Chapitre 17
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Traducteur/éditeur : Chen
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◈ Ma petite amie est revenue sous la forme d’un dragon ◈
Chapitre 17 : Mon oppa… Qu’est-ce que je fais ?
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Rokan n’en finissait pas de me couvrir d’éloges auprès de Sia.
Il disait que j’avais du talent, que j’étais un génie.
Il en disait bien plus encore que devant moi, au point d’en avoir la bouche sèche.
Sia sourit tout du long en l’écoutant me complimenter.
« Malgré tout, je veux que vous gardiez tous les deux à l’esprit qu’il ne faut pas prendre ça à la légère. Minjun a beau être très doué, rien ne sera facile. »
« Bien sûr. »
Je n’avais même pas encore commencé, il était donc trop tôt pour me réjouir.
Je n’avais pas non plus l’intention de baisser ma garde.
« Quoi qu’il en soit, je vais bien aider Minjun. Ne t’inquiète pas trop, Shasha. »
[Bien sûr ! Je n’aurai confiance qu’en toi, grand-père. Oh, grand-père, tu peux donner à oppa ce que je t’ai laissé hier ?]
« Je vais le faire. »
C’était un cadeau ?
Je ne le laissai pas paraître, mais j’étais curieux.
« Bon, je vous recontacterai bientôt. »
[D’accord ! Oppa, on se reverra bientôt. À la prochaine ! Appelle-moi quand tu seras rentré !]
« D’accord. Promis. »
Dès que l’appel prit fin, je lui demandai ce qu’était l’objet.
« Rokan, qu’est-ce que Sia t’a laissé ? »
« Je vais te le donner tout de suite. »
Rokan sortit de sa dimension de poche l’objet que Sia lui avait confié.
À ma grande surprise, c’était une caméra à porter sur soi.
« Porte-la chaque fois que tu vas dans une Porte. Shasha et moi regarderons les images et les analyserons. Nous verrons ce que tu as bien fait et ce qu’il te reste à améliorer. »
Une caméra ordinaire aurait limité les possibilités de débriefing, mais Sia l’avait modifiée : contrairement à un appareil classique, elle pouvait même enregistrer les infimes mouvements du mana.
Quand avait-elle trouvé le temps de fabriquer un truc pareil ?
C’était ma petite amie, mais Sia était vraiment un génie.
« Merci de prendre aussi bien soin de moi. »
« Ça suffit. Contente-toi de te concentrer sur ton entraînement. »
« Je ne vous décevrai pas. »
Tout le monde m’aidait autant. Impossible de ne pas travailler dur.
Sur cette pensée…
« Rokan, si ce n’est pas trop demander, est-ce que je peux m’entraîner ici un peu avant de partir ? »
Si je rentrais tout de suite, je n’aurais rien à faire. Et je ne connaissais aucun endroit convenable dans le coin pour m’entraîner.
À part Sia, Rokan était le seul à pouvoir me conseiller sur le Langage des dragons.
S’il était d’accord, je voulais continuer à m’entraîner ici.
« Pas seulement aujourd’hui. Tu peux revenir quand tu veux. »
* * *
Dès que Rokan m’eut autorisé à utiliser son antre, je m’y entraînai toute la journée, les dents serrées, jusqu’à tard dans la nuit.
Qu’est-ce que ça voulait dire, insuffler sa volonté à quelque chose ? Que ressentait-on en utilisant le Langage des dragons ?
C’était comme ramer dans le vide.
Comme prévu, je ne parvins pas à maîtriser le Langage des dragons avant la fin de l’entraînement.
Bon, je ne m’attendais pas non plus à y arriver du jour au lendemain.
Mais un jour, je saurais utiliser le Langage des dragons à ma guise.
Le lendemain.
Après avoir vite avalé mon petit-déjeuner, j’ouvris l’application de recrutement des chasseurs et cherchai des Portes à nettoyer.
L’entraînement, c’était bien, mais rien ne valait le combat réel.
Après avoir cherché une Porte qui me convenait, je décidai de rejoindre un groupe de raid pour une Porte de rang D située à environ une heure en transports en commun.
Ça fait bizarre.
Avant cet incident, Sia m’accompagnait dans plus de neuf cas sur dix lorsque je nettoyais des Portes.
C’était sans doute pour ça que ça me semblait si étrange de chercher une Porte que je pouvais nettoyer seul et de rejoindre un groupe de raid sans elle.
À peine le groupe de raid formé, j’appelai Sia.
