Chapitre 77
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Chen
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◈ Ma petite amie est revenue sous la forme d’un dragon ◈
Chapitre 77 : Le Sanctuaire
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Après le départ d’Adil.
Pour tenir ma promesse aux enfants, je descendis dans la salle à manger du rez-de-chaussée et leur racontai ce qui s’était passé ce jour-là.
Les enfants m’écoutèrent comme s’ils assistaient à un récit héroïque passionnant.
J’eus beau avoir terminé, ils continuèrent à me harceler, me demandant si j’avais d’autres histoires à leur raconter.
Je restai finalement coincé là près d’une heure avant de parvenir à m’échapper.
« Bââillement. »
Dès que je regagnai ma chambre, je me jetai sur le lit.
J’étais assez épuisé pour m’endormir sur-le-champ, mais notre conversation avec Adil tournait en boucle dans ma tête et m’empêchait de trouver le sommeil.
Un espace secret que Bellium a construit sous terre.
À bien y réfléchir, il y avait de fortes chances que l’espace secret sous la statue, plutôt que la statue elle-même, contienne quelque chose en lien avec moi.
À quoi pouvait bien ressembler cet espace secret ?
Je n’en étais pas sûr, mais il devait probablement abriter de précieuses reliques d’Élysium, notamment l’héritage de Bellium et d’autres objets qui s’y rapportaient.
Il s’y trouvait peut-être même quelque chose qui m’avait aidé à capturer la vouivre la veille.
Il y avait aussi de fortes chances que l’objet qui m’avait conduit dans ce monde s’y trouve.
Mais de quoi pouvait-il s’agir ?
Une pensée en entraîna une autre, et je me retournai toute la nuit dans mon lit.
Le lendemain.
Comme j’avais à peine dormi de la nuit, je me réveillai tard et pris un brunch dans la salle à manger de l’auberge.
La veille, Adil m’avait dit qu’il réunirait des documents susceptibles de m’aider et passerait dans la matinée.
Comme il n’était toujours pas arrivé, le travail lui avait peut-être pris plus de temps que prévu.
Ou alors, épuisé, il avait fait la grasse matinée.
Quoi qu’il en soit, une fois mon repas terminé, je pris une tasse de thé et attendis Adil.
Je m’apprêtais à goûter mon thé fraîchement infusé quand la porte s’ouvrit et qu’Adil entra.
Il avait dû se dépêcher depuis chez lui. À peine arrivé, il s’appuya contre le mur et reprit son souffle.
« Hff… Désolé… Je suis en retard. Vous… attendez depuis longtemps ? »
Adil me posa la question, encore essoufflé.
Il m’avait dit qu’il passerait la nuit à consulter et classer des archives historiques, et de profondes cernes assombrissaient ses yeux.
« Pas du tout. Je viens de finir de manger et j’allais prendre le thé. Vous en voulez une tasse, monsieur Adil ? »
« Si cela ne vous dérange pas, Minjun. »
Après avoir repris son souffle, Adil se servit un café et s’assit en face de moi.
« Vous avez bien dormi, cette nuit ? »
« Non. Je n’arrêtais pas de me demander quels secrets pouvaient se cacher là-dessous, alors je n’ai pas réussi à dormir. Et vous ? »
« Même si je l’avais voulu, je n’aurais pas pu dormir. J’ai passé la nuit à classer les documents que j’avais réunis et à chercher ceux qui pourraient vous être utiles, Minjun. »
Ses yeux étaient cernés, mais ils brillaient. Il semblait avoir trouvé quelque chose d’intéressant.
« Vous avez découvert quelque chose ? »
« Bien sûr ! »
Il avait dû faire une découverte assez satisfaisante pour le remplir d’enthousiasme.
« Finissons ça et allons-y. J’ai tellement de choses à vous raconter que j’en trépigne d’impatience. »
Après le thé, Adil me conduisit chez lui, en m’expliquant qu’il me montrerait les documents qu’il avait classés.
Gardien de la statue de Bellium, il habitait sans doute tout près.
En entrant chez Adil, je vis des livres et toutes sortes d’objets éparpillés partout, comme s’il n’avait pas eu le temps de ranger.
