Chapitre 7
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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Pris pour le monstre boss du donjon ◈
Chapitre 7 : Le monde m’en veut
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J’avais réussi je ne savais trop comment à m’échapper. Mais où étais-je censé aller, maintenant ?
Une grotte aurait été idéale pour éviter les humains et la lumière du soleil, mais je risquais encore de passer pour le boss d’un donjon.
« Et si j’essayais vraiment de rejoindre le Royaume démoniaque ? »
J’écartai cette idée dès qu’elle me traversa l’esprit. Traverser le continent était plus facile à dire qu’à faire.
Il restait environ cinq heures avant l’aube.
Le temps pressait, et je ne voyais aucun endroit où me réfugier.
« D’abord, il faut que je m’éloigne d’eux. »
La possibilité qui m’effrayait le plus, à cet instant, était que Charlotte se mette à ma poursuite.
Rien que de penser qu’elle pourrait me chercher, j’avais envie de mettre le plus de distance possible entre nous, et vite.
Et si j’allais dans un village voisin ?
Trouver un repaire m’obligerait à voyager longtemps, et à pied, je ne savais même pas par où commencer. À moins que je puisse mettre la main sur un cheval.
Heureusement, mon père m’avait souvent forcé à prendre des leçons d’équitation, par passion pour ce hobby.
À l’époque, je m’étais demandé en quoi diable ça m’aiderait à trouver un boulot. Puis je m’étais réveillé dans un monde de fantasy médiévale.
« Ah, père. Tu avais raison. »
Voilà ce qu’on appelait la clairvoyance de quelqu’un qui connaissait son destin à cinquante ans. Combien de coups d’avance avais-tu prévus, père ?
Penser à lui me fit soudain regretter ma famille.
Bien sûr, me noyer dans les larmes et déplorer mon sort ne changerait rien.
Je ravale mes larmes et me mis en route.
« Un village médiéval doit bien avoir au moins une écurie, non ? »
Plan numéro un : m’infiltrer dans un village, voler un cheval et m’enfuir au galop.
On disait que commencer, c’était déjà la moitié du travail. Si je réussissais, il ne resterait plus que l’autre moitié ; je pourrais réfléchir à la suite le moment venu.
Les cieux ne m’avaient peut-être pas encore abandonné.
Peu après avoir descendu la montagne, j’aperçus un village au loin.
Peut-être parce que c’était un village médiéval, aucune lumière ne brillait dans la nuit.
Si je n’avais pas été un Chevalier de la Mort doté d’une excellente vision nocturne, il aurait fait assez sombre pour qu’un humain passe devant sans le voir.
En m’approchant sans attirer l’attention, je distinguai une palissade de bois qui entourait les abords du village.
Deux gardes montaient la garde à l’entrée, près d’une torche, mais…
« Zzz… »
Ils piquaient tous les deux du nez.
« J’ai bien envie d’appeler l’officier de service. »
En tant que sergent ayant terminé mon service dans l’armée sud-coréenne, je ne pouvais tout de même pas leur coller une raclée parce qu’ils somnolaient.
Mais bon, grâce à leur petit somme, je pus entrer sans encombre.
Heureusement, personne ne se promenait non plus dans le village.
Une taverne était encore éclairée, et le vacarme qui en sortait ne semblait pas près de s’apaiser.
À moins que quelqu’un ne sorte vomir, ils resteraient sans doute vissés à leur siège toute la nuit.
Un détail m’inquiétait : l’écurie se trouvait juste à côté de la taverne.
Je ne pouvais pas renoncer maintenant, simplement parce que j’étais nerveux.
En entrant discrètement dans l’écurie, je remarquai un cheval noir.
Un chevalier noir sur un cheval noir ? Ah, impossible de résister.
« Hiii ! »
C’est alors que j’entendis un petit cri étouffé.
Je me tournai vers le bruit et croisai le regard d’un gamin, à l’intérieur.
Je ne m’étais pas attendu à ce que quelqu’un surveille les chevaux.
« Au voleur ! Vite, tout le monde, sortez ! Un voleur de chevaux !! »
La voix stridente du gamin résonna dans la nuit.
J’envisageai de lui couvrir la bouche, puis j’y renonçai et posai le pied dans l’étrier pour monter le cheval noir.
