Chapitre 84
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Chen
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◈ Ma petite amie est revenue sous la forme d’une dragonne ◈
Chapitre 84 : Oppa, tu ne trouves pas qu’on a de la chance aujourd’hui ?
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« Oppa. Tu ne remarques rien de différent chez moi aujourd’hui ? »
La question soudaine de Sia me laissa complètement sans voix.
« Rien de différent chez moi ? »
N’était-ce pas l’une des questions les plus difficiles qu’une petite amie pouvait poser à son copain ?
Si elle s’était coupé les cheveux ou les avait teints, à la rigueur. Mais à moins que le changement soit aussi évident, un homme ne remarquait pas facilement chaque petit détail chez sa copine.
Mais attends.
… Qu’est-ce qui a changé ?
J’avais vu le visage de Sia pendant notre appel vidéo la veille, mais j’étais épuisé à ce moment-là.
J’avais passé la journée à courir d’un endroit à l’autre, puis j’étais rentré à mon hébergement juste à temps pour l’appeler avant de m’endormir. J’avais les yeux à moitié fermés.
C’était peut-être pour ça que je me souvenais à peine de ce à quoi ressemblait Sia la veille, et encore moins de ce dont nous avions parlé.
Il faut quand même que je trouve.
Si j’hésitais et me trompais, je n’osais pas imaginer ce qui allait arriver.
Une chose était sûre : il allait probablement se passer quelque chose que je ne pourrais pas gérer.
« Voyons… Qu’est-ce qui pourrait bien être différent chez notre Sia ? »
Pour gagner du temps, je m’approchai et me mis à examiner lentement son visage.
Commençons par ses cheveux.
Je pensais qu’elle avait aussi laissé sa frange retomber hier, et aujourd’hui… elle ne semblait pas différente.
Ou alors…
« Tu as légèrement ondulé tes cheveux ? »
« Oui ! C’est ça. »
Je n’en étais pas tout à fait sûr en répondant, mais c’était bien la bonne réponse.
Ouf.
Si elle les avait beaucoup bouclés, je l’aurais remarqué tout de suite. Mais les ondulations étaient si discrètes que ça ne sautait pas aux yeux.
Malgré tout, même si j’avais trouvé par chance, je ne pouvais pas encore me détendre.
« J’avais envie de changer un peu. Qu’est-ce que tu en penses ? Ça me va ? »
Il y avait encore cette question complémentaire.
Lui répondre simplement que c’était joli et que ça lui allait n’aurait pas été une mauvaise idée, mais elle risquait de croire que je lui faisais un compliment sans le penser.
Ce qu’elle voulait probablement, c’était une réponse qui lui fasse sentir combien je l’aimais, quelle que soit la façon de le dire.
« Tes cheveux vont vraiment bien avec ta tenue. Ça te donne un petit côté chic, tout en gardant cette allure vive et enjouée que tu as toujours eue. Tu as vraiment bien fait de te coiffer comme ça. »
Dès que j’eus répondu, j’observai la réaction de Sia.
Comme prévu, les commissures de ses lèvres se relevèrent. Elle pivota sur place et me demanda : « Et sous cet angle ? »
« Tu es vraiment belle. »
« Héhé. »
Je devais reconnaître que je m’en étais tiré à la perfection.
« Maintenant que j’y pense, tes cheveux et ta tenue ressemblent beaucoup au style que tu avais vers tes vingt-deux ans. »
« C’est vrai ! Tu t’en souviens, même si ça remonte à des années ? »
« J’y ai repensé dans le bus hier, alors j’ai regardé les photos qu’on avait prises à l’époque. Je l’ai remarqué dessus. Ça t’allait déjà bien, et ça te va toujours. »
Un sourire radieux illumina le visage de Sia.
« Maintenant que tu le dis, je crois que je vais garder cette coiffure quelque temps. Héhé. Ça valait le coup d’aller chez le coiffeur. »
Sia sortit son téléphone, ouvrit l’appareil photo et le tourna pour s’examiner sous tous les angles, visiblement ravie de sa coiffure.
