Chapitre 46
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Traducteur/éditeur : Chen
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◈ Ma petite amie est revenue sous la forme d’une dragonne ◈
Chapitre 46 : Oppa, attends-moi ici un instant.
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Certains couples se contentaient peut-être de se voir brièvement une fois par semaine, mais Sia et moi, non.
Après nos retrouvailles miraculeuses, nous voulions être ensemble partout, sans jamais nous séparer.
Pourtant, comme si le destin se moquait de nous, jusqu’à récemment, nous ne pouvions nous voir que trois heures par semaine, car nos énergies étaient incompatibles.
Et maintenant, nous allions pouvoir passer davantage de temps ensemble.
« Vraiment ? Combien de plus ? »
Je posai la question à Rokan, impatient.
Si Sia avait été là, comment aurait-elle réagi ?
Elle m’aurait sans doute serré dans ses bras en sautant de joie.
Ma réaction lui plut peut-être, car Rokan me répondit avec un doux sourire.
« Je dirais environ quatre à cinq heures par semaine. C’est grâce à la vitesse à laquelle tu as progressé. Félicitations. »
« Et Sia ? Elle est au courant ? »
« Bien sûr que non. Je ne m’en suis rendu compte que pendant notre entraînement, tout à l’heure. Il faudra vérifier pour connaître la durée exacte. »
À ces mots, je serrai le poing, ravi.
Pour certains, une ou deux heures de plus par semaine, ce n’était pas grand-chose. Mais pour Sia et moi, chaque heure comptait.
« Justement, je devais voir Sia demain ! »
« On dirait que tu meurs d’envie de le lui annoncer. Vas-y, dis-lui vite. »
Comme Rokan venait de le dire, je saisis aussitôt mon téléphone et appelai Sia.
[Oui, oppa ! J’allais t’appeler avant de me coucher. On devait penser l’un à l’autre.]
« On dirait bien. C’est drôle. Ah, Sia, j’ai une bonne nouvelle. »
[Quoi ? Quoi ?]
À l’annonce de la bonne nouvelle, la voix de Sia s’enthousiasma elle aussi.
Avant d’en venir au fait, je lui racontai mon entraînement de l’après-midi et ce que Rokan m’avait expliqué à propos du donjon, histoire de faire monter le suspense.
Et quand j’eus terminé,
je lui annonçai enfin que nous allions pouvoir passer plus de temps ensemble.
À partir de maintenant, nous pourrions nous voir environ quatre à cinq heures par semaine.
À peine avais-je fini de parler que le cri de joie de Sia me vrilla presque les oreilles à travers le téléphone.
[Aaaah ! C’est génial ! Alors demain, on pourra rester ensemble plus de trois heures, pas vrai ? Pas vrai ?]
« Bien sûr. On ne connaît pas encore la durée exacte, mais on pourra au moins passer une heure de plus ensemble. »
[Aaaah !]
La voir aussi heureuse me rendait heureux, moi aussi, mais son cri était si fort dans le téléphone que je baissai discrètement le volume.
« Alors, je me disais qu’on pourrait trouver un autre endroit à visiter demain, en plus du café où on devait aller. »
[Oui ! Je vais chercher aussi !]
« Je suis chez ton grand-père, alors on ne pourra sans doute pas parler longtemps. On se rappelle demain matin. »
[D’accord, oppa. Rêve de moi !]
Pendant tout l’appel, Sia avait eu du mal à contenir son excitation.
Voyons voir. Que faire de cette heure ou de ces deux heures supplémentaires ?
Y penser me faisait plaisir, mais je devais d’abord m’entraîner encore un peu.
« Je crois que j’ai assez récupéré. On s’y remet tout de suite. »
« Tu devrais encore te reposer un peu. »
« J’ai rendez-vous avec Sia demain, alors je veux rentrer tôt et me coucher tôt. Je ne veux pas être fatigué quand je la verrai. »
Rokan éclata d’un rire franc à ma réponse.