— Hiiiii !
Le cheval se cabra violemment et je fus éjecté sans ménagement.
« Ah. C’est vrai. »
Ce n’est qu’à ce moment-là que je me souvins que les morts-vivants ne pouvaient pas monter de montures vivantes.
Je retire ce que j’ai dit sur ma bonne vision nocturne. Putain de corps de squelette pourri.
« C-C’est un Chevalier de la Mort ! Un Chevalier de la Mort ! Le fameux Chevalier de la Mort est apparu ! Tout le monde ! »
Ce sale petit…
Boum !
Les portes s’ouvrirent à la volée et les gens se déversèrent dehors en masse.
Je détalai sans me retourner.
« Un Chevalier de la Mort ? Où ça ? »
« Là-bas ! Il est en train de fuir ! »
« Hein, c’est vrai ? La rumeur disait donc vrai, un Chevalier de la Mort est apparu dans la montagne derrière le village ? »
« N’ayez crainte ! Je suis là ! Chevalier de la Mort ! Hein ? Le voilà ! »
« Héros ! Où allez-vous ? »
« Vous allez le poursuivre ?! »
Quoi ? Un Héros ?
Je tournai instinctivement la tête et vis quelqu’un foncer sur moi à une vitesse terrifiante.
Plus encore, mon regard fut attiré par le niveau qui flottait au-dessus de sa tête.
[Niv. 82]
Pas possible.
En y regardant de plus près, son visage me parut étrangement familier.
Il avait une carrure imposante, le crâne rasé et une barbe si épaisse et touffue qu’on aurait dit que ses cheveux lui avaient poussé à l’envers.
Sa tenue d’arts martiaux, les perles de prière en bois grosses comme des poings autour de son cou et son niveau ne laissaient aucun doute sur son identité.
Le souvenir de ma première rencontre avec Charlotte se superposa à la situation présente, comme un déjà-vu.
Le Héros de la Foi, Moine du Baume.
Cet homme était l’un des Quatre Héros de l’Empire.
« Pourquoi diable ce type est-il ici ?! »
Les Héros n’étaient pas des fonctionnaires. Quoi, on l’avait affecté ici ou quelque chose du genre ?
Il aurait dû méditer, planqué dans les montagnes. Qu’est-ce qu’il cherchait comme gloire en sortant d’une taverne de village ?
« Faites attention, Héros ! »
« Ne vous inquiétez pas, mes frères ! Je vais abattre ce mort-vivant ! »
Je n’avais pas le temps de me lamenter sur mon sort, encore moins de réfléchir. Tout ce que je pouvais faire, c’était courir comme un dératé.
Je n’avais pas de couilles, mais je courais assez vite pour comprendre ce que ça faisait de se les arracher à force de courir.
« Ah… Pourquoi ma vie est-elle comme ça ? »
J’avais été réincarné en Chevalier de la Mort, pour finir pris pour un boss de donjon.
Et comme si ça ne suffisait pas, j’avais croisé une Sorcière complètement cinglée qui m’avait affirmé que j’étais le boss des Sept Palais des Abysses.
Pour couronner le tout, peu après avoir fui, voilà qu’un Héros me poursuivait.
Je me faisais démolir de tous les côtés. C’était la merde absolue.
Le monde m’en voulait vraiment.
Comme le Moine du Baume était un combattant, l’Amélioration ne fonctionnerait pas sur lui non plus.
Les Héros étaient censés manier l’épée. Pourquoi un maître d’arts martiaux était-il un Héros ? Parmi tous les Héros qui existaient, était-ce vraiment une coïncidence si le seul combattant me poursuivait ?
Inlassable. Putain, il était inlassable. On aurait dit que le monde lui-même me demandait : « Tu ne veux toujours pas mourir ? »
« Arrête-toi, mort-vivant ! »
Clop, clop !
Il avait dû trouver un cheval, car des bruits de sabots se rapprochaient.
Je ne pouvais pas semer un cheval. N’ayant pas le choix, je lançai la Grande épée en fer noir en décrivant un demi-cercle tournoyant.
— Hiiii !
Elle avait dû toucher le cheval, car je l’entendis s’effondrer.
Ça aurait été bien si le Moine du Baume était tombé avec lui, mais il se réceptionna avec légèreté grâce à des réflexes surhumains.
