Chapitre 21
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Traducteur/éditeur : Chen
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◈ Ma petite amie est revenue sous la forme d’un dragon ◈
Chapitre 21 : Oppa, quel soulagement.
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Après avoir maîtrisé les criminels et nettoyé la Porte,
je remis leurs corps à la police des chasseurs, qui s’occupait exclusivement des criminels, puis je rentrai.
Attraper les criminels et les livrer aux autorités, c’était une chose ; le problème, c’était la suite.
J’ignorais exactement quelle était la puissance du trio, mais il était évident qu’ils étaient bien plus forts que des chasseurs de rang D ordinaires.
Pourtant, un chasseur de rang D, inférieur à eux tant en force qu’en nombre, les avait maîtrisés à lui seul. De quoi éveiller les soupçons.
La police allait probablement nous cuisiner pendant l’interrogatoire.
Enfin, c’était le travail de la police des chasseurs.
On n’y pouvait rien.
Une fois toutes les formalités terminées, Junhwi et moi quittâmes le commissariat.
« Hyungnim, ça s’est bien passé aujourd’hui, mais pour l’interrogatoire… Qu’est-ce qu’on va dire ? »
« À propos de quoi ? »
« Ça ne tient pas debout, de leur point de vue. Un simple chasseur de rang D a tué trois criminels qu’on estime entre le rang B et le rang C. »
Du point de vue de la police, ils pourraient même soupçonner que nous cachions notre véritable force.
Ils pourraient alors se demander si nous n’avions pas délibérément obtenu un rang inférieur à nos capacités réelles.
J’en avais conscience, moi aussi. Depuis notre sortie de la Porte, j’avais essayé de faire apparaître à nouveau cette mystérieuse aura d’épée aux couleurs d’aurore.
Mais j’échouai à chaque fois.
Heureusement, nous avions tout l’incident filmé.
« Il faudra simplement bien leur expliquer. Ou… on peut dire que les criminels ont été gravement blessés à cause d’un accident dans la Porte, et qu’on a pu les neutraliser. »
Des accidents imprévus se produisaient de temps à autre dans les Portes ; ce serait donc une excuse assez plausible.
L’intérieur d’une Porte restait un monde inconnu de l’humanité.
« Alors, il faudrait qu’on se mette d’accord sur notre version. »
« Ouais. On va y réfléchir et on en reparlera plus tard.
— Et, Junhwi. »
« Oui, hyungnim. »
« On n’a qu’un an d’écart, alors ça me gêne un peu que tu m’appelles hyungnim. »
Je n’avais même pas encore atteint la trentaine. J’étais trop jeune pour qu’on m’appelle hyungnim.
… À l’entendre parler, je me demandais parfois s’il n’avait pas travaillé pour une sorte de gang.
« Ah, désolé. J’appelle les hyungnims de la guilde de ma grande sœur comme ça. J’en ai tellement l’habitude que je ne pense pas réussir à changer facilement. »
Comme s’il avait déjà entendu cette remarque plus d’une fois, Junhwi se gratta la tête, embarrassé.
« Ça me gêne quand même beaucoup. Appelle-moi juste hyung, s’il te plaît. »
« Je vais essayer, hyungnim. »
Ah, sérieux…
Au début, c’était supportable, mais maintenant, ça commençait à me faire grincer des dents.
« Et, hyungnim… »
« Quoi ? »
J’allais justement lui dire de m’appeler hyung quand je vis le sérieux dans le regard de Junhwi et ravale mes paroles.
« Je sais que je te l’ai déjà dit, mais merci infiniment pour aujourd’hui. Hyungnim, si je peux faire quoi que ce soit pour t’aider, dis-le-moi. »
« Encore ? »
« Je pourrais te remercier mille fois, ça ne suffirait pas. Tu m’as sauvé la vie. »
J’aurais vraiment voulu qu’il arrête.
C’était assez gênant pour me tuer.
Je ne l’avais pas remarqué lors de notre première rencontre, mais Junhwi était étonnamment intense.
« Contente-toi de m’offrir un repas. »
« Je t’en offrirai autant que tu voudras ! Tu aimes l’omakase, hyungnim ? »
« Je t’ai dit d’arrêter de m’appeler hyungnim. »
* * *
Comme il était déjà l’heure de dîner, je mangeai avec Junhwi avant de rentrer.
J’étais complètement épuisé, sans doute à cause de tout ce qui s’était passé aujourd’hui.
Je ne rêvais que de m’écrouler sur mon lit et de sombrer dans le sommeil.
Mais je devais appeler Sia avant de me coucher.
« … L’appeler ? »
Était-ce vraiment la bonne chose à faire, dans une situation pareille ?
Ce n’était pas que je n’avais pas envie de parler à Sia.
Je ne voulais simplement pas l’inquiéter.
Je lui avais dit ce matin que j’allais dans une Porte, alors le sujet viendrait forcément sur le tapis pendant notre appel. Et je n’aurais d’autre choix que de lui parler de ma rencontre avec les criminels.
