Chapitre 38
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Traducteur/éditeur : Chen
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◈ Ma petite amie est revenue sous la forme d’une dragonne ◈
Chapitre 38 : Oppa, tu me manques.
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Était-ce parce que le Langage des dragons de Minjun était encore incomplet ?
Ou bien l’espace virtuel créé par Minos exigeait-il tout simplement un niveau de maîtrise particulièrement élevé du Langage des dragons ?
Il l’avait pourtant clairement senti, mais aucune notification ne lui annonça qu’il avait rempli la condition de réussite.
Mais…
Le ciel sans fin se fendit, tandis que les soldats et les vouivres se déformaient de façon grotesque.
Cette fois, contrairement à la précédente, il semblait s’être nettement rapproché de la maîtrise du Langage des dragons.
« Ça a marché… ! »
La notification de réussite n’était pas encore apparue, mais si les choses continuaient ainsi, il pourrait bientôt utiliser parfaitement le Langage des dragons.
Minjun répéta le Langage des dragons encore et encore.
[Fracassez-vous sans laisser la moindre trace !!!]
Alors, au même moment que le Langage des dragons qui résonna, l’épée de Minos, plantée dans le sol, et celle de Minjun se brisèrent.
Clang !
Une fissure assourdissante retentit dans le ciel fendu.
Incapables de conserver leur forme, les soldats et les vouivres redevinrent une fumée rouge sombre qui se dispersa dans toutes les directions.
Comme pour dissimuler ces fissures, le ciel s’assombrit rapidement.
Minjun leva les yeux vers le ciel, tenant l’Épée en os de dragon, désormais brisée en deux.
La chance lui avait certes souri à bien des égards, mais jamais il n’aurait cru réussir à utiliser le Langage des dragons aussi vite.
« Mais elle, elle est cassée. »
Minjun finit par détourner le regard du ciel fendu pour contempler l’Épée en os de dragon.
C’était celle que Sia lui avait offerte, l’épée qui pouvait être considérée comme le point de départ de toute cette histoire.
Elle semblait pourtant assez solide pour résister à n’importe quel choc ordinaire, et elle s’était brisée si facilement.
« Est-ce qu’on peut la réparer ? »
Et si Sia se mettait en colère en découvrant que le cadeau qu’elle lui avait offert s’était brisé en deux ?
Maintenant que la tension était retombée, toutes sortes de pensées lui traversaient l’esprit.
Et enfin…
Une notification annonçant la réussite apparut devant Minjun.
Puis, dans cet espace qui n’était plus que ténèbres,
une sortie menant sur Terre se matérialisa.
« Argh… »
Il avait réussi à sortir de la Porte, mais la douleur qui lui parcourait le corps n’avait pas disparu.
Il avait peut-être dépensé trop d’énergie : sa respiration se faisait saccadée et son esprit devenait de plus en plus embrumé.
En traînant son corps épuisé, Minjun se dirigea vers la sortie, l’épée brisée dans une main.
« Quand même, qu’est-ce que ce Minos a pensé en me voyant réussir à utiliser le Langage des dragons ? »
Non.
Maintenant qu’il avait réussi, Minos aurait au moins pu le féliciter. Ou faire semblant d’être surpris en disant qu’il ne s’attendait pas à ce qu’il y arrive.
Quoi qu’il en soit, dès qu’il franchit la sortie, le paysage qu’il avait aperçu avant d’entrer dans la Porte s’offrit à ses yeux.
Ce ne fut qu’à cet instant qu’il réalisa vraiment qu’il avait réussi à sortir.
« Et les autres ? »
La Porte ayant été franchie, les autres personnes piégées à l’intérieur auraient dû en sortir elles aussi, mais il ne voyait aucun autre Chasseur.
Alors qu’il commençait à craindre qu’un problème soit survenu,
la Porte s’ouvrit et les membres de l’équipe de raid qui étaient entrés dans le donjon avec Minjun apparurent les uns après les autres.
« Minjun ! »
À peine sorti de la Porte, Taeseong repéra Minjun, l’appela d’un ton joyeux et se précipita vers lui.
Les autres Chasseurs accoururent derrière lui.
« Ça va ? »
« Tu es blessé quelque part ? »
« Quel soulagement. Mais qu’est-ce qui s’est passé, au juste ? »
Les Chasseurs se pressèrent autour de Minjun, inquiets qu’il lui soit arrivé quelque chose. Ils prirent de ses nouvelles et lui demandèrent ce qui s’était passé après sa chute.
