Chapitre 27
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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Pris pour le monstre boss du donjon ◈
Chapitre 27 : Il n’existe pas de boss comme ça dans la réalité
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Les Sept Palais des Abysses.
Le pire ennemi de l’humanité, sept problèmes insurmontables qui défiaient toute logique.
Au cours du siècle dernier, même lorsque les Quatre Héros de l’Empire avaient uni leurs forces pour les attaquer, ils s’étaient souvent fait massacrer sans pouvoir rien y faire.
Dans le Royaume démoniaque, on vénérait ces sept sièges de pouvoir absolu, réputés inviolables.
Même les sept grands-ducs du Royaume démoniaque n’osaient pas relever la tête devant les Sept Palais des Abysses sans en avoir reçu la permission.
Le chevalier de la mort demeura immobile, les yeux rivés sur les chevaliers.
Sa seule présence suffisait sans doute à exercer une pression psychologique, tant sa réputation était infâme.
« C’est le boss des Sept Palais des Abysses… ? »
« C-commandant. »
« Tout le monde, arrêtez-vous. Ne bougez pas sans mon autorisation. »
Les chevaliers restèrent pétrifiés, le regard fixé sur le Boss.
Le chevalier de la mort qui leur faisait face était le boss des Sept Palais des Abysses. S’ils agissaient à la légère, ils ne feraient que mourir pour rien.
Je dois le faire.
S’il agissait maintenant, alors que personne n’était blessé, ils pourraient tous rentrer vivants.
Gloups.
Il sentit distinctement sa salive peser dans sa gorge.
Wilhelm raffermit sa main tremblante et réajusta sa prise sur son épée.
Faire face au chevalier de la mort lui rappela le boss de l’Ombre de Pangu.
Pour exterminer ce monstre, deux cent quarante-sept membres d’élite d’une Partie d’Extermination, parmi lesquels les Quatre Héros, avaient lancé une offensive totale.
Les quatre Héros étaient rentrés sains et saufs, mais plus de la moitié des membres de la Partie, cent trente personnes, avaient été tués ou blessés.
Wilhelm le savait. Tel qu’il était autrefois, il n’aurait jamais pu vaincre un boss des Sept Palais des Abysses.
Mais les choses ont changé.
Les morts-vivants étaient naturellement désavantagés face à lui. Et, mieux encore, il avait éveillé l’Épée sacrée.
Grâce à ces deux atouts, même le boss des Sept Palais des Abysses était à sa portée.
Même s’il ne parvenait pas à tuer le Boss, le pouvoir de l’Épée sacrée devrait au moins lui infliger une blessure mortelle impossible à guérir.
Wilhelm affermit sa résolution. S’il pouvait venger son ami, il se moquait de mourir.
Wouuuum─
Une puissance sacrée terrifiante s’amassa dans l’Épée sacrée.
Elle brûla toutes les ténèbres et inonda les alentours d’une lumière solaire.
Le visage de Charlotte se figea dès qu’elle vit ce changement.
Je ne m’en rends compte que maintenant… ?
Pourquoi ne l’avait-elle compris qu’en voyant cette éclatante lueur ?
Cette Épée sacrée s’était éveillée à la suite d’une révélation divine, dans le seul but de tuer le Boss.
Dès l’arrivée du Boss, elle s’était reposée sur lui et avait baissé sa garde. Elle n’aurait pas dû.
C’était la seule lame au monde capable de menacer le Boss.
Charlotte se mordit la lèvre inférieure. Elle couvrit son moignon ensanglanté et se força à se relever.
C’est dangereux. Même pour le Boss.
L’Épée sacrée était le pire adversaire possible pour les morts-vivants.
Éveillée, elle pouvait mettre en péril même la vie du Boss, comme une bougie dans le vent.
Le Boss était certes le boss des Sept Palais des Abysses, et il avait certes tué le Moine du Baume d’un seul coup, mais cette fois, c’en était trop.
« B-Balutak. Réveille-toi. Le Boss… »
« Kirik… »
Balutak, coupé en deux, se mourait peu à peu.
Charlotte elle-même, qui l’avait exhorté à se réveiller, chancela. Elle n’était pas en meilleur état que lui.
Remuer ne serait-ce qu’un doigt avant d’avoir lancé un sort relevait du supplice. Une perte de sang excessive avait engourdi tous ses nerfs. Sa conscience s’évanouissait, sur le point de s’éteindre complètement.
