Chapitre 37
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Mordor
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Pris pour le monstre boss du donjon ◈
Chapitre 37 : Estigel, une demi-humaine, mi-démon
──────
Estigel était une demi-humaine, mi-démon, méprisée partout où elle allait.
Pour éviter les regards, elle vivait cachée dans une grotte reculée.
Tout ce qu’elle voulait, c’était vivre tranquillement sans qu’on la découvre.
« Pourquoi faut-il que j’endure ça ? »
Tout commença quand le donjon de rang 72 fut conquis.
Par un terrible coup du sort, un Cœur de donjon de rang 72 se forma dans la grotte où vivait Estigel, la transformant, elle qui n’était personne, en boss de rang 72.
Naturellement, un chiffre s’imprima dans l’esprit d’Estigel.
Je suis le boss de l’un des 72 Donjons ! Mais je suis de rang 72 !
Si les gens apprenaient qu’elle était le boss des 72 Donjons, sa vie paisible serait réduite en miettes.
Estigel se cacha au plus profond du donjon pour dissimuler son identité.
Puis, avant l’Assemblée, l’Association des Donjons se mit à rechercher le donjon de rang 72. Celui d’Estigel fut découvert en un rien de temps.
Les marchands eurent beau lui demander avec insistance si elle était le boss de rang 72, Estigel s’obstina à le nier. Personne ne fut dupe.
Les marchands virent le Cœur de donjon d’Estigel de leurs propres yeux.
Les donjons artificiels extérieurs aux 72 Donjons ne pouvaient pas créer de Cœur de donjon.
La preuve était faite : Estigel était bien le boss de rang 72.
« Vous risquez d’en subir les conséquences si vous n’assistez pas à l’Assemblée. Vous feriez fi des efforts de l’Association des Donjons. »
Elle était une Seigneur, mais tout en bas du classement, au rang 72, et en plus, une demi-humaine, mi-démon.
Les marchands n’hésitèrent pas à menacer Estigel.
Cette Assemblée reprenait après cent ans d’interruption.
Tous les Seigneurs devaient y assister pour qu’elle soit à la hauteur de son importance.
Bien sûr, les autres Seigneurs seraient probablement hostiles à une demi-humaine, mi-démon, mais Estigel n’avait pas assez d’importance pour que les marchands s’en soucient.
« J-Je suis vraiment obligée d’y aller… ? »
« Faites comme vous voulez. Mais si vous n’y allez pas, vous en subirez vous-même les conséquences. »
Estigel savait trop bien ce que le monde pensait des demi-humains, mi-démons. Voilà pourquoi elle avait si peur.
Si elle s’était cachée dans cette grotte depuis le début, c’était parce qu’elle craignait qu’un jour comme celui-ci arrive.
Rien qu’à imaginer la façon dont on la traiterait si elle y assistait, elle en avait déjà la vue qui se brouillait.
En même temps, elle était terrifiée à l’idée des représailles que l’Association marchande pourrait lui faire subir si elle n’y allait pas.
Finalement, Estigel accepta à contrecœur, comme si elle avalait un médicament amer.
Ce ne fut qu’à l’arrivée du jour fatidique qu’un marchand lui apprit la nouvelle.
« … Une demi-humaine, mi-démon, s’est suicidée ? »
« Oui. Vous venez seulement de l’apprendre ? »
Une demi-humaine, mi-démon, qui avait accompagné la précédente Assemblée en tant que Gardienne, s’était suicidée.
Estigel eut l’esprit vide.
Elle était déjà arrivée dans la salle de banquet du palais. Impossible de faire marche arrière.
Au fond d’elle, Estigel voulait se mordre la langue et se tuer, elle aussi.
On pourrait me faire « me suicider » comme cette autre demi-humaine, mi-démon, pas vrai ?
Malgré tout, elle entra dans la salle de banquet avec une minuscule lueur d’espoir.
Il fallut moins de dix secondes pour que cet espoir vole en éclats.
« Cette fille, ce ne serait pas une demi-humaine, mi-démon ? »
« Si. J’ai entendu dire que le rang 72 en était une, ça doit être cette garce. »
« Elle n’a vraiment honte de rien. Qu’est-ce qu’une demi-humaine, mi-démon de rang 72 espérait en venant à l’Assemblée ? »
« On dirait qu’il va falloir remplacer le rang 72, encore une fois. »
Ah.
Je suis morte !
