Chapitre 5
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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Pris pour le boss du donjon ◈
Chapitre 5 : La Sorcière de la terre cendrée
──────
C’était la vie ou la mort. Jamais je n’aurais cru risquer ma vie à cause d’un échec d’Amélioration.
Les vampires étaient sur le point de se faire poignarder à mort. Il fallait donc d’abord attirer l’attention des ennemis. Je fis exprès de faire résonner mes pas en avançant, et ils réagirent aussitôt.
« Un Chevalier de la Mort ? »
À ces mots marmonnés, ils se tournèrent vers moi l’un après l’autre.
Contrairement aux gens ordinaires que j’avais croisés jusque-là, aucun ne recula. Ils avaient peut-être davantage de cran.
La couleur de leur niveau était orange, signe de vigilance. À leurs yeux, je n’étais qu’un monstre à abattre.
Tout se joue à la chance.
Ma survie ou ma mort dépendait du ciel.
* * *
Le regard du Chevalier de la Mort, glacé, balaya lentement les membres du groupe.
Un chevalier de la mort, un Chevalier de la Mort. Dès qu’ils en confirmèrent la présence, les membres du groupe se tournèrent vers Sergey, dans l’attente d’un signe.
« Qu’est-ce qu’on fait, capitaine ? On continue ou on fuit ? »
Un Vampire de sang pur et un Chevalier de la Mort. Il n’en fallait pas plus pour comprendre la situation.
Il n’y avait plus rien à gagner à s’obstiner, seulement des risques supplémentaires pour leur vie.
Sans un mot, Sergey pointa son épée vers le Chevalier de la Mort.
« Celui-là fut un chevalier. Moi aussi, j’ai jadis été adoubé ; je ne suis plus qu’une vieille lame. »
« Et alors ? »
« Nous devrions lui rendre sa liberté. C’est ça, la chevalerie. »
« Qu’est-ce que quelqu’un qui n’est même pas chevalier connaît à la chevalerie ? Ne viens pas nous reprocher ta mort. »
« Ne vous inquiétez pas. Au moindre signe suspect, je compte bien détaler. »
Aucun être vivant ne se trouvait derrière le Chevalier de la Mort.
Les vampires étaient encore en vie, mais ils avaient été mis hors combat et gisaient éparpillés sur le sol.
Bien sûr, un humain qui affrontait seul un Chevalier de la Mort courait presque au suicide, mais cette règle ne s’appliquait pas à Sergey.
Face à Sergey, autrefois chevalier de la Garde impériale, même un Chevalier de la Mort ne faisait pas le poids.
« Je t’en supplie, Solari. Accorde le repos à cette âme pitoyable. »
Un chevalier pouvait servir l’épée, mais il était juste qu’un chevalier mette fin à la vie du Chevalier de la Mort plutôt que de le laisser servir une Liche.
Dans une grotte étroite, manier une épée imposait de nombreuses contraintes.
Pour les réduire au minimum, Sergey adopta la prise à mi-lame. Il saisit l’arme par la lame et la tint comme une courte lance.
Après avoir conquis d’innombrables donjons, cette technique était devenue sa spécialité.
Le Chevalier de la Mort, en revanche, serait gêné par le terrain.
Kiiiiing─
La faible lueur bleue de la lame s’intensifia jusqu’à devenir un éclat éblouissant, pareil au soleil.
Crac !
La lumière s’éteignit soudain.
Plus exactement, l’épée elle-même se brisa comme du verre, puis disparut sans laisser la moindre trace. De la pointe au pommeau, il n’en resta pas un morceau.
Un piège d’interférence mentale ?
À la sensation qu’il avait eue dans la main, ce n’était pas une illusion.
Il ne percevait rien d’autre et aucune trace de magie ne subsistait.
Le regard absent de Sergey s’arrêta sur le Chevalier de la Mort.
Il ne parvenait même pas à deviner la cause, mais son instinct lui disait que cette créature en était responsable.
Sergey reprit ses esprits et dégaina son épée courte.
Crac !
« … ! »
Une nouvelle fois, l’épée se brisa et disparut sans laisser le moindre débris.
Deux fois, il venait de se produire quelque chose qui dépassait l’entendement humain.
Le bruit du métal raclant contre le métal se rapprocha.
Le Chevalier de la Mort avançant vers lui, Sergey n’eut d’autre choix que de reculer.
… Voilà donc les Sept Palais des Abysses.
Sept labyrinthes qui dépassaient l’entendement humain.
Tous les Chevaliers de la Mort n’étaient pas pareils.
Quelle folie de n’avoir jamais envisagé qu’un Chevalier de la Mort des Sept Palais des Abysses puisse être une anomalie.
C’est alors qu’un rire retentit à ses pieds.