« La jeunesse. Quelle jeunesse ! »
* * *
Le lendemain, jour de mon rendez-vous avec Sia.
Deux longues semaines s’étaient écoulées depuis notre dernière rencontre et nous allions pouvoir passer plus de temps ensemble qu’avant. Je me surpris à fredonner en me préparant.
Près du café se trouvait un tteokbokki très populaire, installé dans une vieille échoppe à l’ancienne. J’étais sûr que Sia aimerait y aller avec moi.
Après avoir mangé du tteokbokki, nous pourrions aller au café, puis peut-être nous promener dans le parc voisin.
Ah, ou alors, pourquoi pas une séance de karaoké à la pièce, après tout ce temps ?
Ou bien, puisque nous pouvions de toute façon utiliser la Téléportation, nous pourrions profiter de ce temps supplémentaire pour nous faire un petit rendez-vous tranquille chez Sia ou chez moi.
Alors que je me préparais en imaginant avec bonheur notre rendez-vous, une notification KakaoTalk apparut.
Comme l’heure du rendez-vous approchait, je crus naturellement que c’était Sia et ouvris mon téléphone.
Mais le message venait de Yuna.
[Minjun, tu fais quoi ?]
À peine eus-je vu le message que je compris mon erreur. Mais je ne pouvais plus rien y changer.
Je ne l’avais pas fait exprès, mais j’avais fini par donner mon numéro à Yuna lors de notre dernière rencontre.
Je me demandai quoi répondre, puis décidai de laisser le message non lu et de ne pas y donner suite.
D’ordinaire, je ne faisais jamais ça, peu importe qui m’écrivait ou ce qu’on me disait. Mais cette fois, c’était différent.
Sia risquait de se sentir mal à l’aise.
J’avais aussi besoin de réfléchir à la manière de lui répondre, alors autant attendre un peu.
Après avoir désactivé les notifications KakaoTalk de Yuna, je terminai de me préparer à sortir.
Une fois prêt, je me rendis directement à notre lieu de rendez-vous.
Comme prévu, Sia était encore arrivée avant moi.
« Oppa ! »
Dès qu’elle m’aperçut, Sia accourut et se jeta dans mes bras.
Je lui caressai doucement le dos et la serrai contre moi.
« Ça fait deux semaines. Tu vas bien ? »
« Pas vraiment. Il s’est passé tellement de choses pendant ces deux semaines. »
Sia avait raison. Ces deux semaines avaient été mouvementées.
Dire que j’allais bien aurait été mentir.
Sans même parler du reste, Sia avait dû terriblement s’inquiéter pendant les quelques jours où j’étais resté inconscient.
« Quand j’ai appris que tu étais coincé dans la Porte, j’ai cru que mon cœur allait lâcher. »
« Je l’imagine. Tu as dû avoir très peur. Je suis désolé de t’avoir inquiétée. »
« Non, ce n’était pas ta faute. Et puis, aujourd’hui, on peut rester ensemble plus longtemps que d’habitude. »
Ce matin-là, Rokan m’avait dit que je pourrais passer exactement quatre heures et demie avec Sia. Elle l’avait apparemment appris de Rokan à peu près au même moment.
En sachant que le temps que nous pouvions passer ensemble avait augmenté de moitié du jour au lendemain, Sia semblait déjà ravie.
« Mais le temps est précieux, alors dépêchons-nous. On ne va pas rester plantés là. »
Sia me pressa adorablement de la suivre et nous entrâmes dans notre première destination : l’échoppe.
C’était une petite gargote sans prétention, du genre de celles qu’on voyait souvent devant les écoles primaires.
Mais les autographes plastifiés accrochés aux murs et la foule de jeunes femmes et hommes d’une vingtaine ou d’une trentaine d’années, plutôt que d’écoliers, suffisaient à montrer que l’endroit était une institution du quartier.
