Chapitre 30
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Traducteur/éditeur : Chen
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◈ Ma petite amie est revenue sous la forme d’une dragonne ◈
Chapitre 30 : Oppa, tu as déjà embrassé cette unni ?
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« Quel genre de relation, au juste ? »
Ça faisait froid dans le dos.
Quelle était au juste ma relation avec Yuna noona… ?
En l’état actuel des choses, je pouvais affirmer avec certitude qu’il n’y avait aucune relation entre nous.
Je n’avais connu Yuna noona que jusqu’à mes huit ans. Après ça, elle avait immigré, et je n’avais aucune idée de ce qu’elle était devenue.
J’avais complètement oublié jusqu’à son existence. Je n’aurais jamais imaginé que nous nous reverrions ainsi.
Autrement dit, il n’y avait absolument rien entre nous qui puisse inquiéter Sia.
Mais…
Pourquoi ?
Pourquoi avais-je un si mauvais pressentiment ?
Je l’ignorais.
Mon instinct me mettait simplement en garde.
Que j’aie fait quelque chose de mal ou non, je devais choisir mes mots avec soin.
En cette fraîche journée du début de l’automne, la sueur froide me coulait pourtant dans le dos.
« Euh… Sia… »
Était-ce ce que ressentait un homme quand sa petite amie le surprenait en train de boire seul avec une amie ?
Je n’avais rien fait de mal. Alors pourquoi étais-je aussi nerveux ?
« … C’est exactement ce que tu as entendu tout à l’heure. »
La mère de Yuna noona et la mienne étaient amies de voisinage. À la maternelle, nous étions donc proches comme une grande sœur et son petit frère.
Naturellement, nous étions bien trop jeunes pour penser aux garçons et aux filles de cette façon. Yuna noona n’était qu’une grande fille avec qui je jouais, rien de plus, rien de moins.
Pourquoi devais-je me justifier autant ?
« Ah bon ? »
Après avoir entendu tout ça, Sia se contenta de me lancer un regard lourd de sous-entendus.
Mon explication ne suffisait toujours pas ?
« Oui. Et quand j’avais huit ans, elle est partie vivre aux États-Unis. On n’a plus jamais repris contact. Je ne savais même pas ce qu’elle faisait. Je ne m’attendais vraiment pas à la revoir ici. »
« Alors, oppa, laisse-moi te poser une seule question. »
Sia se rapprocha de moi et leva les yeux vers mon visage.
« Tu l’as déjà embrassée ? »
« … Quoi ? »
« Je te demande si tu as déjà embrassé cette unni. »
« Eh bien… »
Qu’est-ce que deux enfants de maternelle qui jouaient à la maison pouvaient bien savoir des baisers ?
Ils comprenaient à peine ce qu’était la tendresse physique. Pourquoi ces gamins se seraient-ils embrassés…
Hein ?
… C’était arrivé ?
Ça remontait à plus de vingt ans. Il aurait été normal que je ne m’en souvienne pas.
Pourtant, je m’en rappelais vaguement, pour une raison quelconque.
Yuna noona m’embrassant sur la joue, et moi la repoussant en disant que c’était dégoûtant.
« … »
« Oppa, pourquoi tu ne dis rien ? »
Devais-je lui dire la vérité ?
C’était arrivé à la maternelle et, en plus, je ne l’avais pas embrassée. C’était elle qui m’avait embrassé.
Mais… même si je tentais maladroitement de le lui cacher, Sia finirait probablement par l’apprendre.
Mieux valait tout lui avouer maintenant.
« … On m’a déjà embrassé. »
J’observai la réaction de Sia.
Son expression ne changea pas, et cela me terrifia d’autant plus.
Non, quand même. C’était une histoire qui datait de notre enfance…
Est-ce que ça la dérangeait vraiment à ce point ?
Elle était peut-être jalouse de ne pas avoir été la première fille à m’embrasser.
C’était mignon, mais pour apaiser cette jalousie, il fallait bien sûr…
La rassurer sur ce que je ressentais pour elle.