Les yeux cramoisis du Vampire de sang pur étendu au sol se plissèrent en deux croissants de lune.
« Pauvre imbécile d’humain. Tu ne sais toujours pas qui règne sur ce donjon ? »
« … Quoi ? »
« Cette personne est le boss de ce donjon. Tu l’ignorais, et tu voulais pourtant lui accorder le repos ? Te voilà qui fonces là-dedans avec arrogance. Tu as pénétré dans un repaire de dragon sans la moindre peur. »
Le Chevalier de la Mort était le boss du donjon ? Et pas n’importe lequel : un des Sept Palais des Abysses ? Alors pourquoi le boss se trouvait-il près de l’entrée ?
Plus il y réfléchissait, plus les questions s’accumulaient.
Le vampire n’avait aucune raison de mentir juste pour le déstabiliser.
Pour les monstres, le boss d’un donjon occupait la même place qu’un roi.
Même un Gardien ou un adjoint du donjon aurait déshonoré le boss en se faisant passer pour lui.
Aucun monstre n’aurait osé se faire passer pour le boss, au risque d’y laisser la vie. Encore moins dans une situation qui n’était pas aussi désespérée que celle-ci.
Le Chevalier de la Mort continua simplement d’avancer à pas lents.
Rien qu’à le regarder, Sergey avait du mal à respirer.
Ce ne fut qu’alors qu’il comprit. Cette démarche nonchalante n’était pas qu’une démonstration de sang-froid. Elle ressemblait plutôt à l’ennui qu’on éprouvait face à un simple insecte.
On disait qu’un rat acculé mordait le museau du chat, mais même cette lutte désespérée exigeait de l’esprit combatif.
La peur dévora le corps et l’esprit de Sergey, le rendant incapable de faire le moindre pas.
J’ai… été un putain d’idiot.
Il avait cru pouvoir revenir vivant des Sept Palais des Abysses sans même comprendre à quel point sa vie était précieuse.
Le prix à payer serait inimaginable.
« Capitaine ! »
« Sortez de là, tout de suite ! »
Sergey tourna brusquement la tête.
Les membres du groupe avaient tout vu en un instant. Malgré cela, ils coururent vers Sergey sans hésiter.
Avoir les yeux embués de larmes sous le coup de l’émotion, ça n’arrivait que dans les contes de fées. En réalité, une telle camaraderie n’était rien d’autre qu’une mort inutile.
« Si vous faites un pas de plus, vous allez tous mourir ! Sortez du donjon ! C’est votre seule chance de survivre ! »
Son cri tonitruant fit s’immobiliser les membres du groupe.
Le dos tourné vers eux, Sergey tira une dague de la ceinture attachée à sa cuisse.
Plante ! Plante ! Plante !
Du sang gicla à chaque coup porté à sa cuisse.
Ses jambes, qui tremblaient comme des feuilles de tremble, finirent par s’immobiliser.
« Écoutez-moi bien ! Aujourd’hui, je serai enterré ici ! Il n’y a pas de place pour plus d’une personne dans une tombe ! Partez, maintenant ! »
Les membres du groupe hésitèrent, puis fermèrent les yeux et se tournèrent vers l’entrée.
Comme prévu. Ils savaient écouter.
Ils jetèrent un dernier regard en arrière, à contrecœur, mais Sergey s’était déjà détourné.
Et le Chevalier de la Mort qui se tenait devant Sergey ?
* * *
Non mais, pourquoi est-ce qu’ils me prennent pour le méchant ?
Je n’en revenais pas.
Qui avait débarqué le premier et tenté de tuer les vampires ?
Je n’avais même pas employé la force. Je m’étais contenté de détruire leurs armes, puis j’avais essayé de régler ça par la parole.
J’avançais même lentement parce que je pensais qu’ils auraient peur si je leur fonçais dessus. Et pourtant, ils s’étaient monté la tête et tout avait fini comme ça.
Vlan !
L’homme se rua soudain sur moi et me serra dans ses bras. Il essayait sans doute de faire gagner du temps à ses compagnons pour qu’ils s’enfuient.
Putain, c’est dégueulasse.
Y avait-il contact physique plus désagréable qu’une étreinte aussi intense venant d’un homme ?
« Beurk ! »
Agacé par le moment, je le repoussai d’un coup. Il s’envola au loin.
Tousse ! Tousse !
L’homme percuta le mur et continua de tousser. Franchement, je ne m’en étais toujours pas remis.
Je m’approchai de lui, le saisis par le col d’une main et le soulevai.
« Ne revenez pas. »
Frouu !
Je le lançai vers l’entrée, et il disparut dans l’obscurité. Ça devrait suffire à le faire déguerpir.
