Chapitre 30
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Mordor
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Pris pour le monstre boss du donjon ◈
Chapitre 30 : Enfin… Ce qui devait arriver est arrivé
──────
Après la disparition de leur reine, les Vampires déclinèrent naturellement et devinrent une race faible.
Le Château de la Luxure était à la fois le cas le plus remarquable et le seul où des Vampires appartenaient aux Sept Palais des Abysses.
Même les Vampires de ce château n’avaient acquis une puissance colossale qu’après avoir reçu le sang de leur Boss et être devenus ses subordonnés.
Tout le monde s’accordait à dire que les Vampires de sang pur étaient faibles.
Il y avait aussi le groupe de Vampires qui avait échoué dans les nouveaux Sept Palais des Abysses.
Parmi eux, Isabella était consciente du paradoxe de sa situation.
Elle était ridiculement faible comparée aux Vampires du Château de la Luxure.
L’idée même qu’une personne comme elle puisse appartenir aux Sept Palais des Abysses était absurde.
« Qu’est-ce que vous en pensez ? »
« Tu as tout à fait raison, grande sœur. »
Isabella discuta à voix basse avec les autres Vampires.
Balutak, le Gardien, était fort. Charlotte, l’adjointe, l’était aussi.
Pourtant, même si Isabella semblait occuper le même rang qu’eux, elle n’était en réalité guère plus qu’un monstre de remplissage à côté d’eux.
Isabella n’avait-elle pas été incapable de faire autre chose que s’évanouir devant Wilhelm ?
La honte et l’impuissance montèrent en elle, mais elle ne voulait pas les montrer.
Au lieu de ça, elle prit délibérément un air enjoué pour cacher ce qu’elle ressentait vraiment. Même si elle n’était qu’un poids mort à leur charge, elle voulait rester ici.
« Pour être honnête, j’ai toujours voulu rester ici. »
Elle aimait les gens d’ici davantage que le titre des Sept Palais des Abysses.
Il y avait Balutak, avec qui elle s’entendait bien. Il y avait l’adjointe, pointilleuse mais secrètement attentionnée. Et surtout, le Boss avait pris soin d’eux, sans jamais vraiment se comporter comme un Boss.
« Mais ce serait trop éhonté. Même si le Boss m’y autorisait, je ne pourrais pas avoir l’esprit tranquille. »
« Oui. Je ressens la même chose. »
« Moi aussi. »
C’était l’un des Sept Palais des Abysses.
Des ennemis encore plus puissants viendraient les affronter à l’avenir, et le sentiment d’impuissance d’Isabella ne ferait que grandir.
Personne ne savait mieux qu’elle que sa présence ne ferait que les gêner.
Elle s’était installée ici en prétendant vouloir rembourser sa dette, mais elle ne faisait que vivre à leurs crochets comme un parasite, en suçant le sang tel un moustique.
« Même si nous restons, nous ne ferons que vous causer des ennuis. »
Ce n’était pas un donjon comme les autres. C’était l’un des Sept Palais des Abysses.
Que se passerait-il si la nouvelle se répandait que le Tombeau de la Foi, classé septième, avait recueilli un groupe de Vampires faibles ?
Le donjon n’avait échappé à cela que parce qu’il était encore récent et inconnu. Dès que la nouvelle se répandrait, les autres 72 Donjons le couvriraient de mépris et de railleries.
Leur affiliation aux Vampires reviendrait à ternir le nom du Boss.
« C’est vrai… Les Insectes, au moins, se rendent utiles en travaillant, mais nous ne sommes même pas capables de faire ça. »
Les Insectes tiraient le meilleur parti de leurs aptitudes raciales et accomplissaient leur tâche d’ouvriers remarquables.
Et les Vampires, alors ?
Ils montaient la garde, mais avec la boule de cristal de sécurité en place, ils ne servaient que de décoration.
Le Boss devait le savoir, pourtant il n’avait rien fait et avait simplement fermé les yeux.
« Nous ne pouvons pas continuer à être un fardeau pour le Boss. Je pense que nous devrions partir tout de suite. »
Il l’avait fait évoluer en Vampire de sang pur, lui avait sauvé la vie et l’avait autorisée à vivre dans son donjon.
Elle avait reçu plus de bonté qu’elle ne pourrait jamais lui en rendre en une vie entière.
Si elle continuait à dépendre de lui, elle risquait de vivre avec sa culpabilité jusqu’à la fin de ses jours.
Et puis, si elle s’attachait encore davantage à eux, elle n’aurait jamais le courage de partir. C’était maintenant ou jamais.
