Chapitre 9
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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Pris pour le monstre boss du donjon ◈
Chapitre 9 : Je ne suis pas un Pokémon, alors pourquoi une évolution en deux étapes ?
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« Chiens du Royaume démoniaque ! Battez-vous plus fort ! Ce Moine du Baume va tous vous tuer jusqu’au dernier ! »
Chacun de ses coups de poing était doté d’une force destructrice tyrannique.
Les innombrables rumeurs n’étaient pas des mensonges. Ce héros était un monstre de puissance qu’on ne pouvait pas vaincre en se contentant d’être plus nombreux.
Charlotte comprit alors son erreur, ainsi que le fait que la situation dépassait de loin ses capacités.
« Et le Boss ? »
Avant même d’avoir achevé sa pensée, elle comprit qu’elle se trompait.
C’était une épreuve destinée à vérifier si elle avait les qualités requises pour être son adjointe. Rien que penser à se dérober à ses responsabilités et à compter sur le Boss suffisait à la disqualifier.
« Grrk… »
Même le Minotaure et le Basilic, qui avaient semblé être des forteresses imprenables, s’effondrèrent.
Les monstres furent saisis de peur, et leur moral en chute libre se répandit comme une épidémie.
Être incapable de se battre et perdre la volonté de combattre, c’était courir droit à la défaite.
Elle avait déjà joué toutes les cartes qu’elle avait préparées. Elle ne voyait aucun moyen de vaincre le héros.
« Ha ! C’est vrai ! J’avais oublié que tu étais là. »
Sur ces mots, le héros chargea dans une autre direction.
Le Chevalier de la Mort, le boss du donjon, se tenait là, parfaitement indifférent.
À cet instant, le visage de Charlotte se décomposa.
Le donjon, c’était le Boss, et le Boss, c’était le donjon.
On pouvait un jour se racheter d’une défaite. Mais laisser le héros atteindre le Boss serait une catastrophe irréversible.
« Je… suis incapable. »
Voilà ce qui arrivait quand les subordonnés d’un boss n’étaient pas à la hauteur.
Impuissante, Charlotte ferma les yeux.
Lorsqu’elle les rouvrit, le Moine du Baume avait disparu.
Il ne restait à l’endroit où il se tenait que des taches de sang et des morceaux de chair éparpillés.
Toute trace de sa présence et de sa vitalité s’était évanouie, comme si elle n’avait jamais existé.
Un silence soudain tomba sur les lieux.
Le Chevalier de la Mort baissa les yeux vers son armure de fer noir maculée de sang, le regard impitoyable.
« Même mort, tu répands ta saleté partout. »
Ce fut tout ce que le Chevalier de la Mort trouva à dire. Puis il tourna les talons, laissant derrière lui les taches de sang à ses pieds.
Ce ne fut qu’une fois ses pensées engourdies remises en marche que Charlotte comprit ce qui venait de se passer.
Le héros Moine du Baume était mort de la main du Boss. En un clin d’œil.
À vrai dire, dire qu’il était mort de la main du Boss était inexact.
Le Boss l’avait réduit en miettes sans même bouger le petit doigt.
« Comment ? »
Le Boss avait tué le héros sans un mot ni un geste. Ce héros qui avait massacré des dizaines de monstres.
Elle avait beau l’avoir vu de ses propres yeux, elle n’arrivait pas à y croire.
Le Chevalier de la Mort avait réagi avec une indifférence totale, malgré le fait d’avoir tué un héros en un instant.
Même si un éléphant avait écrasé une fourmi, la mort n’aurait pas paru plus dérisoire.
Tous les regards se tournèrent naturellement vers le Boss.
La pression qui régnait dans l’air leur donnait l’impression qu’il leur fallait sa permission pour respirer.
« Ha. »
Quelqu’un inspira, et tous les autres se remirent enfin à respirer.
« Eh bien… le Royaume démoniaque va être en émoi pendant un bon moment. »
Le Marchand démoniaque prit la parole, l’air hébété.
Dans toute l’histoire de l’Empire, jamais son plus grand atout militaire, un héros, n’était mort de façon aussi dérisoire.
Ce que même les Boss des Sept Palais des Abysses n’avaient pas réussi à accomplir en mille ans venait d’être réalisé par le Boss d’un nouveau membre des Sept Palais des Abysses.
Et cela ne ferait pas seulement parler dans le Royaume démoniaque. La nouvelle serait sur toutes les lèvres, aussi bien dans l’Empire que dans les 72 Donjons.