« Veuillez m’excuser pour le désordre. »
Je suivis Adil dans son bureau. Il prit plusieurs livres et un carnet sur son bureau, puis les apporta.
« Pour commencer, après avoir consulté les archives historiques, je dois malheureusement vous dire qu’elles ne font absolument aucune mention du monde appelé Terre, d’où vous dites venir. »
« Y avait-il des écrits sur des mondes autres que la Terre ? »
« Malheureusement, non. Aucun texte ancien ne parle d’autres dimensions. »
J’avais secrètement espéré y trouver quelque chose ; ce fut donc décevant.
Adil dut voir ma déception, car il changea aussitôt de sujet.
« En revanche, comme je vous l’ai dit, j’ai trouvé des documents qui pourraient vous être utiles. Par exemple, des renseignements sur l’aura que vous seul avez vue avant-hier. »
Adil feuilleta son carnet jusqu’à trouver ce qu’il cherchait, puis ouvrit un livre épais et me le montra.
« C’est ce passage. »
La page qu’Adil avait ouverte disait :
<Si quelqu’un a été témoin de la mystérieuse lueur qui ne s’est pas encore révélée au monde,
n’hésitez pas. Amenez cette personne auprès de moi, à tout moment.>
« … Par “lueur”, vous voulez dire… ? »
« Je crois que vous pensez à la bonne chose. À en juger par le contexte, avant et après ce passage, ainsi que par d’autres documents, il est très probable que cette lueur désigne celle que vous avez vue avant-hier. »
Adil m’expliqua que ce passage était difficile à interpréter depuis longtemps et qu’il était ravi d’avoir trouvé, grâce à moi, une piste pour en comprendre le sens.
« Alors, monsieur Adil, comment faut-il interpréter ces mots : “Amenez cette personne auprès de moi” ? »
« Ce n’est qu’une hypothèse, mais je crois que cela signifie qu’on vous autorisera à accéder au niveau le plus bas du Sanctuaire, l’espace secret sous la statue que Bellium a créé de ses propres mains. »
À la lumière de tout ce que j’avais appris jusque-là, il semblait que Bellium ait attendu quelqu’un comme moi.
Si c’était vrai, ma venue ici n’était donc pas une coïncidence.
« Toute personne reconnue comme membre d’Élysium peut entrer dans le Sanctuaire. Mais le niveau le plus bas n’est pas un endroit où les habitants d’Élysium eux-mêmes peuvent se rendre librement, encore moins les étrangers. Seules les personnes choisies après une sélection rigoureuse peuvent y entrer. »
« Qu’est-ce qui peut bien se trouver là-dessous… ? »
Adil avait peut-être entendu ma question murmurée, car il y répondit.
« Les restes de Bellium sont conservés au niveau le plus bas du Sanctuaire. »
« Alors, le passage du livre qui dit : “Amenez cette personne auprès de moi, à tout moment”… »
« Il signifie probablement exactement ce que dit le texte ancien. »
Même après sa mort, cela ne ferait aucune différence. Amenez cette personne devant ses restes.
C’était sans doute ainsi qu’il fallait l’interpréter.
« Il y a sans aucun doute un lien entre Élysium et moi. Je ne sais simplement pas de quoi il s’agit. »
J’avais l’impression d’être tout près d’un indice décisif, mais de ne pas parvenir à le saisir.
« Je le pense aussi. Ah, Minjun. Voulez-vous voir cet autre passage ? »
Adil tourna la page et me montra un nouvel extrait.
<Je ferai en sorte que cette personne soit témoin d’une autre lueur.>
« On peut interpréter cela comme la promesse que Bellium accordera un autre pouvoir à la personne qui a vu cette lueur. »
« Mais Bellium n’est plus de ce monde, n’est-ce pas ? »
Comment aurais-je pu rencontrer un dragon mort depuis des dizaines de milliers d’années ?
Mais à la réflexion, ce n’était pas totalement impossible.
Bellium avait peut-être laissé un dernier message à quelqu’un comme moi. Ou peut-être que, comme dans le Jardin de l’Épée du Dragon, sa volonté persistait encore.
