Chapitre 3
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Chen
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◈ Ma petite amie est revenue sous la forme d’une dragonne ◈
Chapitre 3 : Oppa, laquelle est la plus jolie ?
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Ensuite, nous parlâmes longuement, comme pour rattraper tout le temps où nous nous étions manqué.
Mais au bout d’un moment…
« Sia, on ne devrait pas aller ailleurs bientôt ? »
« Pourquoi, oppa ? Il n’y a personne dans les environs. »
« Ce n’est pas ça. On est dans un cimetière. Ça me met un peu mal à l’aise de rester ici… »
Et pas dans n’importe quel cimetière. Le corps de Sia, celui qu’elle avait eu quand elle était humaine, était enterré ici. L’endroit avait quelque chose de plutôt sinistre.
Sia hocha la tête en m’entendant.
« Maintenant que tu le dis, tu as raison. Mon corps est enterré juste à côté. Beurk. »
Elle fronça les sourcils, puis m’attrapa soudain la main.
« Accroche-toi bien, oppa. »
À ses mots, ma vision devint blanche un instant, comme si une grenade aveuglante venait d’exploser devant moi.
[Téléportation.]
Un instant plus tard…
« Alors ? Ça te plaît ? C’est beaucoup mieux qu’avant, non ? »
Le paysage avait changé en un clin d’œil.
Nous étions bel et bien dans un cimetière quelques instants plus tôt, mais je me retrouvais maintenant sur une petite plage déserte.
« Sia, tu viens de… te téléporter ? »
« Oui ! Tu te souviens, je t’avais dit un jour que mon rêve, c’était de partir camper avec toi sur une île déserte ? Ça m’y a fait penser tout à coup. »
Je me souvenais vaguement que Sia m’avait dit quelque chose de ce genre.
Mais ce n’était pas ça qui m’étonnait.
Elle peut se téléporter aussi facilement ?
La Téléportation n’était pas un sort qu’on pouvait lancer sans bruit, sans calculer de formule magique.
Mais à quel point notre Sia était-elle incroyable ?
« Sia, tu pourrais nous téléporter à l’autre bout du monde, au Paraguay par exemple ? »
« Bien sûr ! Pourquoi ? Tu veux visiter le Paraguay, oppa ? »
Sia m’encouragea à choisir n’importe quel endroit, puisqu’elle pouvait m’emmener où je voulais.
« Non, je me demandais juste. Mais peu importe où on va, tant qu’on y va ensemble, ça me va. »
« Héhé. »
Après ces mots d’une douceur embarrassante, Sia s’apprêtait à ajouter quelque chose, mais sembla se souvenir d’un détail. Elle se donna une petite tape sur la tête, l’air contrarié.
« Waouh, regarde-moi ça. Oppa, attends-moi une seconde. »
Sur ces mots, Sia lança de nouveau Téléportation et disparut en un instant.
« Tada ! »
Elle revint quelques secondes plus tard à peine.
Avec le tteokbokki que j’avais apporté dans une main.
« Tu as apporté ce tteokbokki pour moi, oppa. Je ne pouvais pas le laisser derrière. »
Sia rayonnait, peut-être parce qu’elle allait enfin manger du tteokbokki pour la première fois depuis sa réincarnation.
Je n’étais quand même pas certain qu’elle doive en manger.
Bien sûr, je l’avais acheté pour elle, alors elle pouvait en manger sans problème… mais à l’origine, c’était un plat destiné à un rite commémoratif.
Je ne pouvais pas l’en empêcher si elle tenait à en manger, mais j’aurais préféré lui en acheter du frais.
Alors…
« Oppa, qu’est-ce qu’il y a ? »
Comme je la regardais sans rien dire, Sia dut sentir que quelque chose clochait. Elle me posa la question d’une voix tremblante.
Pas seulement sa voix : tout son corps tremblait.
Comme un chiot pris en faute devant son maître.
Si je ne répondais pas tout de suite, Sia avait l’air prête à fondre en larmes.
Décontenancé, je m’empressai de faire un geste des deux mains.
« Non, c’est juste que… je l’ai apporté en offrande, alors je me demandais si ça ne te ferait pas bizarre de le manger. Je me disais qu’on ferait peut-être mieux d’en acheter du frais. »
« Surtout pas ! »
Sia poussa un soupir de soulagement, mais secoua fermement la tête.
« Tu l’as préparé pour moi, oppa. Ce serait encore pire de ne pas le manger ! Et l’alcool aussi… »
Au moment où elle prononça le mot « alcool », Sia et moi nous en rendîmes compte en même temps.
