Chapitre 43
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Traducteur/éditeur : Chen
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◈ Ma petite amie est revenue sous la forme d’un dragon ◈
Chapitre 43 : Oppa, où vas-tu ?
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Le repaire de Sia.
Sia s’y tuait à la tâche sur un projet secret dont elle n’avait parlé à personne.
D’ordinaire, « se tuer à la tâche » n’était qu’une expression. Mais en cet instant…
Elle sculptait littéralement ses propres os.
Elle préparait un autre cadeau pour Minjun : un accessoire.
Elle lui avait déjà fabriqué une épée assortie à celle qu’elle lui avait offerte. À présent, c’était au tour des accessoires.
Quand elle était petite, elle avait fabriqué des bijoux avec les pierres précieuses de son repaire, comme si elle jouait à la dînette. Mais c’était la première fois qu’elle en créait à partir de ses propres os plutôt que de gemmes.
Ce n’était donc pas un défi facile, même pour elle.
Et comme c’était un cadeau pour quelqu’un qui lui était cher, elle voulait qu’il soit plus parfait que tout ce qu’elle avait fait jusque-là.
Après avoir passé plusieurs jours à réfléchir aux modèles de bagues, de boucles d’oreilles et de colliers, ainsi qu’à la manière de les fabriquer…
Elle avait encore l’impression d’avoir beaucoup à apprendre.
« Je vais me reposer un peu, puis je m’y remettrai. »
Dans un grand bâillement, elle enfouit le visage dans les vieux vêtements de Minjun, posés sur le bureau.
Il ne restait presque plus rien de l’odeur de Minjun, mais elle semblait tout de même apaiser un peu sa fatigue.
Je pourrais lui demander de me donner d’autres vêtements, s’il en a à me prêter ?
Et si elle le faisait, quel prétexte pourrait-elle bien invoquer ?
Perdue dans ses pensées, elle s’assit devant son ordinateur portable.
La première chose qu’elle vit en l’allumant fut les photos d’enfance de Minjun qu’elle avait secrètement copiées la dernière fois, chez ses parents.
Elles étaient adorables, peu importe combien de fois elle les regardait. Elle ne s’en lassait jamais.
Comment notre oppa a-t-il pu être aussi mignon et beau, même enfant ?
Elle les avait regardées la veille et l’avant-veille, et pourtant, elle n’en avait toujours pas assez.
C’était comme le riz : elle ne s’en lassait pas, même si elle en mangeait tous les jours.
Après avoir admiré les photos de Minjun un moment et changé son fond d’écran pour en mettre une qu’elle aimait, elle ouvrit un autre dossier.
Ce n’étaient pas des photos tirées de l’album de Minjun. C’étaient des images de lui qu’elle avait elle-même dénichées sur Internet.
Il pouvait sembler étrange de trouver en ligne des photos de quelqu’un qui n’était pas une célébrité, mais Minjun avait beaucoup travaillé comme mannequin enfant.
Il avait participé à toutes sortes de publicités et joué de temps à autre dans des séries, aussi n’était-il pas étonnant que des traces de lui soient restées sur Internet.
Bien sûr, il n’avait pas joué dans beaucoup de productions et les parents de Minjun ne lui avaient pas dit lesquelles. Les retrouver n’avait donc pas été facile.
Mais l’amour aveugle qu’elle portait à Minjun rendait tout possible.
Elle repassa les extraits des séries où Minjun avait tenu de petits rôles, regarda les publicités dans lesquelles il avait joué et admira les affiches des produits dont il avait été l’égérie.
C’était l’un de ses plus grands plaisirs.
Ce ne fut qu’après avoir continué ses recherches, retrouvé plusieurs photos d’enfance de Minjun qui lui avaient échappé et les avoir enregistrées qu’elle se prépara à reprendre son travail.
C’est alors que…
Minjun l’appela.
Dès que son téléphone sonna, elle posa ses outils et décrocha.
« Oppa ! Comment vas-tu ? Tu me manques tellement. Ça fait plus d’une semaine qu’on ne s’est pas vus. »
[Toi aussi, tu me manques. Mais on se voit après-demain, non ?]
« Oui ! Tu as décidé ce qu’on ferait après-demain ? »
[J’ai cherché hier et j’ai trouvé un café à l’ambiance agréable, avec du bon pain. Je pense que l’endroit te plaira aussi. Qu’est-ce que tu en dis ?]