Cette pensée venait tout juste de me traverser l’esprit quand…
« Au niveau le plus bas, là où reposent les restes de Bellium, il subsiste une faible trace de sa volonté. »
« … !!! »
J’avais espéré que ce soit le cas, mais c’était bien réel.
Je ne pus cacher mon enthousiasme à l’idée que sa volonté persistait.
Alors, comme avec Minos dans le Jardin de l’Épée du Dragon, je pourrais peut-être lui parler et apprendre de vive voix pourquoi il m’avait appelé ici.
Mais cet espoir ne dura pas.
« Cependant, que ce soit à cause des dizaines de milliers d’années écoulées ou de l’influence d’autre chose, il ne serait pas étonnant qu’elle disparaisse dès demain. »
Adil anéantit toutes mes attentes.
« Alors, lui parler… »
« Ce serait impossible. Si l’on pouvait parler à sa volonté, je serais le plus heureux de tous. »
Adil semblait lui aussi profondément déçu.
Il me confia qu’en tant qu’historien, il mourrait heureux s’il pouvait parler à Bellium, qui détenait les réponses aux questions sur l’histoire d’Élysium.
Mais il ajouta que cela n’arriverait pas et que je ne devais pas trop espérer.
En somme, la volonté de Bellium était comme celle d’une personne dans le coma, susceptible de mourir à tout instant.
« … C’est décevant. »
« Cela dit, je suis certain que ce sera très utile pour vous, Minjun. Y a-t-il autre chose que vous aimeriez savoir sur Bellium ou le Sanctuaire ? »
« Je pense que ça ira pour le moment. Si quelque chose m’intrigue en chemin, je vous le demanderai. »
« Entendu. »
Adil s’inclina poliment.
« Ah, avant cela, donnez-moi les objets que je vous ai demandés hier. Je les remettrai aussi aux anciens. »
J’y repensai : la veille, il m’avait demandé quelques objets qu’on ne pouvait trouver que sur Terre, même s’il ne s’agissait que de babioles.
« Bien sûr. Je vous les donne tout de suite. »
Je fouillai dans mon espace de sous-dimension et en sortis plusieurs objets faciles à trouver sur Terre, puis expliquai brièvement à Adil leur nom et leur utilité.
Pendant toute mon explication, Adil nota mes paroles, les yeux brillants, comme un enfant dévoré par la curiosité.
Après cela.
« Je vais maintenant vous conduire à la statue, puis vous emmener au Sanctuaire. »
Je suivis Adil en direction de la statue de Bellium.
Mon cœur battait à tout rompre, mais je ressentais aussi un étrange mélange de familiarité et de réconfort.
Cette sensation étrange que j’avais éprouvée en voyant la statue pour la première fois me revint, comme si elle allait de soi.
Je décidai de profiter de l’occasion pour interroger Adil.
« Monsieur Adil, quelqu’un a-t-il déjà dit avoir ressenti quelque chose de semblable devant la statue ou dans le Sanctuaire ? Cette sensation… »
Après que je lui eus expliqué ce que je ressentais, Adil réfléchit un moment en silence, puis secoua la tête.
« Non, malheureusement. Personne. »
« C’est dommage. »
« C’est assez étrange, tout de même. Même après votre explication, je ne parviens pas à comprendre de quelle sorte de sensation il s’agit. »
Exactement.
Je commençais à me demander si je me rapprochais de la vérité ou si je tournais simplement en rond.
Pour l’instant, je ne voyais pas ce que je pouvais apprendre de plus ici.
Après avoir lentement fait le tour de la statue, je suivis Adil jusqu’à un passage secret menant au Sanctuaire.
De l’extérieur, l’endroit ressemblait à une salle de repos pour le personnel, comme on en trouvait dans les attractions touristiques. Mais, après être entrés et avoir soulevé le tapis, nous découvrîmes un escalier secret qui descendait sous terre.
Une fois en bas, cet espace secret appelé le Sanctuaire nous attendrait sans doute.
Au début, je crus qu’il suffirait de descendre les marches. Pourtant, même après les avoir dévalées, nous rencontrâmes plusieurs dispositifs de sécurité.
