Chapitre 42
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Traducteur/éditeur : Asakusa
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◈ La Star des streams de monstres ◈
Chapitre 42 : La prochaine sainte (4)
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« Un vrai slime qui comprend le langage humain… »
Paulen fixait le slime en silence, encore incrédule.
Si le slime ne comprenait pas le langage humain, il n’aurait jamais écouté Fresia lui demander de masser les épaules d’Amelia.
Même après l’avoir vu de ses propres yeux, Paulen n’était qu’à moitié convaincu. Il donna donc quelques instructions au slime.
Viens par ici. Masse cet endroit. Si tu me comprends, saute trois fois.
Le slime exécuta chacune de ses demandes, sans en oublier une seule. Amelia et Fresia durent alors admettre qu’il était assez intelligent pour comprendre la parole.
Les spectateurs, qui avaient suivi toute la scène, éclatèrent de rire.
▶ MDR, ils recommencent.
▶ Les humains, MDR. Ils croient toujours qu’ils sont les seuls à être intelligents, MDR.
▶ Ces idiots ne savent même pas se servir du Système, MDR.
Comme ils avaient toujours vu les gens réagir par un « Un monstre est intelligent !? » en regardant le stream du slime, les spectateurs éprouvaient une certaine satisfaction narquoise.
[Reine Jiggly]▶Ça ne me plaît pas ! Même pour vérifier, comment osent-ils donner des ordres à l’un des nôtres ?!
▶ Tu ne fais pas faire des tours à un slime en stream, toi aussi ?
[Reine Jiggly]▶Je suis une reine, j’en ai le droit !
[Madame Tisseuse]▶Je suis tellement heureuse de voir Malangi gigoter aussi mignonnement~.
[Juste Fonce-Dedans]▶Alors, tu te bats quand ? Dépêche-toi de montrer un peu plus ce que je t’ai appris !
Tandis que le chat se remplissait de commentaires en tous genres, Fresia entrevit une lueur d’espoir en le slime.
Avec ce slime, peut-être que… ce que j’espère pourrait vraiment se réaliser.
Ce slime était peut-être le seul à être aussi spécial.
Mais entre n’en avoir aucun et en avoir ne serait-ce qu’un, la différence était immense.
« Amelia. »
« Oui, sainte Fresia ? »
« Cet enfant a un immense potentiel. Alors, ne le quitte pas et essaie de bien t’entendre avec lui. Je suis sûre que tu en es capable. »
Gloups.
Amelia déglutit nerveusement.
Ce n’était pas simplement un monstre intelligent. C’était un monstre capable de communiquer.
Amelia savait bien à quel point c’était extraordinaire.
Elle avait ramené ce slime chez elle sur un coup de tête, sans imaginer qu’il cachait un si grand secret.
Mais elle ne pouvait pas se laisser submerger par la pression et dire : « C’est trop pour moi ! »
« Oui. »
Notre sainte va-t-elle s’en sortir ?
En voyant Amelia se raidir à ses côtés, Paulen s’inquiéta.
+++
« Tongtong… »
« Bon sang. »
Le groupe de Godric était rentré au village et buvait, accablé par la frustration et l’impuissance.
Dès qu’ils avaient vu le slime et le Troll inférieur tomber de la falaise, Def, Godric et Seugol s’étaient précipités pour regarder en contrebas.
Mais le fort courant les avait emportés au loin, et ils n’arrivaient même pas à distinguer correctement leurs silhouettes.
Il n’y avait aucun moyen de descendre sous la falaise et, même s’ils y étaient parvenus, il aurait été impossible de retrouver le slime.
À la fin, le groupe de Godric n’avait pu que rapporter une preuve de la mort du Troll inférieur avant de rentrer au village.
Les villageois se réjouirent.
Le Troll inférieur avait enfin disparu.
Et il y en avait eu deux, pas un seul !
Le chef du village remercia le groupe de Godric et voulut organiser un petit banquet en son honneur, mais les aventuriers refusèrent.
Au début, le chef du village ne comprit pas pourquoi ils étaient si abattus.
Puis il se rendit compte que le slime qui les accompagnait avait disparu.
Il ne comprenait pas pourquoi ils étaient si bouleversés par la perte d’un simple slime, mais, comme il était perspicace, il ne les pressa pas et accepta leur décision.
« Je suis désolé. J’ai baissé ma garde… »
Hawein baissa la tête, sans sourire, en se reprochant ce qui était arrivé.
Mais Godric secoua la tête.
« Non, ce n’est pas ta faute. On ne pouvait rien faire dans cette situation. Si on doit blâmer quelqu’un… c’est nous-mêmes, parce qu’on était trop faibles. »
Cet incident fit comprendre à Godric à quel point ils s’étaient reposés sur le slime.
