Chapitre 51
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Traducteur/éditeur : Chen
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◈ Ma petite amie est revenue sous la forme d’une dragonne ◈
Chapitre 51 : Comment as-tu trouvé cet endroit ?
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« …Dans ma vie précédente, j’étais humaine. »
Ils avaient cru qu’ils ne pourraient pas entendre de révélation plus bouleversante.
Pourtant, à ces mots fracassants, tous les dragons présents, à l’exception de Rokan, ne purent dissimuler leur stupéfaction.
D’une certaine façon, leur réaction fut encore plus vive que lorsqu’elle avait annoncé son intention de conclure un Pacte éternel avec un humain.
« J’ai… vécu un peu plus de vingt ans dans ce monde, dans ma vie précédente. J’étais une humaine ordinaire, comme lui. »
Sa voix tremblait et ses phrases se brisaient sans cesse.
Elle se rappela la première fois où elle avait révélé à sa famille qu’elle s’était réincarnée.
À l’époque, elle s’était confiée à ses proches, qui l’avaient comprise et accueillie avec chaleur.
Mais les dragons présents n’étaient pas sa famille.
La plupart de ceux auxquels elle révélait son secret éprouvaient déjà de l’animosité à son égard.
Même à l’époque, son cœur lui avait semblé sur le point d’exploser tant elle était nerveuse. Alors, qu’en était-il maintenant ?
« Dans ma vie précédente, j’aimais un homme, et il… »
Les regards qui se posaient sur elle lui paraissaient douloureusement acérés, les uns après les autres, et elle commença à manquer d’air.
Soutenue par Rokan, Sia prit un instant pour reprendre son souffle avant de continuer.
« …Je n’arrivais pas à l’oublier, alors je suis revenue ici. Et… »
« Tu es revenue pour renouer avec un amour inachevé, c’est ça ? »
Evan l’interrompit.
Il claqua la langue, qualifia son histoire de cliché de roman à l’eau de rose éculé, puis se mit à monter les autres dragons contre elle.
« C’est uniquement pour cette raison qu’elle tente de justifier ses actes stupides. »
« Evan ! »
Rokan cria contre Evan, qui continuait de tourmenter sa petite-fille à coups de paroles cruelles.
Mais même lorsque Rokan haussa le ton, Evan ne recula pas.
« Seigneur Rokan ! Ce qui est mal est mal ! »
« Comment oses-tu ? »
Rokan découvrit les crocs et gronda.
Il ne parvenait à se contenir que de justesse. Sans cela, il aurait déchaîné la Peur du dragon et un combat qu’aucun d’eux n’aurait pu maîtriser aurait éclaté.
« Peut-être vaudrait-il mieux éliminer la source du problème. Tuer cet humain pourrait être une solution. »
« Tais-toi ! »
À la mention du meurtre de Minjun, Sia cria si fort que son repaire en résonna. Ses tremblements d’un instant plus tôt n’étaient rien en comparaison.
« Essaie seulement de tuer mon oppa. Hein ? Après ça, ce sera un combat à mort, que ce soit toi ou moi qui y passes. »
« Hé, hé. Je n’ai pas dit qu’on allait vraiment le tuer. Même sans le tuer, on peut lui briser le moral. »
Evan afficha un sourire froid.
Le fait que cette dragonne ait été humaine dans sa vie précédente n’avait aucune importance.
Il n’avait nullement l’intention de la mépriser parce qu’elle avait été humaine. Au contraire, il trouvait intéressant qu’elle se soit réincarnée, car c’était la première fois qu’il rencontrait quelqu’un dans ce cas.
Mais maintenant qu’elle était un dragon, ne devrait-elle pas oublier sa vie précédente et vivre comme un dragon ? Pourquoi essayait-elle de mener une vie humaine ?
Et pourquoi cet humain nommé Minjun avait-il l’audace de l’admirer même après avoir appris qu’elle était une dragonne ?
Les dragons ne se mêlaient généralement pas des affaires des autres.
Pourtant, Evan était convaincu que cette affaire faisait partie de celles où il devait intervenir.
Et bon nombre de dragons étaient d’accord avec lui.
*Tant qu’on ne le tue pas.*
Il pensait vraiment ce qu’il disait lorsqu’il parlait de briser le moral de Minjun.
