Chapitre 5
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Traducteur/éditeur : Chen
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◈ Ma petite amie est revenue sous la forme d’une dragonne ◈
Chapitre 5 : Oppa, tu en as bavé.
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Je ne plaisantais pas quand j’avais dit que j’achèterais assez de tteokbokki à Sia pour qu’elle en soit écœurée.
Mais dix portions de tteokbokki ?
« Elle va vraiment réussir à tout manger ? »
« Excusez-moi, mais dix portions… c’est bien ça, madame ? »
« Oui, c’est exact. Je vais noter les suppléments sur un papier, alors ajoutez-les comme indiqué, s’il vous plaît. »
« Ah, oui ! »
Heureusement, la commande se passa sans encombre.
Je m’étais dit que ça prendrait peut-être un peu de temps, mais le tteokbokki fut prêt à l’heure, à ma grande joie.
« Votre tteokbokki est prêt. »
Il y en avait assez pour me rassasier rien qu’en le regardant.
En voyant les boîtes empilées sur la table, je fus une nouvelle fois impressionné.
Je m’étais déjà posé la question, mais comment allait-elle tout manger ?
Après avoir payé, nous prîmes le chemin de mon studio, les mains chargées de tteokbokki.
Et c’est alors que…
« Oppa. D’habitude, on ne tourne pas dans l’autre sens pour aller chez toi ? »
Sia, intriguée, remarqua que nous avions pris un itinéraire différent de celui qu’elle connaissait.
« Ah, j’ai déménagé il y a quelques mois. Tu vas être vraiment surprise en découvrant mon nouveau logement. »
« Surprise ? »
Elle avait l’air sceptique, mais j’étais certain que Sia serait surprise.
Et cette certitude se confirma bientôt.
« Oppa, c’est… ? »
« Oui. C’est le studio où tu habitais avant. »
Après la mort de Sia, j’avais tout fait pour préserver chaque trace qu’elle avait laissée dans ce monde.
Et cet endroit en faisait partie.
Le studio où Sia avait vécu de son vivant.
La plupart de ses vêtements et de ses affaires avaient été remis à ses proches, mais le studio, lui, était toujours là.
Je ne supportais pas l’idée que quelqu’un d’autre s’installe dans cette pièce remplie de mes souvenirs de Sia. J’avais donc contacté le propriétaire de l’immeuble et fini par emménager ici.
Bien sûr, le studio de Sia n’avait plus du tout la même atmosphère que lorsqu’elle y vivait.
Presque toutes ses affaires avaient disparu.
Mais ce n’était pas grave. C’était un endroit où je pouvais retrouver, ne serait-ce qu’un peu, les souvenirs que j’avais partagés avec Sia.
À notre retour chez elle après tout ce temps, les yeux de Sia se remplirent de larmes.
« Oppa… »
Le studio où elle avait vécu autrefois lui était à la fois familier et étranger.
Peut-être parce que c’était moi, et non un inconnu, qui avais redonné vie à cet endroit, Sia se mit à pleurer de soulagement.
« Snif… Bouhou… Pourquoi… pourquoi est-ce que je pleure autant aujourd’hui, bouhou, oppa ? »
« Sia, ça va. Ce ne sont pas des larmes de tristesse. Tu pleures parce que tu es heureuse. »
Je lui caressai doucement le dos tandis qu’elle continuait de sangloter, répétant qu’elle n’arrivait pas à s’arrêter.
« Snif… Même si j’essaie de ne pas pleurer, bouhou, quand je vois cet ours en peluche, snif… comment veux-tu que je ne pleure pas, oppa ? »
Naturellement blottie dans mes bras, Sia désigna l’ours en peluche dans un coin de la pièce.
C’était celui qu’elle m’avait offert avec une lettre pour notre premier anniversaire.
Plusieurs années avaient passé depuis que je l’avais reçu, mais j’en avais pris soin pour ne pas oublier mes souvenirs de Sia. Grâce à cela, il était encore exactement comme le jour où elle me l’avait donné, sans la moindre tache.
Ah, et j’avais aussi gardé sa lettre précieusement, comme l’ours.
« Oppa, toi aussi, tu as vraiment fait de ton mieux pour ne pas m’oublier, snif. »
« Bien sûr. »
Ses larmes de bonheur se changèrent bientôt en larmes de soulagement.
Ce n’est qu’après m’avoir serré très fort dans ses bras et m’avoir trempé l’épaule de ses larmes que Sia finit par cesser de pleurer.
