Chapitre 47
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Traducteur/éditeur : Chen
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◈ Ma petite amie est revenue sous la forme d’un dragon ◈
Chapitre 47 : Oppa, tu m’attends depuis longtemps ?
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Qu’est-ce que… c’est ?
Le spectacle stupéfiant qui se déroulait dans le ciel me laissa bouche bée.
Je savais depuis longtemps que Sia était si puissante que la comparer à de simples Chasseurs aurait été insultant.
Mais il fallait le voir pour le croire.
Je savais qu’elle était forte, mais je ne l’avais jamais vue combattre de toutes ses forces.
Jusqu’ici, je n’avais fait qu’imaginer ce que ça donnerait si elle décidait vraiment de se battre.
Et voilà que cette imagination prenait vie sous mes yeux.
Météore.
Même les mages de rang S avaient du mal à lancer Météore. Parmi les mages, ce sort passait pour l’un des plus exigeants.
Pourtant, il y avait au moins cinq météores gigantesques dans le ciel.
Créer et maintenir autant de météores devait lui coûter une quantité phénoménale de mana, mais Sia ne semblait pas le moins du monde fatiguée. Elle les maîtrisait à sa guise, comme si elle jouait avec des cailloux.
Aussi redoutables que soient les wyvernes, elles ne pourraient pas résister facilement à ces météores.
D’un seul geste de Sia, les wyvernes, visiblement grièvement blessées, titubèrent dans les airs ou s’écrasèrent au sol.
Mais…
Si ça continue…
Il ne faudrait que quelques instants pour tuer les wyvernes, mais si leurs corps tombaient dans une zone densément peuplée, il y aurait un nombre considérable de victimes.
Alors que je me demandais si je devais intervenir pour éviter des pertes humaines…
Les cadavres des wyvernes qui tombaient entre les immeubles se soulevèrent d’eux-mêmes et vinrent s’empiler un à un sur les toits. Même au milieu du chaos, Sia continua de maîtriser les météores sans la moindre hésitation et frappa les wyvernes encore en vie.
… !
Et ce n’était pas tout.
Je ne l’avais pas remarqué au début, mais en observant le combat, je compris quelque chose d’instinctif.
Sia avait utilisé la Peur du dragon dès le début pour immobiliser les wyvernes.
Ces monstres dangereux avaient pourtant coûté la vie à de nombreux Chasseurs, mais ils ne parvenaient même pas à lancer une attaque digne de ce nom, et encore moins à songer à fuir. Ils étaient figés sur place.
Il n’y avait que deux sortes de wyvernes ici.
Celles qui étaient déjà mortes et tombaient du ciel, et celles qui étaient encore en vie, mais incapables de bouger d’un pouce.
Pendant ce temps, les météores de la taille d’une maison que Sia avait invoqués fendaient les airs comme s’ils exécutaient des acrobaties aériennes. Des éclairs éclatants jaillissaient des dizaines de fois par seconde tandis que des sorts inconnus s’abattaient sur les wyvernes.
Combien de temps cela dura-t-il ?
Les dizaines de wyvernes qui avaient failli réduire les environs à l’état de terrain vague furent maîtrisées en un instant, avant d’avoir pu faire quoi que ce soit.
En cinq minutes à peine.
Tout ça parce qu’elles avaient interrompu le rendez-vous de Sia.
« Qu’est-ce que… c’était ? »
J’avais pourtant clairement dit à tout le monde de se mettre à l’abri dans un coin, mais j’entendis la voix d’un homme juste à côté de moi.
En me retournant, je vis un homme qui fixait la fenêtre en marmonnant, l’air hébété.
On aurait dit qu’après le début du combat, il s’était discrètement rapproché de la fenêtre pour tout regarder.
Franchement, je leur avais dit de faire attention.
Il y avait toujours des gens qui n’écoutaient pas.
Ce n’était que grâce à Sia si la situation n’avait pas empiré.
Mais au lieu de le réprimander pour avoir pris un risque, je fis savoir à tout le monde, dans le restaurant, que le danger était passé.
« Vous pouvez vous détendre, je pense. Tout est réglé, et on dirait que la Porte s’est refermée aussi. »
Il y avait toujours une ou deux personnes comme ça, et inutile de s’énerver maintenant que tout était terminé.
« Ouf… »
« Vraiment ? Déjà ? »
À ces mots, les gens poussèrent des soupirs de soulagement et regagnèrent enfin leurs places.
« Finalement, cette Rupture de Porte n’était peut-être pas si dangereuse. »
Peu après la fin de l’incident, une femme assise derrière moi dit cela à l’amie qui l’accompagnait.
L’homme qui avait tout regardé en cachette depuis la fenêtre, à côté de moi, s’immisça alors dans leur conversation.
