Chapitre 41
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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Pris pour le monstre boss du donjon ◈
Chapitre 41 : Le monde s’acharne sur moi sans raison
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La cinématique d’ouverture s’acheva, une musique majestueuse enfla, et un monstre boss du Palais des Abysses s’avança.
D’après les novices de Chronique stratégique des 72 Donjons, les scènes d’entrée des boss des Sept Palais des Abysses leur donnaient des sueurs froides.
Je pouvais vous garantir que la tension que je ressentais à cet instant n’avait rien à leur envier, bien au contraire.
Ce n’était pas un jeu. C’était la réalité. Et il y avait cinq boss des Palais des Abysses dans cette salle.
Les portes se refermèrent et je découvris la scène devant moi.
La salle était bien plus vaste que je ne l’avais imaginé, et si haute que j’en étais incapable d’évaluer la hauteur.
D’innombrables Seigneurs étaient assis autour de l’immense table ronde qui trônait au centre.
Leurs compagnons se tenaient solennellement derrière eux, de chaque côté, sans quitter leur place.
Plusieurs sièges ne ressemblaient pas du tout à des chaises ordinaires : chacun évoquait un trône royal.
Il y en avait sept en tout. Des sièges d’honneur réservés aux Sept Palais des Abysses.
Mon regard passa naturellement d’un siège à l’autre.
La Reine des Succubes, qui me saluait d’un geste gracieux.
Le Roi Liche, qui me fixait en silence de ses yeux luisant comme des flammes fantomatiques.
Après avoir dépassé ces visages bien trop familiers, je détournai les yeux.
Badaboum.
Un géant dont le moindre mouvement provoquait d’immenses remous emplit mon champ de vision.
On appelait ça l’horreur cosmique : la peur primitive qu’éprouvaient les gens face à quelque chose de trop immense pour que l’esprit humain puisse le concevoir.
Je compris exactement ce que cela signifiait, jusque dans ma chair. Face à lui, un sentiment d’impuissance m’envahit, comme si mon existence était devenue infiniment petite.
[Niv. 94]
Il mesurait bien une vingtaine de mètres et occupait à lui seul presque tout l’espace.
Il était franchement incroyable qu’on ait fabriqué un siège spécialement pour quelqu’un d’aussi imposant.
Rang 4 des Sept Palais des Abysses, le Tombeau souterrain de la Toundra glacée depuis mille ans. Dalon, le Roi des Géants.
Le niveau de Dalon était vert pâle, signe d’une légère bienveillance à mon égard.
Ça me rassura un peu.
« C’est lui ? Le nouveau rang 7 ?
— Oui ! C’est bien lui ! »
À côté du Roi des Géants se tenaient un homme et une femme qui contrastaient fortement avec Dalon.
Non seulement ils étaient petits, mais ils avaient aussi une attitude incroyablement insouciante.
Accrochés l’un à l’autre, ils gloussaient innocemment, mais étaient assis sur des sièges d’honneur.
[Niv. 95]
Rang 3 des Sept Palais des Abysses, la Tour des Étoiles jumelles où le temps primordial s’écoule à rebours. Les deux homoncules jumeaux, Ren et Rin.
Comme dans le jeu, ils partageaient étrangement le même niveau.
Ils faisaient moins de la moitié de ma taille, mais ce qui se cachait sous leur apparence dépassait probablement même le Roi des Géants.
À mes yeux, les jumeaux Ren et Rin étaient les adversaires qu’il fallait le plus éviter de se mettre à dos.
Ils pouvaient révéler mes véritables capacités en distinguant le vrai du faux.
Heureusement, leur niveau était d’un vert encore plus profond que celui du Roi des Géants Dalon, et je réprimai un soupir de soulagement.
Un regard perçant me fit tourner la tête à droite.
Une femme aux yeux acérés me fixait de là-bas.
Elle portait une robe noire comme l’encre, qui se fondait dans l’obscurité, et ses cheveux noirs lui tombaient jusqu’à la taille.
Les deux cornes qui dépassaient de sa tête évoquaient celles d’un démon, mais elles étaient différentes, d’une certaine façon.
Elle avait pris forme humaine grâce à Polymorphie, mais sa vraie nature, comme tout ce qu’elle dissimulait, dépassait même le Roi des Géants.
