Chapitre 32
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Traducteur/éditeur : Asakusa
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◈ La Star des streams de monstres ◈
Chapitre 32 : Le groupe de Godric (4)
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Le domaine du comte Ludendion.
« Ah… »
Jessie Ludendion, la fille du comte Ludendion, regardait distraitement par la fenêtre en soupirant.
« Alexandre II… »
Deux semaines s’étaient déjà écoulées depuis qu’elle avait relâché le slime.
Dans l’espoir de le revoir un jour, elle avait demandé aux domestiques d’apporter davantage de contes et de récits à la bibliothèque du domaine.
Après cela, ses journées avaient repris leur cours habituel.
Non, elles n’étaient guère différentes de celles d’avant l’arrivée du slime.
« Il va bien, n’est-ce pas ? »
Jessie soupira de nouveau.
Encore aujourd’hui, il lui suffisait de fermer les yeux pour se rappeler le slime qui tremblait sur sa tête et rebondissait joyeusement devant elle.
Ses souvenirs avec le slime étaient si heureux et précieux qu’elle ne pouvait s’empêcher de soupirer.
Pourtant, Jessie décida de ne pas se laisser happer par ces souvenirs.
« Je dois me reprendre. Il faut que j’aie des histoires plus intéressantes à raconter à Alexandre II quand je le reverrai ! »
Si elle continuait à broyer du noir, Alexandre II serait sûrement triste, lui aussi.
Sur cette pensée, Jessie inspira profondément et se ressaisit.
Après s’être perdue dans ses pensées et avoir repensé au slime, elle se reprenait, retrouvait son énergie et se consacrait aux études qu’exigeait son rang de noble.
Jessie Ludendion avait répété ce manège plusieurs fois au cours des deux semaines écoulées depuis le départ du slime.
Et les faits et gestes de Jessie parvinrent aux oreilles de Rufus Ludendion, le comte.
« Snif ! Quelle admirable jeune fille, mon ange… ! »
Le comte Ludendion trouvait sa conduite admirable : au lieu de se laisser dévorer par le chagrin de la séparation, elle allait de l’avant.
Elle avait beau se répéter ainsi, il espérait qu’avec le temps, elle finirait par se sentir mieux.
« Aujourd’hui, je devrais faire préparer les plats préférés de notre ange ! »
Il allait appeler Albert, le majordome en chef, pour lui ordonner de préparer une récompense pour sa fille si admirable, lorsqu’on frappa à la porte du bureau.
Toc, toc, toc.
« Qui est-ce ? »
« C’est Geren. »
C’était le commandant de l’ordre des chevaliers du comte Ludendion.
« Entrez. »
« Veuillez m’excuser. »
Le commandant entra dans le bureau et prit aussitôt la parole.
« Je viens vous faire part d’une affaire urgente, monseigneur. »
« De quoi s’agit-il ? Parlez. »
« … L’héroïne des elfes, Nellin, est entrée sur le territoire. »
« Q-quoi !? »
Bang !
Le comte Ludendion frappa son bureau et se leva, stupéfait.
« Nellin !? Pourquoi viendrait-elle ici ? »
« Je l’ignore. Un soldat en patrouille l’a aperçue et s’est empressé de nous prévenir. »
« C’est impossible… »
À peine une inquiétude s’était-elle dissipée qu’une autre, bien plus grande, venait déjà la remplacer.
Jessie surmontait plutôt bien l’affaire du slime, mais que se passerait-il si elle découvrait maintenant la véritable nature de l’héroïne qu’elle admirait ?
« Ah ! Jessie ! »
Le comte Ludendion ne pouvait s’empêcher de craindre que le cœur de son ange bien-aimé ne soit réduit en miettes.
Il ne pouvait qu’espérer que Nellin ne faisait que traverser le territoire et ne viendrait pas au domaine.
Après tout, il ne pouvait pas envoyer directement des chevaliers ou des soldats pour l’arrêter.
Le comte empêcherait l’héroïne Nellin de venir dans son domaine ?
Pourquoi ?
Avait-il quelque chose à cacher ?
