Malgré sa position inconfortable, Roderic se propulsa de toutes ses forces avec les jambes.
BOUM !
L’épée s’abattit sur le sol, à l’endroit même où il se trouvait un instant plus tôt.
Mais ce n’était pas fini.
Tandis que Roderic roulait sur le côté, une violente déferlante d’aura le poursuivit.
CRAC ! CRAC !
Le sol se fendit, projetant des pierres et de la terre dans toutes les directions.
Roderic serra les dents et croisa ses lames devant lui juste avant que l’attaque ne le frappe.
PAF !
Le coup le percuta de plein fouet.
Le corps de Roderic fut projeté à plusieurs mètres.
Boum ! Boum ! Boum !
Il retomba sur le dos, puis roula dans la boue.
« Putain… »
Roderic planta aussitôt une lame dans le sol et se força à se relever.
Ses bras tremblaient légèrement sous l’effet du coup, mais un large sourire se dessina sur son visage.
« C’est fait », songea-t-il en faisant tournoyer ses lames à crochet dans ses mains.
L’un des chevaliers avait perdu ses deux bras et était désormais hors de combat.
L’autre se tenait voûté, aspirant désespérément de grandes bouffées d’air tout en s’appuyant sur son épée longue.
Il ne lui restait absolument plus aucune aura autour du corps.
Le regard de Roderic glissa au-delà d’eux.
Au loin, il distinguait encore la lueur des torches et deux silhouettes.
« Gareth, songea-t-il. Tu es mort. »
Sans vouloir perdre une seconde de plus, Roderic s’élança.
Le chevalier épuisé leva vers lui des yeux troubles, à peine capable de tenir debout.
Malgré tout, il brandit encore son épée.
« Pour le seigneur », marmonna-t-il entre deux souffles laborieux.
Alors qu’il s’apprêtait à faire un pas, Roderic apparut juste devant lui.
CHLING !
Avant même qu’il ait pu réagir, sa tête se détacha de son corps.
Tandis que le cadavre décapité s’effondrait au sol, Roderic poursuivit sa course vers le second chevalier.
« AH ! » cria l’homme en se retournant. « ÉPARGNEZ-MOI ! »
Malgré son abondante hémorragie, il s’enfuit à toute allure.
« JE VOUS EN SUPPLIE ! » continua-t-il à crier.
Le chevalier faisait vraiment tout ce qui était en son pouvoir pour échapper à Roderic.
Malheureusement, cela ne suffisait pas.
FIOU !
CHLING !
L’homme s’écroula en avant, une lame à crochet profondément enfoncée dans le crâne.
Deux secondes plus tard, Roderic passa près de lui, tandis que la lame revenait dans sa main.
« Allez, allez, allez, songea-t-il, le cœur serré. Je ne peux pas perdre une seconde de plus ! »
La lueur des torches devant lui gagnait en intensité à chaque pas.
Enfin, Roderic distingua les deux silhouettes familières qui avançaient tranquillement.
Enfin… une seule avançait tranquillement.
« Allons, jeune seigneur ! » lança désespérément le porteur de torche. « Les chevaux sont juste devant ! »
Gareth jeta un regard dégoûté au serviteur.
« Comment osez-vous me donner des ordres ? » dit-il en plissant les yeux. « Nous n’avons absolument rien à craindre. C’est parfaitement ridicule : moi, l’héritier de la baronnie Deres, en train de fuir. »
Le porteur de torche déglutit nerveusement.
Contrairement à Gareth, le serviteur avait déjà participé à une guerre territoriale.
Et il savait parfaitement que la situation ne jouait pas en leur faveur.
« Mais, jeune maître, dit-il lentement, je crois vraiment que nous devrions… »
CHLING !
Il s’interrompit brusquement.
Gareth tourna aussitôt vers lui un regard renfrogné.
Peu à peu, son froncement de sourcils se mua en une expression d’horreur absolue.