Bien. J’ai passé cette épreuve.
Vu comme Sia avait l’air satisfaite, je me dis que je m’en étais plutôt bien sorti.
Je m’apprêtais à changer de sujet l’air de rien.
« Et toi, oppa ? Qu’est-ce qui a changé chez moi d’autre ? »
… Hein ?
Il y avait autre chose que ses cheveux ?
Je n’en ai aucune idée.
Je me remis à examiner Sia de la tête aux pieds.
Son maquillage n’avait pas l’air différent. Je me demandai si elle avait acheté de nouveaux vêtements ou des accessoires, mais, franchement, je n’en savais rien.
Ou alors…
« Tu as changé de parfum ? »
« Oui ! J’ai essayé le parfum que tu portes ! C’est étrange, mais j’aime bien sentir sur moi cette odeur qui vient d’habitude de toi. »
Sia leva la main pour sentir sa manche, puis approcha naturellement le nez de mes vêtements afin de comparer les parfums.
Même si les femmes pouvaient aussi porter ce parfum, c’était tout de même une fragrance plus souvent portée par les hommes…
Personnellement, je trouvais que Sia sentait meilleur avec son ancien parfum.
Mais elle avait l’air ravie du nouveau, alors je ferais mieux de garder ça pour moi.
« Tu aimes cette odeur ? »
« Bien sûr ! Chaque fois que je la sens, je me sens un peu plus calme. Maintenant que j’y pense, tu as mis ce parfum aujourd’hui aussi. »
Quoi que j’en pense, Sia semblait apprécier cette fragrance. Elle posa la tête contre ma poitrine et huma mon parfum.
Puis elle ajouta :
« Aujourd’hui, même nos parfums sont assortis. »
Sia me regarda avec un sourire tendre.
À première vue, j’avais l’impression d’avoir trouvé toutes les bonnes réponses.
Alors que je me disais que nous allions enfin pouvoir commencer notre rendez-vous pour de bon, une idée amusante me vint soudain à l’esprit.
« Sia. Et moi ? Tu remarques quelque chose de différent chez moi ? »
On pouvait appeler ça une petite vengeance mignonne.
Les copains se faisaient souvent demander par leur petite amie : « Tu ne remarques rien de différent chez moi ? », mais il était rare qu’une femme se fasse poser la même question par son copain.
Je me demandai donc soudain comment Sia réagirait si je lui posais la même question.
Elle ne s’y attendait absolument pas ; elle allait peut-être paniquer, ou répondre quelque chose de bizarre.
Mais, dès qu’elle entendit ma question, Sia répondit sans hésiter.
« Cette ceinture ne me dit rien. Tu en as acheté une nouvelle ? »
« C’est ça. Mais comment tu as… remarqué ? »
Elle était en partie cachée sous mon tee-shirt et sa couleur ressemblait à celle de ma ceinture habituelle. Ça aurait dû être difficile à remarquer.
Et pourtant, Sia avait trouvé tout de suite.
« Et puis… »
Attends.
Mais je n’avais rien changé d’autre que ma ceinture.
Je n’avais acheté ni nouveaux vêtements ni accessoires, et ma coiffure était la même que la veille.
« Tu as mis environ 1,3 fois plus de parfum que d’habitude. Pas étonnant que je me sente encore mieux que d’habitude. »
Je ne m’en étais pas rendu compte, mais, maintenant qu’elle le disait, j’en avais peut-être mis un peu plus que d’habitude.
… Comment pouvait-elle savoir ça ?
Mais elle ne s’arrêta pas là.
« Tu t’es aussi coupé les ongles. Quand je les ai vus pendant notre appel hier, je me suis dit qu’il était presque temps que tu les coupes. Si tu ne l’avais pas fait hier, j’allais m’en occuper quand on se verrait aujourd’hui. Mais tu m’as devancée. »
… Elle avait remarqué même ça ?