Le mépris et l’intention meurtrière, bien pires que tout ce qu’elle avait imaginé, déferlèrent de toutes parts.
« Dégage ! »
« H-Heu… »
Les coups d’épaule n’étaient que le début. On l’insultait en pleine face, et quelqu’un alla jusqu’à lui cracher sur les chaussures.
À en juger par l’ambiance, ils semblaient prêts à la frapper, voire à se jeter tous sur elle.
Incapable de supporter cette humiliation, Estigel décida de se faire aussi discrète que possible.
Pendant des heures, Estigel resta tassée dans un coin.
Heureusement, l’attention autour d’elle finit peu à peu par retomber.
Estigel se sentit soulagée, mais son anxiété ne fit que grandir.
« Pitié, je veux juste que le temps passe vite… »
Ici, une minute semblait durer une heure. Rien que rester debout l’empêchait de respirer.
« Le Seigneur Vargoer, chevalier de la Mort et maître de rang 7 du Tombeau de la Foi, est arrivé ! »
Cette annonce tonitruante la fit sursauter, et sa signification la bouleversa encore davantage.
Estigel avait des yeux et des oreilles. Comment aurait-elle pu ignorer les rumeurs qui s’étaient répandues ?
Les Sept Palais des Abysses ! Le Seigneur Vargoer du Tombeau de la Foi !
Elle avait entendu dire que Vargoer était devenu le seul boss d’un Palais des Abysses à instance unique, qu’il s’était fait un ennemi du rang 5 et avait gagné l’affection aveugle du rang 6.
Plus encore, Vargoer avait tué deux Héros et s’était même emparé d’une Épée sacrée éveillée. Une telle puissance était incroyable pour un donjon tout juste établi.
C’était un exploit que les autres Seigneurs des Sept Palais des Abysses admireraient à coup sûr.
« Hein. C’est celui qui a tué le Seigneur Gergoer… »
« Je n’aurais jamais cru qu’un boss en tuerait un autre… »
Estigel tendit l’oreille aux voix qui l’entouraient.
Puis, un choc indescriptible la frappa.
Vargoer a tué le Seigneur de rang 21 !?
Un nouveau boss des Sept Palais des Abysses avait tué le boss de rang 21. Sans hésiter, d’un seul coup.
Son choc ne dura qu’un instant, avant qu’Estigel ne soit submergée par l’inquiétude pour sa propre sécurité.
C’était un boss des Sept Palais des Abysses qui avait impitoyablement tué même celui de rang 21.
Et si Vargoer remarquait une demi-humaine, mi-démon, déjà indésirable aux yeux de tous ?
Si nos regards se croisent, je suis morte !
Elle se retourna aussitôt pour faire face au mur.
Si elle gardait Vargoer derrière elle, elle ne croiserait pas son regard, même si elle le voulait.
Fffuit !
Un sifflement aigu retentit soudain à côté de son oreille.
En jetant un coup d’œil instinctif sur le côté, elle vit Vargoer tenir l’Épée sacrée. Un boss, assis par terre comme s’il était tombé sur les fesses, se trouvait devant lui.
« Urk… »
« Rang et nom. »
« P-Pardon ? »
« J’ai dit : donne-moi ton rang et ton nom. »
« … Je suis Brutalgrim, rang 34. »
« Je m’en souviendrai. Comme nous sommes à une réunion officielle, je vais m’arrêter là. »
« … »
« La prochaine fois, prépare-toi à te faire arracher la langue. Compris ? »
« O-Oui. Je ne recommencerai pas… »
Sur ces mots, Vargoer retourna à sa place.
Gloups.
Même la salive qu’Estigel avala lui parut lourde.
Au banquet, censé favoriser les échanges, Vargoer n’avait pas hésité à menacer un Seigneur de mort.
Rien d’étonnant pour un boss des Sept Palais des Abysses qui avait tué celui de rang 21…
« Hii ! »
Estigel se retourna aussitôt.
Elle avait beau sembler méditer face au mur, ses pensées étaient loin d’être paisibles.
Si Vargoer me voit, je suis morte. Si Vargoer me voit, je suis morte. Je vais mourir s’il me voit. Pitié, pitié, pitié…
Tout son corps tremblait sans qu’elle puisse se contrôler.
Le spectacle était pitoyable, mais ici, Estigel n’inspirait aucune compassion en tant que demi-humaine, mi-démon. Elle ne faisait qu’attiser davantage les intentions meurtrières.
