Chapitre 25
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Chen
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Ma petite amie est revenue sous la forme d’une dragonne ◈
Chapitre 25 : Oppa, comment tu as deviné ?
──────
Je regardai le paquet de vieux vêtements que j’avais préparé et me plongeai dans mes pensées.
En moyenne, j’avais porté chacun d’eux pendant plus de quatre ans. Je comptais bientôt les déposer dans une borne de collecte, car ils boulochaient, leurs cols s’étaient détendus, et ainsi de suite.
Qu’est-ce que Sia comptait bien en faire ?
Elle aurait pu me demander de lui acheter une tenue.
Comme je voulais lui faire un vrai cadeau, j’avais préparé à part quelques présents de pendaison de crémaillère tout à fait classiques, en plus de ce que Sia m’avait demandé.
Il y avait le grand classique, du papier toilette, ainsi qu’une couverture qui pourrait lui servir à toutes sortes de choses et quelques autres articles utiles quand on vit seul, comme du riz instantané et des ramyeon.
Qu’est-ce que je pourrais lui offrir d’autre ?
Sia avait déjà joliment décoré son repaire toute seule, mais, en tant que petit ami, je voulais tout de même en faire un peu plus pour elle.
Si j’avais eu davantage de temps, j’aurais pu passer au supermarché près de chez moi.
C’était tout de même la pendaison de crémaillère de ma petite amie. Il devait bien y avoir autre chose que je pouvais apporter.
J’ai une idée.
Vu la raison pour laquelle Sia m’avait demandé mes vieux vêtements, je pensais qu’elle apprécierait quelque chose dans ce genre.
Mais si quelqu’un d’autre l’apprenait, il penserait sans aucun doute que j’avais perdu la tête.
Et puis, je n’étais même pas sûr qu’on puisse appeler ça un cadeau.
… Enfin, je n’avais rien à perdre.
Si l’ambiance ne s’y prêtait pas, je ne lui donnerais tout simplement pas.
Alors que je rangeais les affaires supplémentaires dans ma dimension de poche et que je remettais mes vêtements en place…
« Oppa ! »
Je sentis Sia approcher de loin.
Sia, qui pouvait se servir de la Téléportation à sa guise, était venue me chercher elle-même.
Dès que nos regards se croisèrent, elle poussa un cri de joie et me serra fort dans ses bras.
« Tu m’as tellement manqué que j’ai cru devenir folle ! »
— Toi aussi, tu m’as manqué. Je me demandais si une semaine avait toujours été aussi longue.
Nous avions beau avoir passé des heures en appel vidéo la veille, nous nous étreignîmes avec une telle ferveur qu’on aurait dit que nous avions été séparés pendant des mois, et non une semaine.
Mais Sia continua de me serrer si fort que je pouvais à peine respirer. Je toussai et lui parlai.
« Hum, hum. Sia, je n’arrive pas à respirer. »
— Ah.
Ma remarque la surprit et elle desserra les bras.
« O-oppa, ça va ? J’étais tellement heureuse de te revoir que je ne m’en suis pas rendu compte… Pardon ! »
— Non, non. Ça va.
À vrai dire, si elle m’avait serré comme ça un peu plus longtemps, elle m’aurait peut-être brisé les côtes…
Heureusement, Sia retrouva vite son entrain habituel et me demanda :
« Ah, au fait. Tu as ce dont on a parlé hier ? »
Un peu gêné, je désignai les piles de vieux vêtements entassées dans un coin de ma chambre.
À leur vue, les yeux de Sia s’illuminèrent de joie.
« Waouh, il y en a combien, des tenues ? Merci, oppa ! Je vais en faire bon usage ! »
Je n’avais aucune idée de ce qu’elle comptait faire de mes vieux vêtements, mais Sia serra le paquet contre elle comme s’il renfermait un trésor.
« Je me suis dit que ça ne suffirait peut-être pas, alors je t’ai préparé d’autres cadeaux aussi. »
— Voyons, tout ça, c’est déjà largement suffisant, oppa. Vraiment, ça va.
Elle agita les mains en disant que ça allait, mais son regard plein d’espoir disait tout le contraire.
Je lui montrai les autres cadeaux que j’avais entreposés sur le balcon, et elle s’illumina dès qu’elle les vit.
« Waouh, c’est quoi, tout ça ? »
Elle semblait profondément touchée et me dit qu’elle ne s’attendait pas à ce que j’en prépare autant.
« Ça te plaît ? »
— Bien sûr ! Merci beaucoup, oppa !
En fredonnant, Sia rangea soigneusement les cadeaux que j’avais préparés dans sa dimension de poche. Puis, pour me remercier, elle m’embrassa sur la joue.