« Mais en dehors de ma famille, je n’ai jamais embrassé aucune autre femme que toi. Et je ne le ferai jamais. »
Mais alors…
« … C’est faux. Tu embrasseras une autre femme, toi aussi. »
Le visage de Sia s’était complètement figé.
Quoi ? Pourquoi ?
Alors que j’allais lui demander pourquoi elle pensait ça…
« Tu embrasseras notre fille, non ? »
Son expression glaciale avait déjà laissé place à un air malicieux.
« Sia, tu… »
Tu viens de me faire perdre dix ans d’espérance de vie.
… Je n’exagérais pas. Mon cœur avait failli s’arrêter.
« Je n’arrive même pas à t’imaginer embrasser une autre femme que moi, oppa, mais bien sûr que tu devras embrasser notre fille. Elle serait trop mignonne, avec ton visage. »
« Pfiou… »
Après avoir calmé mon cœur affolé, je tendis à Sia la carte de visite de Yuna noona, pour lui montrer que je ne comptais pas contacter Yuna noona en privé.
« Bref, rien de ce que tu crains n’est arrivé, et ça n’arrivera jamais. Alors ne t’inquiète pas. »
« D’accord ! Alors, oppa, dans ce cas… »
Je devinai facilement ce que Sia allait dire. Avant qu’elle ait terminé, je l’embrassai longuement.
« Tu voulais m’embrasser, pas vrai ? »
« Oui ! »
Après notre baiser, un air satisfait s’étala sur le visage de Sia.
Après le repas, il nous restait un peu plus d’une heure et demie.
On ne pouvait pas faire grand-chose en si peu de temps. Nous décidâmes donc d’aller faire un peu de shopping dans un grand magasin du coin.
Nous voulions acheter un ou deux autres hauts assortis à ceux que nous portions, et Sia voulait aussi s’acheter quelques tenues.
Pendant cette petite heure et demie, nous parcourûmes le grand magasin en vitesse, choisissant des vêtements l’un pour l’autre.
Deux hauts assortis, une tenue pour moi et cinq pour Sia.
Nous avions fait de très bons achats en peu de temps.
Comme il nous restait encore un peu de temps, nous prîmes quelques photos dans une cabine photo à proximité.
« Bon… Il est temps de se dire au revoir. »
Après le shopping, il nous restait moins de cinq minutes.
« C’est dommage. »
« Oui. J’ai l’impression que la journée est passée à toute vitesse. C’est vraiment dommage. »
Le moment de nous séparer était de nouveau arrivé.
Sia fit la moue, visiblement déçue.
Nous nous aimions tellement, et pourtant nous ne pouvions passer que trois heures ensemble par semaine. C’était douloureux.
Je dois devenir plus fort. Comme ça, on pourra se voir plus souvent et plus longtemps.
Plus j’y pensais, plus mon désir de maîtriser le pouvoir qui sommeillait en moi grandissait.
Pour pouvoir rester auprès de Sia, rien n’était plus important que ma progression.
Nous nous promîmes de nous revoir dans une semaine, puis nous nous serrâmes une dernière fois dans les bras.
Alors que j’allais rentrer chez moi…
« Oppa, avant de partir, tiens. »
Sia me tendit un bijou de téléphone.
Je ne savais pas quand elle l’avait fabriqué, mais il y avait une photo de nous deux, tout sourire, formant un cœur avec nos mains.
« C’est un cadeau. Je l’ai fait hier. »
Elle ne le dit pas clairement, mais la raison pour laquelle elle m’offrait ce bijou était probablement…
Pour que tout le monde sache sans équivoque que nous étions en couple.
« Merci. Je le garderai toujours avec moi. »
Mais ça me semblait un peu maigre, à lui seul.
Comme nous venions de prendre des photos ensemble pour la première fois depuis longtemps, je glissai l’une d’elles dans la coque de mon téléphone.
Elle était transparente, si bien que notre photo de couple se voyait parfaitement.
En voyant ça, Sia sourit, satisfaite.
Puis elle m’embrassa soudain sur la joue et m’emmena avec elle par Téléportation. Elle rentra chez elle après m’avoir dit qu’on se reverrait dans une semaine.
Me retrouvant seul…
« … Retour à la réalité. »
La dernière fois, c’était pareil, mais je me sentais toujours vide après un rendez-vous.
