Chapitre 28
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Mordor
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Pris pour le boss du donjon ◈
Chapitre 28 : Le nom des Nouveaux Sept Palais des Abysses
──────
« Le Boss aurait-il l’intention d’apprendre la Nécromancie parce que je ne suis pas à la hauteur… Je vois. C’est donc ça. Je suis désolée. Comme le pense le Boss, je ne suis d’aucune utilité dans ce donjon. »
Charlotte était compétente.
Même à en juger objectivement, et pas seulement selon mon propre avis, elle était une subordonnée compétente. Être Gardienne du deuxième donjon par rang n’était pas une mince affaire.
« Même si, à l’époque, ça m’avait un peu agacé. »
À part avoir emprunté de l’argent à un usurier sans permission, Charlotte avait largement fait sa part jusqu’ici.
C’était tout simplement triste de la voir saper son amour-propre comme si elle ne s’en rendait pas compte.
Toc.
« Aïe. »
Je tapotai le sommet du crâne de Charlotte avec le coin du livre.
Charlotte leva les yeux vers moi en se frottant le haut de la tête.
Je l’avais à peine touchée, mais le coin avait peut-être fait mal.
« Il est à toi. »
« … Pardon ? »
« Le Nécronomicon. Je l’ai obtenu pour te le donner, Charlotte. »
« … Pardon ? »
Le temps était-il remonté en arrière ? Elle affichait la même expression et répétait exactement la même réponse.
Je pris Charlotte, encore hébétée, par le poignet et déposai le grimoire dans sa main.
Charlotte leva les yeux vers moi, les pupilles dilatées au maximum. Les motifs de cercles magiques dans ses yeux n’en étaient que plus visibles.
Les mains désormais libres, je lui tapotai l’épaule.
« Ne pense même pas à refuser. Comme je te l’ai dit, je me suis donné du mal pour l’obtenir. »
« Euh, ça, non… Comment avez-vous pu… »
Elle bégayait comme une machine cassée.
Enfin, après n’avoir produit que des sons incohérents, Charlotte parvint à articuler une phrase correcte.
« Comment osez-vous m’accorder une telle faveur ? »
« Je te le donne parce que c’est toi. Ce n’est pas du gaspillage que d’offrir un cadeau à une adjointe qui travaille aussi dur. »
Tu dois devenir plus forte pour augmenter la puissance de combat du donjon. C’est comme ça que je survivrai.
Il n’y avait pas que la Partie d’Extermination : les boss des 72 Donjons aussi. Même Balutak pourrait un jour contester mon autorité.
Charlotte était la première digue censée me protéger de toutes ces tempêtes.
« Consacre-toi à tes études pendant quelque temps. »
Autrement dit, souffre un peu.
Je t’ai fait évoluer en Humaine magique, non ? Je t’ai aussi donné un grimoire de Magie noire de rang S+. J’ai tout fait pour toi.
Ni plus ni moins : allons jusqu’au niveau 90, Charlotte.
« M-Mais tout de même, comment pourrais-je accepter… »
Charlotte avait été comme une machine, mais, maintenant qu’elle avait déraillé, elle dysfonctionnait comme une vraie.
Ses doigts s’agitaient tandis qu’elle caressait le livre. Puis, sans prévenir, elle se cacha le visage derrière celui-ci.
Le livre n’était même pas si grand, mais il dissimulait tout le visage de Charlotte, qui était si petite.
Elle ne voulait manifestement pas que je voie son expression, mais son niveau m’indiquait déjà ce qu’elle ressentait.
« Cette couleur est vraiment intense, maintenant. »
C’était un rose vif et profond qui me rappelait la demande en mariage de Rose Sha. Ça ne pouvait probablement pas être plus foncé.
J’avais involontairement battu le record d’Affection de Charlotte.
Je lui avais confié une tâche, comme à une subordonnée au travail, mais, de son point de vue, ça avait peut-être ressemblé à une tentative de séduction ?
« Pourquoi y a-t-il autant de fétichistes des squelettes dans ce monde ? »
Dans ma vie précédente, aucune femme ne s’était jamais intéressée à moi. Mais, depuis que j’étais devenu un Chevalier de la Mort, j’avais soudain eu du succès auprès des femmes.
Le problème, c’était que les femmes en question étaient une Sorcière meurtrière et une Reine des Succubes dont le réglage par défaut était la mort par le plaisir.
C’était peut-être une bonne chose que je sois un mort-vivant impuissant.
* * *
<Niv. : 73>
Race : Chevalier de la Mort
Traits passifs : [Maîtrise avancée de l’épée], [Régénération naturelle]
Traits actifs : [Amélioration], [Évolution]
Objet lié : Épée sacrée du Soleil de Solari (+1 amélioration)
Mon niveau avait grimpé d’un coup jusqu’à 73.
Sans l’Épée sacrée, j’étais niveau 59. C’était mon niveau à moi.
Tuer Wilhelm m’avait fait gagner quinze niveaux.