Après avoir trouvé des places avec difficulté et passé commande, nous nous mîmes aussitôt à discuter.
« Waouh, comment tu as trouvé un endroit pareil ? Tu as vraiment déniché une perle. »
« Après avoir trouvé le café, j’ai cherché de bons endroits où manger dans le coin. Le menu et l’ambiance m’ont fait penser que ça te plairait. Alors je me suis renseigné, et apparemment, c’est vraiment très bon. »
« Hé hé, j’ai hâte. C’est bien mon oppa, ça. »
Avec un air satisfait, Sia ferma les yeux et savoura l’odeur épicée du tteokbokki qui embaumait l’échoppe.
La trouver si mignonne me donna envie de la taquiner.
Profitant de ce qu’elle avait les yeux fermés, je me penchai vers elle et lui déposai un léger baiser sur les lèvres.
Dès que nos lèvres se touchèrent, Sia ouvrit grand les yeux. Peu après, ses joues se mirent à rougir.
« Franchement, oppa. Les gens peuvent nous voir. »
« On est dans un coin, je ne pense pas que quelqu’un nous ait vus. »
Elle se tortilla timidement, mais je voyais bien que mon baiser-surprise lui avait fait très plaisir.
Tandis que nous échangions de tendres marques d’affection et parlions de tout et de rien, nos plats finirent par arriver.
Tteokbokki, sundae, gâteaux de poisson et gimbap.
« Bon appétit, Sia. »
« Toi aussi, oppa ! »
Notre agréable repas commença.
Sia n’arrêtait pas de sourire en mangeant son tteokbokki. L’expression « folle de tteokbokki » lui allait à merveille.
En voyant ce sourire éclatant, je compris pourquoi on disait qu’on pouvait se sentir rassasié sans manger.
« Alors, Sia ? Qu’est-ce que tu en penses ? »
« Tu as vraiment trouvé l’endroit idéal ! Tu sais, il y a le tteokbokki moderne et celui des échoppes à l’ancienne. De nos jours, peu d’endroits en font encore à l’ancienne, alors c’est difficile d’en trouver. Le goût est exactement comme dans mes souvenirs. Et c’est délicieux ! »
Sia était sans doute vraiment impressionnée par le tteokbokki, car elle décrivit avec enthousiasme les saveurs dans les moindres détails, comme une youtubeuse culinaire.
Bien sûr, comme je m’y attendais, Sia commanda une autre portion de tteokbokki.
« Je crois que je devrais en prendre quelques portions à emporter quand on partira. »
… Elle avait vraiment aimé ça.
À ce rythme, rester ici au lieu d’aller au café ne serait peut-être pas une si mauvaise idée.
Nous avions mangé plus de la moitié de nos plats quand Sia me demanda :
« Oppa, tu as réfléchi à ce qu’on pourrait faire après le café ? »
Nous en vînmes à parler de la suite de notre rendez-vous.
« J’ai quelques idées. Et toi, Sia ? Tu as pensé à quelque chose ? »
« Je serais contente de faire n’importe quoi avec toi, oppa, mais j’ai quand même quelques idées… »
Avant que Sia puisse finir sa phrase,
Grrrroum…
Tout le restaurant se mit soudain à trembler violemment.
« Aaaah ! »
« Q-Qu’est-ce que c’est ? »
« Un tremblement de terre ? »
« Non, ce n’est pas un tremblement de terre, c’est… »
Les clients ne comprenaient pas ce qui provoquait les secousses, mais moi, en tant que Chasseur, je le savais.
À en juger par le flux instable du mana dans l’air, c’était forcément…
« « Une Rupture de Porte ! » »
Sia l’avait sans doute senti, elle aussi, car elle prononça les mêmes mots exactement au même moment que moi.
Une Rupture de Porte.