* * *
Après avoir pris sa décision, Isabella rassembla tout le monde au dixième étage.
Elle prit une grande inspiration devant eux, puis leur dévoila ce qu’elle ressentait vraiment.
Les visages impassibles autour d’elle changèrent peu à peu.
« Tu as changé d’avis ? Tu pourrais le regretter plus tard. »
« Kirik. Balutak aime Isabella. Pourquoi Isabella veut-elle partir ? »
« J’en ai déjà discuté avec les miens. Ils ressentent tous la même chose. Plutôt que de continuer à dépendre de vous, je pense qu’il vaudrait mieux que nous nous débrouillions seuls. Et surtout, Boss, merci pour tout ce que vous avez fait pour nous. »
Il n’y avait pas besoin d’expliquer pourquoi ils partaient.
À part les Insectes, tout le monde savait à quel point les Vampires étaient inutiles, même si personne ne le disait tout haut.
« Vous n’avez nulle part où aller. »
« Il faut qu’on trouve nous-mêmes. C’est ça, se débrouiller seuls. »
« Qu’en pensez-vous, Boss ? »
À la question de Charlotte, le Boss, qui s’était contenté d’écouter jusque-là, prit la parole.
« Vous pouvez rester, à mon avis. »
« … »
Isabella fut sincèrement surprise par sa réponse.
Pendant un instant, elle fut tentée d’accepter, mais secoua la tête.
« Merci, Boss. J’apprécie votre proposition, mais nous avons déjà décidé de partir. Si nous continuons à dépendre de vous, je ne pense pas que nous pourrons nous regarder en face. »
Il l’avait fait évoluer en Vampire de sang pur, lui avait sauvé la vie et l’avait autorisée à vivre dans son donjon.
Elle avait reçu plus de bonté qu’elle ne pourrait jamais lui en rendre en une vie entière.
« Ne vous inquiétez pas. À l’origine, nous étions des Vampires qui vivaient à l’état sauvage. Euh… Je suis seulement désolée de partir après avoir tant reçu de vous. Si jamais nous avons l’occasion de vous rendre la pareille, nous viendrons vous trouver sans tarder. »
« Je comprends. »
Le Boss ne chercha pas davantage à les retenir.
Il leur laissa toutefois la porte ouverte.
« Si vous changez d’avis, vous pourrez revenir quand vous le voudrez. Vous serez toujours les bienvenus ici. »
« Si on revient juste après avoir dit tout ça, ça ferait un peu… gênant. »
Isabella se gratta l’arrière de la tête en riant doucement.
« Monseigneur ! Merci pour tout ! »
« Nous vous devons une fière chandelle ! Nous n’oublierons jamais votre bonté, pas même à la fin de nos jours ! »
Les Vampires tombèrent soudain à genoux devant le Boss et posèrent le front au sol.
Surprise, Isabella poussa un petit cri et s’empressa de les imiter.
« Merci pour tout ! Si je vous revois un jour, je vous rendrai sans faute votre bonté ! »
« … Très bien. »
Clac, clac.
Le bruit de talons se rapprocha.
Isabella ferma très fort les yeux en sentant Charlotte approcher.
Charlotte avait la langue bien pendue. Elle n’allait certainement pas avoir de bons sentiments envers des Vampires qui n’avaient fait que leur causer des ennuis avant de partir.
Charlotte s’agenouilla sur un genou et tendit à Isabella un billet de l’Association des Donjons.
Quand Isabella releva la tête et le vit, ses yeux s’écarquillèrent.
« C’est tout ce que je peux te donner. Si tu as besoin de l’aide de l’Association marchande, donne mon nom. »
« … Tu n’es pas obligée de me donner ça. »
« Je serai plus tranquille si tu le prends, au moins. »
« Hein. Tu t’inquiètes pour moi ? »
« Oui. Nous étions compagnonnes. »
« Ne donnez pas le nom de Charlotte. »
Le Boss se mêla soudain à la conversation.
« Donnez le mien. »
« … Quoi ? »
« Si l’on sait que vous connaissez le Boss des Sept Palais des Abysses, même l’Association marchande vous traitera comme des invités de marque. Si vous avez besoin de son aide, donnez mon nom. »
La bouche d’Isabella s’entrouvrit.
Charlotte fut encore plus stupéfaite qu’elle.
« Monseigneur, c’est une décision bien précipitée. L’Association marchande risque de ne pas prendre votre prestige au sérieux. »
« Ils pourraient aussi accorder de l’importance à ma relation avec Isabella. »
Charlotte afficha une expression vide devant cette explication inattendue.