Il m’arrivait de ne même pas remarquer qu’une femme avait changé de manucure. Comment Sia avait-elle vu que je m’étais coupé les ongles ?
« Ah, et tu as un petit nouveau grain de beauté sur le cou. Il n’y était certainement pas hier. Et puis, il y a aussi… »
Ensuite, Sia me signala chaque minuscule changement que je n’avais même pas remarqué moi-même.
« Alors ? J’ai tout trouvé, pas vrai ? »
« … Oui. »
Que devait faire celui qui avait posé la question quand l’autre trouvait des réponses qu’il ne connaissait même pas lui-même ?
Quand je lui avais posé la question, j’espérais secrètement voir Sia paniquer ou s’inquiéter adorablement en cherchant ce qui avait changé.
Mais après l’avoir entendue répondre avec tant de précision qu’on aurait dit qu’elle m’avait aspiré l’âme, je me souvins enfin que c’était une dragonne qui n’oubliait rien.
Et en plus, ses sens étaient bien plus aiguisés que ceux d’une personne ordinaire. Du point de vue de Sia, ça aurait peut-être été plus étonnant de ne rien remarquer.
Je ne survivrai pas si je lui repose ce genre de question.
À partir de maintenant, je ferais mieux d’éviter ce genre de questions.
Je n’avais aucune chance de gagner.
Bref, après cette partie de « trouve les différences » qui m’avait laissé sous le choc (?), nous commençâmes enfin vraiment notre rendez-vous sur l’île de Jeju.
La première étape de notre rendez-vous, c’était le déjeuner.
Visiter de beaux sites touristiques, c’était bien aussi, mais la nourriture passait avant tout.
Quelques jours plus tôt, en organisant notre itinéraire, je lui avais proposé de goûter au porc noir de Jeju, puisque nous étions déjà sur l’île. Mais Sia m’avait plutôt recommandé un autre plat local.
Alors, qu’allions-nous manger aujourd’hui ?
Un plat au nom inconnu : le bomal kalguksu.
« Le voilà, oppa. »
Une fois arrivés à destination, Sia me désigna un restaurant.
L’établissement était entouré des murs de pierre typiques de Jeju, et des mandarines pendaient en grappes aux arbres plantés dans la cour.
Tout dans le décor respirait l’île de Jeju.
Il y avait même une caisse pleine de mandarines à l’entrée du restaurant.
Je me demandai pourquoi elle était posée là, puis remarquai à côté une pancarte où l’on lisait : « Servez-vous. »
« C’est ça, l’ambiance de Jeju ? »
« Oui ! La première fois que j’en ai vu une, j’ai trouvé ça bizarre aussi, mais en me promenant, j’ai remarqué qu’il y avait plein d’endroits comme ça sur l’île. Tu n’en as pas vu pendant ton voyage ? »
« C’est étrange. Pourquoi je n’en ai pas vu une seule ? En tout cas, c’est vraiment intéressant. »
Nous discutâmes des mandarines en entrant dans le restaurant.
Le restaurant portait les marques du temps, mais n’avait rien de vieillot.
Peut-être parce qu’il était si bien entretenu, il avait un charme ancien et photogénique.
C’était sans doute pour ça que de jeunes couples comme nous prenaient des photos à l’intérieur.
« Oppa, prenons-nous en photo aussi ! »
Sia sortit son appareil et nous photographia ensemble. Puis, apparemment pas satisfaite, elle se mit à prendre plusieurs photos de moi aussi.
« Comment tu fais pour être si beau même quand je te prends en photo au hasard ? Oppa, prends-moi en photo aussi. »
Sur ces mots, Sia me tendit son téléphone.
Après l’avoir photographiée quelques fois, je lui rendis l’appareil et appuyai par inadvertance sur le bouton d’accueil.
La photo de moi qu’elle venait de prendre était déjà devenue son fond d’écran.