« Pas du tout ! Je l’ai vu. Ce n’était pas une Rupture de Porte ordinaire. Je crois que des wyvernes sont apparues… »
Je ne comprenais pas pourquoi il en faisait tout un plat en interrompant des inconnues, mais à la mention des wyvernes, les femmes sursautèrent et se mirent à l’écouter attentivement.
Les autres semblaient eux aussi très surpris d’apprendre que la Porte n’était pas ordinaire et se concentrèrent sur les paroles de l’homme.
« Des wyvernes ? »
« Si c’étaient des wyvernes… on aurait vraiment pu y passer. »
« M-mais si des wyvernes sont vraiment apparues, comment le raid a-t-il pu être terminé aussi vite ? »
« Chasseur, vous êtes sûr que des wyvernes sont apparues ? Enfin, le raid est vraiment terminé ? »
J’avais voulu attendre Sia tranquillement, mais à cause de cet homme, tout le monde se tourna vers moi.
Certains n’arrivaient pas à y croire, tandis que d’autres soupçonnaient que l’incident n’était pas encore terminé.
Je tentai de les rassurer.
« Oui. Je sais que c’est difficile à croire, mais c’est vrai. »
« C’est impossible… »
Apparemment, ils pensaient qu’il était impossible d’éliminer autant de wyvernes aussi vite et sans dégâts majeurs. Ils se regroupèrent par petits paquets et échangèrent des murmures incrédules.
Quoi qu’il en soit, j’attendis Sia sans faire de bruit.
Elle revint peu après.
Elle avait l’air si détendue qu’on aurait difficilement cru qu’elle venait de combattre des dizaines de wyvernes.
On aurait dit qu’elle était simplement allée aux toilettes, et non qu’elle venait d’arrêter une Rupture de Porte.
« Oppa, désolée. Tu m’attends depuis longtemps ? »
« Non, mais, euh… »
Il y avait des gens qui écoutaient, alors je laissai ma phrase en suspens. Sia lança discrètement Silence autour de nous avant de répondre.
« On ne pouvait pas laisser ça gâcher notre rendez-vous, alors je suis allée régler le problème rapidement. »
Elle venait de qualifier de simple « problème » une Rupture de Porte estimée de rang S, assez dangereuse pour plonger tout le pays dans le chaos pendant des jours.
Une fois de plus, je compris à quel point les dragons étaient extraordinaires.
« Tu ne t’es pas blessée, au moins ? »
« Bien sûr que non ! Je n’ai même pas une égratignure, alors ne t’inquiète pas. »
Elle ajouta que rien de tout ça n’aurait jamais pu la blesser, puis reprit son tteokbokki comme si de rien n’était.
Mais…
Moi aussi, j’aurais voulu discuter joyeusement avec Sia dans une douce ambiance, comme si rien ne s’était passé. Pourtant, je revoyais encore son image en train de trancher les wyvernes à grands coups de fshht, fshht, comme si elle coupait des radis.
La mignonne Sia assise devant moi et la femme qui avait vaincu des wyvernes aussi facilement qu’on attrape des lézards étaient une seule et même personne.
J’étais encore sous le choc.
« Oppa, qu’est-ce qu’il y a ? Tu n’as plus faim ? »
Comme j’avais cessé de manger mon tteokbokki et que je fixais le vide depuis un moment, Sia me demanda d’un ton inquiet :
« Non. Je me disais juste que le monde entier allait sans doute faire beaucoup de bruit à cause de toi pendant quelque temps. Il n’y a aucun risque que ton identité soit révélée ? »
Si son identité était découverte, cela lui causerait sûrement des ennuis sans fin.
À ma question, Sia me sourit de toutes ses dents.
« Ne t’inquiète pas ! J’ai changé d’apparence en chemin, et j’ai aussi effacé toutes les traces de mana qui restaient. Personne ne se rendra compte que c’était moi. »
Elle ajouta tout bas qu’un autre dragon pourrait peut-être s’en apercevoir.
Ensuite, Sia me raconta son combat contre les wyvernes.
Comme je m’y attendais, elle les avait d’abord immobilisées avec la Peur du dragon, puis avait utilisé Météore pour régler la situation aussi vite et proprement que possible.
Elle me dit aussi que les corps des wyvernes que je croyais détruits étaient entreposés temporairement dans son repaire.
Plus tard, elle les vendrait ou les transformerait en nouvel équipement.
« Bref ! J’ai trop parlé de moi. Je voulais aussi entendre ce que tu avais à me raconter, oppa. »
« On continue dans un café ? »
La Rupture de Porte avait semé l’agitation dans le coin, alors ce n’était pas l’endroit idéal pour rester.
« D’accord ! Mais avant, oppa, je vais prendre quelques portions de tteokbokki à emporter. »
Notre Sia aimait vraiment beaucoup le tteokbokki de cet endroit.
Il faudrait qu’on y revienne un de ces jours.
* * *
Après avoir fini de manger, nous passâmes un agréable moment dans un café douillet.
