Chapitre 58
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Traducteur/éditeur : Chen
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◈ Ma petite amie est revenue sous la forme d’une dragonne ◈
Chapitre 58 : Oppa, que penses-tu de cet endroit ?
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« Vous voulez dire que vous comptez créer votre propre guilde, Seigneur Rokan ? »
L’annonce fracassante de Rokan me tira de mes pensées.
J’hésitais à rejoindre une guilde, mais Rokan, lui, songeait à en fonder une ?
Cette possibilité ne m’avait même pas effleuré l’esprit.
Je ne connaissais pas grand-chose à ce domaine, mais créer et gérer une guilde ne lui donnerait-il pas énormément de soucis ?
À la place de Rokan, je ne crois pas que j’aurais poussé les choses jusqu’à fonder une guilde.
Mais, comme s’il avait prévu ma réaction, Rokan m’expliqua pourquoi il avait pris cette décision.
« Pour commencer, je me suis dit que ce serait amusant de gérer une guilde moi-même, au moins une fois. Avant de venir ici, j’ai goûté à toutes sortes de divertissements, mais je n’ai jamais vécu comme un gérant. »
Les dragons aimaient naturellement découvrir toutes sortes de choses en se divertissant. Alors que les humains pouvaient se demander pourquoi s’embêter, les dragons, eux, y voyaient un passe-temps intéressant.
Comme je ne comprenais toujours pas, Rokan ajouta : « Vous avez aussi des jeux de gestion, n’est-ce pas ? »
À ces mots, je compris pourquoi Rokan pouvait voir les choses ainsi.
C’était simplement que cette partie de simulation se déroulerait à une échelle un peu plus grande.
« Je me disais vaguement que je devrais essayer un jour, mais ce que tu m’as dit m’a décidé à passer à l’action. »
Me voir hésiter à rejoindre une guilde lui avait rappelé cette vieille idée.
« Dans ton cas, le plus efficace est que tu t’entraînes selon les plans que Shasha et moi élaborons. Mais comme je te l’ai déjà dit, cela ne veut pas dire que tu dois négliger les vrais combats. »
Au lieu de me contenter de poursuivre l’entraînement, il serait plus efficace de perfectionner mon pouvoir draconique en combattant pour de vrai.
Mais plus je deviendrais fort, plus il me serait difficile de trouver des Portes que je pourrais nettoyer sans guilde.
J’étais coincé dans tous les cas.
« Alors je me suis dit que ce ne serait pas une mauvaise idée d’en créer une pendant qu’on y est. Comme ça, tu n’auras plus à te soucier de ce problème. »
Rokan avait raison.
Si je rejoignais la guilde qu’il allait fonder, il pourrait prendre diverses dispositions pour moi et me permettre de participer aux raids dans les Portes avec plus de souplesse.
Et si les circonstances le permettaient, avec le soutien de Rokan, je pourrais même entrer dans des Portes de rang A plutôt que de rang B et apprendre davantage.
« Oui. Merci. Vraiment… merci. »
« Ne t’ai-je pas dit qu’avant même de te rencontrer, je voulais essayer de gérer une guilde au moins une fois ? Je le fais aussi pour moi, alors tu n’as pas besoin de me remercier. »
Rokan sourit chaleureusement, comme si ce n’était rien.
Puis…
« Seigneur Rokan, à propos de votre projet de guilde… Vous en avez aussi parlé à Sia ? »
« Non, pas encore. »
« Alors… »
Je me souvins soudain de notre dernier appel, à Sia et moi.
Sia avait voulu m’annoncer elle-même qu’elle avait participé à la modification du donjon. Plus encore, elle voulait que ce soit elle, et non Rokan, qui m’apprenne que les modifications étaient terminées.
C’était pour ça qu’elle avait eu l’air si déçue quand je lui avais dit que Rokan m’en avait déjà parlé.
« Non, je n’en ai pas encore parlé à Shasha. »
« Alors, je vais faire comme si je n’avais rien entendu. Pourriez-vous demander à Sia de me l’annoncer elle-même ? »
« Tu as un côté étonnamment romantique. »
Rokan ne pouvait pas savoir ce qui s’était passé entre Sia et moi auparavant, mais il avait peut-être deviné dans les grandes lignes ce que je voulais. Il hocha la tête.
« Je le ferai. Tu dois être épuisé, alors rentre chez toi et repose-toi bien. »
Rokan me raccompagna chez moi, et je n’eus même pas la force de me laver avant de m’effondrer par terre.
J’étais presque sûr d’être parti aux alentours de midi, mais quand je regardai l’heure, il était déjà plus de neuf heures du soir.
J’avais faim, mais je n’avais même pas la force de manger. Ça montrait bien à quel point l’entraînement du jour avait été brutal.
Ce serait sûrement comme ça à chaque fois que je m’entraînerais, désormais.
J’avais envie de dormir tel quel, mais il fallait quand même que je me débarrasse de la sueur. Après une douche rapide, je m’allongeai sur mon lit.