« Quel monstre de taré. »
Un Chevalier de la Mort, un monstre ? N’importe quoi.
À mes yeux, cet humain avait bien plus l’air d’un monstre.
Jamais je n’aurais cru me retrouver à nouveau dans ce piège mortel.
Je n’avais pas le choix. Le moindre mal valait mieux que le pire.
Je fis immédiatement demi-tour en direction du donjon.
Mon adversaire n’était pas un simple gros bonnet. C’était l’un des Quatre Héros de l’Empire, la plus grande force militaire de l’Empire.
Charlotte et les Vampires ne faisaient pas le poids contre lui, mais je n’avais nulle part où aller.
Je savais que je risquais de tous les entraîner dans ma chute et de les faire tuer.
« Désolé, mais moi aussi, je dois survivre. »
J’étais humain, moi aussi, et tout le monde était égoïste. Pourquoi aurais-je pensé aux autres alors que ma vie était en jeu ?
S’il y avait ne serait-ce qu’un pour cent de chances que je m’en sorte, je devais tenter le coup !
« Arrête-toi ! Voyons ce qui l’emportera : ton crâne ou mon poing ! »
J’étais déjà mort. Impossible de mourir deux fois.
Charlotte, n’importe qui, sauvez-moi, je vous en prie.
* * *
Clic, clic.
Le claquement net de talons élégants résonna dans la caverne.
Charlotte regarda autour d’elle et pencha la tête sur le côté.
« Est-ce vraiment un donjon ? »
C’était trop étroit, trop bas et trop petit pour être un donjon.
Les donjons ordinaires tout juste apparus étaient peut-être comme ça, mais celui-ci faisait partie des Sept Palais des Abysses.
Elle n’arrivait pas à se faire à l’idée qu’un membre des Sept Palais des Abysses soit si petit.
« Hmm. Je me suis peut-être trompée. »
L’histoire des Sept Palais des Abysses était plusieurs fois plus longue que celle de l’Empire.
Les Sept Palais des Abysses étaient restés inchangés pendant mille ans. Autrement dit, l’idée qu’un nouveau membre des Sept Palais des Abysses puisse apparaître n’avait jamais existé jusque-là.
Ce lieu marquait l’apparition d’un nouveau membre des Sept Palais des Abysses.
Il était misérable et exigu pour un endroit jouissant d’une telle réputation, mais si le donjon venait de naître, même un membre des Sept Palais des Abysses devait avoir cette apparence.
Charlotte se dit en son for intérieur qu’elle était peut-être la première à le découvrir.
Quel que soit l’endroit où elle posait les yeux, le donjon avait besoin de travaux.
À ses yeux, tout était si mal en point qu’il fallait entièrement reprendre les lieux depuis le début.
« C’est encore mieux. »
C’était une occasion en or. Si le donjon était aussi délabré, elle pourrait montrer à quel point elle était compétente comme adjointe.
« Euh… Adjointe ? Il y a quelque chose qui m’intrigue. Je peux vous demander ? »
Isabella l’observait avec prudence, à ses côtés.
Charlotte leva le menton pour l’inviter à parler.
« Je me demandais… Comment décide-t-on du classement des 72 Donjons ? »
« Vous devez être une Vampire née sur le Continent du Nord. »
Le Continent du Nord appartenait aux humains. Le Continent du Sud était le Royaume démoniaque.
Les monstres nés sur le Continent du Nord ignoraient souvent les notions les plus élémentaires des peuples non humains.
Charlotte poussa un soupir las.
« Personne ne décide du classement des 72 Donjons. Il leur est imprimé. »
« Imprimé ? »
« Dès leur naissance, un nombre s’imprime dans l’esprit des boss de donjon. Il représente la place du donjon dans la hiérarchie. »
L’histoire des donjons remontait à plus de mille ans.
Naturellement, les mystères qui les entouraient avaient cessé d’en être depuis longtemps.
« Si le nombre est imprimé uniquement dans l’esprit du boss, alors la hiérarchie repose seulement sur sa force ? »
« Non. La hiérarchie est déterminée en comparant non seulement le boss, mais aussi toutes les forces du donjon. »
Le classement des donjons pouvait également changer.
Un donjon pouvait stagner, tandis qu’un autre, moins bien classé, renforçait ses forces et le dépassait.