« À quel point le Boss est-il puissant ? »
Même les autres Boss des Sept Palais des Abysses auraient été stupéfaits s’ils avaient assisté à la scène.
Le Chevalier de la Mort, au cœur de toute cette histoire, était déjà parti sans manifester la moindre réaction particulière.
Tous ceux qui le regardèrent s’éloigner ressentirent autre chose que de l’émerveillement. Ils éprouvèrent de la révérence.
« … Pour le Boss, un héros ne vaut pas mieux qu’une mouche. »
La seule réaction du Chevalier de la Mort avait été de s’agacer du sang qui éclaboussait son armure. C’était le genre de réaction qu’on aurait après avoir écrasé un insecte.
Le Marchand démoniaque était réputé au sein de l’Association marchande pour adorer les ragots.
Comme il avait assisté à la scène de ses propres yeux, il ne faudrait pas longtemps pour que l’exploit du nouveau Boss des Sept Palais des Abysses se répande partout.
Les Boss des Sept Palais des Abysses, qui vivaient dans un ennui profond, seraient particulièrement intrigués.
« Qu’est-ce que… »
C’est alors qu’une odeur familière effleura les narines du Marchand démoniaque.
Le Marchand démoniaque était à moitié incube et pouvait repérer le désir des humains à leur odeur.
Son regard féroce s’arrêta sur Charlotte.
Une bâtarde humaine osait…
Voir quelqu’un éprouver du désir sans connaître sa place était absolument répugnant.
Charlotte secoua la tête à plusieurs reprises.
Son désir s’éteignit alors comme la flamme d’une bougie dans le vent.
Elle en était donc consciente.
Ne t’emballe pas. Le Boss n’est pas quelqu’un qu’une garce comme toi peut espérer désirer.
« Oui. Si c’est cette personne… »
À moins d’être elle-même un Boss des Sept Palais des Abysses.
Le marchand se souvint que cette personne s’était récemment plainte de se sentir constamment seule.
Il était encore trop tôt, mais si l’occasion se présentait plus tard, le marchand décida d’organiser une rencontre.
« À bien y réfléchir, ce ne sera même pas nécessaire. »
La Convocation des Boss des 72 Donjons, reportée indéfiniment, allait sans aucun doute reprendre bientôt.
La vedette de ce rassemblement serait le nouveau Boss des Sept Palais des Abysses.
* * *
Une fois l’incident du Moine du Baume réglé, le Marchand démoniaque ramena les monstres à travers le portail.
Avant de partir, le marchand annonça qu’ils reviendraient bientôt. Ils viendraient, paraît-il, avec tout le nécessaire pour restaurer et agrandir le donjon.
« Tout à coup, l’endroit paraît vide. »
D’après Charlotte, les seuls monstres qu’ils avaient achetés étaient le Minotaure et le Basilic, mais ils avaient tous deux péri en combattant le héros.
Au final, il ne restait plus dans le donjon — non, dans la grotte — que moi, les Vampires et Charlotte. Nous étions revenus à la case départ.
« G-Grand Boss, vous qui avez défié l’ordre naturel… Je ne peux que vous demander pardon de n’avoir pas été à la hauteur. Je jure de m’acquitter de cette dette au plus vite. »
À part ça, les regards qu’on me lançait étaient devenus incroyablement pesants, je ne sais trop comment.
Isabella, surtout, en faisait beaucoup trop. C’était donc ça, avoir l’impression de dormir sur un lit de clous à chaque instant ?
Elle redevint normale après que je lui eus dit de changer sa façon de parler.
« Vous avez tous fait plus que nécessaire, chacun à votre place. »
« Boss… ! »
Isabella et les Vampires me regardèrent, les yeux débordants d’émotion. Quel calvaire.
Je leur fis signe de partir, et les Vampires s’éloignèrent en hâte, tous ensemble.
« Ha. Qu’est-ce que je suis censé faire, maintenant ? »
J’étais même incapable de battre cette Vampire de sang pur écervelée, et voilà que j’étais devenu le Boss des Sept Palais des Abysses.
C’était déjà bien assez pour me donner mal à la tête, mais en plus, j’avais tué un héros.
« Un nouveau membre des Sept Palais des Abysses a tué un héros ? Oh, merde. »
L’Empire apprendrait évidemment la nouvelle et ferait de moi son ennemi prioritaire. Il pourrait même se méfier de moi davantage que des autres Sept Palais des Abysses.