Puis, en sortant du café, nous nous dirigeâmes tout droit vers mon appartement.
Il ne nous restait qu’une heure, alors aller ailleurs aurait été un peu gênant.
« La prochaine fois, on pourrait passer les quatre heures chez toi, à manger du poulet et à boire de la bière ? »
« Ça me plairait bien. Ça nous rappellerait le bon vieux temps. »
Après avoir acheté quelques encas et des boissons à l’épicerie de proximité devant mon immeuble, Sia et moi rentrâmes chez moi.
« Mmm, ça sent bon. Oppa, tu utilises un diffuseur de parfum ? »
« Non. C’est peut-être l’odeur de l’assouplissant ? Je ne sens rien, pourtant. »
Peut-être que l’odorat de Sia était plus fin que celui d’un humain ordinaire parce qu’elle était une dragonne.
« Oh, alors c’est sans doute ton odeur, oppa. Comment tu fais pour sentir aussi beau ? »
« … Pff. Sia, c’est gênant. »
Embarrassé par ce compliment si typiquement embarrassant de Sia, je baissai la tête. Tandis que je rougissais, elle me tapota doucement le dos.
« Mais c’est vrai. »
Ma chambre était petite et n’avait pas grand-chose à voir, mais Sia l’inspecta de fond en comble.
« Les vêtements que je t’ai donnés la dernière fois sont bien accrochés. »
En regardant le balcon, Sia remarqua que les vêtements qu’elle m’avait donnés auparavant y étaient suspendus et sourit, satisfaite.
Je ne savais toujours pas exactement pourquoi elle me les avait donnés, mais je les avais gardés précieusement au cas où elle viendrait chez moi, comme aujourd’hui.
« C’est bien, pour un homme qui vit seul, d’avoir des vêtements et des chaussures de femme chez lui, non ? »
« … ? »
Parfois, quand j’écoutais Sia, j’avais l’impression d’avoir atterri dans un monde où les rôles des hommes et des femmes étaient inversés.
Bref.
Après avoir visité mon petit appartement, Sia s’assit par terre et commença à ouvrir les encas que nous avions achetés.
« On mangeait autant tout le temps, avant. Tu te souviens ? »
« Même quand tout allait mal, boire une bière avec toi ici me permettait de tenir le coup. Je crois que je ne me rendais pas compte à l’époque de la valeur de ces petits bonheurs. »
Nous évoquâmes le passé et discutâmes chaleureusement.
Pendant que nous mangions…
« Oh, au fait. J’ai quelque chose à te donner, oppa. »
Sia sortit un objet de sa dimension de poche et le posa devant moi.
C’était une bague et un collier aux reflets argentés et lumineux.
Maintenant que j’y pensais, Sia portait aujourd’hui une nouvelle bague et un nouveau collier que je ne lui avais jamais vus.
Est-ce que c’était pour ça qu’elle avait souri d’un air si étrange quand je lui avais dit que ses bijoux étaient jolis ?
« C’est un bijou de couple ? »
« Oui ! Je les ai faits moi-même pour qu’on puisse les porter tous les deux. Ils sont jolis, non ? »
« La personne qui les a faits a vraiment beaucoup de goût. »
Personnellement, j’avais pensé que des bijoux de cette couleur risquaient de faire un peu bizarre sur un homme, mais leur travail délicat et leur design sobre me convainquirent que je pourrais les porter sans problème.
« Hé hé, tant mieux. Je les ai faits avec beaucoup de soin pour qu’on puisse les porter ensemble. Tu veux que je te mette le collier ? »
« Oui. Merci. »
Dès que j’eus accepté, Sia fredonna en me passant le collier autour du cou. Puis elle me glissa elle-même la bague au doigt.
« Mmm, comme je m’y attendais, tout te va bien, oppa. »
Visiblement satisfaite, Sia prit une photo de moi avec la bague et le collier.
« Oh, et oppa. Ce collier et cette bague cachent un secret. Tu veux deviner lequel ? »
« Un secret ? »
Comme si elle voulait que je devine vite, Sia se pencha vers moi, les yeux pétillants.
« Voyons voir. Quel secret ces bijoux peuvent-ils bien cacher ? »
Quel secret de si petits bijoux pouvaient-ils renfermer ?
Après avoir réfléchi un instant, une possibilité me vint à l’esprit.
Dès que cette idée m’effleura, un frisson me parcourut tout le corps.
… Ce n’est pas possible, si ?
J’essayai de m’en convaincre, mais je le savais déjà.
Mon instinct devait avoir raison.
Espérant jusqu’au bout me tromper, je posai prudemment la question à Sia.
« C’est… tout fait avec tes os, Sia ? »
À ma question, les yeux de Sia se plissèrent en deux croissants de lune.
« Oui ! Comment tu as deviné ? »
… Pourquoi les pressentiments sinistres se révélaient-ils toujours justes ?
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