Juste avant de m’endormir, une idée me traversa l’esprit.
Je me dis que ce serait bien d’aller à l’endroit où je m’étais entraîné aujourd’hui pour notre prochain rendez-vous.
Si Sia avait conçu cet espace elle-même, il devait avoir une signification particulière pour elle.
Et, tant qu’on y serait, je voulais en apprendre davantage sur la vie de Sia.
Depuis nos retrouvailles, nous avions parlé de beaucoup de choses, mais je me rendis compte que je savais peu de choses sur la vie que Sia avait menée en tant que dragonne nommée Shasha.
Avant de me coucher, je décidai donc de l’appeler brièvement pour lui demander si nous pouvions changer nos projets de la semaine.
Il n’était même pas encore dix heures ; elle ne devait probablement pas dormir.
À peine l’appel lancé, Sia décrocha.
[Oppa ! J’ai entendu dire que tu t’étais entraîné avec grand-père aujourd’hui. Alors, c’était comment ?]
Elle avait sûrement déjà entendu parler de Rokan de l’entraînement du jour, car elle m’interrogea dès qu’elle décrocha.
« J’ai découvert à quoi devait ressembler l’enfer. »
Tout en me plaignant avec force exagération, je lui racontai tout ce qui s’était passé pendant l’entraînement.
« Mais c’était trop beau pour que je puisse appeler ça l’enfer. Quel enfer est aussi joli ? C’était dommage de s’entraîner dans un endroit pareil sans avoir beaucoup de temps pour se reposer. »
[Hmm, je vois. Grand-père ne t’a pas dit de quel endroit il s’était inspiré ?]
« Non. C’était où ? »
Rokan me l’avait dit dès notre arrivée sur le terrain d’entraînement, mais je voulais voir Sia me l’expliquer avec enthousiasme, alors je décidai de mentir.
Après avoir raccroché, je demanderais à Rokan de jouer le jeu.
[Oh, il ne te l’a pas dit. Tu veux essayer de deviner, oppa ?]
Quand je lui répondis que je n’en savais rien, Sia me posa une devinette, visiblement pour me faire chercher.
« Hmm, je ne sais pas. Il me semble qu’il y avait une montagne comme ça en Chine. C’est de là que ça vient ? Ou c’est l’endroit où tu vivais, Sia ? »
[C’est ça ! Comment tu l’as deviné ?]
Sia applaudit, surprise, et je mentis sans vergogne, sans perdre une seconde.
« Je le savais, c’est tout. »
[On dit que l’amour permet de se comprendre. C’est sûrement pour ça que tu as deviné tout de suite. Alors, qu’est-ce que tu en as pensé, oppa ? Raconte-moi.]
Sia semblait impatiente d’en savoir plus sur ce que j’avais pensé du paysage, alors je lui racontai exactement ce que j’avais ressenti.
« …Alors je me suis dit que ce serait bien d’y aller avec toi, au moins une fois. Ce serait sympa d’y avoir un rendez-vous plutôt que de s’entraîner dans un endroit aussi joli. »
[Pourquoi je n’y ai pas pensé ? Oppa, on pourrait y aller cette semaine ?]
C’était justement ce que j’allais lui proposer, mais l’idée devait lui plaire aussi, puisqu’elle la suggéra la première.
« Et notre rendez-vous de cette semaine ? On avait déjà prévu quelque chose la dernière fois. »
[On pourra y aller une autre fois. Si ça te va, oppa. Sinon, on peut garder nos plans de cette semaine et faire un pique-nique là-bas la semaine prochaine.]
Sia me dit que les deux options lui convenaient et qu’elle respecterait ma décision.
Le rendez-vous que nous avions prévu à l’origine n’était pas mal, mais rien ne nous empêchait de profiter de l’envie du moment.
« Alors faisons ça cette semaine. On ira à l’endroit prévu au départ une autre fois. »
[D’accord ! Je préparerai du gimbap et des sandwichs, pour qu’on ait l’impression d’être en pique-nique.]
« Alors, je prendrai une nappe de pique-nique et des fruits. »
[Au fait, oppa, prends aussi du tteokbokki !]
« Pas de problème. »
En voyant à quel point Sia était enthousiaste, je fus content d’avoir proposé l’idée.
J’avais déjà hâte d’être à notre rendez-vous.
* * *
Enfin arriva le rendez-vous tant attendu.
À l’heure convenue, j’entrai sur le terrain d’entraînement, qui reproduisait le village natal de Sia et était bien trop beau pour qu’on puisse l’appeler ainsi.
Le fait qu’il s’agisse d’un espace virtuel relié au tombeau impérial me mettait un peu mal à l’aise, mais l’endroit était vraiment magnifique, même après l’avoir vu tant de fois.
Assez beau pour me faire oublier complètement ce qu’il avait été à l’origine.
