Chapitre 236
À Tarak (2)
〈Informations personnelles〉
-Nom : Howard
-Race : nain
-Caractéristiques communes : 「Herbe de l’esprit」 「Persona」 「Récupération supérieure」 「Indice de vision de Bright」 「Force surhumaine」 「Nerveux」 「Visite」 「Xénoglossie」
-Caractéristiques individuelles : 「Artisanat」 「Logique créative naine」 「Chant du feu et du métal」 「Âme de l’artisan」 「Métallurgie」 「Artisanat de précision」 「
Caractéristiques spéciales : Artisan nain accompli, il a dépassé le stade de l’apprentissage. Il est doté d’une forte résistance au feu comme aux propriétés métalliques. Grâce à l’« essor de croissance », toutes ses actions bénéficient d’un bonus de croissance supplémentaire.
Le secret des nains : l’« Âme de l’artisan », apprise auprès de Zaonic.
Pour résumer, cette capacité permettait de dépasser la fabrication ordinaire et de créer quelque chose de plus spécial… autrement dit, un objet magique.
Elle permettait d’insuffler du mana dans un objet au cours d’un processus de fabrication pur, sans l’aide d’un circuit ni d’un cercle magique, afin d’y graver le mystère.
Bien sûr, cela n’était possible qu’en donnant le meilleur de soi-même et en utilisant de bons matériaux ; impossible de fabriquer des objets magiques au hasard.
Du moins, il pouvait en faire usage dans de bien meilleures conditions que les autres.
Comme prévu, une branche de l’Arbre-Monde. Elle est d’une qualité remarquable.
C’était véritablement le combustible ultime.
Rien qu’au contact de la flamme, le métal dont elle était faite acquérait des propriétés spéciales, qui servaient ensuite de fondement à l’« Âme de l’artisan ».
Les artisans de haut niveau n’étaient donc pas fascinés par les branches de l’Arbre-Monde sans raison.
« Une combinaison intégrale pour le combat polyvalent ? Hé, mais c’est juste une armure complète, non ? »
Non !
Enfin, c’était complètement différent !
Mais si je me contente de dire ça, je ne réussirai pas à le convaincre.
Bien sûr, le mieux était encore de le lui prouver par les résultats.
Howard hocha la tête avec détermination. Il leva les pièces terminées du bras et examina leur mécanisme intérieur, réalisé avec un « artisanat de précision ».
Elles avaient été conçues à partir des connaissances de la Terre, qu’il continuait d’assimiler tout en gravant en lui les enseignements de Zaonic : des pièces assemblées et reliées entre elles comme si elles s’emboîtaient parfaitement.
Naturellement, chacune d’elles renfermait une « âme d’artisan » et recelait un potentiel particulier.
La qualité des matériaux reste médiocre et les techniques que je peux reproduire ne sont pas extraordinaires.
Comme il ne s’agissait que d’un prototype, il restait une grande marge de progression.
Il lui fallait adapter à ce monde cette conception, aboutissement de toutes sortes de connaissances et de techniques d’ingénierie venues du monde entier, puis la concrétiser.
Tandis qu’il affermissait sa résolution, Zaonic poursuivit :
« Eh bien, une fois terminée et renforcée par un enchantement, cette armure devrait être extraordinaire. La méthode n’a rien de très novateur, cela dit. J’ai entendu dire que tous les chevaliers de la Garde impériale étaient équipés d’armures de ce genre. »
Il le savait aussi.
L’armure de Heinrich, le Garde de gloire, actuellement en réparation au Grand Temple de Roselia, avait été fabriquée de la même manière.
En fait, toutes les meilleures armures du monde étaient produites ainsi.
« Attends un peu ! Je vais te montrer quelque chose qui va te laisser bouche bée ! »
« Oh ? Tu as l’air bien sûr de toi. »
« Évidemment ! »
Howard grogna, mais ne lâcha pas les pièces achevées et conserva son air assuré.
Pour l’instant, il n’avait fait qu’un bras.
Il lui restait encore beaucoup à faire : fabriquer le reste, procéder à des enchantements supplémentaires et raccorder les sources d’énergie…
Autant avancer étape par étape. Dès le départ, je ne pensais pas pouvoir terminer ça aussi vite.
De toute façon, le décalage temporel lui laissait largement le temps ; inutile de se presser et de tout gâcher.
Là où l’idéal et la réalité se croisaient,
son petit rêve prenait lentement forme dans un atelier de Tarak.
***
Au milieu d’une vaste chambre à coucher, richement décorée d’antiquités.
« Houa—ha—. »
Sur le grand lit au centre, un enfant qui ne semblait pas avoir plus de cinq ou six ans respirait profondément en agitant les bras et les jambes.
C’est vraiment incroyable.
Cela faisait déjà deux jours que le petit Horus était arrivé dans ce monde.
Pendant tout ce temps, il était resté dans le manoir de Hubert, à rouler sur le lit et à répéter « Métamorphose » pour s’habituer à ses deux corps…
Les dragons sont-ils comme ça, ou bien l’élixir a-t-il vraiment un effet aussi puissant ? Peut-être les deux.