Mais Minjun n’était pas en état de répondre à toutes leurs questions.
Il n’avait pas une égratignure, mais la douleur accumulée pendant qu’il franchissait la Porte l’empêchait même de se tenir correctement debout.
Voyant à quel point Minjun était pâle, Taeseong le soutint et lui demanda, inquiet :
« Tu ne te sens pas bien ? On devrait aller à l’hôpital tout de suite ? »
Mais il faudrait un bon moment pour rejoindre un hôpital depuis cet endroit, et aucun médecin ne saurait quoi faire des effets secondaires provoqués par l’utilisation du Langage des dragons.
Mieux valait se rendre au repaire de Rokan.
Rokan comprendrait l’état de Minjun mieux que n’importe quel médecin.
À bout de forces, Minjun parvint à peine à articuler quelques mots.
« …Désolé. Je vais y aller d’abord. »
Sur ces mots, Minjun utilisa aussitôt l’Anneau de téléportation pour se téléporter au repaire de Rokan.
« Ah… »
Il voulait appeler Rokan à l’aide, mais, pour une raison inconnue, celui-ci était introuvable.
Il avait peut-être fini par atteindre ses limites.
Minjun perdit connaissance et s’effondra sur place.
* * *
Le matin du jour où Minjun partit franchir le donjon du Jardin de l’Épée du Dragon.
Dès qu’elle eut fini de parler au téléphone avec Minjun, Sia se téléporta à Yangpyeong, où vivaient les parents de celui-ci.
Elle avait d’abord prévu de rendre visite à ses futurs beaux-parents avec Minjun, mais…
« Si je reste trop longtemps avec oppa, il risque de s’effondrer. »
Elle décida donc d’aller voir les parents de Minjun seule, pour le moment.
Bien sûr, en temps normal, personne n’irait rendre visite à ses futurs beaux-parents sans son petit ami.
Mais Sia ne se sentait pas du tout gênée.
Quand elle était jeune, elle avait perdu toute sa famille dans un accident.
À ses yeux, les parents de Minjun étaient des gens qui l’avaient aimée comme leur propre fille.
Et puis, même si c’était une tout autre histoire,
sa visite chez les parents de Minjun avait aujourd’hui une autre signification.
Elle avait un objectif secret dont elle ne pouvait parler à personne.
« Maman, papa ! C’est moi ! »
À peine arrivée, Sia salua joyeusement les parents de Minjun.
Dès qu’ils sentirent sa présence, ils accoururent pour l’accueillir.
« Oh, Sia ! Ça fait si longtemps. Comment vas-tu ? »
Les parents de Minjun l’accueillirent comme si rien ne s’était passé.
Minjun leur avait expliqué que Sia, qu’ils avaient crue morte un an plus tôt, était miraculeusement revenue à la vie récemment.
Bien entendu, ils ignoraient qu’elle s’était réincarnée en dragonne dans un autre monde avant de revenir sur Terre.
Enfin, ils le découvriraient peut-être le jour où Minjun deviendrait lui aussi un dragon à part entière.
Quoi qu’il en soit, ils avaient beaucoup de choses à demander à Sia.
Comme tout le monde, ils brûlaient de savoir ce qui lui était arrivé entre l’accident et son retour sur Terre.
Mais avant l’arrivée de Sia, ils avaient convenu de ne pas parler de l’accident de la Porte.
La plupart des rares Revenants qui, comme Sia, avaient été piégés dans des Portes avant de revenir sur Terre avaient raconté lors d’interviews les horreurs qu’ils avaient vécues.
Ni l’un ni l’autre ne voulait évoquer ces événements et raviver son traumatisme.
« Oui. Vous allez bien tous les deux ? »
« Bien sûr. »
Les parents de Minjun ne l’avaient pas vue depuis longtemps, mais, pour Sia, c’était la première fois qu’elle les retrouvait depuis sa réincarnation. Cette rencontre avait donc une valeur particulière à ses yeux.
Après les avoir salués, elle leur tendit les cadeaux qu’elle avait préparés.
« Et j’ai acheté ça parce que ça m’a fait penser à vous deux. »
« Oh, tu n’aurais pas dû nous apporter quoi que ce soit. Sia, tu as pris ton petit déjeuner ? »
« Non. »
« Le repas sera bientôt prêt, attends encore un peu. »
« J’avais déjà très faim. Merci ! »
Un peu plus tard, ils dressèrent une table si garnie qu’elle aurait pu en faire plier les pieds.
Sia ne put cacher sa surprise en voyant le festin.