Les boss de donjon ressentaient alors ces changements soudainement, comme par instinct.
C’était pour cela que les rangs des donjons étaient clairement établis sans qu’ils aient besoin de s’affronter.
C’était aussi pour cela qu’ils ne se battaient pas pour savoir qui était le plus fort, et que les Sept Palais des Abysses avaient tenu mille ans.
Même s’ils avaient fini par tomber aux mains des humains, quoi qu’il en soit.
« J’ai quelque chose qui m’intrigue aussi, Isabella. Est-ce qu’il n’y avait aucun monstre déjà présent dans ce donjon ? »
« Non. Je ne crois pas. »
Dans un donjon naissant, le Noyau du Donjon se formait d’abord, suivi du boss et des monstres.
Pourtant, certains donjons se formaient avec un Noyau du Donjon et un boss, sans autre créature. On les appelait des donjons à entité unique.
« C’est stupéfiant que ce donjon soit tout de même classé septième. Même en le voyant de mes propres yeux, j’ai du mal à croire qu’un donjon à entité unique soit devenu un membre des Sept Palais des Abysses. »
Les autres Sept Palais des Abysses abritaient des centaines, voire des milliers de monstres, boss compris.
Et pourtant, ce donjon avait à lui seul conquis le trône des Sept Palais des Abysses, avec son unique boss.
L’exploit dépassait la simple stupéfaction et inspirait le respect. Le corps de Charlotte tremblait, et les frissons qui lui parcouraient l’échine ne s’apaisaient pas.
« … Je commence à perdre patience. Ça ne va pas. Je dois montrer à mon seigneur tout ce dont je suis capable. »
Elle allait en faire un donjon digne de la réputation des Sept Palais des Abysses.
Charlotte sortit de sa poche une peau de chèvre noire.
Un ticket d’invocation de marchand, remis uniquement à ceux qui avaient noué de bonnes relations avec l’Association des Donjons.
Un ticket de l’Association des Donjons n’était pas à la portée de tout le monde.
Charlotte avait autrefois appartenu à un donjon, elle avait donc un ticket en réserve.
L’aide de l’Association des Donjons, qui opérait partout dans le Royaume démoniaque, était indispensable à la construction d’un donjon.
Riiip !
Comme si le ticket déchiré l’avait activé, un portail d’un noir d’encre s’ouvrit dans les airs, camouflé dans l’obscurité.
Bientôt, un démon à la peau rouge bondit hors du portail. Une fois au sol, il s’inclina bien bas.
C’était le Marchand démoniaque avec lequel Charlotte avait conclu un contrat quand elle appartenait à son ancien donjon.
« Cela fait longtemps, dame Charlotte. Oh ? On dirait que vous avez rejoint un nouveau donjon. Vous devez donc avoir désespérément besoin de l’aide de l’Association marchande. »
« C’est pourquoi vous avez intérêt à nous servir du mieux possible. »
Le sourcil du Marchand démoniaque tressaillit.
Quelle arrogance. Même si Charlotte était humaine, le marchand l’avait laissée s’en tirer plusieurs fois parce qu’elle était compétente.
« C’est un peu… désagréable à entendre. »
« C’est un donjon récemment apparu parmi les Sept Palais des Abysses. J’en suis l’adjointe. »
« Pardon ? »
Le démon la dévisagea, bouche bée.
Tandis qu’il répétait ces mots tout bas, ses yeux, son nez et sa bouche s’agrandirent de manière anormale.
« Vous voulez dire un véritable membre des Sept Palais des Abysses ? Ha ! Je me disais bien qu’il était temps qu’un nouveau apparaisse, et enfin ! Le retour du Roi démon classé septième… ! »
Les démons du Royaume démoniaque appelaient également les boss des 72 Donjons des Rois démons.
« Quand j’ai appris que l’ancien Roi démon était tombé face aux Héros, j’étais si contrarié ! J’avais envie d’attraper ces Héros et de les battre à mort. Ah, je m’égare. Une adjointe des Sept Palais des Abysses, dites-vous ? Comme prévu, dame Charlotte est très compétente. »
« Inutile de me flatter. Il faut d’abord agrandir le donjon. Voyons… Y aurait-il des monstres utiles ici ? »
Charlotte s’interrompit en regardant les Vampires.