Je ne savais pas si ce serait possible, mais un jour, je voulais visiter le monde où Sia était née et avait grandi en tant que dragonne.
Mais pas tout de suite. Seulement quand je maîtriserais complètement mon pouvoir draconique.
Du point de vue des parents de Sia — ceux qu’elle avait dans cette vie —, ce serait un peu gênant que leur précieuse fille revienne d’une autre dimension et leur présente l’homme qu’elle voulait épouser, pour qu’il se révèle être un humain ordinaire…
Je me dis donc que je ne devrais en parler à Sia qu’une fois devenu suffisamment semblable à un dragon pour que les autres dragons me reconnaissent comme l’un des leurs.
Enfin, je ne savais même pas si je pourrais franchir la frontière entre les mondes, pour commencer.
Même si Sia connaissait la magie de voyage dimensionnel, voyager seule d’une dimension à l’autre et le faire avec quelqu’un pouvaient être deux choses tout à fait différentes.
Quoi qu’il en soit, après avoir lentement admiré le paysage, j’étendis la nappe de pique-nique à un endroit offrant une belle vue, avant l’arrivée de Sia.
Alors que je mettais le tteokbokki que j’avais apporté dans un joli bol…
« Oppa ! Je suis là ! »
Sia arriva.
Un pull beige et un pantalon ivoire.
Sa tenue était toute simple, mais peut-être parce que c’était Sia qui la portait, elle lui allait à merveille.
Comme toujours, Sia se jeta dans mes bras dès qu’elle m’aperçut. Je la serrai contre moi et lui caressai doucement le dos.
« Tu m’as manqué. »
« Toi aussi. Je ne sais pas pourquoi cette semaine m’a paru si longue. »
« C’est vrai. Je crois que tu m’as encore plus manqué parce que cette semaine a été si mouvementée. »
Comme le disait Sia, tant de choses s’étaient passées depuis nos retrouvailles que nous n’avions eu ni l’un ni l’autre le temps de souffler.
« Et tu as dû être occupée à aider ton grand-père à modifier cet endroit. »
« Oui. On a tout vérifié jusqu’au bout, au cas où il y aurait eu le moindre problème. Une fois toutes les vérifications terminées, quand j’ai enfin pu regarder autour de moi, j’ai trouvé ça vraiment magnifique. »
« C’est vrai. Je crois que je te l’ai déjà dit, mais c’est vraiment magnifique. Savoir que tu as grandi dans un autre monde en contemplant des paysages pareils me rend heureux aussi. »
Combien d’endroits sur Terre pouvaient se vanter d’offrir un paysage aussi grandiose ?
« Quand je l’ai vu pour la première fois, j’ai réagi exactement comme toi, oppa. Quand j’ai quitté mon antre pour la première fois, je ne me serais jamais attendue à ce que la vue depuis le jardin soit si belle. J’en suis restée bouche bée. »
Peut-être parce qu’elle se remémorait un souvenir lointain, le regard de Sia paraissait un peu nostalgique.
« Tu sais à quoi j’ai pensé quand je l’ai vu pour la première fois ? »
« À quoi ? »
« Je me suis dit que je voulais te faire découvrir ce paysage magnifique, à toi aussi, oppa. »
Sia contempla le paysage, le visage serein.
Ce n’était pas vraiment le jardin de l’antre de Sia, mais se tenir ici avec moi, dans un endroit qui lui ressemblait tant, avait dû lui inspirer bien des pensées.
Après avoir admiré la vue, un bras autour de mes épaules, Sia sembla avoir fait le tour de ses pensées et sortit un panier de pique-nique de sa dimension de poche.
« Mais j’imagine que ce rêve s’est réalisé à moitié. Je n’aurais jamais pensé pouvoir faire un pique-nique avec toi tout en admirant un paysage pareil. »
Sia sortit un à un de sa dimension de poche les plats qu’elle avait préparés elle-même.
Mais alors…
J’avais dit que j’apporterais les fruits, pourtant Sia sortit quelques mandarines de son panier.
« Des mandarines ? »
« Oui. Mon antre est sur l’île de Jeju, pas vrai ? Et Jeju, ça veut dire mandarines. Alors j’en ai acheté. Tu pourras emporter celles qui restent, oppa. »
Elle n’avait pas vécu si longtemps que ça sur l’île de Jeju, et pourtant elle était déjà devenue une vraie locale.
Je sortis à mon tour les affaires que j’avais préparées dans ma dimension de poche.
Des fruits, bien sûr, ainsi que des boissons et le tteokbokki que Sia avait réclamé.
Une fois tout installé, on se serait vraiment crus en pique-nique.
« Ça fait vraiment longtemps qu’on n’a pas fait un pique-nique comme ça, pas vrai ? »
« La dernière fois, c’était quand ? Quand on avait pique-niqué au bord du Han. C’était vraiment sympa. »
En nous remémorant le passé, nous commençâmes à manger ensemble ce que nous avions préparé.
Sans savoir ce que l’avenir nous réservait.
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