[Niv. 97]
Rang 2 des Sept Palais des Abysses, l’Abîme Décuple. Roxanne Dietrich, Seigneur Dragon.
Mon regard s’attarda un instant sur son niveau.
La personne incontestablement la plus puissante de la salle avait un niveau rouge pâle.
Pas de la méfiance, mais de l’hostilité. Et venant de Roxanne, c’était une menace particulièrement sérieuse.
« … Adieu, le trésor de son antre. »
La salle du boss de l’Abîme Décuple était le trésor du repaire des dragons.
Elle était forte, mais si je réussissais à me rapprocher d’elle, je pourrais peut-être récupérer quelques miettes.
Comme elle traitait même les artefacts qui ne lui servaient à rien de vieilleries, j’avais prévu de la baratiner pour qu’elle m’offre au moins une Relique sacrée… mais j’avais tout gâché dès le départ.
Enfin, c’était un espoir vain depuis le début.
Je devais déjà m’estimer heureux qu’elle ne veuille pas me tuer.
Les autres compagnons des Sept Palais des Abysses avaient des niveaux allant de 80 à 89.
Inutile de préciser que tout le monde dans la salle me regardait.
Je me dirigeai vers le siège d’honneur à la table ronde, en feignant le calme.
Sous tous ces regards gênants, je m’adossai au trône vide.
Charlotte et Balutak prirent aussitôt place derrière moi.
« Salut, chéri. »
Rose Sha me salua doucement depuis l’autre côté, en diagonale à ma droite.
Je hochai la tête, faisant mine de rester indifférent.
Ça me frappa de nouveau. En vérité, je n’avais rien de spécial, et pourtant j’étais assis d’égal à égal avec les êtres les plus puissants du monde.
« Tout le monde est là, à l’exception du représentant. »
Une voix calme, mais majestueuse, résonna dans la salle.
La résonance caverneuse sous son timbre grave appartenait à Dalon.
Vu sa taille imposante, je ne pouvais m’empêcher de jeter un coup d’œil dans sa direction dès qu’il bougeait un peu.
« Pouvons-nous commencer la réunion ?
— Pas encore. »
Roxanne croisa les bras d’un air désintéressé.
Même sa façon de croiser les jambes semblait témoigner d’une autorité qui allait bien au-delà de la simple arrogance.
Personne ne pouvait le contester, puisqu’elle était la mieux classée d’entre nous.
« Nous sommes réunis pour la première fois en cent ans. Ne devrions-nous pas respecter le protocole ?
— Hmm… Qu’en pensent les autres camarades ?
— Je suis du même avis que notre Ancien.
— Moi aussi, je suis d’accord.
— Vous êtes tous étrangement d’accord. »
Kalandas et Rose Sha exprimèrent leur approbation à la suite.
Tandis que les Seigneurs des Palais des Abysses discutaient entre eux, les 72 Seigneurs observaient la scène en silence.
D’après ce que j’avais vu dans la salle de l’assemblée, ils n’avaient pas le droit de parler tant qu’on ne leur donnait pas la parole.
Ils devaient avoir la gorge sèche et se sentir étouffés. Même moi, assis sur un siège d’honneur, j’éprouvais la même chose.
Je ne savais même pas où regarder.
J’étais un mort-vivant et je n’avais pas besoin de respirer, pourtant je me sentais quand même étouffer.
« J’aimerais que nous discutions en attendant l’arrivée du représentant. »
À ces mots, Dalon tourna vers moi ses yeux dorés.
Mais il n’était pas le seul : tous ceux qui entouraient la table ronde me regardaient.
Une pression indicible, muette, s’abattit sur moi.
« Quoi, tu veux que Vargoer se présente ? »
Rose Sha rit à la fin de sa question.
J’appréciais qu’elle m’ait aidé dans la salle, mais j’aurais vraiment voulu qu’elle se taise, là, tout de suite.
Rester silencieux et me donner un air digne me rendait déjà sacrément nerveux.
« Pour commencer, je souhaite la bienvenue à un nouveau membre des Nouveaux Sept Palais des Abysses. Je suis certain que tout le monde autour de cette table partage mon sentiment. Je suis sincèrement ému qu’un nouveau camarade se joigne à nous pour accomplir cette tâche. »
« … »
Mon silence renforçait mon autorité, et me permettait aussi de préparer le terrain face à la détection de vérité.