Quand elle eut tout rangé, Sia me prit la main et nous téléporta aussitôt dans son repaire.
À notre arrivée, le décor familier que j’avais vu sur mon téléphone s’étendit devant moi.
« Ta-da ! Voilà notre repaire ! »
Sia m’en avait fait visiter quelques coins en vidéo, mais le découvrir en personne, c’était autre chose.
Plutôt qu’un repaire de dragonne, on aurait dit…
Une luxueuse maison individuelle.
Le vaste repaire était meublé avec goût : des meubles mignons, mais élégants, et un intérieur moderne et épuré, si bien aménagé que je n’aurais jamais deviné qu’il avait été creusé dans une montagne.
Ce qui attira le plus mon regard, ce furent les innombrables photos encadrées qui ornaient un mur.
Chaque grand cadre contenait une photo de Sia et moi.
Il n’y avait pas longtemps, Sia m’avait demandé de lui envoyer quelques photos de nous. Voilà donc pourquoi.
Voir nos photos agrandies à ce point et accrochées dans des cadres me rendit étrangement timide.
Alors que je contemplais les cadres, Sia se pressa contre moi, passa doucement un bras autour de ma taille et me demanda :
« Alors, qu’est-ce que tu en penses, oppa ? »
Elle avait l’air enthousiaste, sans doute parce qu’elle s’attendait à ce que je la félicite.
« On dirait une exposition rien que pour nous deux. »
Sia sourit doucement, visiblement ravie de ma réponse.
« J’aime bien, une exposition. On devrait prendre plein de photos, à partir de maintenant. Il nous en faudra beaucoup pour pouvoir appeler ça une exposition. »
— Bien sûr. On dit qu’au bout du compte, il ne reste que les photos.
Ensuite, Sia et moi visitâmes ensemble les autres pièces.
Le repaire était si grand que je me serais probablement perdu si je l’avais exploré seul.
« Alors, qu’est-ce que tu en penses, oppa ? Ça te plaît ? »
— J’aimerais que ce soit notre maison de jeunes mariés.
Je n’imaginais pas de maison plus parfaite pour de jeunes mariés, mais, malheureusement, nous n’étions pas encore en mesure de vivre ensemble.
Sia et moi le savions tous les deux, alors aucun de nous n’aborda le sujet.
« Si je viens vivre ici un jour, que dirais-tu d’acheter un terrain dans le coin et d’y faire pousser quelques mandariniers ? »
— Ça me plairait bien. Ou alors, le repaire est assez grand pour qu’on y construise une serre ! Comme ça, on pourrait récolter ensemble les mandarines qu’on aurait fait pousser…
Ce ne serait sans doute pas avant plusieurs années, mais Sia laissa joyeusement son imagination s’emballer, comme si ce rêve s’était déjà réalisé.
« Sia. »
— En hiver, on pourrait partager une couverture et manger des mandarines…
« Sia ? »
— Ah, qu’est-ce qui me prend ?
À quel point s’était-elle perdue dans son monde imaginaire pour ne pas m’entendre lui parler ?
Je ne savais pas ce qu’elle avait imaginé, mais Sia avait les joues encore plus rouges qu’avant.
« Ce n’est pas le moment de penser à ça. Oppa, allons vite préparer du tteokbokki ! »
Notre premier rendez-vous dans le repaire de Sia.
Pendant plusieurs jours, nous nous étions demandé ce que nous pourrions faire pour ce rendez-vous si spécial. Finalement, nous avions décidé de préparer du tteokbokki ensemble et de le manger.
Le tteokbokki était le plat préféré de Sia. Et, plus encore, elle aimait me regarder cuisiner.
Nous avions déjà cuisiné ensemble quelques fois quand Sia était humaine, mais, curieusement, nous n’avions jamais préparé de tteokbokki à la maison.
J’avais donc proposé de commencer par en faire, et Sia avait accepté avec enthousiasme, en disant que c’était l’idée parfaite.
Mais avant de passer en cuisine, il me restait une chose à lui donner.
« Sia. »
— Oui ?
« En fait, je t’ai préparé d’autres cadeaux aussi. »
En apprenant qu’il y en avait encore, Sia joignit les mains avec une mine adorable et me regarda, les yeux brillants.
Un peu plus tôt, elle avait dit que les cadeaux que je lui avais déjà donnés suffisaient.
Son côté adorable me fit sourire, et je sortis les affaires que j’avais préparées en secret dans ma dimension de poche.
Je les avais appelées des cadeaux pour Sia, mais à mes yeux, c’étaient plutôt des affaires que de véritables présents. Comme je l’avais dit, c’était trop gênant pour les qualifier de cadeaux.