Pour être honnête, j’avais eu l’intention de le tuer, mais ça m’avait paru un peu excessif, alors je m’étais retenu. Le meurtre, ça allait trop loin, même quand j’étais furieux.
« Mon seigneur, vous êtes vraiment fort… »
C’était Isabella qui parlait, même si elle était la moins blessée du lot.
Elle n’arrivait toujours pas à se tenir debout et restait allongée au sol comme les autres.
Elle essayait de ne rien laisser paraître, mais elle semblait abattue.
Je savais pourquoi. Elle s’était enflammée après son éveil en Vampire de sang pur, pour finir presque morte sans avoir rien accompli.
Enfin, j’avais failli y passer, moi aussi.
Huit pour cent et seize pour cent de chances.
Même un littéraire comme moi pouvait comprendre que ces chances étaient vouées à l’échec.
Mais l’échec n’était pas assuré, et ma vie était en jeu. J’avais donc eu une peur bleue. Et si ça réussissait ?
Au bout du compte, j’avais eu une chance incroyable que deux échecs d’Amélioration d’affilée leur coupent toute envie de se battre.
Si elles avaient continué à m’attaquer, une des Améliorations aurait pu réussir.
Mais est-ce que ça voulait dire que j’avais de la chance ?
J’avais survécu grâce à deux Améliorations ratées. Je ne savais donc vraiment pas si ça faisait de moi un chanceux ou un malchanceux.
Une chose était sûre : le ciel était de mon côté. Qui pouvait arrêter un Chevalier de la Mort qui avait même un dieu dans son camp ?
Je m’accroupis devant Isabella et lui tendis la main.
Prise au dépourvu, elle la saisit et se releva.
« Ne vous découragez pas. C’est simplement que l’adversaire était fort. »
« … Merci de me dire ça. »
Maintenant que j’y pensais, je ne m’étais pas attendu à ce que les vampires soient aussi sincères.
J’avais beau leur avoir sauvé la vie, nous venions à peine de nous rencontrer et n’avions aucun lien particulier. Ils auraient pu se fermer à moi et faire comme si je n’existais pas.
À leur place, j’aurais pensé à ma propre vie avant tout, bienfaiteur ou non.
Mais eux ne l’avaient pas fait.
Pas un seul n’avait tenté de fuir.
Isabella, surtout, avait risqué sa vie face à un adversaire de niveau 52, et ce courage forçait l’admiration.
Ils ne m’avaient pas été d’un grand secours, mais leurs sentiments m’étaient bel et bien parvenus.
Ils étaient prêts à offrir leur vie pour me rendre la pareille. Je ne pouvais pas faire comme si ça ne comptait pas.
« Au bout du compte, je vous dois encore quelque chose. »
Voilà pourquoi elle avait l’air abattue. Elle avait été sauvée deux fois ; il était normal qu’elle en éprouve de la honte.
« J’aimerais vous demander une faveur. Pourrais-je rester ici jusqu’à ce que je me sois acquittée de la dette contractée aujourd’hui ? »
Est-ce que je pouvais accepter ? Je comprenais qu’elle voulait sauver la face, mais j’avais aussi mes propres problèmes à régler.
Une Partie d’Extermination était déjà passée par là. Je devais partir au plus vite.
Avant que je puisse refuser, un rayon de lumière venu de l’extérieur accrocha le coin de mon œil.
Il faisait déjà jour ?
Le temps avait filé entre les vampires, leur histoire personnelle cousue de fil blanc et cette confrontation avec la Partie d’Extermination. Sans que je m’en rende compte, l’aube était arrivée.
Isabella et les autres vampires me regardèrent, les yeux brillants. Moi, je m’intéressai davantage à leurs blessures qu’à leurs expressions.
Je ne pouvais pas vraiment leur dire de dégager alors qu’ils avaient été blessés à cause de moi.
Et puis, rester avec plusieurs personnes jusqu’à la nuit était plus prudent que d’attendre seul.
Je laissai échapper un souffle glacial et hochai la tête.
« Merci, patron ! »
« Nous vous serons certainement utiles ! »
« Contentez-vous de soigner vos blessures. »
Je leur répondis ainsi et leur fis signe de s’éloigner.
Est-ce qu’une autre Partie d’Extermination allait débarquer entre-temps ?
Peut-être que je devenais paranoïaque avec toutes ces histoires de sécurité.
Mais trois groupes qui débarquaient en deux jours, ce n’était pas normal. C’était comme se faire gank trois fois en deux minutes sur la voie du haut. Un vrai foutoir.
Pitié, laissez-moi juste tranquille pendant une journée.
* * *
Heureusement, personne ne s’introduisit dans la grotte avant la tombée de la nuit.
Malheureusement, l’heure était venue de dire au revoir aux vampires avec qui j’avais passé tout ce temps.