Le camp humain posait problème, mais le vrai souci était ailleurs.
Les 72 Donjons et le Royaume démoniaque allaient braquer leur attention sur moi pendant quelque temps. Sur moi, qui ne faisais même pas réellement partie des Sept Palais des Abysses.
À cause du malentendu selon lequel j’étais un nouveau membre des Sept Palais des Abysses, il semblait qu’un des Sept Palais des Abysses avait récemment été conquis.
Comme nous étions dans le passé, le donjon conquis ne pouvait être que l’Ombre de Pangu.
« Je ne connaissais l’Ombre de Pangu que par les paramètres du jeu, moi aussi. »
Le jeu commençait après la conquête de l’Ombre de Pangu.
Une question se posait donc naturellement.
Qui était au juste le véritable nouveau membre des Sept Palais des Abysses que je faisais semblant d’être ?
« Le Silence Achromatique, au septième rang. Son Boss devait être Hermit. »
S’il y avait un bon côté à tout ça, c’était bien celui-là.
Comme son nom l’indiquait, Hermit s’enfermait dans son donjon comme une hikikomori et s’adonnait à une vie recluse. C’était sa façon à elle de devenir plus puissante, après tout.
D’après l’histoire officielle du jeu, on ne pouvait conquérir le donjon classé septième qu’après celui classé cinquième.
C’était parce qu’Hermit ne se montrait jamais et que l’emplacement du donjon ne fut découvert que bien plus tard.
« Elle ne s’intéressait pas non plus au monde extérieur. »
C’était la personne idéale à imiter.
Bien sûr, elle n’avait pas disparu. Elle vivait recluse.
Autrement dit, je devrais vivre avec l’angoisse d’être démasqué à tout moment. Putain.
« Boss. J’ai une requête à vous faire. »
Les paroles de Charlotte interrompirent brusquement mes pensées.
Je relevai le menton avec arrogance, comme si j’étais vraiment le Boss des Sept Palais des Abysses.
Pourquoi est-ce que je me donnais ces airs devant une folle qui pouvait me tuer sans difficulté ?
[Niv. 72]
Mon niveau n’avait pas changé, mais sa couleur, si.
Un vert pâle, signe de bienveillance. Tant que cette couleur ne changeait pas, je n’avais aucune raison de craindre Charlotte.
« Si vous n’en avez pas besoin, puis-je revendiquer le cadavre du héros ? »
Son cadavre ? Ah, je compris ce qu’elle voulait dire.
Mais le Moine du Baume avait été réduit en poussière au point qu’il était presque ridicule de parler d’un cadavre.
« Il ne doit même pas rester de corps. »
« Je sais que ma demande est présomptueuse, mais si vous m’y autorisez, j’aimerais en rassembler les morceaux et m’en servir. »
Elle voulait donc réunir les morceaux éparpillés comme de la poussière et ressusciter le Moine du Baume sous forme de mort-vivant ?
Rien que l’idée était insensée. Cette garce était la psychopathe la plus légendaire qui soit.
Sans même parler de décence humaine, c’était inefficace dès le départ.
Quel que soit le talent du lanceur de sorts, il était difficile de relever un cadavre amputé ne serait-ce que d’un membre.
Imaginons qu’on rattache les membres et que la transformation en mort-vivant réussisse. Le plus souvent, le corps n’aurait l’air intact qu’en surface, tandis qu’il serait faible et creux à l’intérieur.
L’avantage de la transformation en mort-vivant, c’était de pousser la puissance de combat du sujet au-delà de celle qu’il possédait de son vivant.
C’était pour ça qu’un cadavre intact gagnait en moyenne de deux à cinq niveaux après sa transformation en mort-vivant. Comme je l’ai dit, il fallait un cadavre intact.
Le Moine du Baume n’avait pas simplement perdu une partie de son corps. Il avait été réduit en poussière de la tête aux pieds.
Même Charlotte aurait du mal à le transformer en mort-vivant.
« Si tu comptes seulement gaspiller ton mana, arrête. »
« Non. J’en suis capable. »
Avait-elle toujours été comme ça ? Ça ne lui ressemblait pas du tout.
Une étrange obstination se lisait sur son visage impassible.
« Je vous en prie. Je veux réparer mon erreur. »
« Ton erreur ? »
De quoi parlait-elle, bon sang ? Quelle erreur avait-elle commise ?
