Chapitre 10
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Traducteur/éditeur : Chen
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◈ Ma petite amie est revenue sous la forme d’une dragonne ◈
Chapitre 10 : Oppa, tu vas bien ?
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« Aïe… »
Je fronçai les sourcils et me tins la poitrine.
La douleur ne se limitait pas à ma poitrine. Tout mon corps picotait, comme si j’avais reçu une décharge électrique.
La souffrance était si intense, sans commune mesure avec tout ce que j’avais connu jusque-là, que je craignis de mourir sur le coup.
Ça ne peut pas arriver.
Les mains tremblantes, je saisis mon téléphone pour appeler à l’aide, mais la douleur m’empêchait même d’appuyer sur un bouton.
Alors que j’avais l’impression de me faire engloutir par les ténèbres,
toute douleur disparut soudain, comme si elle n’avait jamais existé.
« … Qu’est-ce que c’était ? »
J’avais eu assez mal pour en mourir, pourtant tout mon corps allait étrangement bien.
Encore abasourdi, je serrai puis desserrai les poings, remuai les pieds et finis par bouger tout le corps.
Mais rien n’allait de travers.
« C’est vraiment bizarre. »
Est-ce que je devais aller à l’hôpital ou pas ?
Je me dis que j’irais sans faute si ça se reproduisait ne serait-ce qu’une fois, puis je rentrai chez moi. Sia dormait profondément. J’essayai donc de me rendormir.
* * *
Le lendemain.
La première chose que je vis en me réveillant fut, comme prévu, la magnifique Sia.
Allongée à côté de moi, elle me regardait en souriant doucement.
Ce n’était pas la noona mûre que j’avais vue la veille, mais la Sia dont je me souvenais.
« Tu as bien dormi, oppa ? »
Je m’étais demandé si notre jeu de rôle de la veille allait se poursuivre aujourd’hui, mais Sia m’appela oppa comme d’habitude, sans faillir.
« Oui, j’ai bien dormi. Et ma Sia, elle a bien dormi ? »
« Très bien. »
Nous commençâmes la matinée par une tendre étreinte.
« Je vais éplucher des pommes. Tu en veux aussi ? »
« Oui. »
Une fois levée, Sia prépara le petit-déjeuner comme d’habitude, en épluchant des fruits.
La scène était tout à fait ordinaire, pareille à toutes les autres.
Et pourtant, quelque chose me semblait légèrement différent.
C’était peut-être parce que je n’arrêtais pas de repenser à la facette de Sia qu’elle m’avait dévoilée la veille.
Je restais là, l’esprit ailleurs, quand Sia posa le couteau qu’elle utilisait pour éplucher une pomme et se tourna vers moi.
« Oppa, à quoi tu penses ? »
« À ce qui s’est passé hier soir. »
Le visage de Sia rougit peu à peu.
« Ç-ça, oppa. Enfin, hier… »
« Sia noona. »
Je l’appelai exprès noona, comme la veille, et son visage devint rouge comme une tomate.
Visiblement embarrassée, elle se couvrit le visage des deux mains.
« Aaaah… »
« Hier soir, tu étais prête à me dévorer comme une vraie noona. Mais aujourd’hui, tu es toute timide. »
« Argh. Pourquoi j’ai fait ça ? »
« Pour quelqu’un qui dit ça, tu avais l’air ravie, hier soir. »
C’était elle qui avait proposé, au départ.
On aurait dit que la gêne ne l’avait rattrapée qu’après coup.
« En tout cas, moi, j’ai aimé. La prochaine fois, on essaiera un autre rôle. »
Comme je ne voulais pas la mettre encore plus mal à l’aise, je changeai naturellement de sujet.
« Tu as envie de faire quelque chose aujourd’hui ? »
Sia croqua dans sa pomme et réfléchit d’un air ravi, avant de me répondre aussitôt :
« Un rendez-vous sur le terrain d’entraînement ! »
Pas juste un rendez-vous, mais un rendez-vous sur un terrain d’entraînement ?
À l’époque où nous étudiions à l’Académie des Chasseurs, nous y allions souvent.
Mais maintenant que Sia était une dragonne si puissante qu’elle n’avait plus besoin de s’entraîner, je ne voyais pas pourquoi nous irions y passer un rendez-vous.
Mais si c’était ce qu’elle voulait,
« Tu veux revivre le bon vieux temps ? »
Ce devait être pour ça.
« Ça aussi. Mais surtout, j’ai vraiment envie de t’aider à t’entraîner, oppa. Je te l’ai dit hier, non ? J’ai vu que tu avais le potentiel de devenir bientôt un chasseur de haut rang. »
Sia me dit avec enthousiasme qu’elle voulait révéler mon potentiel, ne serait-ce qu’un peu plus tôt.