« Waouh. Maman, comment tu fais pour préparer autant de plats ? »
« On a préparé toutes sortes de choses parce que notre Sia venait nous voir. Dis-le-nous si ça ne suffit pas. »
Le repas commença dans une ambiance chaleureuse.
Tout en mangeant, tous les trois parlèrent de tout ce qu’ils n’avaient pas pu se raconter jusque-là.
Il y avait beaucoup à manger et les histoires accumulées au fil du temps ne manquaient pas ; le repas se prolongea donc longtemps.
Alors qu’il touchait enfin à sa fin,
« Maman, papa, vous avez des albums photo à la maison ? »
« Tu veux dire ceux avec les vieilles photos argentiques ? »
« Oui. »
Sia sortit un scanner photo qu’elle avait acheté la veille.
« Ça s’appelle un scanner photo. Ça transforme les photos argentiques en fichiers numériques. Si vous les numérisez avec, vous pourrez les regarder n’importe quand et n’importe où. »
« Oh, ça existe ? C’est fascinant. »
Tous deux semblaient émerveillés par cet appareil qu’ils ne connaissaient pas.
« Je peux les numériser pour vous. Ça vous va ? »
« Bien sûr. Tant qu’à faire, on pourra feuilleter les albums. Ça fait longtemps qu’on ne l’a pas fait. »
Le père de Minjun sortit plusieurs épais albums photo du fond d’une armoire et s’assit. Sia s’empressa de prendre place à côté de lui.
« Sia, Minjun ne t’a jamais montré cet album, n’est-ce pas ? »
« Non ! J’avais vraiment envie de le voir un jour. Ça tombe à pic. »
Dire qu’elle voulait numériser les photos n’était qu’un prétexte. C’était en fait son véritable objectif.
Regarder de vieilles photos de Minjun.
Et, tant qu’à faire, les convertir en fichiers numériques pour les garder en secret.
C’était pour ça qu’elle avait apporté deux clés USB.
L’une servirait à remettre les fichiers aux parents de Minjun.
L’autre lui permettrait de copier discrètement les photos numérisées pour sa collection personnelle.
« Je me demande si Minjun va se plaindre qu’on t’ait montré ses photos sans le prévenir. »
« Tant que vous gardez ça secret, maman et toi, je ne dirai rien non plus. »
Avec un sourire malicieux, elle posa son index sur ses lèvres.
« Bien sûr. Évidemment. »
La mère de Minjun ouvrit l’épais album photo, et Sia se blottit contre elle pour regarder les vieilles photos de Minjun.
« Celle-ci a été prise quand Minjun n’avait même pas une semaine. »
La première photo qu’elles découvrirent montrait le bébé Minjun, complètement nu, sans même une couche, le visage tout fripé tandis qu’il pleurait.
« …Minjun aurait été gêné s’il avait été là. »
Même nouveau-né, il avait été photographié entièrement nu.
« Hé hé. C’est pour ça que je suis venue seule. Je me suis dit qu’oppa m’empêcherait de regarder si j’étais venue avec lui. »
« Alors, tu as apporté ça parce que tu voulais regarder les photos de Minjun ? »
Le père de Minjun désigna le scanner photo, et Sia hocha la tête d’un air espiègle, un grand sourire aux lèvres.
« Oui. Tu m’as démasquée. »
« Oh là là. »
Les parents de Minjun crurent naturellement qu’elle plaisantait et se mirent à rire.
Son ton avait clairement été enjoué.
Mais pouvaient-ils savoir ?
Qu’elle ne plaisantait pas du tout.
« En tout cas, notre oppa était trop mignon, même nouveau-né, pas vrai ? »
À ces mots, les deux parents parurent un peu embarrassés.
« Eh bien… Minjun est beau maintenant, mais, pour être honnête, il ne l’était pas quand il était bébé. »
« À vrai dire, quand il est venu au monde, on s’est vraiment inquiétés. »
À sa naissance, il ressemblait à une vilaine petite pomme de terre ; ils avaient donc craint qu’il ne garde cette apparence en grandissant. Heureusement, avec le temps, ses traits s’étaient affirmés et il était devenu plus beau.
« Tu sais, on dit que les bébés laids à la naissance deviennent beaux en grandissant. C’était son cas. »
« Moi, je le trouve toujours mignon. À croquer. »
Ensuite, ils continuèrent à tourner lentement les pages de l’album, oubliant complètement de numériser les photos.
La mère de Minjun se remémorait le passé en racontant quand et dans quelles circonstances chaque photo avait été prise.