Je ne pouvais pas lui mentir en prétendant qu’il ne s’était rien passé. Même si je le lui cachais, Sia finirait par tout remarquer. Et puis, les événements de la journée avaient été filmés dans leur intégralité par ma caméra portative.
Si elle apprenait ce qui s’était passé…
Le cœur de Sia… en serait accablé.
Elle pourrait angoisser à l’idée que cela se reproduise. Ou perdre son sang-froid en apprenant que quelqu’un avait essayé de me tuer.
Connaissant Sia, elle ne pourrait probablement pas dormir tranquillement cette nuit.
Malgré tout…
Mieux vaut le lui dire.
Je n’avais rien fait de mal, et ce n’était pas quelque chose que je devais lui cacher. De toute façon, elle finirait bien par l’apprendre tôt ou tard.
J’appelai aussitôt Sia.
Comme si elle attendait mon appel, elle décrocha avant même qu’une seconde se soit écoulée.
« Allô ? »
[Oppaaaa ! Tu m’as tellement, tellement manqué !]
Bien sûr, c’était encore un appel vidéo.
Ravie de me voir, Sia agitait frénétiquement les deux mains.
Il y a un an, nous ne nous étions pas souvent appelés en vidéo. Mais depuis le retour de Sia, nous prenions généralement de ses nouvelles comme ça plutôt que par téléphone.
« Toi aussi. J’ai hâte de te revoir. »
[Je ne sais pas pourquoi le temps passe si lentement.]
Sa plainte adorable me fit sourire sans même que je m’en rende compte.
[Oppa, ta journée s’est bien passée ? Et la Porte ?]
Sia me regardait, les yeux brillants, comme si elle était prête à écouter le récit de toute ma journée.
Mais alors…
[… Oppa ? Il s’est passé quelque chose ? Tu n’as pas l’air bien.]
Elle avait peut-être perçu le moindre changement dans mon expression, car elle me posa la question d’une voix inquiète.
J’avais hésité un instant, en me demandant comment lui annoncer la nouvelle.
« Notre Sia est presque médium. Tu as raison. Il s’est passé quelque chose. »
[Quoi ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Dis-moi, oppa. Je t’écoute.]
Quelques instants plus tôt, Sia affichait un grand sourire.
Mais alors…
[Ce n’est pas encore une salope qui a essayé de prendre ton numéro, hein ?]
À peine eus-je mentionné qu’il s’était passé quelque chose que l’humeur de Sia changea du tout au tout.
[Pas vrai ? Je le savais. C’est pour ça que je ne peux jamais me détendre. Oppa, c’était qui ? Une salope qui est entrée dans la Porte avec toi ? Ou alors…]
… Elle avait apparemment cru qu’il s’agissait encore d’une histoire avec une autre femme, comme la fois où nous étions allés manger des tteokbokki.
Mais son expression froide ne dura qu’un instant.
L’anxiété l’envahit, et Sia se mit à essayer de se ronger les ongles.
Je décidai de lui expliquer rapidement ce qui s’était passé avant que le malentendu ne prenne des proportions encore plus grandes.
« Ce n’était absolument pas ça. »
[Ce n’était pas ça ? Quel soulagement. J’avais peur que ça recommence.]
Rassurée par ma réponse, Sia retrouva son calme.
Mais savait-elle seulement…
que j’avais vécu bien pire que ça ?
Ça me faisait mal de devoir le lui dire…
Mais il fallait que je le fasse, tôt ou tard.
« Sia. »
[Oui ?]
Je pris la parole du ton le plus grave possible.
Au début, Sia m’avait souri avec tendresse, mais quand elle sentit que j’étais plus sérieux que d’habitude, ses pupilles se mirent à trembler légèrement.
« … »
À mesure que le silence s’éternisait, l’inquiétude envahit le visage de Sia.
[Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce qui s’est passé, oppa ?]
« Il s’est passé quelque chose d’un peu grave. »
Après avoir poussé un profond soupir, je lui racontai ce qui s’était passé aujourd’hui dans la Porte.
Je lui parlai des criminels qui avaient essayé de me tuer, du pouvoir que j’avais soudainement acquis et qui me permettait de manier une aura d’épée aux couleurs d’aurore, puis de la façon dont je m’en étais servi pour les tuer.
Je ne pris naturellement pas la peine de lui répéter les insultes que les criminels avaient lancées à Sia et à moi.
« … Voilà ce qui s’est passé. »
Après lui avoir raconté toute cette histoire, longue et pesante, j’observai prudemment sa réaction.
Comme prévu, elle n’avait pas l’air bien.
Elle avait clairement beaucoup de choses à dire et encore plus de questions à poser, mais elle faisait de son mieux pour garder ses émotions sous contrôle.
Surtout dans son regard.
Les yeux de Sia exprimaient des émotions trop complexes pour être décrites.
Au début, elle parvint à les réprimer assez bien. Puis, comme si celles qu’elle retenait venaient d’éclater, son expression se mit à changer à chaque seconde.