Bien sûr, moi aussi, je voulais voir mon potentiel s’épanouir le plus vite possible…
Mais c’était une autre histoire. Au moins pendant une semaine, je voulais rester collé à Sia et sortir avec elle comme un couple ordinaire.
Je venais à peine de retrouver ma Sia.
On ne pouvait pas passer une petite semaine comme ça ?
« Entraînons-nous jusqu’à quinze heures, et après, on ira à un rendez-vous normal plutôt que sur un terrain d’entraînement. Qu’est-ce que tu en dis ? »
Comme si elle avait lu dans mes pensées, Sia ajouta cette proposition.
« Alors, faisons comme ça. »
« D’accord ! »
Après le petit-déjeuner, nous partîmes pour le terrain d’entraînement.
Nous y étions souvent venus à l’époque de l’Académie.
Je pensais que nous ne remettrions jamais les pieds ici.
« Revenir ici me rappelle de vieux souvenirs. »
« À moi aussi. »
Il se trouvait près du campus de l’Académie, et des enseignes familières attirèrent mon regard.
J’avais vraiment l’impression d’avoir remonté le temps de quelques années.
À peine arrivés, nous posâmes nos affaires et nous mîmes sérieusement à l’entraînement.
Enfin, pour être exact, c’était moi qui m’entraînais, pas nous.
Je tenais l’Épée en os de dragon que Sia m’avait offerte la veille, tandis qu’elle tirait une chaise derrière moi et s’y installait.
« Maîtresse, qu’est-ce que je dois faire ? »
Je l’appelai maîtresse pour la taquiner.
« Maîtresse ? Pff… »
« Tu m’enseignes, alors tu es ma maîtresse. »
Peut-être peu habituée à ce titre, Sia se tortilla sur sa chaise.
« J’en ai la chair de poule, oppa. »
« Tu préfères que je t’appelle noona ? »
« Aaaah… »
Sia ne répondit ni oui ni non.
Mais je ne la taquinai pas longtemps.
Elle passa bientôt en mode professeure et commença à superviser mon entraînement.
« Voyons voir. Comme monstre… un golem de bois fera l’affaire. »
« C’est un monstre de rang B. »
Je pensais qu’elle choisirait un monstre de rang C, mais Sia m’en sélectionna un de rang B.
« Ce ne sera pas aussi difficile que tu le crois. »
En situation réelle, ça aurait été différent, mais il s’agissait d’un entraînement simulé. Sia me dit de ne pas me retenir, et j’étais d’accord.
J’ai hâte.
Au début, je trouvais ça un peu étrange, mais cela me rappelait aussi le bon vieux temps.
J’étais impatient de découvrir jusqu’où je pouvais pousser ma puissance.
De quel talent avais-je bien pu faire preuve pour réussir à libérer la puissance de l’Épée en os de dragon ?
Jusqu’où pouvais-je aller ?
Avant de commencer, je fis tournoyer légèrement l’épée.
Comme prévu, je n’y comprenais toujours rien.
« Même si c’est une simulation, tu sais ce que tu dois faire, hein, oppa ? Ne considère pas ça comme un entraînement. Donne tout. »
« Bien sûr. »
Je me souvenais de le dire souvent à Sia, à l’époque de nos rendez-vous sur les terrains d’entraînement.
Je n’aurais jamais cru entendre ces mots me revenir aujourd’hui.
« Imagine que chaque golem de bois qui apparaît est une fille qui essaie de te demander ton numéro, oppa. Tu les mets toutes à terre d’un seul coup. Pan ! Pan ! Tu vois ce que je veux dire ? »
« Bien sûr. »
Son ton était joueur, mais à voir son regard, elle n’avait pas l’air de plaisanter complètement.
Bon.
À la place de Sia, cet incident m’aurait aussi contrarié.
Je ne savais pas si je devais en rire ou non.
Enfin.
Sur ces mots pleins d’entrain, l’entraînement simulé commença.
Dès le début, des golems de bois d’entraînement apparurent le long du mur d’en face.
Quelle est la meilleure façon de m’y prendre ?
Les golems de bois que je devais affronter aujourd’hui avaient une défense considérable, mais leur vitesse de déplacement et leur puissance d’attaque étaient médiocres pour des monstres de rang B.
L’agilité et l’endurance seraient donc déterminantes.
En repensant au combat de la veille, je ne pensais pas que mon agilité poserait un gros problème.
Mon endurance, en revanche, était sûrement le point faible.
Malgré tout.
Je n’ai qu’à tenir bon et foncer.
Il y avait une expression dans ce genre, autrefois.
L’essentiel, c’était d’avoir une volonté à toute épreuve.
Gardant cette idée en tête, je serrai fermement mon épée et fonçai au milieu des rangs ennemis.
Les golems de bois, qui s’approchaient lentement, accélérèrent peu à peu, mais je n’y prêtai aucune attention.
À cet instant, l’audace était ce qui comptait le plus.