Isabella croisa son regard, sourit de toutes ses dents et se désigna plusieurs fois du bout des doigts.
Frouf !
Charlotte détourna les yeux.
« J’ai changé d’avis. Commençons par recruter des monstres. »
Le visage d’Isabella s’assombrit aussitôt.
La faiblesse d’un donjon naissant, c’était sa piètre défense.
Il était impossible d’exclure qu’une Partie d’Extermination en profite pour attaquer.
Mieux valait toujours se préparer aux imprévus.
« Donnez-moi la liste des monstres de haut rang que l’Association marchande a en stock. Je veux des créatures intelligentes, mais dénuées de volonté propre. »
« Des monstres de haut rang faciles à contrôler ? Je m’en doutais, alors j’ai apporté la liste des stocks à l’avance. »
Sur ces mots, le démon lui tendit un rouleau de parchemin.
Charlotte le parcourut lentement, puis le replia.
Elle évalua ensuite à vue d’œil les dimensions verticales du donjon.
« Je peux élargir le donjon grâce à ma magie. Comme ça, il ne risquera pas de s’effondrer sur nous, et je pourrai aussi faire creuser les parois par les monstres que j’engagerai. »
En l’état, il était trop exigu pour accueillir de grands monstres.
Elle jugea toutefois qu’avec quelques modifications, il serait assez vaste pour les abriter.
« Préparez deux minotaures bien dressés et un Basilic. »
Le démon eut un mouvement de recul.
Les minotaures comme les Basilics étaient des monstres de premier ordre.
Trois monstres à dix millions de cellules pièce ?
« Je veux qu’ils soient prêts immédiatement. »
« M-Maintenant ? »
« Avec un portail du Royaume démoniaque, cela peut se faire en cinq minutes, n’est-ce pas ? »
« Cela entraînerait un supplément de dix pour cent. Mais surtout, avez-vous seulement les moyens de payer ? »
« En tant que membre des Sept Palais des Abysses, nous pouvons obtenir un prêt de cent millions de cellules. »
Le sous-entendu était évident.
Ils n’avaient pas d’argent, mais si l’Association des Donjons leur prêtait des fonds, ils achèteraient les monstres avec.
Le démon gémit et tenta de deviner ses intentions.
« Elle ne prétendrait pas appartenir aux Sept Palais des Abysses juste pour emprunter de l’argent. Non, impossible. »
La Charlotte qu’il connaissait était minutieuse, pas irréfléchie.
De plus, si elle se faisait passer pour un membre des Sept Palais des Abysses, l’Association des Donjons détruirait le donjon. Charlotte ne pouvait pas ignorer une évidence pareille.
« Si c’est vraiment un membre des Sept Palais des Abysses, c’est une occasion à ne pas laisser passer. »
Ce que l’Association des Donjons estimait au-delà de l’argent, ce n’était pas la confiance, mais le fait de compter les Sept Palais des Abysses parmi ses clients.
Dix autres donjons réunis ne valaient pas un membre des Sept Palais des Abysses. Ce n’était pas pour rien qu’on les appelait ainsi.
Quoi qu’il en soit, nouer un lien avec un nouveau membre des Sept Palais des Abysses rapporterait sans aucun doute un profit immense à l’Association marchande.
« Où est le Seigneur du boss ? »
« Le Seigneur du boss est sorti pour un moment. »
« Comme on pouvait s’y attendre d’un membre des Sept Palais des Abysses, le Seigneur du boss est impossible à cerner. Avez-vous obtenu son accord ? »
« Je prendrai tout sur moi. Même si j’agis de mon propre chef, il me suffira de satisfaire mon seigneur. »
« Et si le Seigneur du boss est déçu, eh bien, je suis sûr que vous saurez quoi faire. »
Les lèvres du Marchand démoniaque se retroussèrent.
Si tout se passait bien, cela pourrait devenir un exploit remarquable.
« Je vous les fais livrer immédiatement. »
Le démon ouvrit joyeusement un portail.
Environ cinq minutes plus tard, d’imposantes silhouettes en sortirent, l’une après l’autre.
« Avec de tels renforts, nous n’aurons même pas à craindre l’arrivée d’un Héros. »
Charlotte hocha la tête, satisfaite.
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