C’est alors que des pas s’approchèrent.
Clang, clang.
Ils s’accompagnaient d’un bruit de métal raclant contre du métal.
La peur lui remonta le long de la colonne vertébrale et une sueur froide lui coula sur le corps.
Pitié, pitié, faites que ces pas ne viennent pas par ici. Estigel pria désespérément les cieux.
Comme pour trahir ses prières, elle sentit une main se poser sur son épaule.
… Ah.
Estigel se figea.
Vargoer l’avait forcément reconnue comme une demi-humaine, mi-démon.
La peur qui accablait tout son corps l’empêchait de bouger ne serait-ce qu’un doigt.
Si elle faisait semblant de ne pas voir Vargoer, elle mourrait d’un seul coup.
Comme une poupée de bois brisée, Estigel pivota en grinçant, avec peine.
La différence de taille était telle qu’elle dut lever la tête pour voir le visage de Vargoer.
Mais elle aurait mieux fait de ne pas le regarder. Dès qu’elle aperçut l’éclat féroce dans les yeux du chevalier de la Mort, ses larmes montèrent et jaillirent.
« P-Pitié, épargnez-moi… »
Vargoer la regarda en silence.
Pour Estigel, c’était une intention meurtrière capable de la tuer à tout moment.
« Hic ! »
Elle avait si peur qu’un hoquet lui échappa.
Vargoer bougea aussitôt la main. Estigel ferma les yeux par réflexe.
« Ta main. »
« … ? »
Quand elle entrouvrit à peine les yeux, Vargoer lui tendait la main.
À ne considérer que le geste, on aurait dit qu’il voulait lui serrer la main. Rien que le geste.
Dans le Royaume démoniaque, les demi-humains, mi-démons étaient considérés comme des intouchables.
Un Seigneur aussi illustre d’un Palais des Abysses ne toucherait jamais volontairement l’un d’eux.
Mille suppositions tourbillonnèrent dans son esprit, puis la réponse lui apparut soudain.
Vargoer va me briser le poignet… !?
* * *
Estigel leva vers moi un visage empreint de terreur.
Même sans voir la couleur de son niveau, ses sentiments sautaient aux yeux avec une telle expression.
« Ta main. »
Je lui tendis prudemment la main, en prenant soin de garder un ton doux.
J’avais longuement réfléchi avant de m’approcher d’elle.
Un Seigneur des Sept Palais des Abysses qui devenait le protecteur du boss de rang 72, lui-même une demi-humaine, mi-démon ? Cela ferait sûrement scandale, et pas dans le bon sens.
Malgré tout, je voulais la recruter, car j’estimais beaucoup le potentiel d’Estigel.
« Tu ne m’as pas entendu ? J’ai dit : donne-moi ta main. »
Mon bras commençait à me faire mal.
Puis elle me donna une réponse absurde.
« V-Vous allez me faire quelque chose au poignet… ? »
C’était ridicule. Est-ce que j’avais l’air de vouloir lui trancher le poignet ou quoi ?
N’ayant pas le choix, je lui pris moi-même la main et la lui serrai.
« Enchanté. Je suis Vargoer, un Seigneur des Sept Palais des Abysses. Présente-toi, toi aussi. »
« … Hein ? »
« J’ai dit de te présenter. »
Pendant un instant, on aurait dit que le temps d’Estigel s’était arrêté.
Sa bouche s’ouvrait et se refermait comme celle d’un poisson rouge, tandis qu’elle clignait des yeux sans arrêt.
« On va y passer la journée. »
« O-Oui ? »
« Tu n’as qu’à me donner ton rang et ton nom. »
« Euh, ah, aaah… »
Elle bégayait, s’embrouillait, gigotait, hésitait.
Son comportement était exaspérant du début à la fin, et je parvins à grand-peine à retenir un soupir.
« J-Je suis Estigel, de rang 72. J-Je suis en retard pour le dire, mais c’est un honneur de rencontrer un Seigneur d’un Palais des Abysses… »
Estigel se plia en deux comme un téléphone à clapet.
Elle avait peur quand je ne faisais rien et peur quand je lui serrais la main. J’avais l’impression de passer pour le méchant quoi que je fasse.
Elle semblait tout juste majeure, ce qui me faisait me sentir encore plus coupable.