C’était probablement un peu des deux.
Cette expérience lui avait permis de comprendre concrètement ce que signifiait devenir plus fort rien qu’en respirant.
Sous l’influence de « Maître de toutes choses », le mana inspiré avec l’air circulait dans son corps et était absorbé par le cœur draconique niché dans sa poitrine.
À mesure que l’énergie contenue dans son cœur augmentait, les modifications physiques conférées par « Dragon d’or » gagnaient elles aussi en puissance.
C’est pour ça que j’avais eu tant de mal à m’adapter.
Son corps de dragon surpassait de loin ceux des autres races qu’il avait connues jusqu’alors, mais ses sens avaient mis plus de temps que prévu à s’accorder à ce qu’il devait apprivoiser.
« Hop là ! »
Mais cela, c’était de l’histoire ancienne.
Horus se redressa d’un léger rebond, se leva et vérifia de nouveau l’état de son corps.
Son apparence était toujours aussi jeune qu’au début, mais un corps qu’il maîtrisait parfaitement lui permettait d’agir avec une efficacité tout autre.
Je ne suis pas encore habitué à être un dragon, mais ce n’est pas grave : je serai généralement sous forme humaine.
Si un dragonneau — un dragonneau, parmi les dragons que l’on disait éteints — apparaissait soudainement, cela ferait grand bruit sur le continent.
Bien sûr, ce serait une bonne façon de gagner du karma, mais s’exposer avant d’avoir acquis une certaine puissance risquait de lui attirer des ennuis.
Je ne me montrerai qu’une fois assez fort. De préférence, après avoir trouvé un moyen de faire grandir mon apparence.
Il n’était entré dans Outerica que depuis deux jours.
Il avait encore bien des choses à réfléchir.
Quand il avait imaginé son avatar dragon, il s’était représenté une scène majestueuse : le héros Heinrich sur le dos du grand dragon, affrontant le Roi immortel… Mais si les choses continuaient ainsi, il n’aurait jamais l’occasion de
mettre en scène ce tableau grandiose.
Pour devenir rapidement plus fort, le mieux serait de commencer par apprendre la magie. Elle s’accorderait bien avec « Magie draconique ». Si je devenais plus puissant de cette façon, je pourrais sûrement…
C’est alors que
Horus se perdit un instant dans ses pensées…
« C’est bel et bien un dragonneau. »
Une voix inconnue retentit soudain dans la pièce où il se croyait seul.
« Hein ?! »
Horus sursauta de surprise.
Il recula précipitamment de quelques pas dans la direction opposée à la voix, se baissa et se mit en garde.
Depuis quand ?
Il se trouvait dans la résidence de Hubert.
Inutile de le préciser, la sécurité y était plus stricte que celle qu’il assurait lui-même en portant toutes sortes d’objets magiques.
Les barrières et les objets magiques s’y activaient en plusieurs couches, si bien que même les individus les plus puissants ne pouvaient s’y infiltrer facilement.
Pourtant, cet homme avait franchi toutes les défenses sans que le moindre rat ni le moindre oiseau le remarque, et avait immédiatement reconnu Horus, pourtant transformé en enfant humain.
Tendu, Horus fixa l’intrus devant lui : un homme d’une trentaine d’années aux cheveux blond foncé et aux yeux jaunes.
Le regard vif et rond de Horus croisa celui, terne et fatigué, de l’homme.
Mais ce ne fut qu’un instant.
Quoi ?
La sensation étrange qu’il avait éprouvée dès leur première rencontre poussa Horus à examiner l’autre de plus près.
Il reconnut bientôt instinctivement l’identité de l’intrus.
Un dragon !
Un dragon, qui avait disparu de l’histoire du continent depuis bien longtemps et que l’on disait désormais éteint.
Un dragon d’or, l’un des siens, se tenait devant lui.
« Je pensais être piégé à cause de la barrière, mais ce n’était pas le cas. Tant mieux que tu sois entré discrètement. »
Le dragon inconnu promena brièvement le regard autour de lui et hocha lentement la tête.
Puis il reporta son attention sur Horus, esquissa un sourire et prit la parole d’une voix maladroite, où la gentillesse semblait forcée :
« Je suis Shurihatgen, Dragon ancien du Clan d’or. Comment t’appelles-tu, jeune dragonneau ? »
Les Dragons anciens se situaient juste au-dessous des Anciens, qui surpassaient les dragons ordinaires.
C’étaient des témoins vivants de l’Histoire, qui avaient vécu des milliers d’années et possédaient une puissance digne d’une calamité.
« … Horus. »
« Horus ? »
Horus tenta de réprimer son instinct puéril, qui le poussait à s’étirer comme un enfant. Il pinça les lèvres et finit par donner son nom.
Il savait que l’autre n’était probablement pas venu avec de mauvaises intentions, mais il ne pouvait pas se détendre en sa présence.