« Je me demandais pourquoi tu m’avais demandé de vieux vêtements que j’avais portés, comme cadeau. »
C’étaient de vieux vêtements, et ils ne lui iraient même pas.
Après y avoir longuement réfléchi, j’en étais arrivé à cette conclusion.
Elle voulait avoir l’impression que nous vivions ensemble, même si ce n’était que comme ça.
Je m’étais dit qu’en laissant des traces de moi dans son repaire, elle pourrait se sentir comme si nous vivions ensemble, même lorsque nous étions loin l’un de l’autre.
Alors…
« Je t’ai préparé quelques autres affaires, en plus des vieux vêtements. »
Je sortis les choses que j’avais rangées à part dans ma dimension de poche.
Mon parfum préféré, de vieilles chaussures et, même si j’avais hésité à les apporter… les sous-vêtements que j’avais portés.
C’était peut-être un peu gênant, mais ça rendrait la chose plus réelle, non ?
Je déposai les affaires que j’avais apportées et observai la réaction de Sia.
Alors que je commençais à me demander si je n’avais pas tiré mes propres conclusions…
« Oh là là. »
Les yeux de Sia se plissèrent en un sourire radieux. Elle prit soigneusement les affaires que je lui tendais, comme s’il s’agissait de trésors, et les serra contre sa poitrine.
« Comment mon oppa peut-il comprendre mon cœur aussi bien ? »
Euh…
Elle avait voulu ça depuis le début ?
* * *
La veille de leur rendez-vous.
Quand Sia avait demandé ses vieux vêtements à Minjun, elle s’était secrètement inquiétée.
Après tout, c’était étrange, non ?
Même s’ils étaient en couple, ce n’était pas normal de demander soudainement à son petit ami de vieux vêtements qu’il avait portés pendant des années.
Et de les lui offrir, en plus.
Et si oppa me trouvait bizarre ?
Il pourrait se demander pourquoi elle voulait de vieux vêtements qu’il avait portés, plutôt que toutes sortes de cadeaux plus ordinaires.
Ou il pourrait mal comprendre et s’imaginer qu’elle avait un fétichisme étrange, comme celui des vêtements.
À cette pensée, son visage vira au rouge vif, de honte.
Mais je ne peux pas lui dire la vérité !
Si elle avait demandé ses vieux vêtements à Minjun, c’était pour pouvoir respirer son odeur quand il lui manquait.
Elle était bien trop gênée pour le dire à voix haute.
Rien que de penser à respirer à pleins poumons l’odeur imprégnée dans les vêtements, ou à essayer en cachette ces vieux habits et à avoir l’impression de ne faire qu’un avec Minjun…
« Pfiou ! »
Elle-même trouvait son idée un peu perverse, mais elle n’y pouvait rien.
À ses yeux, c’était le meilleur moyen d’apaiser le manque de Minjun quand ils ne pouvaient pas se voir souvent.
… Oppa ne sait pas que je pense à des choses pareilles, hein ?
Il ne le savait probablement pas, et surtout, il ne fallait absolument pas qu’il le sache.
Malgré ses inquiétudes, elle espérait en secret que Minjun apporterait beaucoup de vieux vêtements portant ses traces.
Mais voilà que…
Minjun avait apporté non seulement les vieux vêtements qu’elle lui avait demandés, mais aussi des chaussures qu’il avait portées, son parfum préféré et même ses sous-vêtements. Puis il lui avait dit :
Tu voulais avoir l’impression qu’on vivait ensemble, pas vrai ? Je me suis dit qu’il te faudrait peut-être des choses comme ça pour que tu ressentes vraiment cette impression, alors je les ai apportées, au cas où.
En disant cela, Minjun se demandait nerveusement s’il avait vu juste.
Mais Sia n’était pas en état de s’en rendre compte.
Elle n’avait même pas pensé aux chaussures ni au parfum préféré de Minjun.
Et les sous-vêtements que Minjun avait apportés…
#$%$%^@%@#$
Ils lui inspiraient des pensées si embarrassantes qu’elle ne pouvait pas se résoudre à les exprimer à voix haute.
« Comment mon oppa peut-il comprendre mon cœur aussi bien ? »
Craignant que Minjun ne la prenne pour une perverse, Sia contint autant que possible les émotions qui la submergeaient et rangea soigneusement les affaires qu’il lui avait données dans sa dimension de poche.
« Quel soulagement. J’avais peur de m’être trompé. »
À proprement parler, c’était Minjun qui s’était trompé.
Mais il ne le saurait probablement jamais.
Et peut-être valait-il mieux qu’il ne le découvre jamais.
Rejoignez notre Discord sur <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>