Je ne savais déjà pas comment j’allais tenir jusqu’à la semaine suivante.
Mais, pour l’instant, je devais…
M’entraîner.
La réponse était toujours la même.
Je devais apprendre à maîtriser complètement le pouvoir du dragon, et vite.
Alors, je pourrais rester toute la journée auprès de Sia sans aucun problème.
Avec cette motivation en tête, je me mis à chercher quelles Portes je pourrais explorer ensuite.
Je parcourais la liste des Portes quand je reçus un message de Junhwi sur KakaoTalk.
[Hyungnim, tu comptes rejoindre une guilde ?]
[Yuna noona a dit qu’elle allait chercher une guilde pour toi.]
… Comme ça, tout à coup ?
* * *
« Il y a encore quelque chose qui cloche. »
De retour dans son antre, Sia rangea les vêtements qu’elle avait achetés tout en repensant à leur rendez-vous du jour.
Contrairement à ce que craignait Sia, Jiyoon, la sœur aînée de Junhwi, n’éprouvait aucun sentiment amoureux pour Minjun.
Elle voyait simplement en Minjun celui qui avait sauvé la vie de son petit frère, et Sia en était arrivée à la même conclusion.
Mais Jiyoon n’était plus le problème.
… Pourquoi une telle coïncidence ?
Une femme du nom de Go Yuna, qui avait été amie avec Minjun pendant son enfance.
Du point de vue de Sia, cette femme était un problème bien plus sérieux que Jiyoon.
Ça ne sautait pas aux yeux, mais en tant que femme, Sia savait le reconnaître.
Son expression, le ton de sa voix, ses gestes.
Yuna avait peut-être cru ne rien laisser paraître, mais Sia avait décelé dans chacun de ses gestes le désir de se rapprocher à nouveau de Minjun.
Et elle l’avait même embrassé sur la joue quand ils étaient enfants.
Elle n’avait pas encore de preuve concrète, mais vu les circonstances, Yuna chercherait probablement à garder contact avec Minjun d’une façon ou d’une autre.
Ensuite, elle rôderait sans doute autour de lui en faisant semblant d’être une simple amie.
Et continuerait à le draguer comme un renard.
« Je crois que je dois fouiller dans son passé. »
Pour l’instant, ce n’était qu’un soupçon, mais Yuna finirait certainement par tenter quelque chose.
Minjun avait beau lui avoir donné la carte de visite qu’il avait reçue plus tôt en disant qu’il n’avait aucune raison de la contacter…
Go Yuna trouverait sûrement un moyen de joindre Minjun.
C’était ce que lui dictait l’instinct féminin.
Pendant ce temps…
C’est le destin.
Pendant une courte pause, Go Yuna se rendit dans la salle de repos pour reprendre son souffle. Le cœur tremblant, elle repensa au miracle qui s’était produit à l’heure du déjeuner.
Le temps avait passé, et ses souvenirs auraient dû s’estomper, mais elle se rappelait encore clairement chaque moment vécu avec Minjun.
Déjà enfant, elle était mûre en amour.
Dès qu’elle avait rencontré Minjun, elle en était tombée amoureuse au premier regard.
Elle avait beau avoir gardé ses sentiments pour elle quand elle était petite, même à cet âge, elle voulait vivre une histoire d’amour avec Minjun.
Très sérieusement.
En plus, Minjun et Yuna avaient eu de nombreuses occasions de se voir à l’époque.
Ils allaient à la même maternelle, vivaient dans le même immeuble du même complexe résidentiel, et leurs mères étaient proches.
Et ce n’était pas tout.
Minjun et Yuna avaient tous les deux travaillé comme mannequins enfants, ils avaient donc naturellement beaucoup de choses en commun.
À l’époque déjà, ils se croisaient souvent sur les lieux de tournage.
À la maternelle, sur les plateaux et chez l’un ou chez l’autre.
Plus Yuna le voyait, plus ses sentiments pour Minjun grandissaient.
Il avait déjà un visage d’adulte et un caractère doux et attentionné.