Ce phénomène se produisait parfois lorsqu’une Porte n’était pas nettoyée avant la date limite, ou, plus rarement, lorsqu’une Rupture de Porte apparaissait soudainement dans les airs, sans prévenir.
Tout était calme ces derniers temps. Pourquoi fallait-il que ça arrive maintenant ?
Et à en juger par la quantité et le flux du mana que je percevais, il s’agissait clairement d’une Rupture de Porte de haut rang.
Une Rupture de Porte de haut rang, à Séoul.
Il y aurait forcément beaucoup de victimes.
Même si j’avais peur, dans une situation pareille, je devais d’abord suivre les consignes…
Attends.
Alors que mes pensées s’emmêlaient, je croisai par hasard le regard de Sia.
Elle semblait furieuse de la situation.
Pas inquiète.
Je l’oubliais parfois, mais Sia était une dragonne.
Une dragonne possédait une puissance qui dépassait même celle des plus puissants Chasseurs de rang SSS, une puissance supérieure à l’autorité d’un pays et rivalisant avec celle du monde entier.
Sia fronça les sourcils et marmonna assez bas pour que je sois le seul à l’entendre :
« Comment ces salauds de lézards osent-ils gâcher mon rendez-vous avec oppa, maintenant qu’on a enfin pu se retrouver ? »
Si elle parlait d’hommes-lézards, le flux de mana que je ressentais était bien trop puissant.
« Oppa, attends-moi ici. »
Sur ces mots, Sia se glissa discrètement dehors tandis que tout le monde cédait à la panique.
Elle allait sans doute s’occuper de la Rupture de Porte.
Je voulais lui dire que je l’accompagnerais, mais je le savais instinctivement.
Si j’y allais, je ne ferais que la gêner.
Pour l’instant, je devais donc faire ce que je pouvais.
« On dirait une Rupture de Porte ! »
Je l’annonçai à tous à voix haute et leur montrai ma carte de Chasseur.
« U-Une Rupture de Porte ? »
« Aaaah ! Qu’est-ce qu’on fait ? »
À ces mots, tout le monde paniqua. Certains, sous le choc, s’effondrèrent sur place ou s’évanouirent.
« Pour l’instant, le plus sûr est de rester ici. On va évaluer la situation et, si ça dure, on se rendra dans un abri. »
Comme Sia était intervenue, ça ne durerait sans doute pas longtemps, mais je devais quand même suivre les consignes.
Je leur dis que je surveillerais les environs dehors. Si des monstres s’approchaient, je leur donnerais le signal d’évacuer ou je les affronterais. En attendant, ils devaient se cacher dans un coin, au cas où.
Encore fallait-il que je puisse les arrêter.
À en juger par le flux du mana, il s’agissait de monstres de haut niveau, que j’aurais encore du mal à affronter.
Après avoir calmé les gens effrayés, je passai prudemment la tête dehors et observai les monstres qui traversaient la Porte ouverte.
Ils étaient trop loin pour que je les distingue clairement, mais leur forme et leur taille ne laissaient aucun doute…
Des wyvernes.
Il aurait fallu m’approcher pour savoir s’il s’agissait de mini-wyvernes de rang A ou de wyvernes de rang S. Mais une chose était sûre : avec autant de monstres de ce rang, toute la zone serait dévastée en un clin d’œil.
Si Sia n’avait pas été là, du moins.
Comme je ne voyais pas bien Sia, qui n’avait pas dissipé sa Métamorphose, je sortis en hâte une paire de jumelles de Chasseur de mon sous-espace et la cherchai du regard.
Sans doute pour éviter que quelqu’un la reconnaisse, Sia avait repris l’apparence de la déesse aux cheveux rouges que j’avais vue lors de nos retrouvailles.
Le visage marqué par l’irritation que lui causait l’interruption de notre précieux moment ensemble, Sia faisait pleuvoir sur les wyvernes de cruels Météores, dans toute sa fureur.
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