C’était exactement le moment où s’appliquait le dicton : « Si tu ne bouges pas, tu évites au moins la moitié des ennuis. »
« Je ne m’attendais pas à ce que le premier membre des Nouveaux Sept Palais des Abysses soit un Donjon à entité unique. On m’a dit que tu avais tué le Moine du Baume d’un seul coup, sans même lever la main. »
« Moi aussi, je pourrais faire ça. »
Roxanne intervint brusquement, me fusillant du regard comme si elle voulait me tuer.
À mes yeux, je n’avais rien fait, alors ça me semblait injuste.
Vu le caractère de Roxanne, la raison de son hostilité était simple et limpide.
Elle n’aimait tout simplement pas voir un nouveau poids lourd émerger.
Dalon se racla la gorge et demanda : « Seigneur Vargoer, accepteriez-vous que nous échangions quelques questions et réponses, en attendant le représentant ? Tout le monde s’intéresse beaucoup à vous. »
Après avoir parlé, Dalon promena ses yeux dorés autour de la table, comme s’il cherchait l’approbation des autres.
Roxanne acquiesça légèrement, tandis que les jumeaux Ren et Rin hochèrent si vigoureusement la tête qu’on aurait dit qu’elle allait leur tomber du cou.
Kalandas et Rose Sha se contentèrent de m’observer en silence.
Dalon reporta son regard sur moi et sourit, satisfait.
« Cela fait longtemps que je me pose la question. À quel point un Palais des Abysses à entité unique est-il puissant ? J’aimerais connaître votre avis sincère. Si vous affrontiez chacun d’entre nous en duel, quel rang pensez-vous pouvoir défier ? »
C’était quoi, cette question de merde ?
Elle était si inattendue que je crus avoir mal entendu.
Un mauvais souvenir de mon service militaire me revint soudain.
Quand j’étais une jeune recrue, un sergent-chef proche de la démobilisation m’avait demandé de choisir parmi eux celui que je pensais pouvoir battre dans un combat.
Et maintenant, dans cette salle, un boss des Palais des Abysses me posait une question du même genre.
L’absurdité de la chose n’était pas le seul problème : tous les regards des sièges d’honneur étaient braqués sur moi.
À bien y réfléchir, les Sept Palais des Abysses comptaient parmi les êtres les plus puissants du monde.
Ils devaient être immensément fiers de leur force.
Peu importe ma réponse, ça risquait de mal tourner. Mais si je reculais, je leur laisserais prendre l’initiative.
« J’ai entendu dire que vous connaissiez déjà Rose Sha et l’Ancienne Liche. Pourriez-vous les vaincre toutes les deux ? Vous n’allez tout de même pas surpasser ce vieil homme et vous en prendre ensuite aux jumeaux et à Dame Roxanne… »
« Tais-toi. »
Le regard de Roxanne se fit encore plus perçant.
Elle me regardait, moi, et non Dalon, qui venait de parler.
Pourquoi, bordel, s’en prenait-elle sans cesse à moi alors que je restais assis sans rien faire ?
« Il est de rang 7. As-tu oublié mon rang ?
— Mais, Dame Roxanne, n’est-il pas un Donjon à entité unique ? Il a pris seul le septième siège des Abysses.
— Et alors ? »
Roxanne se leva d’un bond.
Clic, clic.
Le bruit de ses talons résonna dans le silence.
Elle s’arrêta juste devant moi, parfaitement droite.
« Tu veux qu’on règle ça ici ?
— … »
Il suffirait d’un geste de Roxanne pour que je brûle sans laisser la moindre cendre.
Alors, s’il vous plaît, épargnez-moi.
Je jetai un regard autour de moi en pensant cela, mais tout le monde se contentait d’observer la scène avec intérêt, sans chercher à l’arrêter.
Même Rose Sha continuait de sourire de toutes ses dents.
Que quelqu’un l’arrête, putain.
Grrr…
À cet instant, les portes de pierre s’ouvrirent au moment idéal.
L’attention, jusque-là concentrée sur moi, se tourna vers la silhouette qui approchait dans l’embrasure.