Refuser l’entrée à une héroïne qui se présentait à sa porte ?
Si de telles rumeurs se répandaient, son honneur serait ruiné.
Mais ses espoirs furent vite anéantis.
Moins d’une heure plus tard, Nellin arriva au domaine du comte Ludendion.
Dès qu’il en fut informé, le comte ordonna à un soldat de conduire Nellin au salon de réception.
C’est ainsi que le comte Ludendion retrouva Nellin pour la première fois depuis près de vingt ans.
« Ha ha ha ! Ça faisait longtemps. Ouah, tu as tellement grandi ! Ce beau jeune homme est devenu un homme vraiment séduisant. »
« M-merci, dame Nellin. »
« Ngh ! Dame Nellin a dit que j’étais séduisant ! »
L’image de la « merveilleuse dame Nellin » qu’il s’était forgée s’était brisée lors de leur première rencontre, mais le respect du comte Ludendion pour Nellin, l’Archer de la lumière des étoiles, était toujours aussi sincère.
Les compliments d’une héroïne qu’il admirait le rendaient plus heureux qu’il ne saurait le dire.
Pourtant, il ne pouvait pas se contenter de savourer cette joie.
« Mais qu’est-ce qui vous amène sur mon territoire ? Est-il arrivé quelque chose dans la Forêt des Elfes Bleus ? »
« Hum ? Ah, ne t’inquiète pas, ce n’est pas ça. Je suis venue parce que je voulais discuter avec toi et… ta fille. »
« Mon ange !? »
« Ton ange ? »
« Ah, hum ! Vous souhaitez parler à ma fille, qui est aussi jolie et adorable qu’un ange ? »
« … Ah. Ce gamin vif d’esprit est devenu un vrai papa gâteau depuis qu’il a une fille. »
Nellin parut vaguement impressionnée, puis expliqua la raison de sa visite.
« Tu te souviens de la lettre que tu as envoyée à notre village ? Celle où tu disais avoir recueilli un étrange slime. »
« Oui. »
« En fait, j’ai moi aussi rencontré ce slime. »
« Vous avez rencontré le slime, dame Nellin ? »
« Oui. »
Nellin lui raconta brièvement sa rencontre avec le slime et les inquiétudes de l’Ancienne.
« Ma grand-mère m’a tellement rabâché les oreilles que je n’ai pas eu d’autre choix que de le relâcher à l’extérieur du village. Je ne m’attendais pas à ce que vous le recueilliez. J’ai été surprise en lisant ta lettre, tu sais ? Je n’aurais jamais imaginé qu’il serait assez intelligent pour comprendre l’écriture. »
« Je vois. Alors, dame Nellin… Êtes-vous venue pour éliminer ce slime ? »
Le comte Ludendion prit un air amer après avoir entendu Nellin évoquer les craintes de l’Ancienne.
« Hum ? Non. Pourquoi ferais-je ça ? Je t’ai dit que j’étais seulement venue me renseigner. Je voulais en savoir plus sur la façon dont ce slime avait vécu sur ton territoire. »
« Vous ne comptez pas l’éliminer ? Vous avez dit que l’Ancienne s’inquiétait… »
« C’est juste ma grand-mère qui s’inquiète pour rien. Tous les monstres intelligents ne sont pas hostiles aux humains. »
« Ah bon ? »
« Bien sûr. Et puis… J’ai vaincu le pire des monstres assez intelligents pour réfléchir, tu sais ? On sent ce genre de choses, à l’instinct. »
Le Dragon Noir connu sous le nom de Calamité.
Ce n’était pas un monstre ordinaire, et Nellin, qui se tenait devant lui, était l’héroïne même qui l’avait vaincu.
« Je suis venue uniquement par curiosité. Pour être honnête, je m’ennuyais aussi. »
« Vous vous ennuyiez ? »
« Essaie donc de vivre éternellement dans notre village. La paix, c’est bien, mais à force, c’est si ennuyeux que j’en mourrais. Franchement, j’ai été très patiente jusqu’ici. Oh, maintenant que j’y pense, je suis un peu vexée. »
« Pardon ? »
« Tu devrais parfois m’inviter au domaine. Comme ça, je pourrais sortir de la forêt et m’amuser sans avoir à m’inquiéter que Grand-mère me surveille. »
« Euh… »
Il ne s’était jamais attendu à entendre une chose pareille de la bouche de Nellin.