Je repérai le golem le plus éloigné des autres, courus droit vers lui et abattis mon épée.
Fff !
Ça ne se voyait peut-être pas de l’extérieur, mais je le sentais clairement.
« Touché. »
À le voir chanceler, mon coup avait dû porter comme il fallait.
Mais je ne pouvais pas me contenter de ça.
Je roulai en avant pour esquiver l’attaque lente du golem.
Dans le même mouvement, je frappai de côté et entaillai sa jambe.
Tranché !
Je ne me faisais pas d’idées. Tenir cette épée changeait vraiment tout.
Mais Sia m’a dit que ce n’était pas simplement dû à la puissance de l’épée.
Je devais continuer à réfléchir à la raison tout en la maniant.
Surtout, puisque j’étais en plein entraînement.
Un bras gigantesque de golem fendit l’air vers moi. Je me baissai pour l’éviter, puis bondis de toutes mes forces et plantai mon épée dans un autre golem.
La raison pour laquelle je peux bouger comme ça…
L’Épée en os de dragon.
Si elle était faite d’os de dragon, elle contenait forcément la puissance d’un dragon.
Les dragons.
Oui. Pour commencer, je devais me concentrer sur ce qu’étaient les dragons.
Comment pouvais-je puiser dans la puissance de ces êtres qui régnaient en maîtres sur tous les autres ?
Sia a dit que les dragons règnent et dominent.
Régner et dominer.
Ces mots clés me semblaient presque à portée de main, sans que je parvienne à les saisir.
Régner et dominer, ça ne convenait pas à un simple Chasseur de rang D comme moi.
Mais si je voulais tirer ne serait-ce qu’un peu de la puissance draconique contenue dans cette épée, ne devais-je pas d’abord devenir quelqu’un digne d’un tel statut ?
D’après Sia, ceux qui avaient libéré toute la puissance de l’Épée en os de dragon étaient généralement devenus des souverains.
Ils étaient partis de rien avant de régner en rois, ou avaient uni des continents en tant que rois de petits royaumes.
Alors peut-être devais-je, moi aussi, manier cette épée avec l’ambition de devenir un souverain.
Je ne savais toujours pas pourquoi j’avais réussi à libérer la puissance de cette épée, mais je commençais à comprendre vaguement dans quel état d’esprit je devais la manier.
Je ne pouvais pas me comporter comme un challenger.
Je devais frapper comme si j’avais toujours été au-dessus de mes adversaires.
Pas comme si j’étais venu apprendre une leçon, mais comme si j’étais venu en donner une.
Je frappai le golem comme s’il s’agissait d’un mannequin d’entraînement.
Crac !
Le choc fut plus puissant qu’avant, et un golem s’écroula d’un seul coup.
Après avoir vérifié qu’il était bien tombé, je cherchai la réaction de Sia du regard.
« Bien joué, oppa ! »
Le visage de Sia exprimait à la fois la surprise et la joie.
« Une fille qui voulait mon numéro en moins. »
Je désignai en plaisantant le golem qui vacillait après mon coup.
À cause de sa nature de dragonne, Sia ne pouvait pas simplement oublier le mauvais souvenir de la veille. J’espérais tout de même que ça apaiserait un peu son ressentiment.
« Cela dit, aucune ne t’arrive à la cheville, ma Sia. »
« Oui, oui. »
J’ajoutai exprès une phrase bien sirupeuse, et Sia hocha la tête, visiblement ravie.
Sia était contente, et je commençais à prendre le coup de main.
Il ne me restait plus qu’à continuer d’avancer.
J’oubliai quel genre d’épée je tenais et quel ennemi se dressait devant moi.
Les golems de bois étaient de plus en plus nombreux, mais je continuai à brandir mon épée sans m’en soucier.
Une confiance et une exaltation sans précédent m’envahirent.
Était-ce cela, l’état de concentration absolue ?
Peu à peu, mon esprit commença à s’embrumer.
… Non.
Au début, je crus que c’était ça, mais quelque chose clochait.
Mon esprit s’embrumait, mais une douleur insupportable commença en même temps à se répandre dans tout mon corps.
C’était la même douleur que celle que j’avais brièvement ressentie sur le toit, la veille au soir.
Elle devint si difficile à supporter que mes jambes commencèrent à fléchir.
« Oppa ? Tu vas bien ? »
Je devais lui dire que non, que j’avais besoin d’aide.
Mais, pour une raison quelconque, aucun mot ne sortit.
À ce rythme, j’allais bientôt m’effondrer.
Clang !
Ma main lâcha prise et mon épée tomba. Je tendis le bras vers Sia pour lui demander de m’aider.
« Sia… »
Mais, pour une raison quelconque, je n’arrivais pas à parler correctement.
La dernière chose que je vis fut Sia qui se précipitait vers moi, paniquée.
Puis je perdis connaissance.
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