« Ça me paraît parfait ! »
Ils discutèrent tendrement pendant une dizaine de minutes, comme n’importe quel couple.
« Sia, je crois que je vais devoir raccrocher. »
[Pourquoi ? Tu vas dans une Porte ? Ou tu vas t’entraîner ?]
Elle supposa tout naturellement qu’il s’agissait de l’une de ces deux choses.
Mais ce n’était pas le cas.
[Tu sais, ce… rendez-vous dont je t’ai parlé. Celui que j’ai prévu avec ma mère et cette noona…]
« Ah. »
À cet instant, le sourire qui illuminait son visage se figea.
Minjun lui avait déjà dit qu’il avait organisé une rencontre avec Go Yuna, mais Sia ne lui avait pas demandé quand ni où ils se verraient.
Elle avait pensé que le savoir ne ferait que gâcher son humeur.
[… Il ne va rien se passer, alors ne t’inquiète pas trop. Je te rappellerai dès que ce sera terminé.]
« D’accord. »
Elle raccrocha aussitôt.
Cette seule nouvelle avait gâché sa belle journée.
Elle voulait se précipiter sur le lieu du rendez-vous et espionner Minjun et Yuna grâce à la magie. Pourtant, paradoxalement, une autre part d’elle ne voulait pas du tout le faire.
Si elle voyait cette femme flirter avec Minjun en direct, elle sentait qu’elle finirait par exploser de rage.
« … C’est vrai. De toute façon, je n’y peux rien. »
Elle entendrait Minjun lui raconter leur rencontre plus tard. Pour l’instant, elle ferait mieux de reprendre la confection de ses bijoux et de se calmer.
Se ressaisissant, elle se rassit et reprit son ouvrage.
Seulement…
Elle essaya de se concentrer sur la fabrication, mais n’y parvint pas : l’image de Minjun avec cette femme ne cessait de lui revenir en tête.
« Cette salope de renarde, je vais l’attraper et lui casser la gueule… »
Par la suite, le repaire de Sia résonna pendant un bon moment d’injures plus grossières que tout ce que Minjun avait entendu ou aurait pu imaginer.
* * *
… Sia l’a vraiment mal pris ?
Son humeur avait radicalement changé entre le moment où je l’avais appelée et celui où j’avais parlé de mon rendez-vous avec Yuna noona.
À vrai dire, je n’étais pas ravi d’être ici non plus, mais ça devait être encore pire pour Sia.
Alors, ressaisis-toi, Yoon Minjun.
Tout pouvait arriver aujourd’hui. Je devais rester sur mes gardes.
Si je laissais la moindre ouverture à Yuna noona, elle et moi finirions tous les deux par acheter un aller simple pour l’au-delà avant la fin de la journée.
Alors que j’essayais de reprendre mes esprits, ma mère revint des toilettes où elle était allée quelques instants.
Nous nous dirigeâmes ensuite vers le restaurant de pâtes de Gangnam où nous avions rendez-vous.
« C’est incroyable, tu ne trouves pas, mon chéri ? Je pensais qu’ils vivaient bien aux États-Unis. Comment a-t-on pu se retrouver au beau milieu de Séoul, après vingt ans ? »
« Je sais. »
Cette coïncidence donnait des cheveux blancs à ton fils et à sa future belle-fille, ces derniers temps.
Ma mère, qui n’en savait évidemment rien, évoquait avec joie mon enfance et racontait des anecdotes sur Yuna noona.
Je n’en avais gardé que des souvenirs très vagues, mais à l’écouter…
On aurait vraiment dit que Yuna noona et moi avions été presque comme frère et sœur, petits.
Même si tout cela remontait à une éternité.
Bref.
Quand nous arrivâmes au lieu de rendez-vous, Yuna noona et sa mère, qui étaient venues les premières, nous accueillirent chaleureusement.
« Oh là là, ça fait si longtemps ! »
« Je sais. Ça doit bien faire dix ans qu’on ne s’est pas vues, non ? »
Nos mères se saluèrent d’abord.
