Chapitre 9
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Traducteur/éditeur : Chen
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◈ Ma petite amie est revenue sous la forme d’une dragonne ◈
Chapitre 9 : Oppa, j’ai un souhait.
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« C’était quelle salope ? »
Les paroles glaciales de Sia résonnèrent dans le restaurant.
Pendant un instant, tout l’établissement se tut au son de sa voix froide.
« Sia, allons parler dehors, juste une minute. »
Pour se changer les idées, gagner du temps et, si possible, la calmer, Minjun prit la main de Sia et l’entraîna dehors.
Heureusement, elle le suivit sans protester.
« Alors, c’était quelle salope, oppa ? »
« La blonde assise en diagonale de nous. »
« Ah. Cette salope. »
Une personne ordinaire aurait peut-être eu du mal à se rappeler quelqu’un qu’elle n’avait fait qu’apercevoir, mais Sia avait déjà mémorisé le visage de toutes les personnes présentes dans le restaurant.
« Et tu as fait quoi ? »
« Évidemment, je lui ai dit non. Elle a insisté, alors je lui ai bien fait comprendre qu’elle n’avait aucune chance. »
« … »
La réponse de Minjun était parfaite, mais son expression crispée ne montrait aucun signe d’apaisement.
Elle comprenait, logiquement, que d’autres femmes puissent être attirées par Minjun. Mais assister à la scène en personne l’avait bien plus bouleversée qu’elle ne l’aurait cru.
Malgré tout.
« Sia, tu es en colère ? »
« … »
« Regarde-moi, Sia. Plonge ton regard dans le mien. »
Minjun lui prit doucement le visage entre les mains et la força à croiser son regard.
Le visage qui, un instant plus tôt, semblait aussi instable qu’une bombe sur le point d’exploser commença peu à peu à rougir.
Elle avait beau essayer de ne rien montrer, Minjun voyait bien que Sia avait été inquiète au fond d’elle.
Ils avaient été séparés pendant un an, et Sia était revenue sous une forme qui n’avait plus rien d’humain, contrairement à Minjun.
Pour l’instant, c’est le seul moyen de dissiper les craintes de Sia.
Ce n’était peut-être pas la meilleure solution, mais c’était au moins la deuxième.
Sans prévenir, Minjun posa ses lèvres sur les siennes.
Avec assez de force pour lui couper le souffle.
« … ! »
Ses yeux s’écarquillèrent de surprise quand leurs lèvres se rencontrèrent.
Mais elle ne le repoussa pas.
Au contraire, comme si elle avait attendu ce moment, elle posa doucement une main sur la taille de Minjun.
« Pourquoi est-ce que je regarderais une autre femme ? »
Alors que je t’ai, toi.
Après ce baiser fougueux, Minjun embrassa doucement la joue de Sia.
Bientôt, une lueur de vie revint dans ses yeux.
« Je te crois. Bien sûr que je te crois. »
Cette fois, elle embrassa la joue de Minjun.
Une fois les choses calmées, ils retournèrent tous les deux au restaurant.
« Tu te sens un peu mieux ? »
« Un peu. »
Son expression, jusque-là froide comme la glace, s’était considérablement adoucie. Elle semblait clairement plus calme qu’avant.
Mais même si Minjun avait réussi à lui remonter le moral, cela ne signifiait pas qu’elle ne lui en voulait plus, à cette femme.
« Oppa, tu pourrais aller aux toilettes un instant ? »
À la question soudaine de Sia, Minjun s’apprêta à répondre : « Je n’en ai pas besoin », mais leurs regards se croisèrent.
Je ne veux pas que tu me voies faire une scène.
Elle n’avait pas besoin de le dire à voix haute. Minjun comprit parfaitement ses intentions à son regard.
« Alors… j’y vais. »
Comme s’il avait compris, Minjun se leva docilement.
Dès qu’il fut parti, Sia lança un regard noir à la femme qui avait essayé de lui demander son numéro.
Comme si elle n’éprouvait pas la moindre culpabilité, celle-ci discutait joyeusement avec son amie tout en mangeant.
En voyant son visage répugnant, Sia sentit sa colère remonter.
Mon Minjun oppa, que j’ai attendu pendant deux mille cinq cents ans.
Comment ose-t-elle ?
Cette petite chose ne connaît même pas sa place et elle croit pouvoir le draguer ?
