Chapitre 94
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Traducteur/éditeur : Chen
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◈ Ma petite amie est revenue en dragonne ◈
Chapitre 94 : Ça veut simplement dire qu’Oppa a un tel potentiel
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Une naturalisation ?
Je n’y avais jamais songé. Dès que j’entendis ce mot, mon esprit se vida.
À bien y réfléchir…
J’avais entendu dire que des chasseurs de haut rang se voyaient parfois proposer une naturalisation spéciale par d’autres pays.
J’avais aussi entendu parler de nombreux chasseurs coréens partis à l’étranger en bénéficiant de conditions avantageuses.
Bien sûr, il m’était aussi arrivé de voir des reportages sur le phénomène inverse aux informations.
À l’ère des chasseurs surpuissants, il n’était plus étonnant que les chasseurs talentueux bénéficient de traitements de faveur et changent de nationalité.
Mais j’avais toujours pensé que la naturalisation spéciale ne me concernait pas, alors je ne m’y étais jamais intéressé.
Je n’en avais aucune raison et, jusqu’à récemment, j’avais cru ne jamais recevoir une telle proposition.
Et voilà que maintenant…
On me proposait une naturalisation.
… Est-ce que je ne devrais pas au moins écouter ce qu’ils avaient à dire ?
Je n’avais aucune intention d’accepter, quel que soit le pays qui me faisait cette offre ou les conditions proposées, mais j’étais curieux de les connaître.
Se faire naturaliser dans un pays inconnu et quitter celui où l’on avait vécu ne devait pas être une décision facile. Quelles conditions recevaient les chasseurs qui choisissaient la naturalisation ?
Malgré moi, la curiosité l’emporta : je décidai au moins d’entendre leur proposition.
« Au fait, de quel pays venez-vous ? »
« De Russie. »
Apparemment inquiète qu’on nous entende à nouveau, la femme me souffla sa réponse à l’oreille.
Après un instant de réflexion, je décidai de la faire entrer.
Nous ne pouvions pas continuer à discuter ainsi éternellement.
« Entrez, et racontez-moi tout ça. »
« Merci. »
Une fois installée, la femme sortit de son sac une épaisse enveloppe de documents.
« Comme vous le savez, les pays du monde entier mettent actuellement tout en œuvre pour attirer des chasseurs de talent exceptionnel. »
« Vous êtes donc venue me proposer une naturalisation. »
La femme sourit et hocha légèrement la tête.
« C’est exact. Si vous acceptez de vous associer à la Russie, nous vous promettons notre soutien sans réserve. »
Sur ces mots, elle me tendit l’enveloppe.
J’en sortis les documents : ils détaillaient, en russe et en coréen, les avantages dont je bénéficierais en cas de naturalisation.
- Versement immédiat de 5 milliards de wons en espèces après la naturalisation.
- Mise à disposition gratuite d’une luxueuse maison individuelle estimée à environ 6 milliards de wons.
- Subvention de 50 %, sans plafond, sur l’équipement et les artefacts loués.
- Aide à la naturalisation et à l’installation de tous les membres de la famille, si souhaité.
- Primes de félicitations à chaque changement de rang.
Outre ces avantages majeurs, les documents regorgeaient d’autres petits et grands privilèges.
Au début, je n’avais pas vraiment compris, mais en découvrant leur offre, je compris pourquoi des chasseurs quittaient leur patrie bien-aimée pour se faire naturaliser dans des pays auxquels rien ne les rattachait particulièrement.
Les avantages étaient assez généreux pour tenter même quelqu’un comme moi, qui n’avait aucune intention de se faire naturaliser.
« Qu’en pensez-vous ? »
« Eh bien… »
« Je peux vous assurer que ce sont les meilleures conditions proposées à un chasseur de rang A. Elles peuvent être modifiées à tout moment, alors n’hésitez pas à nous contacter. »
« Ah, d’accord. »
Objectivement, les avantages étaient effectivement très généreux.
Quand elle affirmait qu’il s’agissait des meilleures conditions proposées à un chasseur de rang A, elle ne semblait pas mentir.
Mais elles n’étaient pas assez intéressantes pour me faire changer d’avis.
Je n’étais pas à court d’argent et j’en gagnais déjà assez pour vivre confortablement.
Les avantages non financiers n’étaient pas mauvais non plus, mais pas au point de me donner envie de changer de nationalité.