« Je sais que je ne mérite pas d’être votre adjointe. Alors je veux vous prouver ma valeur, ne serait-ce que de cette manière. »
Je compris alors ce qu’elle voulait dire.
Elle semblait se sentir responsable de l’incident du Moine du Baume.
« À bien y réfléchir, je lui avais dit que c’était une épreuve. »
Avait-elle honte de rester mon adjointe après avoir échoué à l’épreuve que son Boss lui avait imposée ?
« Fais comme tu veux. »
Comme si elle attendait ma permission, Charlotte sortit une fiole, en retira le bouchon et la but.
C’était une potion de mana qu’elle avait emportée en réserve.
Charlotte vida trois bouteilles en un instant, puis se dirigea rapidement quelque part.
Peu après, elle revint avec un paquet qu’elle déposa devant moi et déballa. À sa vue, je grimaçai.
« Cette folle ? »
Je croisai les bras et fermai les yeux, prenant un air solennel.
Je n’avais aucune envie malsaine de regarder des morceaux de cadavre.
Qu’est-ce qui lui prenait de me montrer ça juste devant moi ?
C’était comme un enfant qui demandait à ses parents d’admirer la petite danse qu’il avait apprise à la maternelle.
… J’ai perdu la tête. En quoi la performance adorable d’un enfant pouvait-elle ressembler à la transformation en mort-vivant d’un Nécromancien ?
Qu’elle réussisse ou non, je voulais juste qu’elle en finisse vite.
Je tapotai mes bras croisés pour l’inciter à se dépêcher.
Je ne pouvais pas voir ce qui se passait, mais je sentais qu’un rituel sinistre se déroulait devant moi.
Charlotte marmonna une incantation à voix basse.
Combien de temps s’écoula ?
« Guuuuh… »
Au grognement des morts, j’ouvris les yeux.
Un Mort-vivant dépenaillé se tenait là, le corps recousu en plusieurs endroits.
Au moins, la transformation en mort-vivant avait réussi.
[Niv. 32]
Enfin, elle avait seulement réussi.
Son niveau était sans commune mesure avec celui du Moine du Baume de son vivant.
Elle avait fait un mort-vivant pitoyable avec le meilleur matériau imaginable : un héros de niveau quatre-vingt-quatre.
C’était comme fabriquer un coupe-ongles avec du mithril de la meilleure qualité.
« Ah… »
Charlotte laissa échapper un bref soupir de déception, comme si elle l’avait compris elle-même.
Je ne voyais pas son expression, mais je pouvais parfaitement deviner à quel point elle était abattue.
À vrai dire, comme il s’agissait de Charlotte, j’avais gardé un tout petit espoir qu’elle y arrive.
Elle avait dû y croire elle aussi en essayant. Elle avait tendance à avoir une très haute opinion de sa Magie noire.
« Mort-vivant. Réponds à l’appel de ton maître. »
« Guuuuh… »
Tu vois ? Je t’avais dit que ça ne marcherait pas.
Les morts-vivants dépourvus d’intelligence et incapables de parler comptaient parmi les variétés de rang inférieur ou intermédiaire.
Charlotte l’avait constaté de ses propres yeux et baissa la tête. Elle n’arrivait pas à la relever.
« Mais putain, qu’est-ce qu’il est moche. »
Son corps entier avait été recousu, ce qui en faisait l’un des morts-vivants les plus laids que j’aie jamais vus.
J’avais envie de lui dire de dégager, tellement il était répugnant à regarder. Seule l’ambiance m’en empêcha.
[Cette cible a rempli partiellement les conditions d’Évolution.]
[Voulez-vous faire évoluer le Mort-vivant dépenaillé ?]
Je doutai de mes yeux en voyant cette notification surgir de nulle part.
Je pouvais faire évoluer cette guenille ?
« Je vous prie de me pardonner de vous avoir déçu. »
Je n’avais pas le temps de répondre à Charlotte.
La fenêtre de statut affichait une notification, mais mes questions restaient sans réponse.
Quelles conditions d’Évolution cette guenille avait-elle remplies ?
« Euh… Hein ? J’ai fait quelque chose de mal ? »
Regardez Isabella, voilà un exemple de réussite.
Elle avait un potentiel suffisant, avait frôlé la mort avant d’y échapper, et désirait se sacrifier pour ses compagnons. Naturellement, son Évolution avait réussi à 100 %.
Mais qu’en était-il de la guenille du Moine du Baume ?
Vu l’état de son corps, elle avait au moins un potentiel suffisant.