« Estigel, rang 72. Tu as éveillé mon intérêt. »
« Moi ? J-J’ai éveillé votre intérêt ? »
« Oui. »
« V-Vous voulez dire comme jouet ? Ou vous comptez faire de moi un sujet d’expérience… ? »
Mais qu’est-ce qu’elle pouvait bien penser de moi ?
« C’est impoli. »
« Hii ! J-Je suis désolée ! J’ai commis un péché impardonnable ! »
« Tu n’es ni un jouet ni un sujet d’expérience. Tu as un moment ? »
« Euh… »
« Je ne te veux aucun mal. Parlons au moins un peu. Je fais ça parce que j’aimerais qu’on soit amis, alors n’aie pas peur. »
Elle inspira brusquement.
Estigel prit une grande inspiration.
« Amis, avec moi ? »
« Oui. »
« M-Mais je suis de rang 72 ? »
« Je sais. »
« Et vous êtes un Seigneur des Sept Palais des Abysses… ? »
« Tu crois que je ne le sais pas ? »
« … Et j’ai même du sang humain. »
« Quel rapport avec tout ça ? »
Ça avait de l’importance, mais ton potentiel en avait davantage.
Même après tout ce que je venais de dire, la couleur de son niveau ne changea pas.
À cet instant, Charlotte et Balutak s’approchèrent, chacun d’un côté.
« Laisse-moi d’abord te présenter cet Insecte. Voici Balutak, Gardien du Tombeau de la Foi. »
« Kirik. Enchantée. Je suis Balutak. »
« Et cette humaine, c’est mon adjointe, Charlotte. Ce n’est pas une demi-humaine, mi-démon, mais une humaine de sang pur. C’est une Sorcière, cela dit. »
« … C’est un honneur de vous rencontrer, Seigneur. »
Les pupilles dilatées d’Estigel se fixèrent sur Charlotte.
« Vous êtes vraiment humaine ? Une humaine est vraiment l’adjointe d’un Seigneur des Sept Palais des Abysses ? »
« C’est exact. »
« Waouh… »
Estigel entrouvrit la bouche, stupéfaite.
Comme prévu, le noir de son niveau pâlit, même si ce ne fut que légèrement.
Puisque j’avais une humaine de sang pur comme adjointe, elle devrait au moins cesser de croire que j’étais un suprémaciste racial.
Bien sûr, mes subordonnés pourraient se demander pourquoi je prenais contact avec quelqu’un d’aussi insignifiant que le rang 72.
Balutak avait probablement laissé passer parce qu’elle n’y avait pas trop réfléchi.
Comme prévu, Charlotte n’arrêtait pas de me jeter des regards embarrassés.
« Boss, pourrais-je vous parler seul un instant ? »
« Bien sûr. »
Je devinais déjà ce dont elle voulait me parler, cette fois encore.
* * *
Ces derniers temps, Charlotte ne pouvait s’empêcher de s’interroger sur les intentions du Boss.
Un boss demi-humain, mi-démon, de rang 72. Un boss des Sept Palais des Abysses avait manifesté des intentions amicales envers Estigel.
Charlotte laissa Estigel derrière elle et s’entretint avec le Boss.
« Mon Seigneur, c’est vraiment inacceptable. Il va de soi qu’une personne aussi sotte que moi ne peut connaître vos véritables intentions. Malgré tout, c’est vraiment… »
Charlotte reprit ses esprits, s’interrompit et observa la réaction du Boss.
Une adjointe au service du Boss venait de révéler ouvertement ses pensées négatives.
Charlotte baissa la tête en signe d’excuse.
« Je comprends tes inquiétudes. »
« … Alors pourquoi ? »
Cela pourrait lui coûter encore plus de prestige que l’affaire Gergoer.
Le Boss en était conscient, mais les intentions véritables du Boss restaient un mystère, malgré tous les efforts de Charlotte.
« J’ai décelé du potentiel chez Estigel. »
Charlotte savait que le Boss avait la capacité de voir le potentiel des autres.
Malgré tout, le potentiel ne suffisait pas à justifier une telle décision.
« Je n’accepterai plus aucune objection. Comme tu l’as toujours fait, fais-moi confiance. »
« Mais, mon Seigneur… »
« Ça suffit. »
Le Boss refusa obstinément de changer de cap.
Le Boss comptait-il vraiment se lier d’amitié avec une demi-humaine, mi-démon, de rang 72, sur la seule base de son potentiel ?