« C’est plutôt radin. »
Je m’étais attendu à gagner au moins vingt niveaux en tuant un Héros, mais j’avais été trop optimiste.
Cela dit, pas besoin d’être trop déçu.
Mon plus grand gain, c’était l’Épée sacrée. Et, à en croire ma fenêtre de statut, elle me faisait en réalité gagner davantage de niveaux.
Niveau 59 sans elle. Niveau 73 avec.
Une seule arme faisait une telle différence. Elle méritait vraiment son nom d’Épée sacrée.
Au début, je m’étais dit : une épée de rang EX censée s’opposer à Kalandas, et elle ne me fait monter qu’au niveau 73 ?
À quoi bon une arme si elle n’était au bout du compte qu’un débris tape-à-l’œil ?
À bien y réfléchir, le niveau 73 était déjà généreux.
Les capacités de l’Épée sacrée éveillée se limitaient à deux modes : attaque et soin.
Imaginons que je me batte contre Charlotte, avant son Évolution, en utilisant l’Épée sacrée comme arme.
Si elle me lançait des sorts à distance, je n’aurais aucun moyen de me défendre. Et comme je ne serais pas assez mobile, je ne pourrais même pas m’approcher avant que la partie soit terminée.
Même contre Balutak, qui était à mon niveau, je ne pensais pas pouvoir gagner. Je ne le verrais même pas bouger avant de mourir sur le coup.
Tant que mes caractéristiques de base resteraient dans la cinquantaine, je n’aurais aucun moyen de contrer les attaques d’adversaires de haut niveau, au-delà du niveau 70.
Je jetai un coup d’œil à Isabella, qui jouait à tape-mains avec Balutak.
Sentant mon regard, Isabella se tourna vers moi. Nos yeux restèrent rivés l’un à l’autre un moment.
« Euh… Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal ? »
« Non. »
« Euh, hum. O-Oui. »
Isabella retourna jouer à tape-mains avec Balutak, un grand sourire aux lèvres.
Au moins, je peux te battre, maintenant.
Je lui avais cédé le titre de la plus faible.
« Mais quand même, l’Épée sacrée… »
J’avais toujours du mal à croire que l’Épée sacrée éveillée se trouvait entre mes mains.
Mais ce n’était pas le moment de me détendre et de fêter ça.
Qu’est-ce que cela signifiait, d’avoir tué Wilhelm et pris l’Épée sacrée ?
Le Commandement d’Extermination de l’Empire et l’Église de Solari seraient sûrement à mes trousses.
Admettons que je parvienne d’une façon ou d’une autre à protéger l’Épée sacrée.
L’Épée sacrée éveillée signifiait aussi que j’héritais de la mission de Wilhelm : la révélation divine.
« Arrêter Kalandas. »
Celui qui plongerait un jour l’humanité dans l’abîme de la Fin.
Si ce salaud détruisait l’Empire, ma vie serait la prochaine en danger.
Où Kalandas dirigerait-il ses attaques après avoir transformé l’humanité en morts-vivants et l’avoir conquise ?
Il ne resterait que les Sept Palais des Abysses.
Le développeur du jeu l’avait même confirmé officiellement.
Q : Que devient l’histoire si le joueur ne parvient pas à arrêter l’invasion de Kalandas ?
R : Il a transformé toute l’humanité en morts-vivants, donc il est devenu incroyablement puissant, pas vrai ? Il a détruit l’Empire et s’est renforcé. Maintenant, il doit dominer le monde. Kalandas fera des Sept Palais des Abysses ses ennemis et tentera de s’emparer du monde.
Il tenterait de conquérir le monde, mais l’issue restait incertaine.
Une chose était sûre : cette tentative mettrait ma vie en danger.
En plus d’être déjà en conflit avec Kalandas, j’étais certain qu’il avait appris que Rose Sha et moi avions conclu une alliance temporaire. Il m’avait probablement déjà pris pour cible.
Ah, Wilhelm. C’était un bon Héros.
Maintenant que Wilhelm avait tragiquement disparu, la mission de l’Épée sacrée m’incombait, à moi, son nouveau propriétaire.
D’abord, je devais voir comment Kalandas agirait lors de l’assemblée.
Je devais aussi repérer clairement les autres boss qui le soutenaient.
Connais-toi toi-même et connais ton ennemi, et tu ne seras jamais vaincu, pas vrai ? Pour élaborer un plan, je devais d’abord savoir qui étaient mes ennemis.
« Je dois aussi nouer des alliances petit à petit. »
Tout en consolidant mon alliance avec Rose Sha, je devais également rallier des boss de rang inférieur qui deviendraient puissants par la suite.
D’après l’histoire originale, Kalandas commencerait à agir sérieusement dans un an. Mais ce n’était que l’histoire originale.
Wilhelm était mort, maintenant. Puisque le Héros que Kalandas craignait le plus avait disparu, il pourrait avancer son plan.
Mais ce que Kalandas avait craint, ce n’était pas Wilhelm lui-même : c’était l’Épée sacrée. Et cette épée n’avait pas disparu. Elle était tombée entre mes mains.