Bien sûr, il avait délibérément évité de la contacter pour préserver l’image que sa fille se faisait d’elle, mais il se sentit un peu coupable.
« Je vous prie de m’excuser, dame Nellin. »
« Non, inutile de t’excuser. Plus important, j’aimerais parler à ta fille. »
« Ça… ! »
Il n’y avait désormais plus moyen d’éviter que sa fille rencontre Nellin.
Il ne lui restait donc qu’à faire de son mieux pour préserver l’image que Jessie se faisait d’elle.
« Dame Nellin, j’ai une faveur à vous demander. »
« Une faveur ? »
« Ma fille vous respecte et vous admire énormément. »
« Vraiment ? »
« Oui. Mais son admiration vient des récits des biographies, qui vous décrivent comme une héroïne courageuse et belle. Alors, je vous en prie… pourriez-vous éviter de parler des choses que vous m’avez racontées lors de notre première rencontre ? »
« J’ai dit quelque chose de bizarre quand on s’est rencontrés ? »
« Je veux parler d’histoires comme celle où vous avez tiré une flèche dans les fesses d’un autre héros parce qu’il vous avait pris votre viande séchée. »
« Ah… Je vois ce que tu veux dire. »
Nellin comprit ce que Rufus souhaitait.
Depuis plus de dix ans, l’Ancienne lui faisait la leçon à ce sujet.
Chaque fois que Nellin, qui s’ennuyait, passait chez l’Ancienne pour boire et raconter de vieilles histoires, celle-ci fronçait les sourcils en l’entendant se laisser aller sans la moindre retenue.
Elle lui disait de modérer ses histoires quand elle parlait aux autres.
« Ne t’inquiète pas. Je parlerai comme une vraie héroïne. »
« … »
Le comte Ludendion se souvenait encore de toutes les histoires salaces que Nellin avait racontées sans sourciller autrefois, mais il n’avait rien de plus à ajouter.
Tout ce qu’il pouvait faire, c’était dire :
« Je vous en prie. »
Et espérer que le pire n’arriverait pas.
+++
« E-enchantée, dame Nellin ! Je m’appelle Jessie Ludendion ! »
Le cœur de Jessie battait à tout rompre.
Après tout, elle rencontrait Nellin, l’Archer de la lumière des étoiles qu’elle admirait et souhaitait voir depuis si longtemps, l’une des héroïnes qui avaient vaincu la Calamité.
Quand sa femme de chambre, Nina, lui avait annoncé sans prévenir que Nellin était arrivée au domaine et souhaitait la rencontrer, Jessie s’était pincé la joue, incapable d’y croire.
« Bonjour. Alors, tu es Jessie. Tu es jolie. »
« Moi !? »
« Ton père m’a dit que tu étais jolie comme un ange. Je comprends pourquoi. »
« Dame Nellin ! Même si c’est vrai, vous n’êtes pas obligée de le dire tout haut… ! »
« Père, franchement ! »
Jessie était toujours heureuse de l’affection que son père lui témoignait, mais elle ne pouvait s’empêcher d’être gênée, cette fois.
« Dis, Jessie. Tu pourrais m’en parler, toi aussi ? Du slime que tu as recueilli. »
« Vous voulez dire Alexandre II ? »
« Alexan… quoi ? »
« Alexandre II ! Ce n’est pas un nom merveilleux ? »
« Euh… Si. Oui. C’est merveilleux. »
Elle ne pouvait pas dire à Jessie, dont les yeux brillaient, que ce nom ne convenait pas du tout à un slime.