Bien sûr, le groupe de Godric était devenu plus fort grâce aux différentes missions qu’il avait accomplies.
Mais il n’avait progressé qu’avec le slime à ses côtés.
Lors des missions de subjugation, le groupe de Godric s’était contenté d’épauler le slime. C’était toujours lui qui infligeait l’essentiel des dégâts.
Et voilà où ils en étaient.
Quand le Troll inférieur avait surgi, ils étaient restés figés, sans même avoir le temps de se préparer.
Ils n’avaient survécu que grâce à l’aide du slime.
« Snif… Tongtong… »
Def pleurait la disparition du slime, les larmes ruisselant sur son visage.
Def avait passé le plus de temps avec lui ; son absence lui paraissait donc immense.
« Grr ! Arrête de pleurer, idiot ! »
Claque !
Seugol frappa l’avant-bras de Def et lui lança sèchement :
« Il n’est pas mort ! On n’a même pas confirmé que Tongtong était mort ! »
« Mais… »
« Comment ça, “mais” ? Hawein aussi ! Et toi, chef ! Pourquoi vous pensez déjà qu’il est mort ?! »
Seugol serra les dents. Les larmes menaçaient de déborder, mais il les ravala par pure obstination.
« Tongtong n’a jamais été un slime ordinaire, hein ? C’est un slime complètement absurde et bizarre ! Ses attaques sont monstrueusement puissantes ! Il saute incroyablement haut ! Et il brille même la nuit ! Il ne peut pas mourir aussi facilement !
« Et les slimes ne se noient pas ! Il est forcément… forcément déjà sorti de l’eau, à rebondir comme un idiot, boing, boing ! »
Seugol fulminait, pff, pff.
Ses paroles mêlaient colère contre lui-même et espoir désespéré.
« … C’est vrai. On ne peut pas rester là à pleurer. »
Godric prit sa décision et se leva.
« Les gars, demain, on retourne directement à la guilde. »
« C, chef ? »
« Seugol a raison. Tongtong ne mourrait pas aussi facilement. Il est forcément encore en vie quelque part. Alors, dès qu’on sera de retour à la guilde, on placardera des affiches pour le retrouver. »
« Des affiches ? »
« Ça marchera, tu crois ? »
« Vous pensez qu’il existe un autre slime aussi rare que Tongtong ? Et Tongtong aime les gens, alors il se liera vite d’amitié avec la première personne qu’il rencontrera. »
Hawein acquiesça aux paroles de Godric, et Def se joignit à lui.
« Avec son caractère, Tongtong se ferait vite des amis. »
« T-Tongtong est vraiment gentil ! »
« Et puis, vous croyez qu’il se laisserait attaquer sans réagir ? S’il est en danger, il s’enfuira tout de suite. »
Seugol fit un bond sur place pour approuver.
« Exactement ! Il est tellement agile ! »
Au fil de la conversation, le groupe de Godric se mit à croire que le slime était toujours en vie.
Même en y réfléchissant posément, le slime n’était clairement pas du genre à mourir facilement.
« Alors, reposez-vous bien aujourd’hui. Dès demain, on part à la recherche de Tongtong. Et bien sûr… quand on le retrouvera, on s’entraînera pour devenir assez forts afin qu’il n’ait plus jamais à faire une chose pareille ! Compris ? »
« Oui, chef ! »
Les cris tonitruants du groupe de Godric résonnèrent dans la taverne du village.
+++
« Mamie, je vais sortir de la forêt quelque temps. »
« Mais qu’est-ce que vous racontez, dame Nellin ?! »
L’Ancienne des Elfes fut aussi stupéfaite par cette déclaration soudaine de Nellin que si la foudre lui était tombée dessus.
« Vous allez quitter la forêt ? Vous ne venez pas justement de vous rendre sur le territoire du comte Ludendion ? »
« Si. C’est précisément pour ça. »
Une semaine s’était écoulée depuis le retour de Nellin du territoire du comte Ludendion.
Pendant tout ce temps, Nellin était restée chez elle à réfléchir.
Elle avait entendu le comte Ludendion lui parler du slime, puis sa fille, Jessie Ludendion, lui raconter la vie qu’elle avait menée avec le slime qu’elle avait appelé Alexandre II.
Rien de tout cela ne ressemblait à l’histoire d’un slime ordinaire.
Un slime qui aimait qu’on lui lise des livres, qui faisait de bons massages, était gentil avec les gens et comprenait même l’écriture.
Plus elle en entendait parler, plus cela ressemblait au récit d’un trésor inconnu.
Cette fois, Nellin avait elle-même raconté à Jessie des histoires d’il y a cinquante ans.
