Chapitre 83
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Traducteur/éditeur : Chen
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◈ Ma petite amie est revenue sous la forme d’une dragonne ◈
Chapitre 83 : Oppa, tu ne trouves pas que j’ai changé ?
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Juste après le retour de Minjun de Pangée.
Dès qu’il le vit, Rokan comprit que Minjun était devenu nettement plus fort depuis leur dernière rencontre.
Mais aussi impressionnante que fût cette progression, quelque chose d’autre le surprit davantage encore.
D’après Minjun, il n’avait pas seulement gagné en puissance : il avait aussi appris à utiliser la Peur du dragon, même si ce n’était qu’un peu.
Quand Rokan l’avait entendu pour la première fois, il n’en avait rien montré, mais il était resté sceptique.
Même les dragons, sans parler des autres races qui acquéraient le pouvoir des dragons plus tard dans leur vie, apprenaient généralement le Langage des dragons avant la Peur du dragon.
La Peur du dragon se développait naturellement avec le temps, une fois qu’on maîtrisait pleinement le Langage des dragons.
Pourtant, Minjun avait utilisé la Peur du dragon alors qu’il ne maîtrisait pas encore le Langage des dragons.
C’était comme apprendre à courir avant même de savoir marcher correctement.
Voilà pourquoi Rokan voulait profiter de l’occasion pour vérifier si Minjun disait vrai.
Minjun s’est peut-être trompé.
Il n’avait aucune raison de mentir délibérément, mais il était tout à fait possible qu’il ait confondu autre chose avec la Peur du dragon.
Ou même s’il avait réussi à utiliser la Peur du dragon, c’était peut-être simplement le résultat de plusieurs coïncidences réunies.
Mais toutes les hypothèses de Rokan se révélèrent fausses.
Quand Minjun rugit et lança contre lui un puissant coup d’épée, Rokan le sentit clairement.
Minjun utilisait bel et bien la Peur du dragon.
Bien sûr, on ne pouvait pas dire que la Peur du dragon de Minjun était puissante.
Elle était plus faible que celle d’un jeune dragonneau qui venait d’apprendre le Langage des dragons. Selon les critères modernes, elle suffisait tout juste à affecter des monstres de rang C.
Mais sa puissance importait moins que le fait que Minjun ait réussi à l’utiliser.
Qu’est-ce qui a bien pu lui arriver pendant ces quelques jours ?
Minjun lui avait tout raconté quelques heures plus tôt, mais entendre son récit et en être témoin étaient deux choses différentes.
Rokan ne put s’empêcher d’être stupéfait par la vitesse à laquelle Minjun progressait.
Qu’est-ce que la Larme de Bellium, au juste, pour avoir fait autant progresser Minjun en si peu de temps ?
Rokan connaissait quelques détails sur Bellium grâce à de vieux textes, mais il n’avait jamais entendu parler de la relique sacrée appelée la Larme de Bellium.
Et maintenant…
Ravalant son étonnement, Rokan dévia calmement l’épée de Minjun.
Clang ! Clang !
À mesure que les échanges se poursuivaient, Rokan sentit que les lourdes vibrations qui lui remontaient dans les doigts s’étaient intensifiées.
Mais ce qui retint surtout son attention, ce fut l’aura qui rayonnait de l’épée de Minjun.
Cette aura sombre et ténue qu’il avait déjà vue chez Minjun.
Des étoiles y fleurissaient désormais, scintillant comme des supernovas.
Rokan n’avait jamais vu une telle aura chez les chasseurs de la Terre, ni chez les Maîtres épéistes de Pangée.
Même moi, je n’en serais pas capable.
Rokan pourrait peut-être l’imiter, mais il lui serait impossible de créer une aura identique à celle que Minjun déployait en ce moment.
Peut-être que Minjun est le seul, dans tout l’univers, à pouvoir manifester une aura pareille.
Un jour, lorsque Minjun serait assez fort pour manier librement le pouvoir d’un dragon et utiliser le Langage des dragons à sa guise…
Quelle aura fleurirait alors sur son épée ?
La confusion, l’impatience, l’excitation.
Peut-être parce que toutes ces émotions complexes l’assaillirent en même temps…
Clang !
Un instant perdu dans ses pensées, Rokan laissa tomber son épée.