« J’ai failli y passer… »
Il aurait suffi que Roxanne éternue pour que mon corps disparaisse sans laisser le moindre fragment d’os.
J’avalai mon immense soupir de soulagement et fixai la silhouette qui approchait.
La personne portait un costume impeccable. Pourtant, à la vue de son visage, un dégoût instinctif m’envahit.
Son visage allongé ressemblait à celui d’une pieuvre, avec cinq paires d’yeux disposées de haut en bas.
Une douzaine de tentacules, et même davantage, laissaient couler sans cesse un mucus visqueux.
« Je salue les Seigneurs des Sept Palais des Abysses. »
[Niv. 92]
Cette tête de pieuvre était l’adjoint de l’Ancien, classé premier.
Rien qu’en niveau, l’adjoint pouvait rivaliser avec les boss des Palais des Abysses.
J’allais détourner les yeux, incapable de supporter plus longtemps cette apparence répugnante.
[Vieille chose de l’Ancien (n° 3)]
[Chance d’Amélioration : 0 %]
[※ Avertissement ! Appliquer une Amélioration à la cible la détruira à coup sûr !]
[En cas d’échec de l’Amélioration, le délai de récupération sera réinitialisé.]
[Voulez-vous améliorer Vieille chose de l’Ancien (n° 3) ?]
[OUI/NON]
Quand je le vis pour la première fois, je fus surpris. Puis je supposai que cela venait d’un objet porté par l’adjoint.
Mais j’eus beau regarder, l’adjoint ne portait aucun objet, et la fenêtre de notification était apparue à partir de l’adjoint lui-même.
En y regardant de plus près, son nom aussi était Vieille chose de l’Ancien.
Vu les circonstances, la fenêtre de notification venait de l’adjoint.
… Pourquoi cela fonctionnait-il sur un adjoint plutôt que sur un objet ?
La chance était de 0 %, et, au lieu d’un rang, l’étiquette incompréhensible « n° 3 » s’affichait clairement.
Non. Je savais exactement ce que cela signifiait.
« Une Relique sacrée. »
Les Reliques sacrées que je connaissais étaient les n° 5 et n° 4.
C’étaient celles que j’avais vues dans l’Abîme Décuple et au Saint-Siège de l’Empire.
L’une des Reliques sacrées restantes, jusque-là entourées de mystère, se trouvait juste devant moi.
Et c’était un être vivant, rien de moins que l’adjoint de l’Ancien.
Pour être honnête, j’avais deviné que l’Ancien possédait une Relique sacrée.
Il y avait eu bien assez d’indices, et il aurait été étrange que Roxanne en ait une et pas l’Ancien.
Pourtant, je n’aurais jamais imaginé la voir sous une forme vivante, avec le titre d’adjoint.
Plus surprenant que tout, d’un seul clic sur Amélioration, l’adjoint de l’Ancien disparaîtrait sans laisser de trace.
Bien sûr, je n’avais aucune intention d’utiliser Amélioration de cette façon, ici.
Quoi qu’il en soit, les informations que j’avais apprises grâce à Amélioration devaient rester secrètes.
Si j’en parlais à la légère, ça ne pouvait que mal finir pour moi.
Une fois ma confusion dissipée, l’adjoint s’assit sur le siège d’honneur inoccupé.
Roxanne avait regagné sa place et s’adressa alors à l’adjoint.
« Ça faisait longtemps, Blizz.
— Je suis heureux de vous revoir. Mon maître m’a chargé de vous transmettre ses salutations.
— Dis-lui que je vais toujours très bien. »
L’adjoint, qui s’appelait Blizz, échangea des salutations en suivant l’ordre hiérarchique.
Les voir faire juste à côté de moi me mettait mal à l’aise.
Malgré tout, grâce à Blizz, mon conflit avec Roxanne était passé à la trappe.
J’avais failli avoir de vrais ennuis.
Je m’étais contenté de fixer le vide sans broncher, et voilà que Roxanne s’était emballée et m’avait cherché querelle.
À ce stade, je n’avais même plus le droit de respirer ?
« Ah… J’aurais vraiment pas dû venir. »
Je n’aurais jamais dû venir à cette réunion.
« Vous devez être le Seigneur du nouveau Palais des Abysses. »
Blizz avait fini d’échanger des salutations avec Rose Sha et s’approcha de moi.