Qu’ils lui tendent une carotte alléchante ou le fouettent jusqu’à lui donner envie de mourir, peu importait.
Par tous les moyens, ils devaient le pousser à renoncer à l’amour entre un humain et un dragon.
Et il voulait devenir un dragon ?
Evan savait que c’était absurde, mais s’il y avait le moindre signe que cela pouvait devenir réalité, ils devraient agir d’une façon ou d’une autre.
Le rassemblement, qui lui avait toujours paru inébranlable, commença à se fissurer peu à peu.
* * *
Le bref rassemblement, qui avait tourné au cauchemar pour Sia, venait à peine de se terminer.
Inquiet pour sa petite-fille, Rokan resta dans son repaire tandis que Sia fondait en larmes, incapable de s’arrêter.
Snif… hoquet…
« Shasha. »
Que pouvait-il lui dire ? Comment la réconforter ?
Peut-être que le mieux, pour l’instant, était de ne rien dire, de la serrer simplement contre lui et de l’écouter.
Rokan la tint fermement dans ses bras jusqu’à ce qu’elle cesse de pleurer, et Sia ne repoussa pas son étreinte.
Comme une enfant, elle pleura sans fin dans les bras de Rokan.
Tout comme lorsqu’elle avait révélé à sa famille, dans cette vie, qu’elle s’était réincarnée.
Ses larmes ne s’apaisèrent que bien plus tard.
Ce ne fut qu’après avoir un peu repris ses esprits qu’elle saisit son téléphone de ses mains tremblantes et envoya un message à Minjun sur KakaoTalk.
[Oppa.]
Elle voulait entendre tout de suite la voix chaleureuse de Minjun au téléphone, mais, paradoxalement, elle n’avait pas le courage de l’appeler dans son état.
Elle ne savait pas à quel point elle s’effondrerait en entendant sa voix.
Elle comptait au moins lui parler brièvement par messages, mais à peine eut-elle envoyé le sien que Minjun l’appela en vidéo.
Elle ne voulait pas que Minjun voie à quel point elle était brisée, alors elle ne répondit pas.
À la place…
Après une hésitation, elle rassembla son courage, passa en appel audio et l’appela la première.
« …Oppa. »
[Qu’est-ce qui s’est passé ? Raconte-moi doucement.]
Dès que la voix chaleureuse de Minjun lui parvint, elle commença à s’effondrer, comme si l’absence d’appel vidéo n’avait rien changé.
« Qu’est-ce qu’on va faire, maintenant… ? »
Elle avait le cœur lourd.
Parce qu’elle ne pouvait rien raconter à Minjun de ce qui s’était passé ce jour-là.
Sans mentionner quoi que ce soit, elle se remit à sangloter.
Jusqu’à ce qu’elle raccroche, Minjun écouta silencieusement ses sanglots et partagea sa peine.
Le lendemain.
Dès son réveil, Minjun appela Sia, inquiet.
Il voulait lui demander ce qui s’était passé la veille et s’il pouvait faire quelque chose pour l’aider, mais, pour une raison ou une autre, Sia ne répondit pas.
Elle a peut-être besoin d’être seule pour mettre de l’ordre dans ses pensées.
C’était la première fois qu’il l’entendait pleurer avec autant de chagrin.
Il ignorait ce qui s’était passé la veille, mais elle ne voulait rien lui dire. Elle n’avait fait que pleurer sans s’arrêter.
Il songea à demander à Rokan s’il connaissait la raison.
Mais Minjun décida de ne rien faire.
Il pensait que Sia avait besoin de temps.
Après lui avoir laissé un message pour lui dire de l’appeler lorsqu’elle se sentirait plus calme, Minjun commença sa journée, le cœur agité.
Tout en se préparant un petit-déjeuner simple, Minjun organisa sa journée.
Maintenant qu’il était de rang B, il pouvait chercher un groupe pour un raid dans un portail de rang B. Une fois le raid terminé, il pourrait aussi acheter un cadeau à Sia pour lui remonter le moral et le lui faire parvenir par l’intermédiaire de Rokan.
Ou peut-être serait-il plus sage de ne rien prévoir de la journée, afin de pouvoir répondre à Sia à tout moment.