« Monsieur Rokan… ? »
Minjun savait que Rokan n’était pas du genre à laisser tomber son épée simplement parce qu’il l’affrontait. Déconcerté, il regarda tour à tour Rokan et l’arme au sol.
Tout aussi décontenancé, Rokan prit la parole.
« Excuse-moi. J’étais distrait un instant. Reprenons. »
Rokan ramassa son épée et ils reprirent leur entraînement jusqu’à la fin du temps imparti, sans autre incident.
Au fil du combat, l’aura de l’épée de Minjun se précisa peu à peu. Sa Peur du dragon se renforça elle aussi, quoique très légèrement.
« Ouf. »
Le combat terminé,
Rokan resta là, immobile, absorbé par les sensations que lui avait laissées son affrontement avec Minjun.
« Beau travail, monsieur Rokan. »
« Oui. Toi aussi, tu t’es bien débrouillé. »
Tout en répondant, Rokan repassait encore dans sa tête les dix minutes durant lesquelles Minjun lui avait montré de quoi il était capable.
« Monsieur Rokan. »
« … »
« Monsieur Rokan… ? »
« Excuse-moi. Je réfléchissais à quelque chose. »
Minjun trouva le comportement inhabituel de Rokan étrange.
C’était déjà arrivé quelques heures plus tôt, quand ils avaient parlé d’Élysium et de Bellium.
Et voilà que Rokan fixait de nouveau le vide, contrairement à son habitude.
« Monsieur Rokan, vous vous sentez bien… ? »
Se demandant si Rokan n’était pas dans son état normal, Minjun posa la question avec précaution.
« Ce n’est pas ça. Ce que tu m’as raconté aujourd’hui et ce que tu viens de me montrer m’ont simplement beaucoup surpris. »
La réponse de Rokan rassura Minjun, qui fut aussi discrètement ravi de recevoir un compliment.
Rokan ne lésinait pas sur les compliments d’ordinaire, mais il en faisait rarement d’aussi élogieux.
« J’étais vraiment si impressionnant ? »
« Oui. Et tu as utilisé la Peur du dragon alors que tu ne maîtrises pas encore correctement le Langage des dragons. Tu auras peut-être encore du mal à t’en servir en plein combat, mais le simple fait d’y être parvenu est déjà important. »
Rokan expliqua à Minjun ce que signifiait le fait d’avoir utilisé la Peur du dragon.
Quand il eut terminé, Minjun ne put cacher sa surprise.
« … Je crois que je suis vraiment différent des autres. »
« C’est vrai. C’est pour ça que je t’ai dit que c’était un plaisir de te voir progresser. »
Il le pensait sincèrement.
Même parmi les dragons, qui avaient vécu des expériences impossibles à connaître pour les autres races, rares étaient ceux qui auraient pu vivre ce que Rokan vivait en ce moment.
« Bref, je te dirai d’ici demain de combien de temps tu pourras disposer avec Shasha. Ah, et autre chose. »
Rokan rangea son épée dans sa dimension de poche.
« Tu as dit que tu devais faire une déposition à l’Association des chasseurs au sujet de ce qui s’était passé à l’intérieur de la Porte ? »
« Oui. J’allais justement vous demander conseil. Je ne sais pas trop jusqu’où je peux leur en dire. »
« Bien. »
Rokan lui indiqua la marche à suivre.
« Tu peux leur dire que tu es allé dans une autre dimension, mais mieux vaut ne rien ajouter. Ne parle ni de Bellium, ni d’Élysium, ni même de Pangée. »
Minjun s’attendait à devoir taire certaines choses, mais Rokan lui demandait d’en cacher plus qu’il ne l’avait prévu.
Mais Rokan connaissait toute la vérité. Minjun n’avait donc pas d’autre choix que de prendre en compte jusqu’aux pires conséquences possibles.
« Dis-leur simplement qu’une autre dimension existe et que tu y as rencontré des êtres intelligents semblables aux humains, plutôt que des monstres. »
Les chances étaient sans doute faibles, mais si le récit de Minjun parvenait d’une manière ou d’une autre aux oreilles d’autres dragons, cela pourrait devenir dangereux.
Rokan ne pouvait toutefois pas en dire davantage à Minjun.