« Le tteokbokki va refroidir. Allez, mange. »
« Mm… snif. »
* * *
Après ce long repas, nous débarrassâmes rapidement les boîtes de tteokbokki et nous étendîmes sur le sol.
Nous avions le ventre plein et cela faisait si longtemps que nous ne nous étions pas allongés ainsi tous les deux dans un studio. Je n’aurais pas pu demander mieux.
Comment aurais-je pu être plus heureux ?
« Oppa, tu as un gros ventre tout rond. »
« Tu as mangé autant que ça, alors pourquoi le tien ne ressort pas du tout ? »
Bien qu’elle eût mangé presque les dix portions à elle seule, le ventre de Sia avait l’air parfaitement normal, comme si elle n’avait rien avalé.
« Mm, c’est un secret ! »
Nous passâmes un moment tranquille à nous tripoter le ventre.
Après nous être reposés et avoir assez joué avec le ventre l’un de l’autre…
« Oppa. »
Sia m’appela.
« En y repensant, depuis qu’on s’est retrouvés, je n’ai parlé que de moi. Je ne t’ai même pas demandé comment tu allais. Qu’est-ce que tu as fait pendant tout ce temps ? »
Maintenant qu’elle le disait, j’avais été si heureux de revoir Sia que je ne lui avais rien raconté de ma vie non plus.
Je m’en rendis compte à nouveau et commençai lentement à lui parler de la vie que j’avais menée sans elle.
« Eh bien, je mentirais si je disais que j’allais bien. »
* * *
L’année qui suivit la mort de Sia, le traumatisme me coupait le souffle chaque fois que j’entrais dans une Porte, m’empêchant d’exercer mon métier de Chasseur.
J’avais aussi été submergé par la douleur et la culpabilité, incapable de fonctionner normalement, même en tant qu’être humain.
En entendant Minjun lui raconter cette année sombre, Sia se perdit silencieusement dans ses pensées.
À quel point la vie d’Oppa avait-elle été difficile durant l’année qui avait suivi ma mort ?
« Au moins, quand j’étudiais la magie de voyage dimensionnel, je gardais le faible espoir de revoir Oppa. Mais Minjun oppa n’avait même pas cette petite lueur d’espoir. »
Dans une situation aussi terrible, même si elle ne voulait pas l’imaginer, il avait sûrement pensé au moins une fois à mettre fin à ses jours.
Pourtant, Minjun s’était battu de toutes ses forces pour préserver ses souvenirs d’elle.
Il n’avait fréquenté personne d’autre pendant tout ce temps et n’avait jamais manqué de commémorer le jour de sa mort.
C’était bien lui, Minjun, l’homme qu’elle aimait.
« Combien a-t-il souffert pendant toute cette année ? »
Elle s’attarda en silence sur deux émotions : la gratitude, parce que Minjun avait réussi à tenir bon malgré ces circonstances si pénibles, et la culpabilité de ne pas être revenue le voir plus tôt.
Puis Sia sentit quelque chose monter en elle.
« Pourquoi ? Pourquoi ai-je commis cette erreur fatale à la fin ? »
Si je n’avais pas fait cette erreur dans la formule avant de lancer le sort de voyage dimensionnel, Oppa n’aurait pas eu à souffrir ainsi.
À cause de moi, une précieuse année de la vie d’Oppa avait été gâchée.
Idiote. Jung Sia, quelle idiote.
Je sais que j’étais si impatiente de retrouver Oppa, mais comment ai-je pu me tromper à un moment aussi crucial ?
Jung Sia, espèce d’idiote.
Mais ce n’était plus grave, maintenant.
Désormais, je ferais en sorte qu’Oppa ne connaisse plus que le bonheur.
Non, je le devais.
« Oppa, tu en as bavé cette année. »
Envahie par le regret de son erreur, la culpabilité et la sincérité, Sia s’adressa à Minjun.
Maintenant que nous nous étions retrouvés, soyons heureux à partir d’aujourd’hui.
« Celui qui a souffert, ce n’est pas moi, Sia. C’est toi. Tu as dit que tu avais passé deux mille ans à étudier la magie de voyage dimensionnel, juste pour me revoir. »
« Ce n’est rien, si ça me permet de te revoir. Si tu avais été à ma place, tu aurais fait le même choix. Je crois en toi, oppa. »
« Comment ça, ce n’est rien ? Moi, je n’ai souffert qu’un an, mais toi… »
Minjun ne parvint pas à finir sa phrase. Il serra Sia dans ses bras, les yeux pleins de larmes.
Combien de douleur et d’épreuves notre Sia avait-elle endurées pendant tout ce temps ?