Nous avions laissé le cheongju derrière nous.
« … J’ai oublié. »
« Dans les romans de fantasy, les dragons sont censés ne jamais rien oublier. Les vrais dragons sont différents ? »
À moitié sérieux, à moitié taquin, je la charria avec affection, comme je l’avais toujours fait.
Mais le visage de Sia s’assombrit aussitôt.
Comme si elle avait commis une faute impardonnable.
« Pourquoi… est-ce que je l’ai laissé là-bas ? »
Avant, Sia aurait pris ma plaisanterie à la légère et aurait sûrement cherché à me rendre la pareille.
Mais elle se désola pour une simple bouteille d’alcool, me dit d’attendre un instant, puis disparut de nouveau.
Quelques secondes plus tard, Sia revint avec le cheongju que nous avions oublié.
Son regard était absent, comme si son esprit était ailleurs.
« L’alcool qu’oppa a apporté pour moi… oui… je ne peux pas le laisser derrière… »
Quelque chose n’allait pas chez Sia.
Tandis qu’elle marmonnait à voix basse, elle caressait délicatement la bouteille de cheongju.
« Sia ? »
« Oppa, je suis désolée. Tu l’as préparé pour moi, et je l’ai oublié… Je suis désolée… »
Il était évident que Sia n’était pas dans son état normal.
Comment dire ?
Peut-être que deux mille ans à étudier la magie de voyage dimensionnel l’avaient rendue instable. Ou alors, c’était un effet secondaire de cette magie.
Sia avait l’air terriblement fragile.
J’aurais compris qu’elle soit comme ça dès sa sortie de la Porte, mais elle avait semblé parfaitement bien jusque-là. Je ne pouvais pas m’empêcher d’être décontenancé.
Je la serrai contre moi pour l’aider à se calmer.
« Ça va, Sia. Quand est-ce que je me suis énervé pour un truc pareil ? Tu es revenue auprès de moi. Qu’est-ce que ça peut faire, un peu d’alcool ? »
« … »
« Je plaisantais. C’était juste une blague. J’étais tellement heureux de retrouver notre Sia que je t’ai taquinée. »
À force de la rassurer avec toute la douceur dont j’étais capable, Sia commença peu à peu à se calmer.
« … Pardon, oppa. Je t’ai fait peur, hein ? »
« Non, ça va. Tant que tu vas bien, Sia. »
Quand je lui caressai doucement le dos, Sia sembla s’apaiser. Ses traits se détendirent et, bientôt, elle esquissa un petit sourire.
« Alors, oppa, mangeons le tteokbokki ensemble ! »
Grâce à la magie, Sia fit apparaître une petite table et des chaises, puis posa le tteokbokki et l’alcool sur la table.
Elle finit d’ouvrir l’emballage à moitié déchiré, sortit les deux paires de baguettes en bois et m’en tendit une.
« Merci pour le repas ! »
Après cette joyeuse formule, Sia se mit sérieusement à manger.
« Waouh, ça fait tellement longtemps que je n’ai pas mangé de tteokbokki ! »
Dès la première bouchée, elle se comporta comme si elle festoyait et se mit à engloutir le tteokbokki à une vitesse impressionnante.
Bien sûr, elle n’oubliait pas de boire du cheongju entre deux bouchées.
Du tteokbokki et de l’alcool, surtout du cheongju destiné à un rite commémoratif.
C’était une association étrange, que je n’aurais jamais imaginé goûter, mais Sia n’en avait cure. Elle savourait ensemble le cheongju et le tteokbokki.
« Tu sais, oppa, quand j’étais un dragonneau, j’avais tellement envie de tteokbokki que j’ai trouvé les ingrédients et essayé d’en faire moi-même. Mais peut-être que je ne savais pas assez bien cuisiner, ou que les ingrédients étaient différents de ceux de la Terre, parce que ça n’avait pas le même goût. »
Après avoir englouti en un rien de temps un tiers du tteokbokki à elle seule, Sia vida le reste du cheongju d’un trait, comme si c’était de l’eau.
« Mais en y repensant, ce n’était ni l’un ni l’autre. Il y avait une autre raison. »
« Alors, c’était quoi, la vraie raison ? »
« Je crois que c’est parce que je ne le mangeais pas avec toi, oppa. »
Sia croisa mon regard avec tendresse et croqua délicatement dans un gâteau de poisson.