Tandis que Minjun y réfléchissait depuis un moment…
Toc, toc, toc.
Quelqu’un frappa à la porte d’entrée.
Qui ça peut être ?
Perplexe, Minjun ouvrit la porte.
« Salut ! »
Go Yuna se tenait là, affichant un grand sourire sans se douter de ce qu’il traversait.
Minjun se faisait un sang d’encre pour Sia depuis la veille, et voir Go Yuna devant sa porte ne fit qu’embrouiller davantage ses pensées.
Il lui avait donné son numéro de téléphone, mais pas son adresse.
Comment avait-elle su où il habitait, et pourquoi était-elle venue ?
Le sourire radieux de Yuna lui donna encore plus mal à la tête.
Il n’avait pas envie de voir qui que ce soit, et encore moins Go Yuna.
Mais il était tout aussi gênant de la renvoyer sèchement en lui demandant comment elle avait trouvé cet endroit.
Il n’avait aucune raison de faire ça.
Retenant le soupir qui lui montait à la gorge, Minjun demanda à Yuna d’une voix aussi calme que possible :
« …Comment as-tu trouvé mon appartement ? »
« J’ai demandé à ta mère ! Elle m’a envoyé du kimchi il y a quelque temps, alors j’ai voulu lui préparer quelques plats pour la remercier et lui rendre visite. Mais elle m’a dit qu’elle habitait à Yangpyeong et que je n’avais pas besoin de faire tout ce chemin. Alors je lui ai proposé de te les confier. »
Tout en parlant, Yuna tendit à Minjun le paquet de nourriture qu’elle avait apporté.
« Alors, Minjun, tu pourras donner ça à ta mère plus tard ? »
« … »
Si elle voulait simplement envoyer de la nourriture à sa mère pour la remercier, elle aurait pu faire appel à un service de livraison ou trouver n’importe quel autre moyen.
Alors pourquoi fallait-il qu’elle passe par lui ?
Et il ignorait comment Sia réagirait si elle apprenait ça.
Visiblement décontenancé, Minjun regarda tour à tour Yuna et le paquet qu’elle tenait.
« Et puis, je t’ai aussi apporté plein de choses à manger. Alors ? Ça te va ? »
« Pour l’instant… merci. Je vais me régaler. »
Il venait d’accepter le paquet de Yuna et s’apprêtait à lui souhaiter de bien rentrer quand…
« Ah, Minjun. Désolée, mais je peux aller aux toilettes ? J’ai vraiment besoin d’y aller. »
Avant même qu’il ait pu répondre, Go Yuna entra naturellement dans son appartement.
Il voulait l’arrêter, mais n’arriva pas à dire un mot et ravala ses paroles.
Comment aurait-il pu lui demander de partir alors qu’elle disait avoir une envie pressante ?
Minjun ne put que fixer d’un air amer la salle de bains où elle venait d’entrer.
Un peu plus tard.
« Minjun, je suis vraiment désolée, mais je peux boire un verre d’eau avant de partir ? »
« …Bien sûr. »
En temps normal, laisser Yuna entrer chez lui ne serait pas du tout bien vu.
Mais les circonstances s’enchaînaient de telle sorte qu’il n’avait d’autre choix que de la laisser entrer.
Minjun sentit poindre un mal de tête.
Il n’était pas idiot. Ce serait mentir que de dire qu’il ne soupçonnait aucune arrière-pensée derrière les agissements de Yuna.
Mais la situation était ce qu’elle était.
Les circonstances s’accumulaient et l’empêchaient de lui demander franchement de partir.
Pendant que Minjun versait un verre d’eau à Yuna, celle-ci jeta un rapide coup d’œil autour de l’appartement.
Puis son regard s’arrêta sur les vêtements de Sia, suspendus à l’étendoir.
« On dirait que tu vis avec ta petite amie. Tu ne m’en avais pas parlé la dernière fois. »
« Oui. Elle est partie quelque part pour un moment. »
Bien sûr, c’était un mensonge.
Même s’il voulait vivre avec elle, ces fichues restrictions l’en empêchaient.
Mais si Yuna le croyait, ne se sentirait-elle pas plus gênée de rester et ne partirait-elle pas plus vite ?
Pourtant…
Go Yuna avait tout de suite compris qu’il mentait.
