Chapitre 56
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Traducteur/Éditeur : Chen
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◈ Ma petite amie est revenue sous la forme d’une dragonne ◈
Chapitre 56 : Je voulais le dire à oppa en premier.
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« En fait, j’allais justement vous contacter. J’ai une nouvelle à vous annoncer. »
« Quelle coïncidence ! Je suis venu parce que j’avais moi aussi quelque chose à vous demander, Rokan. »
Cette coïncidence inattendue nous surprit tous les deux.
« Alors, dites-moi d’abord ce que vous aviez à me dire, Rokan. Je vous parlerai après. »
« Non. Je pense qu’il vaut mieux vous écouter d’abord. »
« Si cela vous arrange, alors je vous écoute. »
Une fois assis, je résumai ce pour quoi je souhaitais obtenir l’avis de Rokan.
Je n’avais pas rejoint de guilde, car je pensais qu’il valait mieux rester indépendant plutôt que d’être lié à une organisation pendant que j’entraînais mes pouvoirs de dragon. Mais maintenant que j’en étais là, participer concrètement à des raids dans les Portes ne me semblait pas si facile.
J’avais imaginé une solution à ma manière, mais je n’étais pas certain qu’elle soit vraiment viable.
Quand j’eus terminé, Rokan hocha la tête et reconnut que mon inquiétude était légitime.
« Vous avez raison. Se consacrer uniquement à l’entraînement en négligeant les vrais combats n’est pas non plus un très bon choix. »
« C’est pour ça que je suis venu vous demander conseil. »
« Il va falloir que j’y réfléchisse aussi. À présent, je vais vous annoncer ce que je comptais vous dire. »
« D’accord. »
Rokan me contactait rarement pour m’annoncer quelque chose d’urgent. Et, à en juger par son attitude de tout à l’heure, j’avais l’impression qu’il allait m’apprendre une nouvelle importante.
Il n’était pas du genre à prendre un air aussi sérieux pour une broutille.
« J’ai terminé les travaux de rénovation du Jardin de l’Épée du Dragon. »
« Vous voulez dire… ? »
« Le terrain d’entraînement conçu uniquement pour vous est enfin prêt. »
« … !!! »
Rokan m’en avait déjà parlé une fois.
Mais il ne m’avait pas donné de date précise, alors j’avais supposé qu’il faudrait au moins plusieurs mois.
J’avais du mal à croire que les travaux aient été achevés si vite.
Le Jardin de l’Épée du Dragon appartenait à la Guilde de l’Érable. Je m’étais donc dit que l’achat du donjon, à lui seul, prendrait un bon moment.
Et rénover le donjon ne devait pas être simple non plus, alors je m’étais attendu à ce que cela prenne longtemps.
Mais comment avait-il réussi à terminer si vite ?
Voyant mon incrédulité, Rokan répondit à ma question comme s’il avait lu dans mes pensées.
« Le contrat pour le donjon a été conclu le jour même. La rénovation a connu quelques complications, mais Shasha m’a heureusement donné un coup de main. Nous avons terminé plus tôt que prévu. »
« Sia vous a aidé à rénover le donjon ? »
C’était la première fois que j’en entendais parler.
Sia ne m’avait jamais parlé des travaux. J’avais donc vaguement supposé que Rokan s’en occupait seul.
Cela dit, maintenant que j’y pensais, si j’avais été à la place de Sia, j’aurais sans doute aidé Rokan dès que j’en aurais eu le temps.
C’était l’œuvre de son grand-père et, plus important encore, c’était moi qui allais utiliser ce donjon.
« Oui. Elle m’a dit que c’était pour vous et qu’elle ne pouvait pas rester les bras croisés. Elle m’a demandé de la laisser aider quand elle aurait un peu de temps. Grâce à elle, j’ai pu terminer rapidement. »
Je devrais remercier Sia quand je l’appellerais demain.
« Puisque les travaux sont terminés plus tôt que prévu, je voulais vous l’annoncer et vous proposer d’y aller ensemble demain pour vous entraîner, si vous n’avez rien de prévu. Il est trop tard pour y aller aujourd’hui. Qu’en dites-vous ? »
« Avec plaisir. Je n’ai rien de prévu, alors appelez-moi quand cela vous conviendra. »
« Parfait, parfait. »
Un terrain d’entraînement aménagé pour moi seul dans un donjon entièrement rénové.
Quel chasseur, dans ce monde, pouvait profiter d’un tel luxe ?
J’ai hâte de le voir.
J’étais déjà impatient de découvrir ce que Rokan et Sia avaient créé.
Et savoir que cet endroit avait été conçu rien que pour moi me faisait battre le cœur.