Peut-être ne voulait-elle pas me montrer ça, car Sia coupa sa caméra.
« Sia… ? »
[… Je suis vraiment soulagée, oppa.]
Sa voix était calme, mais elle semblait retenir ses émotions de toutes ses forces.
[Je suis contente que tu sois rentré sain et sauf.]
« Merci. Et, d’une certaine façon, c’est aussi grâce à toi, Sia. Sans l’épée que tu m’as donnée, ce miracle ne serait jamais arrivé. »
[Non. C’est toi qui as accompli ce miracle, oppa. Merci infiniment d’être revenu vivant.]
Elle parlait d’un ton enjoué, comme si tout allait bien, mais il était évident qu’elle réprimait toujours ses émotions.
Pour son bien, je fis semblant de ne rien remarquer.
« Bref, Sia, je suis rentré sans être blessé, alors ne t’inquiète pas. D’accord ? »
[… D’accord.]
Elle faisait de son mieux pour paraître joyeuse, mais le léger tremblement de sa voix me serra le cœur.
Il me semblait que prolonger l’appel ne ferait de bien ni à l’un ni à l’autre.
« Ah, je suis crevé. Désolé, mais on va s’arrêter là pour ce soir et discuter longuement demain. Ça te va ? »
[Oui. Bien sûr. Bonne nuit, oppa.]
Je mis fin à l’appel et restai à fixer le vide.
Entendre Sia faire tant d’efforts pour paraître joyeuse me faisait me sentir atrocement mal.
On aurait dit qu’aucun de nous deux ne dormirait bien cette nuit.
Si je l’avais pu, je serais allé lui chanter une berceuse à ses côtés, puis je me serais endormi contre elle, bercé par la chaleur de nos corps.
Cette nuit me semblait particulièrement solitaire.
* * *
Juste après avoir mis fin à l’appel,
Sia ne parvint plus à contenir les émotions qui bouillonnaient au fond d’elle.
Après avoir traversé d’innombrables épreuves pour enfin retrouver l’être aimé, elle avait failli le perdre en un instant, à cause d’un événement aussi absurde.
Et malgré cette terrible épreuve, Minjun s’était davantage inquiété pour elle. Sa gentillesse fit lentement remonter au fond du cœur de Sia la tristesse et la culpabilité.
Mais ces émotions se muèrent bientôt en une colère intense contre les ordures qui avaient osé essayer de tuer Minjun.
Cette colère se transforma à son tour en une tristesse accablante qui lui serrait la poitrine.
La tristesse de n’avoir rien pu faire pour aider Minjun alors qu’il risquait sa vie pour surmonter cette épreuve.
Heureusement qu’oppa a réussi à faire jaillir ce pouvoir.
Et s’il n’y était pas arrivé ?
Quelque chose qu’elle ne voulait même pas imaginer se serait produit.
Quand ses pensées atteignirent ce point, elle broya sans y penser la bouteille qu’elle tenait à la main.
Elle était en plastique, mais la poigne démesurée de Sia ne se contenta pas de la froisser. Elle la réduisit en minuscules morceaux, comme si elle avait été en verre.
Que puis-je faire pour oppa ?
Sia pouvait tout faire pour Minjun.
Absolument tout.
Mais en ce moment…
la seule chose qu’elle pouvait faire pour Minjun, c’était écouter son récit et le réconforter.
Ces salauds qui méritaient d’être déchiquetés mille fois étaient déjà morts.
Malgré sa puissance de dragonne, elle ne pouvait rien faire pour lui. Cette impuissance suffisait à attiser sa colère.
Boum !
Folle de rage contre les criminels et contre elle-même, elle frappa le sol de toutes ses forces.
Le marbre était solide, mais son unique coup y fit courir une fissure.
Il faut que je fasse quelque chose.
Pas seulement pour Minjun, mais aussi pour elle-même.
Si elle ne faisait rien et restait là sans bouger, elle avait l’impression qu’elle allait devenir folle.
Alors qu’elle cherchait ce qu’elle pouvait bien faire,
une idée lui traversa l’esprit.
Ils sont morts, mais ça ne veut pas dire que je ne peux pas me venger.
Si elle avait été une personne ordinaire, les choses auraient été différentes. Mais en tant que dragonne, elle en était plus que capable.
Après avoir connu la réincarnation, Sia s’était naturellement intéressée aux études des nécromanciens dès son éclosion.
Cet intérêt avait fini par éveiller en elle le désir d’apprendre, et elle avait étudié leurs enseignements en autodidacte. Grâce à cela, elle maîtrisait plutôt bien la nécromancie, qui permettait d’invoquer les âmes des morts.
C’est ça.
Si les cibles de sa vengeance étaient déjà mortes, elle pouvait invoquer leurs âmes grâce à la nécromancie et se venger.
Ils étaient probablement déjà tous en enfer.
« Je vais vous montrer qu’il existe un endroit encore pire que l’enfer. »
Son regard s’emplit de haine meurtrière.
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