« Oh là là, tu as grandi comme je te l’avais dit quand tu étais petite. Tu es devenue une vraie jeune femme. »
« Mais regarde-moi cette taille et ce beau visage ! Minjun, tu te souviens de tata ? »
Ma mère salua ensuite chaleureusement Yuna noona, tandis que la mère de celle-ci en faisait autant avec moi.
« Maintenant que je vous vois, je me souviens. Vous allez bien ? »
J’étais heureux de revoir la mère de Yuna noona, moi aussi.
Quand j’étais petit, elle m’avait pratiquement élevé comme son propre fils. Je ne pouvais donc qu’être reconnaissant et content de la revoir.
Le problème, c’était noona.
Yuna noona souriait à pleines dents et se montrait adorable avec ma mère.
Chacune de ses petites attentions était comme une bombe à retardement susceptible de mettre Sia en colère, et je ne pouvais m’empêcher d’être tendu.
Si quelque chose tournait mal, je ne pourrais plus mener la vie paisible que j’avais connue jusqu’ici.
Après quelques salutations, nous entrâmes dans le restaurant, commandâmes à manger et nous mîmes à discuter pour de bon.
Comme il s’agissait de ce genre de retrouvailles, la première question porta naturellement sur ce que chacun avait fait ces derniers temps.
Comme je l’avais appris lors de notre précédente rencontre, Yuna noona avait abandonné très tôt sa carrière de Chasseuse et connaissait le succès comme restauratrice. D’après ce que j’avais compris, ses parents dirigeaient eux aussi des affaires florissantes aux États-Unis.
« Alors, Yuna, quels restaurants diriges-tu maintenant ? »
Ma mère semblait fascinée à l’idée que Yuna noona puisse gérer plusieurs restaurants à un si jeune âge.
« J’ai un restaurant coréen, un japonais et un chinois. Les restaurants coréen et japonais sont encore petits et n’ont pas ouvert depuis longtemps. C’est un peu gênant de le dire moi-même, mais le restaurant chinois est assez connu. Il s’appelle Hwansang Nugak, et il est tout près d’ici… »
« Oh là là, c’est ton restaurant ? »
Ma mère parut extrêmement surprise d’apprendre que le restaurant populaire, passé plusieurs fois à la télévision, appartenait à Yuna.
Hwansang Nugak.
Était-il vraiment si célèbre ?
Bon, elle me causait des ennuis, mais… objectivement, je devais reconnaître que Yuna noona était compétente et qu’elle avait réussi.
« Oui ! Si vous venez avec Minjun un de ces jours, je vous offrirai un immense repas ! »
« Mais il faut attendre longtemps, même avec une réservation, non ? »
« Je peux toujours vous trouver une table en tant que propriétaire, alors ne vous inquiétez pas, maman ! »
Maman ?
Ce n’était pas Sia, mais entendre Yuna noona appeler ma mère ainsi me parut étrangement déplacé.
Sortie de son contexte, cette façon de l’appeler donnait l’impression que Yuna noona était ma belle-fille.
Si Sia voyait ça…
Ça me gênait, mais je n’avais pas d’autre choix que de laisser passer.
Si je réagissais trop vivement, j’aurais l’air encore plus bizarre.
Peu après, nos assiettes de pâtes arrivèrent, et la conversation se poursuivit pendant que nous mangions.
On disait que ce restaurant était réputé pour sa cuisine, mais j’étais peut-être trop nerveux : je n’arrivais presque pas à en sentir le goût.
« Ça me rappelle des souvenirs. Tu te souviens ? Quand les tournages se terminaient et qu’on allait manger, neuf fois sur dix, on finissait toujours dans un restaurant chinois. »
Quand la mère de Yuna noona évoqua le passé, ma mère acquiesça comme si elle s’en souvenait parfaitement.
« C’est vrai. Vous vous en souvenez, tous les deux ? »
« Un peu ? »
Je ne m’en souvenais que vaguement, mais Yuna noona, elle, s’en rappelait très bien.
« Oui ! Ça aurait été bizarre de ne pas manger de jjajangmyeon. Même quand quelqu’un proposait autre chose, Minjun et moi, on réclamait toujours du jjajangmyeon. »
Je m’en souvenais mal, puisque j’étais très jeune, mais je savais que j’avais tellement adoré le jjajangmyeon que, petit, on aurait pu me qualifier d’obsédé.