Le lendemain.
Avant de retrouver Rokan, j’allumai le téléphone que j’avais éteint pour appeler Sia.
Je voulais lui passer mon appel habituel du matin et la remercier de l’avoir aidé à rénover le donjon.
Comme je m’y attendais, dès que j’allumai mon téléphone,
je découvris une pile d’appels manqués et de messages.
Je m’en voulais pour ceux qui avaient essayé de me joindre, mais j’étais content d’avoir éteint mon téléphone.
Sinon, j’aurais passé toute la nuit à répondre aux appels jusqu’à m’écrouler.
Après avoir parcouru rapidement les messages accumulés, j’appelai aussitôt Sia.
[Bonjour, oppa ! Tu as mangé ?]
« J’allais justement manger. Je t’appelle avant le petit-déjeuner. »
[Même si le petit-déjeuner te paraît pénible, mange au moins un petit quelque chose.]
« Ces derniers temps, je mange comme il faut. »
Avant, je prenais rarement le petit-déjeuner. Mais depuis environ un mois et demi,
autrement dit, depuis le retour de Sia, j’en mangeais presque tous les jours.
« Oh, Sia. J’ai parlé à ton grand-père hier. Il m’a dit que tu l’avais aidé à rénover le donjon. »
[… Hein ?]
Mais
dès que j’abordai le sujet, Sia prit contre toute attente un ton un peu déçu.
[Je voulais te le dire en premier, mais Grand-père t’en a parlé avant que j’en aie eu le temps…]
J’avais abordé le sujet en pensant qu’elle me raconterait fièrement ce qui s’était passé pendant les travaux.
Mais du point de vue de Sia, elle avait préparé une surprise et les choses ne s’étaient pas déroulées comme prévu.
À sa réaction, je compris qu’elle avait dû se réjouir de m’annoncer la nouvelle avant mon appel du jour.
… J’avais gâché son enthousiasme sans le vouloir.
« Merci, Sia. Vraiment. »
[Mais non. Tu te donnes aussi beaucoup de mal pour moi, alors c’est normal que je fasse tout ce que je peux.]
« Vu tout ce que tu as déjà fait pour moi, c’est plus que suffisant. »
[Arrête de penser comme ça. On fait tous les deux de notre mieux, chacun de notre côté, non ? C’est tout ce qui compte.]
Après cet échange tendre qui me réchauffa le cœur de bon matin, je mis fin à l’appel en lui disant que je la recontacterais après avoir visité le terrain d’entraînement.
Je raccrochai, pris un petit-déjeuner léger,
puis me rendis directement au repaire de Rokan.
« Bonjour, Rokan. »
« Oui. Minjun, vous avez parlé à Shasha il y a peu ? »
« Oui. »
À la réaction de Rokan, Sia avait dû le contacter à son tour juste après m’avoir parlé.
« Avant votre arrivée, Shasha m’a dit qu’elle avait gardé ça secret exprès parce qu’elle voulait vous l’annoncer en premier. Elle m’a demandé pourquoi je vous en avais parlé avant elle. »
Puisqu’elle avait appelé Rokan pour se plaindre d’une manière adorable, elle avait sans doute prévu de me l’annoncer depuis le début des travaux.
« Quoi qu’il en soit, je me suis excusé auprès de Shasha avant de venir. »
« Ah. »
Je souris, un peu gêné.
Je m’étais toujours dit que Rokan était vraiment le dragon idéal du grand-père gâteau.
« Alors, allons voir ce nouveau terrain d’entraînement. »
Rokan me fit signe de tendre la main, et je la lui tendis.
Je m’attendais à ce qu’il me prenne la main et ait recours à la Téléportation comme d’habitude. Mais, à la place, Rokan retira la bague de mon doigt, y insuffla du mana, puis me la rendit.
« J’y ai gravé les coordonnées du terrain d’entraînement. Si vous devez vous y rendre seul, utilisez-la. »
Rokan avait beau donner l’impression que c’était facile, graver des coordonnées spatiales dans un artefact était déjà un exploit incroyable.
Un dragon restait un dragon.
« Merci. »
« Allons-y, maintenant. »
À peine eus-je remis la bague que Rokan me prit la main et se dirigea droit vers le Donjon-Porte.
Le propriétaire du donjon ayant changé, plusieurs petits détails différaient peut-être d’avant.
Il y avait quelques changements mineurs, mais le plus frappant était un cercle magique que je n’avais jamais vu, tracé à l’entrée du Donjon-Porte.