Un Boss des Sept Palais des Abysses déclarait qu’il deviendrait le protecteur d’une simple Vampire sauvage.
Personne ne pourrait reprocher à quiconque de le traiter d’idiot si la nouvelle venait à se répandre.
Plus Charlotte y réfléchissait, plus elle se posait de questions.
Le Boss devait connaître tous les inconvénients que cela pouvait entraîner. Alors pourquoi prenait-il une telle décision ?
« Puis-je vous demander quelles sont vos intentions ? »
« Nous nous sommes rapprochés au fil du temps. Je ne serais pas tranquille si je vous laissais partir comme ça. »
« … »
Pour le Boss du Palais des Abysses, les Vampires n’étaient que des créatures insignifiantes.
De plus, pour les morts-vivants dépourvus de cœur, il était presque impossible de s’attacher aux autres. On pouvait même dire qu’ils étaient incapables d’altruisme.
Les Vampires devant lui ne le connaissaient même pas depuis un an.
Ils ne lui avaient attiré que des ennuis, et pourtant il s’était attaché à eux.
Le Boss du Palais des Abysses, un mort-vivant froid, voulait aider de petites créatures insignifiantes par affection personnelle.
Charlotte n’arrivait pas à croire qu’il fasse preuve d’un tel altruisme, même en acceptant d’y perdre.
Elle se rappela tout naturellement le jour où il avait rencontré Balutak et lui avait donné de l’eau.
À l’époque, Charlotte avait pensé qu’un mort-vivant pouvait éprouver assez de compassion pour offrir de l’eau. Après tout, cela ne coûtait rien au Boss.
Mais il y avait aussi sa manière de traiter les Insectes ouvriers. Et le Nécronomicon qu’il avait donné à Charlotte.
Tout cela était-il motivé par l’altruisme plutôt que par l’efficacité ?
« … »
Le Boss du Palais des Abysses était incompréhensible à tous égards.
Tout comme il était impossible de comprendre qu’un mort-vivant ait le cœur plus chaleureux qu’un humain.
« Son corps est peut-être froid, mais son cœur est chaud… »
Charlotte venait de découvrir une autre facette du Boss.
Sans même s’en rendre compte, elle n’avait plus qu’une seule personne dans son champ de vision.
« Isabella. Reviens me voir quand tu en auras envie. Balutak est triste de te voir partir. »
… Il était même capable de compatir à la peine des autres.
Charlotte pinça fermement les lèvres en le regardant, de peur que son expression ne la trahisse.
« Kirik. Balutak aime les Vampires. Mais les Vampires partent. Balutak ne veut pas les laisser partir. »
« Ce n’est pas un adieu pour toujours, Balutak. Quand nous serons assez forts pour rendre au Boss sa bonté, je reviendrai te voir aussi souvent que possible. »
« Kiririk… D’accord. Avant qu’Isabella parte, est-ce qu’Isabella boira le sang de Balutak ? »
« Ah, je préférerais éviter. »
Isabella sourit d’un air embarrassé et agita les mains.
« Nous allons partir. Je suis désolée de vous avoir causé des ennuis pour finir par m’en aller. »
« Ce n’est rien. N’hésitez pas à revenir quand vous le voudrez. »
« Kirik. Balutak est un arbre. Les Vampires sont le vent. Quand le vent souffle, les arbres agitent leurs bras avec joie. Quand les Vampires reviendront, Balutak agitera joyeusement ses bras. »
Isabella donna l’exemple, puis tous les Vampires s’inclinèrent avec respect.
Ensuite, ils tournèrent le dos aux autres et s’en allèrent.
Quand on a des regrets, on a tendance à se retourner de temps en temps en partant.
Les Vampires avaient renoncé à tout regret et poursuivaient leur chemin sans se retourner.
« Un jour, j’espère pouvoir leur rendre la pareille. »
À son retour, elle ne serait plus une Vampire qui suçait le sang. Elle serait une Vampire qui rendait la bonté reçue.
Isabella serra le poing et fit ce serment.
* * *
« Ils sont vraiment partis. »
« Kirik. Balutak a mal au cœur. »
Le groupe de Vampires, qui rapetissait au loin, finit par disparaître de vue.
À vrai dire, j’aurais voulu qu’ils restent.
« Je m’étais attaché à eux. »
Parmi tous les Vampires, Isabella était celle qui avait passé le plus de temps à mes côtés ici.