« La sécurité est renforcée. »
« C’est un lieu important. C’est peut-être contraignant, mais on ne peut pas faire autrement si l’on veut empêcher les intrus d’y entrer librement. »
Ce ne fut qu’après avoir déverrouillé le dernier dispositif et emprunté un ascenseur alimenté au mana, qui nous entraîna profondément sous terre, que le Sanctuaire, le mystérieux espace secret d’Élysium, se dévoila enfin à mes yeux.
On aurait dit que quelqu’un avait creusé sous terre une immense tanière, assez vaste pour accueillir toute une famille élargie de dragons, puis l’avait transformée en refuge.
Adil m’avait dit que Bellium avait créé cet endroit de ses propres mains : il existait donc depuis au moins des dizaines de milliers d’années.
Pourtant, malgré tout ce temps écoulé, l’intérieur était remarquablement bien entretenu.
« Quelles sont vos premières impressions du Sanctuaire, Minjun ? »
« Il est beaucoup plus grand que je ne le pensais… Je suis vraiment surpris. »
La simple expression « espace secret » ne suffisait pas à décrire les lieux.
Quand j’avais appris qu’il se trouvait sous terre, j’avais imaginé qu’il ne serait pas très vaste. Mais c’était en fait une immense ville souterraine.
Je doutais que quiconque puisse découvrir cet endroit sans en rester bouche bée.
Adil acquiesça et m’expliqua les origines d’Élysium.
« Bellium a créé le Sanctuaire il y a longtemps pour assurer la sécurité des habitants d’Élysium. Comme la ville avait été fondée par des exilés venus des quatre coins du continent, certains ne voyaient pas sa création d’un bon œil. On raconte donc qu’à ses débuts, Élysium subit de nombreuses invasions venues de l’extérieur, même si le dragon Bellium veillait sur ses habitants. »
Et Adil se lança dans un cours d’histoire improvisé.
« Ils n’avaient pas froid aux yeux. À moins d’être des dragons eux-mêmes, je ne pense pas qu’ils auraient seulement songé à attaquer une ville protégée par un dragon. »
Adil hocha la tête, approuvant mes paroles.
« On raconte que des envahisseurs aussi audacieux existaient bel et bien à l’époque. Certains ignoraient que Bellium protégeait la ville, tandis que d’autres le savaient et s’y infiltraient pour assassiner des personnes bien précises. »
Sur Terre comme ici, les imprudents ne manquaient pas.
Cela dit, Élysium était une ville où s’étaient rassemblés les rejetés ; je pouvais donc comprendre que ce genre de choses arrive.
« À cause de cela, Bellium vit sans cesse des habitants innocents devenir des victimes. Selon une légende, les larmes qu’ils versèrent alors devinrent la Larme de Bellium, que vous avez absorbée. »
J’ignorais que la Larme de Bellium, que j’avais absorbée, était liée à une telle légende.
« Cette légende pourrait-elle être vraie ? »
« C’est très peu probable. »
Eh bien, voilà pourquoi c’était une légende.
« Quoi qu’il en soit, c’est pour cela que Bellium a construit le Sanctuaire afin d’assurer la sécurité des habitants d’Élysium. Les réparations et les rénovations au fil des ans ont forcément modifié son apparence d’origine, mais nous avons essayé de le préserver autant que possible. »
C’était sans doute l’endroit le plus important et le plus sacré pour les habitants d’Élysium.
Je ne pouvais m’empêcher de ressentir du respect.
« Grâce à cet endroit, Élysium a pu préserver son histoire et ses traditions pendant des dizaines de milliers d’années sans disparaître, malgré sa situation géographique et ses origines, qui rendaient inévitables les invasions étrangères. »
Adil semblait très fier de ce fait.
Moi aussi, je trouvais qu’il y avait de quoi être fier.
« Nous sommes très fiers qu’un refuge construit il y a des dizaines de milliers d’années remplisse encore son rôle. Mais il est parfois amer de constater que les événements nous obligent encore si souvent à nous y réfugier. »
Au seul récit d’Adil, je pouvais deviner à quelle fréquence ils avaient subi des attaques venues de l’extérieur.
« Cela suffit pour l’histoire. Allons-nous faire le tour des lieux comme il se doit ? »
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