Sia était aux anges de découvrir des photos de l’enfance de Minjun qu’elle n’avait encore jamais vues.
Et bientôt, elle pourrait garder des copies de ces photos sur sa clé USB personnelle.
Cette idée lui faisait battre le cœur.
À ses yeux, cet album était un trésor inestimable.
En tournant les pages, ils dépassèrent finalement les photos de la petite enfance de Minjun et découvrirent celles de ses premières années d’écolier.
Sur l’une d’elles, Minjun faisait maladroitement le V de la victoire, coiffé d’un chapeau jaune vif et vêtu d’un uniforme de maternelle de la même couleur.
Sur une autre, il souriait à pleines dents pendant des vacances en famille.
Et puis…
Il y avait même une photo datant de son époque de mannequin enfant, prise avec Go Yuna, qui avait exercé le même métier que lui.
Dès qu’elle aperçut cette photo, le sourire de Sia se figea légèrement.
Mais la mère de Minjun ne remarqua pas son expression et lui expliqua la photo avec enthousiasme.
« Minjun a été mannequin enfant quand il était petit. Il n’est pas adorable ? La petite, c’est Yuna. Elle a posé avec Minjun quand ils étaient enfants. »
Elle le savait. Elle le savait déjà.
Elle l’avait même rencontrée récemment.
Elles se connaissaient déjà, mais Sia fit comme si elle la voyait pour la première fois.
En continuant à feuilleter l’album, ils tombèrent de temps à autre sur des photos de Minjun et Yuna ensemble.
Le problème, c’était que, sur la plupart d’entre elles, Yuna cherchait le contact physique avec Minjun : elle le prenait dans ses bras ou faisait semblant de l’embrasser.
Certains diraient qu’il n’y avait pas de quoi s’offusquer de voir de jeunes enfants s’embrasser, mais Sia n’aimait pas du tout ça.
« On dirait qu’oppa était assez proche de cette fille. »
« Oui. Quand ils étaient petits, Yuna suivait Minjun partout, comme si elle était collée à lui. »
« Notre oppa a donc toujours eu du succès, même tout petit. »
Retenant les émotions qui montaient en elle, Sia répondit d’un ton posé.
« Bien sûr. Ce n’est pas seulement parce que c’est notre fils, mais les filles lui couraient toujours après quand il était petit. »
Elle s’en était doutée, mais l’entendre de la bouche des parents de Minjun changeait tout.
« Cette femme aime vraiment oppa depuis qu’elle est petite. »
Pas étonnant.
Elle s’était sentie mal à l’aise dès leur première rencontre.
Go Yuna avait sûrement encore des sentiments pour Minjun.
Elle ignorait quand et comment elle s’y prendrait, mais son instinct lui disait que Go Yuna finirait par approcher Minjun et lui faire les yeux doux comme un renard.
Dans ce cas…
« Je ne peux pas rester les bras croisés. »
Elle décida qu’elle devait échafauder un plan dès à présent.
Après avoir passé un long moment à regarder l’album rempli de photos de Minjun,
Sia numérisa les photos une à une, puis répartit les fichiers sur les deux clés USB.
L’une était destinée aux parents de Minjun ; l’autre, bien sûr, à son plaisir personnel.
Après avoir discrètement caché une clé USB dans sa dimension de poche,
Sia tendit l’autre à la mère de Minjun.
« Voilà ! Vous pourrez consulter les fichiers sur un ordinateur portable ou les enregistrer sur votre téléphone. Si vous ne savez pas comment faire, demandez-moi quand vous voulez. »
« Merci, notre belle-fille. »
« Hé hé. »
Ils n’étaient pas encore mariés, mais les parents de Minjun savaient que ce n’était pratiquement qu’une question de temps avant qu’il épouse Sia ; ils l’appelaient donc naturellement leur belle-fille.
Et Sia adorait qu’ils l’appellent ainsi.
Même après avoir converti les photos argentiques en fichiers numériques, elle passa un agréable moment avec les parents de Minjun, à discuter et à les aider dans les tâches ménagères, comme si elle était venue rendre visite à sa propre famille.
Et puis, le temps passa.
Minjun était sur le point d’avoir fini de franchir la Porte et d’en sortir.
D’après lui, la condition pour franchir la Porte où il se rendait cette fois-ci consistait simplement à tenir trois heures à l’intérieur.
Autrement dit, la durée nécessaire pour franchir cette Porte était pratiquement fixée dès leur entrée.