Et quelle excuse ridicule elle a sortie pour lui demander son numéro. Elle a dit que ce n’était pas grave ? Elle a bien vu qu’il avait une petite amie et elle a quand même essayé d’avoir son numéro ? Même quand son amie a tenté de l’en empêcher ? Quoi, ce serait normal de rester amie avec lui, en tant qu’autre femme ? Regarde autour de toi. Combien de femmes ici, à ton avis, ne tomberaient pas sous le charme de mon oppa après avoir vu son visage ? Pourtant, aucune ne le dit à voix haute. Elles savent qu’il a une petite amie. Elles le trouvent beau, et ça s’arrête là. Elles ne vont pas jusqu’à vouloir son numéro alors qu’elles savent qu’il est en couple. Pas vrai ?
Une salope même pas capable de comprendre ça…
A besoin d’une leçon.
« Toi. Sors un instant. »
Le visage froid, Sia se planta devant Hwang Yeonju.
Mais…
« Pourquoi je ferais ça ? »
Même après avoir vu le visage de Sia, la femme lui répondit avec une insolence éhontée.
Face à cette attitude, Sia croisa les bras et fixa Hwang Yeonju d’un regard noir.
Laissant s’échapper l’intention meurtrière du dragon qu’elle avait jusque-là contenue, elle reprit la parole, lentement et distinctement, syllabe après syllabe.
Ses mots étaient imprégnés de la Terreur du dragon.
« Sors. »
* * *
Après être sorti quelques instants à la demande de Sia — qui tenait plus de l’ordre que de la demande —, je restai assis à fixer le tteokbokki qui venait d’arriver, en attendant son retour.
Quand est-ce que Sia va revenir ?
Je n’en étais pas sûr, mais elle était probablement en train de passer un savon à cette femme pour ce qui s’était passé tout à l’heure.
À sa place, j’aurais fait pareil.
J’espérais seulement qu’elle s’arrêterait à temps, qu’elle se calmerait et qu’elle reviendrait vite.
Pas parce que je m’inquiétais pour cette femme. J’avais simplement l’impression que l’ambiance agréable était gâchée pour rien.
Alors que j’attendais le retour de Sia, la porte du restaurant s’ouvrit et la femme qui était venue me demander mon numéro un peu plus tôt tituba à l’intérieur.
Elle avait les cheveux en bataille, le visage pâle comme si elle avait vu un fantôme et le maquillage complètement étalé.
Mais qu’est-ce qui lui est arrivé ?
Elle n’avait clairement pas l’air dans son état normal.
Les jambes tremblantes, la femme finit par s’asseoir, rassembla maladroitement ses affaires et quitta le restaurant.
Ses compagnes l’appelèrent, mais elle semblait ne rien entendre. Elle voulait seulement sortir du restaurant au plus vite.
N’ayant pas le choix, ses compagnes réglèrent rapidement l’addition et lui coururent après.
« … Mais qu’est-ce qui s’est passé ? »
Je ne savais pas exactement ce qui s’était produit, mais Sia avait probablement donné une bonne leçon à cette femme.
Je décidai qu’il valait mieux laisser mon imagination faire le reste.
Je risquais d’y laisser des plumes si j’apprenais la vérité.
Peu après, Sia revint.
« Désolée, oppa. Je suis partie trop longtemps ? »
« Non, ça va. Tu es plus calme, maintenant ? »
« Oui. Ça va vraiment, maintenant. »
Sia avait l’air plus radieuse qu’avant ; je décidai donc de ne plus penser à cette femme.
« Le tteokbokki vient d’arriver. Mangeons avant qu’il ne ramollisse. »
« D’accord. Toi aussi, mange, oppa. Tout va refroidir. »
Tandis que nous discutions en mangeant le tteokbokki,
« Au fait, Sia, qu’est-ce qu’il y a dans ce sac ? »
« Hein ? Tu ne l’as pas ouvert ? »
« Non. Il est à toi. »
Apparemment satisfaite de ma réponse, Sia m’adressa son sourire radieux habituel et me tendit le sac de courses.
« C’est un cadeau pour toi, oppa. Tiens. »
Quand j’ouvris le sac, je découvris à l’intérieur une paire d’écouteurs sans fil haut de gamme.
Les écouteurs que j’utilisais étaient abîmés, et j’avais prévu de les remplacer.
Mais mon ancienne paire était elle aussi un cadeau de Sia, alors je n’avais pas réussi à me résoudre à m’en séparer.