En appel vidéo, bien sûr.
Sia décrocha avant même la fin de la première sonnerie.
« Bonjour. »
[Bonjour, oppa ! Tu as bien dormi ?]
Nous commençâmes par échanger des banalités et nous demander comment s’était passée notre nuit.
Après avoir pris brièvement de nos nouvelles, nous parlâmes de la veille.
[Oppa, comment s’est passé ton entraînement, hier ? C’était vraiment difficile, hein ?]
« C’était dur, mais… pas au point de me tuer. »
[Tant mieux. Tu as réussi à prendre le coup, un peu ?]
« Pas encore. Je n’arrive tout simplement pas à comprendre ce qu’est la volonté d’un dragon. Ton grand-père a beau m’avoir aidé, je n’ai pas compris un traître mot à ses explications. »
Je racontai à Sia comment s’était passé mon entraînement de la veille.
Je lui avais précisément demandé comment exprimer ma volonté, mais Rokan s’était mis à m’expliquer des concepts difficiles à saisir et à me faire des démonstrations.
Autant dire que je n’y compris rien.
[C’est normal, pour l’instant. Alors, la prochaine fois, je regarderai peut-être ton entraînement aussi.]
« On ne peut se voir qu’une fois par semaine. Même si tu veux regarder, tu ne pourras pas, non ? »
[Il y a les appels vidéo. Je regarderai comme ça. Oh, j’ai acheté un écran pour pouvoir t’appeler en vidéo, oppa.]
… Un écran ?
Tel grand-père, telle petite-fille.
Sia voulut me montrer son nouvel écran et tourna la caméra.
Je découvris alors un écran immense, fixé à un mur. Il était au moins deux fois plus grand que celui que j’avais vu la veille dans l’antre de Rokan.
[Je m’en servirai pour regarder ton entraînement, oppa. Comme on ne peut pas se voir, je veux au moins pouvoir te regarder comme ça.]
« Ah… »
Si nous avions pu nous voir souvent, comme un couple ordinaire, Sia n’en serait pas arrivée là.
Sans raison, j’avais le cœur serré.
Mais surtout…
« Tu as déjà trouvé où habiter ? »
Pour l’instant, je vivais dans l’appartement où Sia avait habité.
Comme nous ne pouvions pas vivre ensemble, je ne pouvais m’empêcher de m’inquiéter pour elle.
Je me demandais ce qu’elle ferait, parce que rester quelque temps dans l’antre de son grand-père devait aussi la mettre mal à l’aise.
J’étais soulagé qu’elle ait trouvé son propre logement.
[Oui ! On est allés chercher ensemble avec grand-père, et cet endroit m’a paru le mieux.]
« Quand tu dis que tu es allée chercher avec grand-père, tu t’es construit une antre ? »
[Oui. Je l’ai construite moi-même.]
Alors, c’était comme ça que les dragons se trouvaient un chez-soi.
Après tout, quand on avait une antre, nul besoin de chercher une maison.
[Viens bientôt visiter mon antre, oppa !]
« Bien sûr. On pourrait faire notre prochain rendez-vous chez toi ? »
Je devrais aller fêter son emménagement et passer un rendez-vous à l’intérieur, aussi.
J’étais curieux de voir comment Sia avait aménagé son antre.
[Oh, bonne idée.]
« Alors, elle est où, ton antre ? Si ce n’est pas trop loin, je viendrai te voir. »
[Euh… c’est vraiment loin, ça va être compliqué pour toi de venir. Je viendrai te chercher.]
« Elle est où ? »
Comme je vivais seul à Séoul, j’avais supposé qu’elle choisirait un endroit dans les environs. Visiblement, non.
Son grand-père étant dans le Gangwon, avait-elle construit son antre dans le coin ?
[Près du Hallasan.]
« … Ah. »
Au moins, je pourrais manger autant de mandarines que je voudrais quand j’irais là-bas.
Nous continuâmes à bavarder de tout et de rien. L’appel prit fin lorsque Sia m’annonça que sa batterie était presque à plat et qu’elle me rappellerait bientôt.
Comme j’avais l’impression que nous avions parlé un bon moment, je vérifiai la durée de l’appel.
<Durée de l’appel : 03:53:12>
Il nous arrivait souvent de parler plus d’une heure, mais je crois que c’était la première fois que ça durait aussi longtemps.
Et ça allait sans doute se reproduire.
Bon.
