous en sommes servis comme d’un réceptacle. D’abord, nous avons cherché d’autres endroits sûrs. Ensuite, nous avons recherché d’autres trésors dérivant dans la mer… »
L’homme vêtu de pourpre renifla et le réprimanda sans la moindre indulgence.
« Imbéciles ! »
L’homme d’âge mûr poussa plutôt un soupir.
« Ce n’est pas que nous ne voulions pas comprendre le Dao. Nous ne le pouvions tout simplement pas. »
« Ces restes étaient comme une montagne dressée juste devant nos yeux, et pourtant nous étions comme des gens enfermés dans cette montagne, incapables d’en voir la véritable apparence. »
« Nous avons essayé pendant de nombreuses années, mais le résultat était toujours le même. N’ayant pas d’autre choix, nous avons fini par renoncer et chercher un autre moyen de les utiliser. »
L’homme d’âge mûr avait cru que cette explication lui vaudrait un peu de compassion de la part de l’homme vêtu de pourpre.
Contre toute attente, celui-ci se contenta de hocher la tête et répondit froidement : « Alors vous êtes encore plus stupides. Votre cas est désespéré. »
L’homme vêtu de pourpre pointa légèrement du doigt l’homme de la Mer d’Étoiles de Guangwu.
Celui-ci ouvrit la bouche, comme s’il souhaitait ajouter quelque chose.
Un instant plus tard, il éclata comme une bulle et se transforma en d’innombrables traînées de lumière violette.
La voûte étoilée alentour les engloutit toutes.
Un expert puissant dont la cultivation avait atteint au moins le Royaume du Vrai Immortel sans nom venait d’être effacé avec désinvolture par l’homme vêtu de pourpre.
À cette vue, Li Fan et l’Héritier du Dao ne purent s’empêcher de sentir un frisson leur parcourir le cœur.
« Sans le Seigneur Gardien de la Colline, cet homme vêtu de pourpre ne se serait certainement pas montré aussi clément. »
L’homme vêtu de pourpre semblait considérer son geste comme insignifiant et ne tarda pas à oublier l’homme d’âge mûr.
Il marcha jusqu’au centre exact de l’endroit où se dressait autrefois la digue de Piliers célestes et fixa son regard devant lui.
Ses yeux semblaient vouloir percer les Montagnes et les Mers, ainsi que le monde mortel qui s’étendait au-delà.