« Alors tu n’es pas allée aux toilettes. Tu es allée acheter ça. »
« Oui. Au départ, je voulais te faire la surprise, mais… »
Sia laissa sa phrase en suspens.
Sans cette femme, nous aurions peut-être échangé nos cadeaux comme prévu et passé un moment encore plus intime ensemble.
Je sentis la déception de Sia et me contentai de la serrer fort contre moi.
« Et alors ? Merci beaucoup. »
À mes remerciements, Sia sourit de toutes ses dents.
« Il y a quelque chose que tu aimerais recevoir en cadeau, Sia ? »
« Non, non. Le simple fait de passer du temps avec toi comme ça, c’est déjà un cadeau. »
Sia agita les mains.
« Quand même, réfléchis à une seule chose. »
« Hum… »
D’abord, elle sembla réfléchir. Puis les yeux de Sia se mirent à briller.
« Ce n’est pas un cadeau, mais j’ai un petit souhait. »
« Qu’est-ce que c’est ? »
« J’aimerais essayer un jeu de rôle, juste une fois. »
Un jeu de rôle.
Je ne m’attendais pas à cette réponse.
Je ne savais pas si Sia avait toujours aimé ce genre de choses, mais ça ne semblait pas compliqué ; je décidai donc d’exaucer son souhait.
« Quel genre de scénario ? »
« Une grande sœur et son petit frère, qui étaient proches et jouaient ensemble dans le quartier quand ils étaient petits. »
Ça aussi, je ne m’y attendais pas.
« Alors, je t’appelle noona ? »
« Juste pour une journée. Non, même une demi-journée, ça suffirait. J’aimerais essayer une fois, juste une fois. Ça… ne te dérange pas ? »
Comme une petite fille qui venait de trouver dans un magasin une poupée qu’elle voulait, Sia leva vers moi ses grands yeux étincelants.
Comment aurais-je pu refuser alors qu’elle avait l’air aussi sincère ?
« D’accord. Ça ne coûte rien d’essayer une fois. »
« Vraiment ? On peut commencer tout de suite ? »
Elle avait donc tellement envie d’essayer ?
« Si tu voulais faire un truc pareil, tu aurais dû me le dire plus tôt. Ce n’est pas compliqué. »
« Merci, oppa ! »
À peine avais-je accepté que le regard de Sia changea.
Son air innocent d’étudiante de première année à l’université céda la place à celui d’une femme mûre à qui le titre de noona allait à merveille.
« Minjun. »
« Tu m’as fait sursauter. »
C’était la première fois que j’entendais Sia me parler avec autant de familiarité, et j’en eus la chair de poule.
Mais je devais jouer le jeu.
« Oui, noona. »
C’était très étrange d’appeler Sia noona alors qu’elle m’avait toujours appelé oppa, sans jamais y déroger, même avant qu’on sorte ensemble.
À ce simple titre, les yeux de Sia se plissèrent de plaisir.
Comme si elle n’avait attendu que ça.
« Tu veux aller manger des ramyeon avec noona ? »
À cet instant, Sia avait vraiment l’air d’une noona.
Une noona semblable à une louve, prête à dévorer un homme plus jeune.
* * *
Tôt le matin, tandis que Sia dormait à poings fermés, je me réveillai en pleine nuit et montai sur le toit pour prendre l’air.
« Ouf. »
Elle avait dit qu’elle voulait seulement que je l’appelle noona pendant une demi-journée. Pendant tout ce temps, je jouai donc le jeune homme et l’appelai noona Sia.
Peut-être parce qu’elle était complètement plongée dans son rôle, Sia me traita comme un homme beaucoup plus jeune qu’elle.
Sia a toujours été aussi adulte ?
Je pensais bien la connaître, mais cette expérience me prouva le contraire.
Est-ce que ça me déplaisait, pour autant…
Pas du tout.
Je me dis que ce genre d’expérience pouvait être agréable, de temps en temps.
Je n’arrivais toujours pas à oublier le regard séduisant de Sia, si différent de son air innocent de tous les jours.
Debout dans la fraîcheur de la brise, perdu dans mes pensées, je commençai à avoir de nouveau sommeil.
Je décidai lentement de rentrer, là où Sia m’attendait.
Mais alors…
« Aïe. »
Soudain, une douleur lancinante me parcourut la poitrine, sans commune mesure avec tout ce que j’avais connu jusque-là.
Notes :
Dans la culture populaire coréenne, proposer à quelqu’un de manger des ramyeon ensemble peut être une invitation à connotation intime et séductrice.
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