« Rokan, qu’est-ce que c’est ? »
« Voyez ça comme un cercle magique qui sert de serrure. Il est là au cas où un intrus aurait l’audace d’entrer. La bague servira de clé : si vous voulez entrer, posez la main qui la porte sur le cercle magique. »
Suivant les instructions de Rokan, j’approchai du cercle magique la main où je portais la bague.
Le cercle passa du rouge au bleu, et Rokan me fit signe d’entrer.
Une fois la porte déverrouillée, je pénétrai aussitôt dans le donjon.
Dès mon arrivée, je sentis clairement que l’intérieur avait changé.
L’atmosphère mystique propre au donjon était toujours là, tout comme la statue d’un dragon et d’une épée, liée à la tombe.
Mais quelque chose avait bel et bien changé.
« Toutes ces épées ont disparu ? »
À l’origine, des dizaines d’épées au moins étaient fichées dans le sol autour de la statue, et la Volonté persistante de l’épée surgissait sans cesse de leurs lames.
À l’époque, pour achever le donjon, il fallait survivre à leurs attaques pendant trois heures.
Mais les épées, qui faisaient la particularité du jardin, avaient disparu sans laisser de trace.
« Je les ai toutes enlevées, elles ne servaient à rien. À la base, elles étaient destinées à l’entraînement des chasseurs de rang D. Vous n’en avez plus besoin. Et puis, elles gâchaient le paysage. »
Ce n’étaient pas de simples épées, mais des lames habitées par des volontés persistantes.
Un humain ordinaire n’aurait pas pu les arracher aussi facilement.
Mais Rokan étant un dragon, il les avait probablement tirées du sol comme on arrache des radis.
« Je pense y aménager un petit potager plus tard, ou peut-être y mettre autre chose. Bref… »
Suivant le geste de Rokan, je me dirigeai vers l’entrée de la tombe.
L’entrée qui menait à la tombe était ouverte. Rokan avait sans doute pris des dispositions pour que nous n’ayons pas à utiliser l’épée du dragon à chaque fois pour l’ouvrir et la refermer. Un portail d’un bleu pâle se trouvait près de l’entrée.
Il l’avait probablement installé parce qu’il était assez pénible de descendre jusqu’au niveau le plus bas.
Rokan entra le premier dans le portail, et je le suivis.
Un instant plus tard.
À peine arrivés sur le terrain d’entraînement, je ne pus que rester bouche bée.
La dernière fois que j’étais venu, l’endroit était incroyablement étrange et sinistre. Mais son atmosphère avait tellement changé que j’avais du mal à croire qu’il avait été ainsi jusqu’à récemment.
On aurait dit un terrain plat, à mi-hauteur d’une immense montagne.
Pour le décrire plus précisément, on aurait dit un terrain de sport écologique, aménagé en aplanissant une petite colline sur le flanc de la montagne.
Des arbres étaient disséminés çà et là, ainsi que des bancs et des tables. Il y avait même une petite cabane, qui donnait à l’endroit un air romantique.
Une brise fraîche soufflait aussi, ce qui rendait l’endroit vivant, et non artificiel.
À part le fait qu’il était relié à la tombe impériale, c’était un lieu d’une beauté parfaite.
« C’est tellement beau que j’ai envie de venir ici avec Sia un jour. C’est vous qui avez fait tout ça… Rokan ? »
« Comme je vous l’ai dit hier, Shasha m’a aidé. Rénover toute la Porte n’était pas une mince affaire, même pour moi. »
C’était vrai. N’avait-il pas déjà dit que même lui, un dragon, ne pouvait pas analyser parfaitement le mystérieux phénomène que constituaient les Portes ?
C’était pour cela que, lorsque je m’étais retrouvé piégé dans cette Porte, Rokan n’avait pas réussi à en forcer l’entrée pour me rejoindre.
… Ou bien les dragons avaient-ils une idée différente de ce qu’était une analyse parfaite ?
De mon point de vue, s’il n’avait pas parfaitement analysé la Porte… je ne voyais pas comment il aurait pu la transformer à ce point.
« Oh, et le paysage que vous voyez, c’est la vue depuis la cour du repaire où Shasha vivait autrefois. Puisqu’on redécorait les lieux, Shasha a dit qu’elle voulait leur donner cet aspect. »
« Alors, il faut absolument que je vienne ici avec Sia. »
Sia voulait sans doute me faire découvrir les beaux paysages qu’elle avait vus dans cet autre monde.
Hier, en discutant avec elle, j’avais prévu notre programme pour le rendez-vous. Mais cette vue me faisait me demander si je ne ferais pas mieux de changer nos plans.
« Vous avez fini de regarder ? »
« Oui. »
« Alors, commençons sérieusement l’entraînement. »
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