« Minjun. Si quelque chose de semblable se reproduit, viens me trouver et pose-moi tes questions, comme tu l’as fait aujourd’hui. »
« D’accord. »
Rokan ne lui faisait pas cette offre par simple politesse. Minjun était un être extraordinairement singulier.
Le moindre geste involontaire de Minjun pouvait provoquer un effet papillon.
Et cela pouvait toucher non seulement Minjun, mais aussi Sia et Rokan.
Peut-être même tous les dragons installés sur Terre.
* * *
Le lendemain de mon retour sur Terre.
Comme on dit, il faut battre le fer tant qu’il est chaud. Avant de profiter du reste de mon voyage, je contactai l’antenne de l’île de Jeju de l’Association des chasseurs pour faire une déposition sur ce que j’avais vécu dans la Porte.
Bien sûr, comme Rokan me l’avait conseillé, je ne leur racontai pas tout.
Mais à en juger par leurs réactions, même ce que je leur avais révélé leur paraissait déjà assez sidérant.
Ma déposition terminée, mon interlocuteur me demanda encore si j’avais autre chose à ajouter, quoi que ce soit. Mais je restai ferme : c’était tout ce que je savais.
De toute façon, ils n’avaient aucun moyen de vérifier.
Après ma déposition, je repris mon voyage.
Je parcourus le sentier d’Olle, admirai les beaux paysages, mangeai de bons petits plats et me reposai.
Peut-être parce qu’il m’était arrivé tant de choses étranges ces derniers temps, je me sentais épuisé. Mais après avoir pris le temps de refaire le plein d’énergie, je sentis peu à peu mon corps et mon esprit se remettre.
Et enfin,
le jour tant attendu de mon rendez-vous avec Sia arriva.
Je me faisais peut-être des idées, mais j’étais plus excité et nerveux que d’habitude.
Le fait que, grâce à mes progrès, je puisse maintenant passer d’une traite environ six heures avec Sia, contre quatre heures et demie auparavant, y était sans doute pour quelque chose.
Mais je crois que c’était surtout parce qu’il s’était passé tant de choses en si peu de temps.
« S’il vous plaît, faites que la journée se passe sans incident. »
C’était déjà assez pénible de ne pouvoir se voir que quelques heures une fois par semaine, mais il se passait toujours quelque chose à chacune de nos rencontres.
La fois où j’avais voulu partager un moment intime avec Sia en amoureux, je m’étais évanoui en plein milieu à cause d’une histoire absurde de compatibilité entre nos auras.
Il y avait aussi eu ce rendez-vous où j’étais tombé sur une amie plus âgée que je connaissais depuis l’enfance, ce qui avait mis Sia de mauvaise humeur.
Et au moment où nous avions enfin cru pouvoir passer un rendez-vous normal, une Rupture de Porte avait tout gâché.
En plus, lors de notre dernier rendez-vous, Sia avait perdu le contrôle et s’était blessée.
« Cette fois, je vous en prie. »
Il était temps qu’on ait un rendez-vous normal, non ?
Mais chaque fois que je faisais un vœu de ce genre, il se réalisait exactement à l’inverse.
Bon. N’y pensons pas.
Si quelque chose arrivait encore cette fois, alors vraiment…
… je n’aurais plus rien à dire.
Peu après mon arrivée au lieu de rendez-vous,
« Oppa ! »
j’aperçus Sia qui accourait de loin en agitant la main.
« Sia ! »
Elle portait une veste en jean et un pantalon noir.
Une tenue moderne et décontractée, élégante sans être trop habillée.
Dès que nous nous retrouvâmes, nous nous jetâmes dans les bras l’un de l’autre.
Après notre étreinte, Sia regarda ma tenue et s’émerveilla.
« Waouh, c’est incroyable ! Oppa, tu ne trouves pas ? Comment on a fait pour s’habiller pareil sans même en parler ? »
« C’est incroyable. Pour une raison ou une autre, j’avais aussi envie de mettre ça aujourd’hui. On devait être sur la même longueur d’onde. »
Je portais moi aussi un sweat à capuche sous ma veste et, à part mon pantalon gris foncé au lieu d’un pantalon noir, ma tenue ressemblait beaucoup à la sienne.
Quelle coïncidence.
« Au fait, oppa… »
Levant vers moi un regard plein d’espoir, Sia me demanda :
« Tu ne trouves pas que j’ai changé depuis hier ? »
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