Comment ne pas tomber amoureuse d’un homme qui avait tout pour lui ?
Alors, même si elle était timide, elle avait multiplié les signes pour lui faire comprendre qu’il lui plaisait.
Parfois, elle le lui faisait savoir indirectement. Et un jour, elle avait même rassemblé son courage pour l’embrasser sur la joue.
Mais, qu’il ait été lent à comprendre ou qu’il n’ait tout simplement rien ressenti pour elle, Minjun n’avait jamais accepté ses sentiments.
Il ne la voyait que comme une grande fille du quartier avec qui il s’entendait bien.
Malgré tout, elle ne savait pas renoncer.
Les choses étaient peut-être ainsi pour l’instant, mais un jour, Minjun finirait peut-être par comprendre ce qu’elle ressentait.
Elle avait l’intention de rester à ses côtés comme son amie proche et sa grande sœur du quartier.
Mais…
Elle était trop jeune pour comprendre que la vie ne se déroulait pas toujours comme on le souhaitait.
Quand elle avait dû partir aux États-Unis à cause des affaires de son père, elle avait éclaté en sanglots en comprenant qu’elle ne pourrait plus être avec Minjun.
Et pourtant…
Qui aurait cru qu’un tel miracle se produirait ?
Aujourd’hui.
Elle avait retrouvé Minjun comme par miracle.
Plus de vingt ans avaient passé, il avait tellement changé, et pourtant elle l’avait reconnu au premier regard.
Son corps avait grandi, mais cette aura si particulière qui émanait de lui était restée la même.
Elle était venue à ce rendez-vous sans trop y penser, à la demande d’une amie. Mais dès qu’elle avait compris que l’homme qui se trouvait là était le Minjun de ses souvenirs d’enfance, les sentiments qu’elle avait oubliés depuis si longtemps avaient recommencé à s’éveiller dans son cœur.
Le fait qu’il ait déjà une petite amie était un obstacle, mais…
Je peux faire avec.
S’il avait déjà une petite amie, elle pouvait se contenter d’être son amie proche.
Il serait peut-être difficile de retrouver la complicité de leur enfance, mais ce serait merveilleux de pouvoir renouer une relation semblable.
Ou alors, ils finiront peut-être par se séparer.
Elle pourrait alors se glisser dans la brèche et séduire Minjun.
Elle sourit, satisfaite.
Elle lui avait donné sa carte de visite ; s’il la contactait, elle comptait renouer naturellement avec lui, comme autrefois.
Et s’il ne la contactait pas ?
Alors, je ferai le premier pas.
Il lui suffirait de trouver un prétexte.
Elle parcourut les photos de sa galerie et en trouva une.
C’était une photo qui datait de plus de vingt ans. On y voyait Minjun et elle, enfants, souriant de toutes leurs dents, les bras passés autour des épaules l’un de l’autre.
« Tu étais tellement mignon, petit. »
Et maintenant, tu es devenu un homme si séduisant.
Elle embrassa le visage du jeune Minjun affiché à l’écran.
Si Sia, Minjun ou même quelqu’un d’autre qui la connaissait l’avait vue ainsi, cette personne aurait été horrifiée.
Qui aurait imaginé qu’une jeune femme d’affaires belle et talentueuse puisse se comporter de façon aussi glauque ?
Mais, à cet instant…
L’opinion des autres n’avait aucune importance à ses yeux.
Elle ne pensait qu’au prétexte qu’elle pourrait trouver pour multiplier les occasions de voir Minjun.
Chasseuse.
Elle avait été chasseuse de rang A et connaissait beaucoup de chasseurs, tandis que Minjun était encore pratiquement un novice, chasseur de rang D.
En tant qu’ancienne chasseuse, elle pourrait sûrement l’aider de bien des façons.
D’après ce qu’elle avait entendu, il n’appartenait actuellement à aucune guilde.
Et si je lui présentais une guilde convenable ?
Même à ses propres yeux, c’était un excellent prétexte pour rester en contact avec Minjun.
« Attends-moi, Minjun. »
Une autre femme avait déjà pris la place de sa petite amie, mais celle de simple amie était sûrement encore libre.
C’est ce qu’elle se dit.
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