Une flaque de sang s’était formée à ses pieds, assez profonde pour éclabousser quiconque y ferait un pas.
« Grand Mal ! Moi, Wilhelm, je vengerai mon ami aujourd’hui ! »
« Ah… »
Moins d’une seconde les séparait de l’affrontement.
Charlotte ne pouvait que regarder, impuissante.
« Crève sous la lumière du soleil !! »
Elle ne prêtait aucune attention à son corps mourant. Le désespoir et l’impuissance lui emplissaient l’esprit de douleur.
Ne rien pouvoir faire alors que le Boss se tenait juste devant elle lui faisait plus mal que la mort.
Autrefois comme aujourd’hui, je…
Elle ne pouvait jamais lui être utile.
Si le Boss mourait, elle ne tarderait pas à le suivre.
Si cela devait arriver, alors, même si elle devait se jeter devant le Boss à l’instant…
Pendant un instant, elle craignit que le Boss ne meure.
C’était avant que l’Épée sacrée ne se retrouve dans sa main.
« …Hein ? »
Une syllabe échappa aux lèvres d’un chevalier sacré.
Ce bref son résumait la scène qui s’était déroulée en un instant.
Wilhelm, désormais les mains vides. Le chevalier de la mort, tenant l’Épée sacrée.
Charlotte vit tout et retint son souffle, stupéfaite.
Un mort-vivant était censé brûler vif à l’instant où il touchait l’Épée sacrée. Pourtant, le Boss la tenait sans le moindre problème.
Le Boss ne la lui avait pas arrachée non plus. L’Épée sacrée avait flotté jusqu’à lui et s’était déposée d’elle-même dans sa main.
« C-Comment… ? »
La réponse à cette question qui lui avait échappé se trouvait sous ses yeux depuis le début.
Comme elle avait compris la vérité en voyant l’Épée sacrée, elle ne la comprit de nouveau qu’en regardant le Boss.
C’était l’un des Sept Palais des Abysses à lui seul. Voilà ce qui en faisait un des Sept Palais des Abysses : il était incompréhensible et transcendait toute logique.
Alors que tous les autres étaient au bord de la mort, le Boss, lui, demeurait indemne. C’était pour cela que les Sept Palais des Abysses restaient invaincus.
Cling.
Un pas. Puis un autre.
À chaque pas du Boss, la présence écrasante des Sept Palais des Abysses eux-mêmes semblait broyer l’espace alentour.
« D-Dieu. C-Comment… ? »
Les jambes de Wilhelm cédèrent et il tomba à genoux.
Un homme qui avait consacré toute sa vie à la foi et avait tout obtenu grâce à elle.
À présent, la mort approchait de cet homme qui avait fini par tout perdre.
« Dieu vous a trahi. »
Le boss des Sept Palais des Abysses leva l’Épée sacrée.
« Comprenez bien ceci : aucun rayon de soleil ne pénétrera ici pour vous éclairer. »
Charlotte savait qu’elle allait bientôt mourir, elle aussi.
Pourtant, elle n’éprouvait aucun regret.
« Ah… »
Elle assistait de ses propres yeux à la calamité qui mènerait l’humanité à sa fin.
Même dans la mort, elle mourrait en tant que subordonnée de cet être. Existait-il une mort plus précieuse au monde ?
Un sourire béat s’étendit sur le visage de Charlotte.
« Tant que je suis ici, Dieu n’est pas partout. »
Flas !
Wilhelm baissa la tête.
Sa tête baissée tomba au sol, puis sa tête tranchée roula sur le plancher.
Les chevaliers, qui avaient fixé le sol du regard, levèrent les yeux vers l’Épée sacrée.
Le chevalier de la mort la tenait, toujours aussi brillante, sans la moindre lueur faiblissante, et s’avançait vers eux sans se presser. Tous tremblaient.
« D-Dieu… »
« Dieu, mon cul ! Ce dieu a abandonné le commandant ! N-nous aussi, il va nous abandonner ! »
« Je ne veux pas mourir comme le commandant ! Démerdez-vous, putaiiin !! »
Les chevaliers rompirent les rangs, l’un après l’autre.
Les premiers à fuir furent bientôt suivis par tous les autres, qui s’enfuirent sans regarder derrière eux.
Même lorsqu’ils passèrent en trombe près d’elle, Charlotte ne détourna pas les yeux du Boss.
« Ah, mon seigneur… »
Même cette silhouette qui se tenait dans l’ombre, le regard tourné vers l’avant, était d’une noblesse incomparable.