Il n’y avait qu’une seule brosse à dents et un seul gobelet dans la salle de bains, et aucun produit de beauté ni autre signe qu’une femme vivait là.
Elle pensa que Sia avait simplement laissé ces vêtements chez lui pour une raison ou une autre, et qu’ils se trouvaient là par hasard.
Il ment.
Elle avait tout de suite remarqué que Minjun se sentait mal à l’aise en sa présence.
Mais, au fond, elle pouffa de rire.
Elle n’avait fait qu’apporter à la mère d’un ami plus jeune qu’elle, dont elle était proche, de quoi manger. Le voir se faire des idées à ce point…
Il avait aussi un côté étonnamment mignon.
« Voilà ton verre d’eau. »
« Merci. Je vais le boire. »
Comme si elle avait été invitée dès le départ, Yuna s’installa confortablement et but son eau à petites gorgées.
Après avoir fini, elle ouvrit le paquet et lui expliqua chacun des plats qu’elle lui avait apportés.
« Dans le récipient argenté, il y a de la sauce aux haricots noirs. Je l’ai préparée exactement comme au restaurant, tu vas te régaler. Ça, c’est du kimchi que j’ai pris au restaurant. Ce n’est pas du kimchi industriel : les femmes qui y travaillent le font elles-mêmes. »
« Je ne suis pas un gamin. On pourrait croire que tu es ma mère et pas une amie plus âgée. »
Elle n’avait vraiment pas besoin de tout lui détailler à ce point.
« Dis-moi simplement lesquels sont pour moi et lesquels sont pour maman. »
Il n’était même pas sûr d’y goûter.
« Quel dommage. Notre Minjun était tellement adorable, avant. »
Avec un air déçu, elle reprit ses explications sur les plats qu’elle avait apportés.
Quand Yuna eut fini…
« Mais Yuna, tu n’es pas occupée ? Tu ne devrais pas y aller bientôt ? »
Elle avait fini son eau et il avait reçu les plats : il était temps qu’elle parte.
Minjun essaya de le lui faire comprendre indirectement, mais Yuna répondit comme si elle n’avait pas saisi l’allusion.
« Ah, je ne travaille pas aujourd’hui. D’habitude, je suis débordée, mais je ne suis pas accro au travail au point de bosser tous les jours sans prendre de pause. Ça devrait être un peu plus calme pour moi pendant quelque temps. »
Avec un sourire, elle lui fit discrètement comprendre qu’elle avait tout son temps.
« Puisque je suis en congé, ça te dirait de faire un entraînement avec moi ? J’ai beau avoir pris ma retraite, j’étais chasseuse de rang A, alors je pourrais bien t’aider. »
« Merci, mais ça ira. »
Du point de vue de Yuna, elle cherchait un moyen de passer plus de temps avec Minjun, mais celui-ci n’avait évidemment aucune raison d’accepter sa proposition.
« Allez, je suis sûre que ça t’aiderait. Pas besoin de te sentir aussi gêné. »
« Ça va vraiment, Yuna. Tu n’as pas besoin de chercher sans arrêt à faire des choses pour moi. Merci pour les plats. »
À ce stade, elle aurait dû comprendre et partir, mais Yuna insista de plus belle.
« Et ta petite amie, alors ? »
« Sia n’en aurait pas besoin non plus. »
« Tant pis, alors. »
Toujours incapable de se résoudre à abandonner, Yuna posa légèrement une main sur l’épaule de Minjun et lui demanda :
« Alors, comme il est presque l’heure de déjeuner, ça te dit qu’on mange ensemble ? C’est mieux de manger avec quelqu’un que tout seul. »
« Désolé, j’ai déjà quelque chose de prévu. »
Là encore, c’était un mensonge.
« Tant pis, alors. On mangera ensemble bientôt. »
Même au moment de partir, Yuna semblait déçue.
À sa réaction, Minjun comprit quelque chose.
Yuna allait probablement continuer à venir chez lui sous un prétexte ou un autre, et si cela arrivait, la situation lui échapperait.
Il ne voulait plus que cette histoire avec Yuna fasse souffrir Sia et lui.
« Yuna. »
Ce jour-là, Minjun décida qu’il était temps d’agir fermement.
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