C’était sympa d’être ensemble, mais ne nous revoyons plus jamais. Je plaisantais. Si l’occasion se présentait, on se reverrait probablement.
C’est du moins ce que je croyais.
« Je crois qu’un autre intrus est arrivé. Il n’y en a qu’un, mais il se dirige par ici. »
Quelques heures à peine s’étaient écoulées, et voilà que quelqu’un débarquait déjà. C’était quoi, ce bordel ?
Ils croient vraiment que cet endroit est un donjon ?
Il fallait vraiment que je me tire d’ici au plus vite.
Mais il n’y avait qu’une personne. Au premier abord, le petit nombre pouvait sembler rassurant, mais ses intentions comptaient davantage.
Il n’était pas normal qu’une personne traverse une forêt pour entrer dans une grotte en pleine nuit.
Elle avait manifestement un objectif précis, comme la Partie d’Extermination, mais il y avait autre chose que je devais vérifier d’abord.
Je gardai mes distances et fixai l’entrée. Son niveau comptait plus que son nombre ou ses intentions.
Je gardais toujours à l’esprit le pire scénario possible. Et si mon adversaire était de loin plus puissant que moi, le pire pouvait se produire.
[Niv. 72]
Pendant un instant, je crus que mes yeux me jouaient des tours.
Mais même après les avoir fermés et rouverts, le niveau affiché restait 72.
Je suis foutu. Non, calme-toi. On ne sait jamais. C’est peut-être un humain qui compte sur ses armes, comme tout à l’heure.
Si l’Amélioration échouait comme il fallait, je pourrais peut-être m’en sortir.
Mais derrière ce niveau se dessinait un chapeau conique à larges bords, symbole des mages.
Parmi tous les types d’adversaires, il fallait que ce soit une mage. Une mage contre laquelle l’Amélioration ne servirait à rien.
Qu’est-ce que je pouvais bien faire contre une mage de niveau 72 qui s’approchait de moi ? À part m’apitoyer sur mon sort avant de me faire exploser par sa magie.
J’empêchai les vampires d’aller à la rencontre de l’invitée surprise et me creusai la tête.
La situation dépassait de loin leurs capacités.
Cette fois, essayons de régler ça en discutant.
Ce n’est pas un donjon et je ne suis pas le boss. Me tuer ne vous apporterait que des remords. Je ne vous veux pas le moindre mal, alors épargnez-moi, je vous en prie.
Je répétai dans ma tête toutes les phrases possibles et laissai même ma grande épée derrière moi, au cas où elle se méprendrait sur mes intentions.
Puis je levai les deux mains et avançai lentement.
À mesure que la distance entre nous diminuait, le visage de la mage se dessina.
Pour une raison quelconque, il m’était familier.
Charlotte ?
Elle portait les vêtements qu’on aurait attendus d’une mage. Ses yeux violets. Elle ressemblait exactement à Charlotte si les graphismes du jeu étaient devenus réalité.
Elle avait un visage jeune, comme si elle venait tout juste d’atteindre l’âge adulte, et une beauté à couper le souffle.
Mais sa personnalité est complètement psychotique, putain !
Charlotte était un boss nommé tristement célèbre : l’impitoyable Charlotte, la Sorcière de la poussière.
Elle était le Gardien responsable d’un étage de l’Abîme Décuple, le deuxième donjon le mieux classé des Sept Palais des Abysses.
Ce qui me troublait, c’était que la Charlotte dont je me souvenais dépassait largement le niveau 80. À la voir maintenant, elle paraissait un peu plus jeune.
Et si ma possession avait eu lieu dans le passé ?
Non. Ce n’était pas la question pour l’instant.
J’avais beau me poser mille questions sur l’époque et la raison de la venue de Charlotte la Sorcière, je devais d’abord trouver un moyen de survivre.
Je fis signe aux vampires de rester en arrière.
S’ils la contrariaient, nous finirions tous en cendres.
Sans que je m’en aperçoive, Charlotte s’était arrêtée juste devant moi.
De quoi faire rétrécir mes couilles inexistantes.
Son regard perçant me donnait l’impression qu’elle me transperçait la gorge.
« Par hasard, est-ce que… »
« Je me présenterai plus tard. Allons droit au but. »
Comme ça, tout de suite ?
Je ne savais pas de quoi il retournait, mais j’étais soulagé.
Si c’était Charlotte, elle aurait très bien pu me lancer un sort sans prévenir ; pourtant, elle me laissait l’occasion de parler.
Et si elle avait quelque chose à me demander, c’est qu’elle voulait quelque chose. J’accepterais n’importe quoi et la renverrais vite, avant de cesser de respirer.
« Pouvez-vous m’accepter dans ce donjon ? »
… Pardon ?
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