Elle avait un côté maladroit qui la rendait impossible à détester, et elle égayait l’atmosphère chaque fois que Charlotte l’alourdissait.
Impossible de ne pas m’attacher à elle.
Bien sûr, les Vampires n’étaient pas utiles au donjon.
Et alors ? Je n’avais aucun intérêt pour les relations où l’on ne faisait que peser le pour et le contre.
Il fallait savoir rechercher son intérêt quand le moment était venu, et rester loyal quand il le fallait.
Si je ne faisais que rechercher mon intérêt, en quoi serais-je différent d’une machine sans cœur ?
« Vous avez l’air déçu. »
J’allais répondre quand je remarquai que la couleur du niveau de Charlotte avait encore changé.
« Mode amoureuse des os activé. »
Qu’est-ce que je venais de faire comme avances, au juste ?
Maintenant, la couleur semblait changer sans raison, même sans déclencheur.
« Boss. »
Je croisai son regard pour lui faire comprendre qu’elle pouvait parler.
Contrairement à son habitude, Charlotte hésita.
« Euh… Qu’est-ce que vous feriez si je vous disais que je voulais partir ? »
« Tu ne peux pas. »
T’es folle ? Si tu t’en vas, le donjon est fichu !
« Alors, ce serait aussi par affection ? »
« Ce n’est pas sans rapport. »
En partie parce que je m’étais attaché à elle, mais aussi parce qu’elle était une adjointe extrêmement compétente.
Elle avait transformé une grotte en donjon, savait se servir de la magie parce qu’elle était une Sorcière, avait renforcé nos troupes avec des morts-vivants, suivait la situation dans l’Empire et tissé des liens avec l’Association marchande.
« … C’est vraiment une adjointe qui sait tout faire. »
« Vous êtes la personne qui compte le plus ici. »
Alors, s’il te plaît, ne pars pas.
C’était ce que je voulais dire, mais Charlotte inspira brusquement. Elle baissa bientôt la tête et remua seulement les lèvres.
« Ah… Euh, je vois. Je vous suis simplement reconnaissante de penser autant de bien de moi. »
Même si elle ne me montrait pas son visage, le vert de son niveau s’assombrit aussitôt.
Cette couleur s’éloigna peu à peu. Un pas, puis un autre, avec une démarche terriblement gênée.
« Je viens encore de lui faire des avances ? »
Qu’est-ce que j’étais censé faire, moi ? J’étais un mort-vivant impuissant.
Même si les choses semblaient pouvoir évoluer avec Charlotte, il faudrait que je la repousse fermement.
Sinon, Rose Sha nous tuerait tous les deux.
« Kirik. Grand Chef. Balutak va aussi aller au huitième étage. »
« D’accord. »
Isabella était partie et Charlotte s’était pratiquement enfuie dans la salle de l’adjointe.
Maintenant que Balutak était lui aussi parti, je me retrouvais complètement seul.
Je n’avais rien à faire. Devais-je aller aider les Insectes au camp minier ?
Vrouuuum !
J’y serais allé si un portail n’était pas apparu soudainement.
On dit que lorsqu’une chose s’en va, une autre arrive. Quelque chose venait de filer, alors une autre chose rappliquait.
« Je salue le grand Seigneur. »
Comme prévu, le Marchand démoniaque qui sortit du portail s’inclina avec une précision parfaite.
Charlotte avait-elle fait venir le marchand ?
C’est ce que je pensai, mais les paroles suivantes du marchand balayèrent cette hypothèse.
« Seigneur de rang sept, veuillez pardonner cette visite impromptue. Je suis venu sans prévenir parce que j’ai une affaire urgente à régler. »
« Quelle affaire ? »
Avant de répondre, le marchand me tendit quelque chose.
« La voici. »
Ce que tenait le marchand ressemblait à du papier à lettres en peau de chèvre noire.
Le sceau, fait de sang humain durci au lieu de cire, était particulièrement inquiétant.
Je le pris et sortis la lettre, avant de me rendre compte que ce n’en était pas une.
【Convocation adressée à Vargoer, Boss du Tombeau de la Foi, rang 7】
— L’Association marchande félicite tout d’abord les 72 Seigneurs pour la reprise de leur assemblée, après un siècle d’interruption. Nous sollicitons respectueusement la présence des 72 Seigneurs, qui commandent des myriades de démons et défient le mandat céleste. Le Seigneur de deuxième rang organise cette huitième Assemblée des 72 Donjons… (passage omis)
Un souffle semblable à une brume glacée s’échappa de ma bouche.
Enfin, ce qui devait arriver était arrivé.
Notes :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>