Et parce qu’il était si tendu,
« … C’est un nom étrange. »
il parvint de justesse à ravaler les mots qui lui étaient venus spontanément lorsque Shurihatgen, la tête penchée, lâcha cette remarque.
Le tien est encore plus bizarre !
Il ne pouvait pas s’en empêcher, son cœur battait à tout rompre.
***
Comme prévu, Shurihatgen était venu avec les meilleures intentions du monde.
Plus précisément, il voulait protéger le dernier dragonneau d’un clan que l’on croyait déjà éteint.
« … J’ai pu m’acquitter de mon devoir de façon inattendue. Ce doit être encore une faveur de Dracalion. Je croyais que le Clan d’or avait vécu son dernier jour après la défaite de Hureione. »
D’une voix empreinte de mélancolie, il lui raconta alors les secrets de son clan.
Le dernier petit qui leur restait avait péri après une longue guerre.
Hureione ?
Horus pencha la tête en entendant ce nom, qu’il avait déjà entendu quelque part…
Soudain, un souvenir lui revint et il comprit où il l’avait vu.
『Cœur draconique de Hureione, dragonne d’or nouveau-née (910000)』
Ah, celui-là…
Le cœur draconique qui lui avait servi de réceptacle.
C’était le nom de son ancienne propriétaire, auquel il n’avait pas accordé beaucoup d’importance.
Un peu gêné, il détourna lentement le regard.
« … Ce n’était pas mon enfant, mais tout le clan l’adorait. Il était aussi adorable que malicieux ; même quand je le grondais, je ne pouvais pas lui en vouloir… Oh là là. »
Plongé dans ses souvenirs, Shurihatgen s’interrompit en voyant la réaction de Horus, puis prit un air contrit, comme s’il avait mal interprété son attitude.
« Pardonne-moi. Quand je te regarde, je pense à cet enfant, et je n’arrive pas à m’arrêter. Je manque de respect à vous deux en me laissant aller à de tels regrets. »
Le vieux dragon inclina légèrement la tête en signe d’excuse.
Avant que Horus puisse répondre à cette marque de sincérité, il reprit la parole et poursuivit son récit.
« En vérité, peu importe d’où tu viens ou ce que tu es. À présent, ça n’a plus vraiment d’importance. »
… Il semblait lui aussi s’interroger sur l’existence de Horus.
Après tout, ils venaient de parler de la mort du dernier dragonneau.
Il était donc naturel qu’il s’étonne de voir un autre petit apparaître soudainement de nulle part.
Un instant de silence passa entre les deux dragons, qui se regardèrent dans les yeux.
Horus ne savait que dire et gardait le silence. Shurihatgen fut donc le premier à reprendre la parole.
« Mais tu dois être le dernier dragonneau du Clan d’or encore en vie… »
Il soutint le regard de Horus, qui le fixait en silence…
« D’autant plus que Dracalion lui-même l’a reconnu. »
Puis il prononça lentement ces mots, comme s’il déclarait quelque chose :
« … Toi, Horus, je te reconnais comme le dernier descendant du Clan d’or. »
Le dernier héritier.
UuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuHhHHHHH H Heh—
Dès que ces mots furent prononcés, leur sens pénétra dans le cœur de Horus.
Au même instant, son cœur draconique se mit à trembler, comme s’il résonnait avec le monde…
Il chancela, comme ivre, sans même s’en rendre compte, puis comprit qu’il était désormais relié à quelque chose dans ce monde.
… Est-ce vraiment la langue des dragons ?
Sa maîtrise de la « Magie draconique » étant encore trop faible, il ne pouvait pas savoir exactement ce qui s’était passé, mais il sentait qu’un événement majeur venait d’avoir lieu.
« Est-ce donc là le destin ? Alors que ma vie touche à sa fin, tu m’envoies un héritier. Grâce à toi, je peux poursuivre ma tâche… mais les dieux ont vraiment un drôle d’humour. »
Shurihatgen observa Horus, encore hébété par les effets de cet étrange rituel, et sourit doucement.
« Je suis le dernier survivant du Clan d’or et le gardien de son héritage. Si tu n’étais pas apparu, tout aurait été transmis à d’autres clans encore en vie à ma mort. »
Ce n’est qu’alors que Horus comprit que son visage las ne trahissait pas la fatigue, mais la mort qui approchait.
À l’entendre, le Clan des dragons d’or ne tarderait pas à disparaître véritablement de ce monde.
Horus était apparu au bon moment, alors qu’il se retrouvait seul.
… Alors, ça veut dire que… Non, ce n’est pas possible.
Ses paroles commencèrent enfin à prendre forme et il en tira bientôt une conclusion. Pourtant, déconcerté par la tournure soudaine des événements, Horus cligna des yeux.
Shurihatgen lui adressa un vague sourire, puis acheva sa phrase :
« … Tout cela t’appartient désormais. »
… Horus se retrouvait donc investi de ce « devoir ».
Il venait soudainement de devenir l’unique héritier d’une famille incroyablement prestigieuse, qui existait depuis des dizaines de milliers d’années.