Quand l’avait-elle prise, et quand avait-elle changé son fond d’écran aussi vite ?
Enfin bref.
Nous prîmes des photos et discutâmes de tout et de rien jusqu’à ce que le bomal kalguksu que nous attendions arrive enfin.
Son apparence était aussi inhabituelle que son nom.
Contrairement au kalguksu ordinaire, il était vert pâle, avec quelque chose qui ressemblait à des algues mélangées dedans.
Après avoir photographié le plat, j’en pris une cuillerée et goûtai.
« Oh. »
Son apparence ne m’inspirait pas vraiment, alors je ne m’attendais pas à grand-chose. Pourtant, dès la première bouchée, une saveur riche et parfumée m’emplit la bouche.
Le bomal, que je goûtais pour la première fois aujourd’hui, était lui aussi plus tendre et plus savoureux que prévu.
C’était bien meilleur que je ne l’avais imaginé.
« Alors, oppa ? C’est bon, hein ? »
Sia me regardait manger le bomal kalguksu avec un air satisfait.
Je n’avais pas encore avalé toutes mes nouilles et ne pouvais donc pas répondre.
« Je le vois même si tu ne réponds pas. Tu es surpris parce que c’est meilleur que prévu, pas vrai ? Moi aussi, ça m’a fait ça. »
« Comment tu l’as deviné ? »
« Oppa, je le sais, c’est tout. »
Après toutes ces années passées ensemble, c’était normal qu’elle me connaisse si bien.
Elle lisait presque dans mes pensées.
« Mange bien, oppa. On ne trouve pas facilement ce genre de plat à Séoul. »
Sia me sourit chaleureusement.
« Je sais. Quand tu m’as proposé de venir, j’avais des doutes, pour être honnête. Mais maintenant que j’y ai goûté, je comprends. On dirait que des vagues déferlent dans ma bouche. »
« Pfft. Des vagues qui déferlent dans ta bouche ? C’est drôle, comme façon de le dire. »
Nous continuâmes à manger et à discuter tranquillement.
Je lui racontai les endroits que j’avais visités pendant mon voyage, et Sia me recommanda d’autres lieux à découvrir.
Nous parlâmes de toutes sortes de choses dans une atmosphère détendue.
Au milieu de notre conversation…
« Oppa. Maintenant que j’y pense, il ne nous arrive pas quelque chose presque chaque fois qu’on sort ensemble ? »
Sia lança soudain le sujet.
« J’y pensais aussi en venant. Je ne crois pas qu’on ait eu beaucoup de rendez-vous qui se soient déroulés sans accroc. »
Je ne faisais pas que le croire. C’était vraiment toujours comme ça.
Quand je fus d’accord avec elle, Sia eut un sourire un peu amer.
« Parfois, je me demande si le monde n’a pas décidé de nous séparer. Mais aujourd’hui, j’ai un bon pressentiment. »
Non seulement nous pouvions passer davantage de temps ensemble, mais nous étions même habillés comme si nous avions choisi des tenues assorties sans nous concerter. Sia y voyait sans doute un signe de chance.
Moi, ça me donnait plutôt un mauvais pressentiment, mais je m’abstins de le dire.
« Profitons à fond de cette journée et ne regrettons rien. »
« Oui ! »
Après le repas, nous suivîmes l’itinéraire prévu et profitâmes de notre rendez-vous sans le moindre problème.
Nous nous promenâmes dans un immense jardin botanique et nous prîmes en photo à tour de rôle.
Nous fîmes un détour par un marché, achetâmes de quoi nous régaler et choisîmes des souvenirs ensemble.
Nous nous assîmes dans un café avec vue sur la mer et discutâmes à voix basse.
À mesure que nous partagions ces instants brefs, mais précieux, je me mis peu à peu à croire que cette journée pourrait se dérouler sans encombre.
Mais…
« Je croyais que j’avais de la chance aujourd’hui… »
Ce n’était pas le cas.
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