« Le tteokbokki était bon, mais j’aimais surtout le moment qu’on passait à le manger ensemble. C’est pour ça que je crois que j’aimais encore plus le tteokbokki. »
À cet instant, j’eus l’impression de recevoir un coup violent sur la tête.
Sia aimait manger du tteokbokki avec moi. Alors pourquoi m’étais-je toujours plaint qu’on ne mangeait que ça ?
Le regret m’envahit et je me sentis coupable envers Sia.
« À partir de maintenant, je t’en achèterai tellement que tu finiras par ne plus pouvoir le voir en peinture. »
Et alors si elle s’en lassait ? Je verrais notre Sia heureuse.
Je l’avais dit parce que je m’en voulais, mais mes mots semblèrent toucher Sia en plein cœur. Elle se tortilla, toute gênée.
Nous mangeâmes le tteokbokki en bavardant de tout et de rien, dans cette atmosphère intime…
Sans même nous en rendre compte, nous avions fini jusqu’à la dernière bouchée.
« Tu as aimé ? »
« Oui ! Mais oppa, j’ai encore faim. »
Elle avait faim ?
Je fixai bêtement le récipient vide, sans même un morceau au fond.
D’habitude, il en restait toujours un peu après que Sia et moi avions mangé ensemble.
Et elle avait encore faim ?
« Tu… as faim ? »
« Oui. Comme je suis une dragonne, je mange un peu plus qu’avant. »
Eh bien, ça se tenait.
Je ne savais pas à quoi ressemblaient les vrais dragons, mais dans les romans de fantasy, on les décrivait généralement sous leur véritable forme, bien plus grands que les humains.
Il était donc peut-être normal que Sia ne soit pas rassasiée après avoir mangé tout ça.
« Alors, on va en acheter d’autre ? »
« Allons-y ! On peut en acheter dans notre quartier, non ? »
« Oui. »
Avant de nous téléporter, nous ramassâmes les déchets.
En les rangeant, mon regard se posa sur les vêtements de Sia.
Si elle sortait habillée comme ça, les gens se retourneraient forcément sur son passage.
Après tout, sa tenue ne ressemblait à rien de ce qu’on portait de nos jours.
Pour la décrire, on aurait dit un costume de cosplay confectionné avec soin.
« Sia, tu vas sortir acheter du tteokbokki habillée comme ça ? »
« J’allais me changer. Oppa, qu’est-ce que je devrais mettre ? Je porterai ce que tu choisiras. »
Eh bien…
Je n’avais pas de tenue particulière que je voulais la voir porter.
Qu’elle mette une robe élégante, une jupe de tennis légère avec un haut pastel ou un survêtement ample, je l’aimais dans toutes les tenues.
Mais si je lui répondais que tout m’allait, elle pourrait croire que je m’en fichais. Je lui proposai donc aussitôt la première tenue qui me vint à l’esprit.
« Un tee-shirt blanc et un jean ? »
« Parfait ! »
D’un simple geste, Sia changea instantanément de vêtements.
La tenue qui semblait sortie du Moyen Âge européen se transforma, au mouvement de sa main, en un tee-shirt blanc impeccable et un jean.
« Ça me va bien ? »
« Oui. Notre Sia est vraiment jolie. »
Je ne disais pas ça pour lui faire plaisir.
Avant sa réincarnation, Sia était déjà plutôt jolie, mais celle que j’avais devant moi était d’une beauté presque intimidante.
Je ne disais pas ça seulement parce qu’elle était ma petite amie. Objectivement, Sia ressemblait désormais moins à une humaine qu’à une œuvre d’art vivante.
À un chef-d’œuvre inestimable que quelqu’un comme moi ne devrait pas toucher à la légère.
Bon, elle n’était ni humaine ni une œuvre d’art. C’était une dragonne. Enfin…
Elle avait une allure si parfaite que tout lui aurait été, mais cette tenue m’était particulièrement irrésistible.
Elle avait l’air naturellement élégante, le genre de femme qui ferait se retourner au moins une fois chaque homme qu’elle croiserait.
Nous avions rangé les restes du tteokbokki, et Sia s’était changée pour porter une tenue adaptée à notre époque.
Il ne nous restait plus qu’à nous téléporter.
Mais alors…
« Oppa, attends. »
Au lieu de lancer Téléportation, Sia m’arrêta soudain.
« Tu me trouves plus jolie avec ce visage ou avec celui que j’avais avant ma réincarnation ? »
« … Quoi ? »
À sa question, je restai figé, sans voix.
… Comment étais-je censé répondre à ça ?
Je suis foutu.
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