« Ravi de vous rencontrer. Je suis Blizz, adjoint de l’Ancien.
— Enchanté. Je suis Vargoer.
— N’hésitez pas à me tutoyer. »
Nous nous serrâmes brièvement la main, puis Blizz retourna à sa place.
Mon regard se fixa malgré moi sur le niveau au-dessus de la tête de Blizz.
Le niveau, qui était d’un blanc pur, était devenu noir profond.
… Qu’est-ce que je venais de faire ?
Un bug ? Ouais, ça devait être un bug.
Je n’avais rien fait, alors pourquoi Blizz aurait-il peur de moi ?
Je pouvais comprendre un noir pâle. Mais j’avais rarement vu un noir aussi profond. Et pourtant, Blizz semblait parfaitement calme.
J’avais beau y réfléchir, ce ne pouvait être qu’un bug.
« Blizz, tu… »
Roxanne fixait Blizz, les pupilles dilatées comme des soucoupes.
Elle regardait Blizz, mais, pour une raison ou une autre, son doigt pointait vers moi.
« Pourquoi as-tu peur de lui ? »
Ma confusion ne dura qu’un instant avant que le Don d’intuition céleste de Roxanne ne me revienne à l’esprit.
Roxanne, rang 2, possédait le Don d’intuition céleste qui lui permettait de discerner la peur.
Elle pouvait voir non seulement si quelqu’un avait peur, mais aussi à quel point cette peur était profonde.
Les niveaux que je pouvais consulter ne révélaient que les sentiments des autres à mon égard.
La capacité de Roxanne à discerner la peur, en revanche, lui indiquait qui avait peur de qui.
Ce qui signifiait que le niveau de Blizz n’était pas un bug.
Blizz était vraiment terrifié par moi.
Un silence interrogateur s’installa dans la salle.
Même après un moment, personne ne parla.
Sous la pression qui l’obligeait à répondre, Blizz finit par ouvrir la bouche avec difficulté.
« Comme on pouvait s’y attendre d’un Palais des Abysses à entité unique. »
Roxanne regarda tour à tour Blizz et moi.
Je ne savais pas non plus ce que ça pouvait bien vouloir dire.
« Comme le Don d’intuition céleste de Dame Roxanne à l’instant, les Seigneurs des Palais des Abysses possèdent le Don d’intuition céleste. J’en possède un moi aussi. »
C’était la première fois que j’en entendais parler.
Je croyais que c’était un privilège réservé aux Seigneurs.
« Dans mon cas, je ne vois pas les émotions. Je vois des chiffres : la probabilité que la cible puisse me tuer. »
Ce n’était pas la même chose que ma capacité à voir l’intention meurtrière. Ce n’était même pas un simple pressentiment de danger de mort.
C’était quelque chose de plus profond : la probabilité de mourir de la main de l’autre personne.
Si j’utilisais Amélioration, Blizz mourrait sans même s’en rendre compte.
Avec une probabilité de 100 %, encore plus élevée que pour le Moine du Baume.
« D’après les chiffres que j’avais vus jusque-là, Dame Roxanne était la personne la plus dangereuse. Quels que soient les moyens que j’employais, je mourrais huit fois sur dix. Mais… »
Blizz marqua une pause et croisa mon regard.
« Si Seigneur Vargoer souhaite me tuer, je mourrai sur-le-champ. Quels que soient les moyens que j’emploie. »
Ce que Blizz ressentait à mon égard n’était pas une simple peur, mais une peur née de la mort.
Amélioration était une capacité de mort instantanée qui ne fonctionnait que sur Blizz.
Amélioration ne s’appliquait qu’à cette Relique sacrée, et sa chance était de 0 %.
Les Seigneurs, qui ne savaient rien de mes véritables capacités, ne manqueraient pas de prendre cela pour une mesure de ma force.
Les regards braqués sur moi me donnaient déjà la réponse.
« Alors, vous dites que Seigneur Vargoer est le plus puissant d’entre nous ?
— Du moins, d’après ce que je peux voir… »
Blizz répondit prudemment à la question de Dalon.
« Je ne crois pas qu’un Seigneur ici présent puisse vaincre cette personne seul. »
Ah.
Cette ambiance était vraiment pénible.
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