Tout en caressant Minjun, dont les larmes se mêlaient aux siennes, Sia se dit qu’elle avait bien fait de revenir retrouver son petit ami.
Elle rendrait enfin vraiment heureux Minjun oppa, qui avait heureusement réussi à traverser le long tunnel de cette année.
Quoi qu’il lui en coûte.
* * *
Après cette nuit pleine de tendresse, le deuxième jour depuis nos retrouvailles avec Sia se leva.
Une caresse légère effleura ma joue, suivie d’un doux smack.
« Oppa, tu veux encore dormir ? »
Je me réveillai sous le doux baiser matinal de Sia.
« Sia, oppa se lève dans cinq minutes. »
« Il est midi, oppa. Tu ne devrais pas commencer à te lever ? »
« Encore cinq minutes. Sia, juste cinq minutes. »
Quand je protestai d’une voix ensommeillée, Sia m’embrassa cette fois sur les lèvres.
« Alors je continuerai à t’embrasser jusqu’à ce que tu te lèves, oppa. »
« Dans ce cas, je devrais dormir encore cinq heures, pas cinq minutes. »
Elle pensait sans doute qu’elle pourrait me faire sortir du lit en m’embêtant, mais ça m’arrangeait plutôt.
Les doux baisers de Sia étaient toujours les bienvenus.
Et même si elle continuait à m’embrasser, elle finirait bien par se fatiguer, non ?
« C’est justement ce que je me demande. »
Je ne savais pas quand elle se fatiguerait, mais au bout d’une vingtaine de minutes, elle ne finirait pas par me réveiller d’une voix adorable en disant : « Oppa, j’abandonne, alors lève-toi maintenant » ?
Rien que d’y penser, je souriais.
Mais alors…
« Encore mieux. »
Contre toute attente, Sia m’embrassa profondément sur la joue avant de poser ses lèvres pareilles à des cerises sur les miennes.
« Quoi ? Elle compte vraiment m’embrasser pendant cinq heures ? »
En y repensant, pour une dragonne comme Sia, cinq heures n’étaient même pas un instant.
Alors peut-être que ce n’était pas impossible…
Hein ?
Hein, hein, hein ?
Sia m’embrassa profondément dans le cou, puis descendit peu à peu.
Sa main blanche tira sur ma chemise.
« C’est dangereux ! »
Bon, en dehors de tout le reste, ça aurait posé problème pour le genre du roman.
J’eus la chair de poule et me redressai aussitôt.
« Oppa est debout. »
Quand je bondis sur mon séant, Sia fit la moue, comme si les choses ne s’étaient pas déroulées comme prévu.
« Tu peux dormir encore si tu es fatigué. »
« Non, ça va vraiment ! Je n’ai plus du tout sommeil. »
J’avais encore un peu la tête dans le brouillard, mais l’attaque de baisers de Sia m’avait complètement réveillé.
Sia, elle, semblait déçue que les choses n’aillent pas plus loin et tenta de me forcer à me recoucher.
« Alors, je devrais te rendormir ? »
« Non, je suis réveillé maintenant. Vraiment. »
« Non. Si tu es fatigué, recouche-toi un peu, oppa. »
D’ordinaire, j’aurais peut-être pu tenir bon malgré notre différence de force, mais depuis que Sia était devenue une dragonne, ce genre de situation n’était plus envisageable.
Complètement dominé par la force terrifiante de Sia, je n’eus d’autre choix que de subir cinq minutes de démonstrations d’affection intenses et unilatérales. Ce ne fut que lorsqu’elle relâcha son étreinte que je parvins à me redresser tant bien que mal.
Je n’avais été embrassé que cinq minutes, mais j’avais la tête qui tournait.
Ces baisers étaient vraiment doux. Oui, ils étaient doux, mais…
Pour une raison ou une autre, ils étaient aussi un peu effrayants.
Si elle m’avait vraiment embrassé pendant cinq heures, comme je l’avais dit, ne me serais-je pas évanoui en cours de route ?
Après avoir repris mes esprits tant bien que mal, je m’adressai à Sia, qui me caressait doucement le corps, rougi par toutes ces marques d’affection.
« …Sia, ce qu’on a fait hier ne t’a pas suffi ? »
« Eh non ! »
Nous nous étions témoigné assez d’affection la veille pour que cela semble presque excessif, mais Sia répondit avec un grand sourire, comme si elle n’en avait vraiment pas eu assez.
Eh bien, je pouvais comprendre son point de vue.
Elle n’avait pas pu partager de tendres moments avec son amoureux pendant deux mille ans.
Je pris doucement Sia dans mes bras.
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