L’heure indiquée par Minjun approchait, et il lui avait dit au téléphone, le matin même, qu’il l’appellerait dès qu’il aurait fini.
Il allait bientôt appeler.
« Maman, papa, je vais devoir y aller ! »
« D’accord, on se reverra bientôt. Et si tu as besoin de plats d’accompagnement, dis-le-nous quand tu veux. »
« Oui, maman ! J’y vais ! Je reviendrai bientôt avec oppa ! »
Toujours aussi joyeuse, Sia quitta la maison puis retourna aussitôt dans son repaire, le cœur plein d’impatience.
À peine rentrée, elle ne prit même pas le temps de se changer. Elle serra son téléphone contre elle et attendit l’appel de Minjun.
Mais…
Plus de trente minutes s’écoulèrent après l’heure convenue, et il ne l’avait toujours pas appelée.
« …Pourquoi il n’a pas appelé ? »
En temps normal, elle aurait supposé que la Porte avait été plus longue à franchir que prévu et n’y aurait pas prêté attention.
Les Portes regorgeaient d’imprévus, et la durée nécessaire pour les franchir variait énormément selon les circonstances.
Mais Minjun s’était rendu dans un donjon dont la condition de réussite était évidente. Il suffisait de tenir trois heures.
« Il ne lui est rien arrivé, pas vrai ? »
Non. C’était impossible.
Son téléphone était peut-être déchargé et il était en train de le recharger.
Ou bien il l’avait perdu pendant le combat, ou il était cassé.
Sia tenta de se rassurer en trouvant elle-même des explications raisonnables.
Mais…
« …Quand même, il aurait déjà dû me contacter. »
Même si l’une de ces choses s’était produite, Minjun avait l’Anneau de téléportation que Rokan lui avait donné.
Il aurait pu l’utiliser pour se rendre au repaire de Rokan et lui faire parvenir un message par son intermédiaire.
Pourtant, il ne l’avait toujours pas contactée.
Il s’était forcément passé quelque chose.
Elle ne voulait pas l’admettre, mais il ne restait qu’une seule possibilité.
« Non. C’est impossible… »
Le regard vide, elle utilisa aussitôt un sort de détection du mana pour localiser la Porte dans laquelle Minjun était entré.
Dès qu’elle eut trouvé celle où Minjun tentait de la franchir, elle s’y rendit sur-le-champ.
Et elle constata que la Porte n’avait toujours pas été franchie.
« … ! »
Les mains tremblantes, elle tendit le bras vers la Porte et consulta ses informations.
Alors…
[Rang : EX
Condition de réussite : Atteindre le niveau le plus bas du Tombeau de Minos et utiliser le Langage des dragons (0/1)]
« I-il m’avait dit que c’était une Porte de rang D… »
Il était rare que le rang d’une Porte change brusquement, et les cas où elle passait au rang EX étaient extrêmement rares.
Et pourquoi la condition de réussite exigeait-elle précisément d’utiliser le Langage des dragons ?
Cela signifiait que Minjun ne pouvait pas sortir de cette Porte avant de l’avoir utilisé.
À cette réalisation,
elle s’effondra au sol, le regard vide.
« Ah… Ah… »
Confrontée à une réalité qu’elle voulait nier, elle se prit le visage entre les mains et laissa échapper un cri.
C’était impossible.
Minjun avait beau avoir assez de talent pour mériter les plus grands éloges de Rokan, il ne pouvait pas déjà utiliser le Langage des dragons.
Alors…
elle n’eut d’autre choix que de se faire à l’évidence.
Même si Minjun parvenait un jour à franchir cette Porte par miracle, il lui faudrait… très longtemps avant d’en sortir.
Les jambes flageolantes, elle pleura et contacta Rokan.
Rokan accourut auprès d’elle dès qu’il reçut son appel.
« Shasha, qu’est-ce qui ne va pas ? »
« Grand-père, *snif*, notre oppa… *snif*. »
Sia expliqua la situation à Rokan en pleurant.
Elle s’accrochait au faible espoir que son grand-père, un dragon ancien, saurait peut-être quoi faire.
Mais même son grand-père, un dragon ancien, sembla ne pas avoir de solution. Il secoua gravement la tête.
« …Je suis désolé. »
Même pour Rokan, un dragon ancien, et Sia, qui avait acquis la magie de voyage dimensionnel,
l’impossible restait impossible.
Les Portes étaient des entités mystérieuses que même les dragons ne comprenaient pas entièrement.
Quand ce dernier espoir s’évanouit,
elle ne put supporter le choc et s’évanouit sur place.
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