Surtout, ce qui comptait le plus pour moi en ce moment, ce n’était pas l’argent, mais ma progression.
Malheureusement, à moins que ce pays ne compte des dragons aussi bien disposés envers moi que Sia ou Rokan, il ne m’aiderait pas vraiment à progresser.
En laissant l’argent de côté, cela risquait même d’aboutir au pire résultat possible : ralentir ma progression.
Qu’elle ait deviné mes pensées ou non, la femme resta assise avec une élégance mesurée, soutenant mon regard et affichant un sourire de commerciale éclatant.
« J’espère que vous y réfléchirez attentivement. Avez-vous des questions ? »
« Pas pour le moment. »
« Je vois. Dans ce cas, chasseur, j’espère que nous nous reverrons bientôt. »
Sur ces mots, la femme s’en alla sans rien ajouter.
Ouf.
J’avais craint que la situation ne dégénère comme la dernière fois avec Lia Black, mais, heureusement, tout s’était terminé sans le moindre problème.
Mais alors que j’accompagnais la femme jusqu’à la porte et m’apprêtais à la refermer, je remarquai un paquet non identifié posé juste devant. Je ne l’avais pas vu en ouvrant la porte.
« Qu’est-ce que c’est que ce paquet ? »
Je réfléchis attentivement : avais-je quelque chose en livraison ? J’eus beau chercher, rien ne devait m’être livré.
Pourtant, en regardant de plus près au cas où il aurait été déposé à la mauvaise adresse, je vis mon nom inscrit dessus.
Qu’est-ce que c’était ?
Ma perplexité ne dura qu’un instant. Je fis entrer le paquet et ouvris la boîte.
À l’intérieur se trouvaient plusieurs fioles de potion et une épaisse enveloppe de documents.
Quand j’ouvris l’enveloppe, j’y trouvai une grosse pile de papiers et une lettre.
Je ferais peut-être mieux de lire la lettre d’abord.
<À Yoon Minjun, de la part des États-Unis.>
Dès que je lus la première ligne, je laissai échapper un rire incrédule.
« D’abord la Russie, et maintenant les États-Unis. »
Ébahi par cette coïncidence, je poursuivis ma lecture.
Les premières lignes n’étaient que des salutations formelles que j’aurais pu passer, mais quelques phrases plus loin, on en venait au fait.
<… Pour ces raisons, les autorités souhaitent vous proposer avec toute la considération nécessaire une naturalisation spéciale aux États-Unis.>
Non, encore ?
Il y avait une occasion spéciale aujourd’hui ou quoi ?
À peine quelques instants plus tôt, une femme travaillant sans doute pour l’Association des chasseurs de Russie était venue me convaincre de me faire naturaliser. Et voilà que les États-Unis m’envoyèrent un colis accompagné d’une lettre.
Les potions jointes au colis étaient donc une sorte de pot-de-vin ?
Je poursuivis ma lecture.
Comme la Russie, le gouvernement américain commençait par promettre de ne pas ménager son soutien, puis exposait en gros les avantages dont je bénéficierais en cas de naturalisation.
La lettre me renvoyait aux documents de l’enveloppe pour plus de détails ; je les parcourus donc. Curieusement, à quelques différences près, l’offre suivait globalement le même modèle que celle de la Russie.
Sans que je m’en rende compte, j’arrivai aux dernières lignes de la lettre.
<Si vous avez la moindre question, n’hésitez pas à nous contacter à tout moment grâce aux coordonnées inscrites au dos de cette lettre.
Veuillez également accepter sans hésiter les potions ci-jointes, en témoignage de notre sincérité.
Nous espérons sincèrement que notre proposition vous semblera raisonnable.>
Sous ces mots figurait une élégante signature manuscrite.
Je regardai de plus près pour savoir à qui elle appartenait.
« … Le président ? »
Il s’agissait de la signature du président des États-Unis en personne.
Je n’aurais jamais cru recevoir une lettre portant la signature manuscrite du président américain.
En la lisant, je n’y avais pas vraiment prêté attention, mais à présent, j’avais l’impression que cette affaire prenait… une tout autre ampleur.
Après avoir parcouru les documents une nouvelle fois, je les posai sur l’enveloppe que m’avait remise la représentante russe.
Tss.