« Qui sait ? Kalandas se méfiera peut-être de moi, à présent. »
Le Héros de l’Épée sacrée.
Le boss des Sept Palais des Abysses qui possédait l’Épée sacrée.
Du point de vue de Kalandas, le second était probablement plus effrayant.
Si Kalandas me considérait vraiment comme une menace, il pourrait retarder son plan au lieu de l’accélérer.
J’aurais beau y réfléchir, je ne trouverais pas de réponse.
Je devrais tâter le terrain discrètement à l’assemblée et voir ce qui se passerait ensuite.
Pour l’instant, surveiller les mouvements du Commandement d’Extermination passait avant mes inquiétudes au sujet de Kalandas.
… Deux jours passèrent.
Malgré la tension, ces deux jours se déroulèrent sans incident.
« Boss. »
Charlotte m’interpella tandis que je tuais le temps.
Après avoir passé tant de temps ensemble, je savais lire ses sentiments, même sur son visage impassible.
Pour une raison ou une autre, elle semblait étrangement enthousiaste.
« J’ai une nouvelle à vous annoncer. Vous deux aussi, rassemblez-vous. Vite. »
Charlotte réunit les officiers en tenant un journal.
J’interrompis mon examen de l’Épée sacrée et m’assis par terre devant Charlotte.
Balutak et Isabella, qui ne faisaient rien, accoururent eux aussi.
L’adjointe avait quelque chose à dire ; il allait de soi que nous devions l’écouter.
Charlotte s’éclaircit la gorge.
Froufrou !
Elle désigna le titre du journal.
« L’Empire a officiellement donné un nom à notre donjon. »
« Oh ! »
« Kirik ? »
À l’exception des anciens donjons qui avaient déjà un nom, c’était le Commandement d’Extermination de l’Empire qui nommait les nouveaux donjons enregistrés.
Je l’avais vu dans l’easter egg, mais les 72 Donjons considéraient ces noms comme des titres de gloire.
Le Commandement avait le chic pour trouver des noms élégants, et les autres boss comprenaient toute la majesté qu’ils renfermaient.
Isabella et Balutak tendirent le cou comme de petites suricates.
Leurs têtes me bouchaient la vue sur le journal ; j’avais envie de leur donner une tape sur le crâne.
« Il n’y a vraiment plus de retour en arrière possible. »
Je m’en rendis compte une nouvelle fois. Un simple Chevalier de la Mort comme moi était devenu tout à coup le boss des Sept Palais des Abysses.
Comment en était-on arrivé là ? Me lamenter ne résoudrait rien et, puisque j’avais déjà franchi le point de non-retour, je n’avais d’autre choix que d’aller jusqu’au bout.
« Oh ! Je trouve le nom vraiment classe ! »
Isabella s’enthousiasma après avoir lu le journal.
Balutak croisa les bras et hocha la tête.
« Kirik. Ça sonne vraiment bien-dak. Balutak aime ce nom-dak. »
« Balutak, tu sais lire ? »
« Non-dak. »
« Alors, qu’est-ce que tu veux dire par “ça sonne bien” ? »
« Kirik. Balutak est intelligent-dak. Je le vois d’un coup d’œil-dak. Je sais quelles lettres sont belles et lesquelles sont nulles-dak. »
« Waouh. Impressionnant. »
« Kirik. Les lettres du nom d’Isabella sont évidemment pourries-dak. »
« Pardon ? »
Ces sales gamins m’empêchaient de voir le journal.
Je ne le montrais pas, par dignité de Boss, mais, pour être honnête, c’était moi qui voulais le plus le voir. C’était mon donjon. Était-il normal que j’en ignore le nom ?
J’essayai de me glisser discrètement entre eux, mais il n’y avait pas la moindre ouverture.
« J’adore ce nom. J’ai l’impression d’avoir enfin trouvé ma place ! »
« Tu n’avais pas cette impression avant ? »
« Hein ? Ah, si, bien sûr, mais… »
Non, pousse-toi. Laisse-moi voir aussi.
Charlotte le remarqua, écarta Isabella et me fit de la place.
Comme prévu, tu es la seule à penser à moi.
J’examinai attentivement le titre du journal et laissai échapper un petit « hum ».
Les trois autres se turent et braquèrent leur regard sur moi.
C’était bien qu’ils attendent la réaction du Boss, mais ils me mettaient beaucoup trop la pression.
« … J’aime bien. »
À peine eus-je marmonné ces mots que les trois prirent la parole, comme s’ils les avaient attendus.
« Pas vrai ? Il est bien, hein ? »
« Je suis ravie que le Boss soit satisfait. »
« Kirik. Ça sonne vraiment bien-dak. Comment ça se prononce-dak ? »
Par coïncidence, les deux Héros morts dans ce donjon avaient chacun été des croyants fidèles à leurs propres commandements et doctrines.
Vu sous cet angle, le nom lui allait à merveille.
【Palais des Abysses, rang 7 : Tombeau de la Foi】
Notes :
Rejoignez notre Discord sur <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>