L’heure…
« … Il ne reste plus beaucoup de temps. »
Je devais retrouver les membres du groupe de raid à une heure de l’après-midi.
Il était déjà onze heures cinquante.
Il me faudrait environ une heure en transports en commun. Même en m’habillant et en partant tout de suite, j’allais être très juste.
« Rhaaa… »
Ce serait génial de pouvoir utiliser la Téléportation à volonté, comme Sia.
* * *
Après avoir parlé près de quatre heures au téléphone avec Minjun,
Sia se rendit à l’antre de son grand-père pour déjeuner avec lui.
« Grand-père ! »
« Bienvenue, Shasha. Tu as mangé ? »
La visite de sa petite-fille lui faisait toujours plaisir.
Rokan l’accueillit chaleureusement.
« Non. Je suis venue déjeuner avec toi, grand-père. »
« Ça tombe bien. J’allais justement passer à table. »
Peu après, Rokan apporta un repas copieux et ils commencèrent à manger en bavardant gaiement.
« Grand-père, comment s’est passé l’entraînement d’oppa, hier ? »
Elle en avait déjà parlé avec Minjun au cours de leur appel de près de trois heures, mais elle voulait aussi entendre le point de vue de son grand-père.
Après tout, ils n’avaient pas vécu la situation de la même manière.
« Une seule journée a passé, mais il est évident qu’il travaille dur. »
Elle avait déjà entendu quelque chose de semblable la veille, mais elle ne se lassait jamais d’entendre Minjun se faire complimenter.
« Ton petit ami va certainement progresser plus vite que tu ne le crois. Il pourrait même bientôt parvenir à utiliser le Langage des dragons. Mais c’est justement pour ça qu’il y a quelque chose qui m’inquiète. »
« Qui t’inquiète ? »
Les pupilles de Sia tremblèrent un instant.
« S’il parvient à utiliser le Langage des dragons, les autres dragons pourront eux aussi sentir l’aura de Minjun, même faiblement. »
Le monde ignorait presque tout de cette réalité, mais il y avait d’autres dragons sur Terre que Sia et Rokan, et ils savaient déjà qu’ils n’étaient pas seuls.
Grâce à l’aura particulière des dragons, ils pouvaient se sentir les uns les autres, où qu’ils se trouvent dans le monde.
Jusqu’ici, nous avons vécu en dissimulant tacitement nos identités les uns aux autres, mais…
Le problème, c’était qu’une fois que Minjun saurait utiliser le Langage des dragons, même imparfaitement, les autres dragons sur Terre pourraient sentir son aura.
« Ça… pourrait poser problème. »
Comme elle jugeait la situation moins grave que prévu, Sia poussa un soupir de soulagement.
Mais Rokan ne partageait pas son avis.
« Shasha, c’est bien plus grave que tu ne le crois. »
Rokan savait que tous les dragons présents sur Terre ne verraient pas Minjun d’un bon œil.
Certains seraient peut-être curieux, voire même séduits par l’idée de voir un humain utiliser le Langage des dragons pour la première fois.
Mais Rokan savait aussi que d’autres seraient mécontents qu’un simple humain se serve du pouvoir des grands dragons : le Langage des dragons.
« Je… je vois. »
Sia acquiesça d’un signe de tête, sans grande conviction.
Elle voulait nier la réalité, refusait de l’entendre, mais ne pouvait que l’accepter.
« Est-ce qu’il y a… quelque chose que je puisse faire pour oppa ? »
D’une voix inhabituellement faible, elle posa la question à Rokan.
« Malheureusement, rien pour le moment. Je te dis ça parce que je m’inquiète pour lui, mais ne le dis pas encore à Minjun. Il n’a rien à gagner à le savoir pour l’instant. »
« D’accord… »
Mais il y avait une chose que Rokan ne parvenait pas à révéler, même à Sia.
Certains dragons anciens, comme Rokan, avaient éveillé un troisième œil capable de lire les traces laissées sur l’âme, plutôt que sur le corps.
Une fois cet œil éveillé, ils pouvaient distinguer les âmes bonnes des mauvaises, et même percer leur véritable nature.
Il semblerait qu’aucun dragon d’ici ne l’ait encore éveillé.
À sa connaissance, presque aucun dragon ancien aussi âgé que lui ne s’était installé sur Terre.
Mais si l’un des siens éveillait cet œil, comme lui…
Et s’il parvenait à lire les traces accumulées dans l’âme de Minjun…
Ce dragon ne se contenterait pas d’être mécontent.
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