« J’aimerais savoir comment tu as vécu avec cet Alexandre II. »
« Dame Nellin s’intéresse à Alexandre II ! »
« Un slime qui s’entend bien avec les gens, c’est intéressant, non ? En échange, je te raconterai quelques vieilles histoires. J’ai entendu dire que tu aimais l’histoire où mes compagnons et moi avons vaincu le Dragon Noir ? »
« V-vraiment !? Je vais entendre dame Nellin raconter elle-même comment elle a vaincu le Dragon Noir… ! »
Elle avait passé ses journées à s’inquiéter pour le slime et n’aurait jamais imaginé avoir une telle chance.
Et Nellin, qu’elle admirait, voulait entendre parler du slime qu’elle aimait tant !
Leurs sujets préférés se rejoignaient et le cœur de Jessie battait joyeusement.
+++
Boing !
Boum !
Graaah !
Le Plaquage bondissant du slime percuta le flanc de l’orque.
« Bien ! Joli coup, Tongtong ! Hé, Def ! Attaque, maintenant ! »
« O-oui ! Hyaah ! »
« Seugol ! Arrête de rêvasser et viens par ici ! »
« Oui, chef ! »
Deux semaines s’étaient déjà écoulées depuis que le groupe était devenu aventurier.
Après avoir commencé par l’extermination du gobelin écarlate, le groupe de Godric avait mené ses requêtes à bien sans encombre et pouvait désormais accepter des missions de rang D.
Et aujourd’hui, ils étaient en pleine extermination d’orques.
Leur méthode de combat était simple.
Quand plusieurs orques apparaissaient, le slime attaquait en premier et leur infligeait de lourds dégâts, puis un membre du groupe de Godric enchaînait avec une attaque.
Les trois autres s’organisaient pour tenir les autres orques à distance ou s’occuper d’eux.
Dès que l’orque qu’il affrontait tombait, le slime rebondissait rapidement vers celui auquel les trois autres s’en prenaient et l’attaquait à son tour.
Grâce à cette méthode, le groupe de Godric chassait les monstres sans difficulté et sans subir de blessures graves.
« On a rempli notre quota ! Rentrons ! »
« Oui, chef ! »
« Tongtong ! Viens ici ! »
Boing ! Boing !
Après avoir ramassé le butin, le slime grimpa comme d’habitude sur la tête de Def.
Il avait encore pris plaisir à accomplir des missions et à vaincre des monstres avec eux aujourd’hui.
Mais en ce moment, le slime avait un souci.
« Les pièces ne s’accumulent pas… »
C’était le problème des pièces.
Il avait combattu plusieurs monstres depuis qu’il avait vaincu le gobelin écarlate, mais aucun n’était aussi puissant que lui ; il n’avait donc gagné aucune pièce.
Il voulait vite devenir plus fort, mais la Boutique qui ne s’était pas encore ouverte l’intriguait aussi. Il voulait donc réunir des pièces au plus vite.
▷ Les pièces ne s’accumulent pas !
Et le slime fit aussitôt part de son souci au chat.
▶ Ah, mdr.
[Feu Noblesse]▶ Le jour où Malangi dit ça est enfin arrivé, lololol.
▶ Mais ce serait bizarre que tu gagnes des pièces avec les monstres que tu combats en ce moment.
▷ Comment obtenir des pièces ?
▶ En butant des trucs comme un putain de forcené.
▶ Tu peux aussi en recevoir en don.
▶ Ah, c’est pas drôle. Tu connais pas le plaisir de les gagner toi-même ?
Un don pourrait immédiatement faire grimper son total cumulé à cent pièces.
Pourtant, même les spectateurs qui appréciaient le slime, comme la Reine des Slimes, Arachne et Fenrir, n’avaient pas l’intention de lui donner des pièces.
Comme les autres spectateurs, ils estimaient qu’il valait mieux que Malangi les gagne par lui-même, du moins pour l’instant.
S’il prenait goût aux pièces reçues en don si tôt, il risquait de suivre une voie étrange, comme ces autres monstres qui ne diffusaient que dans l’espoir de recevoir des dons de pièces !
C’est alors que :
[Esprit libre]▶ Malangi, tu veux gagner des pièces ? Je connais un bon moyen.
Kkanjuki apparut.
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