Bien sûr, à la demande du comte Ludendion, elle avait soigneusement passé sous silence les épisodes qui la faisaient paraître trop téméraire.
Jessie l’avait écoutée, les yeux brillants, raconter avec force détails des histoires qui ne figuraient pas dans les biographies.
Ce regard ne déplaisait pas à Nellin.
Au contraire, elle l’aimait bien.
Quand elle essayait de raconter ses aventures aux elfes du village, ils répondaient généralement qu’ils les avaient déjà entendues, puis s’éparpillaient pour vaquer à leurs occupations.
Alors qu’elle savourait une conversation comme elle n’en avait pas eu depuis longtemps, Jessie lui avait posé une question, les yeux brillants. Ces mots s’étaient profondément gravés dans le cœur de Nellin.
« Alors, quand dame Nellin partira-t-elle pour son prochain voyage ? »
« Mon prochain voyage ? »
« Oui ! Pas un voyage pour vaincre une Calamité, mais un voyage où vous parcourriez simplement le monde ! Une héroïne comme vous laisserait derrière elle toutes sortes de légendes rien qu’en voyageant ! »
« Laisser des légendes derrière moi rien qu’en voyageant ? Hahaha ! Tu ne me flattes pas un peu trop ? »
« Pas du tout ! Vous avez un caractère et des compétences remarquables ! Il doit se passer d’innombrables choses dans le monde, même en ce moment ! Si vous passiez par hasard dans le coin et régliez tout ça sans effort, on écrirait sûrement des légendes sur vous ! »
« Vraiment ? Hahahaha ! Ma foi, tu sais dire de jolies choses. »
« Je ne fais que dire la vérité ! »
Nellin savait que Jessie disait tout cela parce qu’elle l’admirait.
Pourtant, même en le sachant, ces paroles lui revinrent sans cesse à l’esprit après son retour au village.
« Voyager sans but précis… »
À bien y réfléchir, Nellin n’avait pas quitté la forêt de son propre chef depuis cinquante ans.
Elle ne l’avait fait que lorsqu’on l’avait invitée quelque part ou qu’un compagnon était mort et qu’elle devait assister à ses funérailles.
« Maintenant que j’y pense, je m’ennuie depuis tout ce temps, et pourtant, je n’ai jamais envisagé de simplement partir. »
Elle avait tellement l’habitude de vivre au village que, même quand elle s’ennuyait à mourir, l’idée de partir seule en voyage ne lui avait jamais traversé l’esprit.
En réalité, rien ne l’empêchait de quitter la forêt.
Même si elle partait en voyage, le village ne courrait aucun danger immédiat.
Le Village des Elfes s’était parfaitement bien porté pendant qu’elle était partie vaincre le Dragon Noir, la Calamité, puis après son retour.
Il n’y a qu’un seul problème.
Les remontrances de l’Ancienne.
C’était pour cela que Nellin avait passé une semaine à chercher une excuse à lui donner avant de venir lui parler.
Nellin s’adressa à l’Ancienne, encore déconcertée.
« Qu’est-ce que je raconte ? Je compte parcourir le monde quelque temps. »
« Pourquoi dites-vous une chose pareille ? Vous êtes l’héroïne des elfes ! Une héroïne ne devrait-elle pas montrer l’exemple aux elfes du village ? »
« Allez, Mamie. Les enfants du village me respectent-ils, au moins ? Chaque fois que je leur raconte de vieilles histoires, ils disent que c’est barbant et ils se dispersent. »
« Hum ! Je leur passerai un savon plus tard. »
« Non, non. Ne fais pas ça. Ce n’est pas bien de les forcer, Mamie. Je ferais mieux de rapporter de nouvelles histoires. »
« De nouvelles histoires, dis-tu ? »
« Tu crois que le monde n’a pas changé en cinquante ans ? Il doit s’y passer toutes sortes de choses, non ? Je peux aller aider les gens en difficulté et me montrer un peu, pour que les enfants sachent que je suis toujours active. »
« Même sans faire tout cela, dame Nellin est déjà plus que… »
À présent !
« Et puis, Mamie… j’ai un mauvais pressentiment. »
« Un mauvais pressentiment ? »
« J’ai l’impression que quelque chose ne va pas, comme il y a cinquante ans. Alors je pense qu’il vaut mieux agir sans attendre. »
« Il y a cinquante ans ? Vous ne voulez tout de même pas dire… ! »
« Tu crois que je partirais sans raison ? Je suis restée tranquillement au village tout ce temps, non ? Bon, Mamie, je reviendrai. »
Bien sûr.
Le mauvais pressentiment dont parlait Nellin n’était qu’un mensonge.
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