Non, il devait y avoir une autre raison.
Charlotte regarda le Boss s’éloigner vers Estigel et tenta de deviner ses intentions cachées.
Après avoir longuement réfléchi, elle arriva à trois conclusions.
Elle ne pouvait pas en être certaine, mais rien d’autre ne lui venait à l’esprit.
Le Boss possédait un altruisme profond, qui ne convenait pas à un mort-vivant.
La première possibilité était que le Boss avait simplement pris en pitié une personne persécutée et lui avait tendu la main.
« Si ce n’est pas ça… »
La deuxième possibilité était que le Boss l’avait fait pour elle.
Charlotte était une humaine de sang pur, mais elle avait vécu dans des conditions semblables à celles d’une demi-humaine, mi-démon.
Une vie faite d’oppression et de fuite. La Sorcière Charlotte n’avait été accueillie ni par les humains ni par les donjons.
Il en allait clairement de même pour les demi-humains, mi-démons.
Un sentiment de parenté et d’appartenance commune qu’elle n’avait même pas éprouvé en voyant des humains.
Quand elle avait vu Estigel, ces sentiments lui étaient apparus clairement.
Il lui arrivait même de se surprendre à regarder Estigel sans y penser.
Le Boss réconfortait discrètement Charlotte en traitant sans hésiter une demi-humaine, mi-démon.
Ne te décourage pas simplement parce que tu es humaine. Même si tu es humaine, je te vois telle que tu es.
Cela semblait plausible. Charlotte était toujours restée aux côtés du Boss, malgré sa timidité.
Si le Boss avait remarqué ses sentiments cachés, toutes ces actions prenaient désormais sens.
« La dernière possibilité… »
Honnêtement, c’était celle qu’elle avait le plus de mal à croire.
Le Boss était un pervers sexuel.
Il y avait des nécrophiles parmi les humains, alors rien n’empêchait qu’il existe des morts-vivants ayant un fétiche pour les humains.
Bien sûr, les morts-vivants n’avaient aucun désir sexuel, pas plus qu’ils n’avaient d’appétit ou besoin de dormir.
Mais le Boss était un Seigneur des Sept Palais des Abysses.
Il ne serait pas étonnant qu’il possède quelque chose que les morts-vivants n’avaient pas.
On racontait même que le Roi Liche Kalandas comblait son appétit en dévorant des âmes.
Charlotte et Estigel étaient toutes deux de belles jeunes femmes.
Elles semblaient aussi avoir à peu près le même âge, puisqu’elles venaient tout juste de devenir adultes, et avaient des silhouettes similaires.
À bien y repenser, le Boss avait aussitôt accepté Charlotte comme adjointe, sans même lui faire passer d’entretien, et non comme Gardienne.
Une adjointe qui devait rester en permanence aux côtés du Boss.
« Maintenant que j’y pense, il y a quelque temps… »
Le Boss était entré dans la chambre des adjoints alors qu’elle se changeait.
Charlotte était nue jusqu’à la taille, à ce moment-là.
Si le Boss avait été un mort-vivant sans désir sexuel, il aurait simplement réglé ce qu’il avait à faire sans réagir.
Au lieu de cela, il s’était raclé la gorge à plusieurs reprises, avant de faire semblant de n’avoir rien vu et de refermer la porte.
C’était le genre de réaction qu’aurait quelqu’un qu’excitait la vue du corps nu d’une femme.
« Le Boss n’estime pas mes capacités, mais convoite mon corps… »
Charlotte avait commis d’innombrables erreurs et n’avait pas été très utile pour gérer le donjon.
Malgré cela, le Boss l’avait peut-être gardée à ses côtés tout ce temps uniquement pour le plaisir de regarder une femme.
Si c’était vrai, cela signifiait que le Boss la désirait.
C’était une éventualité qu’elle n’avait jamais envisagée, et le choc était immense.
Peut-être que ce n’étaient vraiment pas ses capacités qui intéressaient le Boss, mais son apparence.
« … »
Charlotte examina son corps.
Sa robe la couvrait de la tête aux pieds, sans rien dévoiler.
Elle était confortable, mais Charlotte trouva soudain étouffant de se voir ainsi entièrement dissimulée.
« Je devrais trouver des vêtements qui mettent ma silhouette en valeur. »
Au fond d’elle, Charlotte espérait que cette dernière hypothèse soit vraie.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>