Je l’aimais moins aujourd’hui qu’à l’époque.
« En feuilletant les albums récemment, j’ai retrouvé des photos de vous deux en train de manger du jjajangmyeon. »
La mère de Yuna noona nous montra alors les photos prises à l’époque.
On nous y voyait tout petits, avec de la sauce aux haricots noirs étalée partout autour de la bouche, puis tout sourire en remarquant l’appareil photo.
Ma mère se plongea dans ses souvenirs en regardant les vieilles photos. Peut-être qu’un autre souvenir lui revint, car elle ajouta : « Ça me rappelle quelque chose. Je ne sais plus quand, mais tu as vu Minjun se régaler de jjajangmyeon dans un restaurant chinois et tu as dit qu’une fois adulte, tu ouvrirais un immense restaurant de jjajangmyeon pour pouvoir en donner autant qu’il voudrait à Minjun. »
… C’était vraiment arrivé ?
Je n’en avais aucun souvenir, mais la mère de Yuna noona acquiesça. Je supposai donc que c’était vrai.
Attends.
Est-ce que Yuna noona avait ouvert un restaurant chinois parce que…
Dès que cette idée me traversa l’esprit, je fermai les yeux sans même m’en rendre compte.
Non. Ça devait être une coïncidence.
Sinon, ce serait vraiment effrayant.
« Yuna, tu te souviens d’avoir dit ça ? »
« Non. C’est la première fois que j’en entends parler, moi aussi. Waouh, j’ai vraiment dit ça ? »
À la question de ma mère, Yuna noona répondit qu’elle ne s’en souvenait pas et parut stupéfaite.
« On ne sait jamais ce que la vie nous réserve, pas vrai, Minjun ? »
Elle se tourna alors vers moi.
« … C’est vraiment une coïncidence ? »
« Hein ? »
« Rien. Je trouve ça bizarre, c’est tout. »
J’avais voulu garder cette pensée pour moi, mais je l’avais marmonnée à voix haute sans le faire exprès.
Je me demandais si elle m’avait entendu.
« Alors, noona. Juste au cas où, tu rêvais vraiment de devenir propriétaire d’un restaurant chinois depuis que tu étais petite ? »
« Allez, non. Je t’ai dit que je me souvenais à peine de cette époque. »
Yuna noona sourit et secoua légèrement la tête à ma question.
« Mon père dirige aussi des affaires, et j’aime la cuisine. J’ai gagné beaucoup d’argent comme Chasseuse, mais ce métier ne me convenait pas et je me suis blessée, alors j’ai pris ma retraite. C’est tout. »
Je voulais la croire, mais, pour une raison ou une autre, le doute qu’elle ne me dise pas la vérité commençait lentement à grandir en moi.
« Pourquoi ? Tu préférerais que ce soit la raison ? »
« N-Non ! »
Sa question soudaine me prit au dépourvu et je balbutiai.
Si je n’avais pas eu de petite amie, n’importe qui aurait pu mal interpréter la situation, non ?
Heureusement que Sia ne pouvait pas voir ça.
Mes deux mères trouvèrent sans doute ma réaction amusante, car elles éclatèrent aussitôt de rire.
« Pourquoi tu es si gêné ? C’est du passé. »
« C’est vrai. On peut dire ce genre de choses quand on est enfant. Et puis, Minjun, toi aussi, tu as une petite amie maintenant. »
Je ne pouvais pas leur dire que c’était justement pour ça que j’étais gêné.
Embarrassé, je baissai la tête, tandis que Yuna noona riait discrètement de ma réaction.
« Alors, Yuna, tu as un petit ami ? »
« Non. »
À la question de ma mère, Yuna noona secoua légèrement la tête, gênée à son tour.
« Ma dernière relation remonte au lycée. »
« Vraiment ? C’est étonnant. Je suis sûre que beaucoup d’hommes s’intéressent à une fille comme toi. »
« Il y en a eu quelques-uns… mais j’étais très occupée par le travail. Malheureusement, je ne pense pas être en mesure d’avoir une relation en ce moment. »
Vu la façon dont elle s’était comportée avec moi auparavant, ça ne sonnait pas très juste.
Pourquoi avais-je sans cesse l’impression que Yuna noona mentait ?
C’est alors que Sia m’appela.
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