Les yeux du serviteur se remplissaient de larmes tandis qu’il tendait désespérément la main vers lui.
Sa bouche s’ouvrait et se refermait, mais aucun son n’en sortait.
Gareth déglutit avec difficulté, les yeux rivés sur le cou de l’homme.
« Mais qu’est-ce que… »
Quelque chose lui avait entaillé le côté du cou, faisant jaillir un bref jet de sang.
Alors que l’homme était sur le point de s’écrouler, quelque chose surgit soudain devant eux.
FIOU !
Une lame à crochet d’azur apparut dans le coin de l’œil de Gareth.
Elle fendit les airs, retournant droit vers le serviteur.
CHLING !
L’arme traversa le crâne du serviteur et lui fendit la tête en deux.
« C’EST QUOI, CE PUTAIN DE TRUC ?! » hurla Gareth, le visage blême.
Le jeune noble trébucha en reculant, puis sa jambe se prit dans une branche.
BAM !
Gareth s’effondra, les yeux fouillant la forêt obscure derrière lui.
« MONTREZ-VOUS ! » cria-t-il, désespéré.
Mais aucune réponse ne vint.
Gareth se mit à haleter, le cœur battant à tout rompre.
« SORTEZ ! » continua-t-il à crier. « JE VOUS DÉFIE DE… »
Tap ! Tap !
Gareth sentit deux légères tapes sur son épaule.
Un frisson lui parcourut l’échine. Il se retourna brusquement vers leur origine.
« QU… »
BAM !
Un poing s’abattit en plein sur son visage.
La tête de Gareth partit en arrière et son corps fut projeté en roulant sur le sol.
Boum !
Il atterrit face contre terre.
« P-Putain… »
Le sang se mit à couler de son nez tandis qu’il crachait une incisive.
C’est alors qu’il vit une paire de bottes s’arrêter juste devant lui.
Gareth leva lentement les yeux, terrorisé.
Roderic se tenait au-dessus de lui, ses deux lames d’Azur encore dégoulinantes de sang.
« Tu aurais dû l’écouter, mon vieux », dit-il avec un sourire féroce.
Gareth ouvrit la bouche.
BAM !
Le poing de Roderic s’écrasa sur son visage avant qu’il ait pu prononcer un mot.
Et il ne s’arrêta pas là.
BAM ! BAM ! BAM !
Les coups s’abattirent sur le visage de Gareth, l’un après l’autre.
Ses dents volèrent en éclats, le sang se mit à couler sous son nez brisé et ses yeux enflèrent.
« Va te faire foutre ! Va te faire foutre ! Va te faire foutre ! » lança Roderic à chaque coup.
Après quelques coups de plus, il poussa enfin un profond soupir et relâcha Gareth.
Boum !
Le jeune noble s’effondra au sol, respirant avec difficulté.
Roderic ne perdit pas de temps.
À présent que Gareth était calmé et silencieux, il lui saisit le visage et se mit à le traîner vers le champ de bataille.
Alors qu’il filait entre les arbres, Roderic ne put s’empêcher de baisser brièvement les yeux.
« Arrogants, stupides et impuissants », marmonna-t-il, écœuré. « Dans ta famille, vous êtes vraiment tous pareils. »
Roderic garda le silence un instant.
Une multitude de scénarios possibles lui traversèrent l’esprit.
Edmund, quelque part, blessé ; des chevaliers qui avaient bavardé de leur famille, à présent morts sur le champ de bataille.
Et même des serviteurs innocents, dont des proches les attendaient chez eux.
« Combien d’entre eux seront morts à cause de cet abruti ? »
Roderic serra les poings.
« Argh ! »
Gareth porta les mains à sa tête, tentant de se dégager de l’étreinte de Roderic.
Roderic sortit de ses pensées et baissa les yeux vers lui, le regard dur.
« Tu trouves ça douloureux ? » demanda-t-il en penchant la tête. « Attends un peu que je te découpe en morceaux et que j’envoie les morceaux de ton corps à ta tante. »