J’avais la tête qui tournait.
Pour l’instant, je n’avais aucune intention de me faire naturaliser.
Quels que soient les avantages proposés, je ne pensais pas qu’une naturalisation m’aiderait à progresser. Et puis, m’adapter à une culture complètement différente serait sans doute difficile.
Alors que je retournais les documents en y réfléchissant, Sia m’appela.
Je mis les papiers de côté et décrochai.
« Oui, Sia. »
[Tu as bien dormi, oppa ? Grand-père m’a dit qu’hier avait été vraiment éprouvant pour toi. Tu te sens bien ?]
Rokan lui avait apparemment raconté ce qui s’était passé pendant l’entraînement de la veille. Dès qu’elle me vit, Sia m’interrogea d’une voix pleine d’inquiétude.
Mon corps me faisait encore un peu mal après l’entraînement de la veille, mais je lui répondis comme si tout allait bien, pour ne pas l’inquiéter.
« Oui. C’était un peu dur, mais je peux gérer. »
[Tant mieux. Ne force pas trop à l’entraînement.]
Nous discutâmes de tout et de rien, comme d’habitude, en commençant par les événements de la veille.
[Oh, au fait, oppa. On devrait aller voir tes parents ensemble bientôt ?]
« Chez mes parents ? »
[Oui. Ça fait longtemps que je n’ai pas vu ta mère et ton père, et depuis ce jour-là, on n’est pas retournés les voir ensemble.]
À bien y réfléchir, Sia était déjà allée voir mes parents séparément, mais depuis nos retrouvailles, nous ne leur avions jamais rendu visite ensemble.
Mes parents aimaient tous les deux Sia et, il n’y a pas longtemps, ils m’avaient demandé quand je la ramènerais chez eux.
« Tu as raison. On devrait aller les voir. »
[Quand j’ai dîné avec Grand-père et toi avant-hier, ça m’a fait penser à ta mère et à ton père. Demande-leur quand ils sont libres.]
« Ils vont sûrement dire qu’ils sont libres n’importe quand. Si je leur dis que tu viens aussi, ils laisseront tomber tous leurs projets pour nous accueillir à bras ouverts. »
[Pfft. Sûrement.]
Je remis cette question à plus tard et changeai de sujet pour lui parler de ce qui m’était arrivé un peu plus tôt.
« Sia, qu’est-ce que tu penserais si je me faisais naturaliser dans un autre pays ? »
[Une naturalisation ? Pourquoi tu me demandes ça tout d’un coup ?]
« La Russie et les États-Unis m’ont proposé de me faire naturaliser chez eux, tout à l’heure. »
Je n’avais aucune intention de me faire naturaliser, mais je trouvais tout de même important d’en parler à Sia.
Je lui racontai en détail ce qui s’était passé.
Après avoir réfléchi un instant, Sia me répondit d’un ton enjoué :
[Si tu veux te faire naturaliser, oppa, je respecterai évidemment ta décision ! D’après ce que tu me dis, ils te traiteraient vraiment bien, en plus. Alors, tu as décidé dans quel pays tu voulais te faire naturaliser ?]
« Je n’ai pas l’intention de me faire naturaliser pour l’instant. Je viens juste de recevoir ces propositions. »
[Ah, je vois.]
Sia hocha la tête, l’air encore plus rayonnant.
Elle avait dit qu’elle respecterait ma décision, mais elle n’avait pas l’air très enthousiaste à l’idée que je me fasse naturaliser.
[Mais c’est quand même une bonne nouvelle. Ça veut dire que d’autres pays reconnaissent eux aussi ton potentiel, oppa.]
« Comment ça se fait que notre Sia trouve toujours les mots justes ? »
[Héhé.]
Sia rayonnait.
Après avoir encore discuté un moment de tout et de rien, je mis fin à l’appel, car l’heure de l’entraînement approchait.
« Je vais raccrocher et contacter mes parents tout de suite pour leur demander. »
[D’accord ! Fais attention, entraîne-toi bien et reviens sans encombre. Je t’aime, oppa !]
« Moi aussi, je t’aime. »
Après cet appel tout doux, je me préparai aussitôt à partir m’entraîner dans le repaire de Rokan.
« … Haa. »
La journée ne serait probablement pas plus facile qu’hier. Elle serait même peut-être pire… pas vrai ?
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