Il fallait tout de même remplir au moins deux conditions pour tenter une Évolution.
Le Moine du Baume s’était-il sacrifié pour quelqu’un juste avant de mourir ? Absolument pas.
Alors était-ce parce qu’il était au bord de la mort ?
… Mais il était déjà mort, non ?
« Ah. C’est encore un bug. »
L’une des conditions d’Évolution était que la cible soit exposée au danger de mort.
Or les morts-vivants étaient constamment exposés à la mort. Pour résumer, ils étaient déjà morts.
Je ne savais pas s’il s’agissait d’un easter egg ou d’un bug, mais tant que leur potentiel était assez élevé, les morts-vivants pouvaient évoluer.
Grâce à leur potentiel et au danger de mort, les deux conditions minimales étaient remplies.
« Je vous suis reconnaissante pour l’aide que vous m’avez apportée, même si ce fut bref. Je vous prie de m’excuser de partir après vous avoir offert un spectacle aussi pitoyable. »
Je n’avais même rien dit qu’elle s’enfonçait déjà dans le dégoût d’elle-même et s’apprêtait à partir de son propre chef.
Ne pars pas. Le donjon va s’écrouler sans toi.
Maintenant que j’étais soudainement devenu le Boss des Sept Palais des Abysses, je ne pouvais pas me permettre de perdre un élément aussi compétent.
Ça me déplaisait un peu, mais je posai la main sur le Mort-vivant dépenaillé et jetai un coup d’œil à Charlotte.
« Attends. »
Évolue, Mort-vivant dépenaillé.
[Évolution du Mort-vivant dépenaillé.]
[Deux conditions ayant été remplies, la réussite ou l’échec sera déterminé avec une probabilité de 50 %.]
[Évolution réussie ! Le Mort-vivant dépenaillé a évolué avec succès.]
[Niv. 56]
Je poussai un cri de joie intérieur.
Contrairement aux 100 % d’Isabella, je n’avais eu qu’une chance sur deux. La satisfaction n’en était que plus grande.
[Le potentiel de la cible est exceptionnellement, exceptionnellement élevé ! Au-delà de l’Évolution MAX, elle a 50 % de chances d’entamer une Évolution en deux étapes !]
Je ne suis pas un Pokémon, alors pourquoi une évolution en deux étapes ?
C’était vraiment possible ?
Obtenir deux fois le même résultat à pile ou face, deux fois de suite, arrivait plus souvent qu’on ne le croyait.
Vu sous cet angle, ça valait la peine d’espérer.
[Évolution en deux étapes réussie !!! Le Mort-vivant dépenaillé a évolué avec succès ! Vous pouvez maintenant lui donner un nouveau nom.]
Je n’avais pas de parties génitales, mais je me pissai dessus.
Contrairement à Isabella, tout le corps du Mort-vivant dépenaillé était enveloppé d’une lueur.
Quand la lueur finit par s’estomper, la guenille recousue s’était transformée en un mort-vivant digne, vaguement humain.
[Niv. 74]
« Tu t’appelleras Moine du Baume. »
« Moine… du Baume… Je… vous suivrai… »
« Moine du Baume. Lève les deux mains. »
À peine eus-je fini de parler qu’il leva les deux mains en l’air.
Je hochai la tête, satisfait, sans même m’en rendre compte.
Il avait bien répondu et avait aussitôt obéi à mon ordre, sans hésiter.
Ainsi naquit une goule plus puissante qu’un Chevalier de la Mort ou qu’une Liche.
Du coin de l’œil, je vis Charlotte qui me fixait, la bouche grande ouverte.
Après avoir réfléchi à ce que j’allais dire, je pris la parole.
« Reste ici comme mon adjointe. Je réparerai ton erreur. »
« … »
Charlotte, qui ouvrait et refermait la bouche comme un poisson rouge, finit par serrer les lèvres.
Boum.
Elle se prosterna aussitôt devant moi, comme si ses jambes s’étaient dérobées.
« Je vous servirai éternellement, mon Boss. »
[Niv. 72]
Le niveau vert pâle se mit de nouveau à changer de couleur.
Il deviendrait d’un vert très profond. Plus la couleur était sombre, plus le sentiment qu’elle représentait l’était aussi.
Mais la couleur qui attira mon regard n’était pas verte du tout.
Elle était devenue rose, une couleur à laquelle je ne m’attendais pas du tout : celle de l’affection.
… Était-elle attirée par moi, en ce moment ?
Notes :
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