Mon seigneur était indemne. Par conséquent, les Sept Palais des Abysses étaient indemnes.
* * *
Putain, c’est passé à ça.
Même avec l’Épée sacrée, je n’aurais pas fait le poids si tous les chevaliers s’étaient jetés sur moi en même temps.
Comme l’Amélioration avait réussi, il restait encore une heure avant la fin du temps de recharge.
J’avais fait le plus grand cinéma possible en priant pour qu’ils s’enfuient d’eux-mêmes. Heureusement, ça avait marché.
Ouf.
J’expirai un souffle froid et me calmai.
Si j’avais eu un cœur, il aurait sans doute battu à tout rompre.
« Kirik, Grand Chef, fort… »
La voix de Balutak.
Bien qu’il eût été coupé en deux, Balutak était vivant. À peine.
Comme on pouvait s’y attendre du boss du DLC, le Roi des Insectes Balutak. C’était impressionnant qu’il soit encore en vie dans cet état.
Je mis de côté la satisfaction d’avoir obtenu l’Épée sacrée. Il fallait d’abord m’occuper de ces deux-là.
Je ne pouvais pas appliquer l’Évolution à une cible qui en avait déjà bénéficié.
Mais j’avais un autre moyen de sauver Balutak, qui était sur le point de mourir.
Ça va forcément sauver Balutak.
La puissance sacrée de l’Épée sacrée éveillée prenait deux formes : le feu solaire des flammes infernales et la lumière solaire de la guérison.
Dans l’une des répliques de Wilhelm du jeu, il disait que l’on pouvait passer des flammes infernales aux soins selon ses intentions.
Dès que je décidai de soigner Balutak, la lumière solaire cramoisie se transforma en une pure lumière blanche.
Les deux formes affecteraient les morts-vivants comme des flammes infernales, mais Balutak était un Insecte.
Je récupérai le bas de son corps et le plaquai contre la coupure de la partie supérieure.
Quand j’approchai l’Épée sacrée des blessures, les deux parties se soudèrent, puis la lumière commença à les refermer.
« Kirik ? »
Je passai précautionneusement l’Épée sacrée sur les autres blessures de Balutak.
Les lésions mortelles qui le tuaient disparurent en un clin d’œil.
Balutak se releva, parfaitement rétabli, puis replia ses deux pattes avant vers l’intérieur. C’était un geste de soumission.
« Kirik ! Grand Chef m’a sauvé ! Merci. »
Je m’en rendais compte à chaque fois : être mort-vivant, c’était quand même bien pratique.
Je pouvais garder un visage impassible même devant les êtres les plus puissants, et il m’était facile de faire comme si rien ne me faisait d’effet dans les scènes horribles jonchées de cadavres et de sang.
Je laissai Balutak derrière moi et me dirigeai vers Charlotte.
Isabella s’était simplement évanouie et sa vie n’était pas en danger. Après Balutak, Charlotte était celle qui avait le plus besoin de soins.
Son bras droit avait été entièrement tranché et elle se mourait d’une hémorragie.
Son teint était blême, ses lèvres décolorées, et le sang éclaboussait partout, en contraste avec sa peau pâle.
Paradoxalement, Charlotte leva vers moi un regard empreint d’un faible sourire.
« Mon seigneur. C’est un honneur incommensurable que vous soyez présent au moment de ma mort. »
« … »
Charlotte perdait-elle la tête parce qu’elle était sur le point de mourir ?
De si loin, elle n’avait sûrement même pas vu que j’avais sauvé Balutak. Mais, au bord de la mort, pouvait-on vraiment remarquer ce qui se passait autour de soi ?
Bien que Charlotte fût mourante, je ne fus pas particulièrement bouleversé.
Outre le fait que je pouvais sans aucun doute la sauver, c’était aussi l’occasion pour elle de progresser.
En temps normal, l’Évolution ne pouvait pas s’appliquer aux humains.
Monstres, familiers et demi-humains : en gros, seules les races non humaines pouvaient évoluer.
Charlotte était humaine, mais aussi une Sorcière, une race que l’Empire classait parmi les demi-humains.
Le système du jeu reconnaissait également les Sorcières comme des demi-humaines, ce qui en faisait la limite de ce à quoi l’Évolution pouvait s’appliquer.
La notification qui flottait devant moi en était la preuve.
[Les conditions d’Évolution sont réunies.]
[Voulez-vous faire évoluer la Sorcière Charlotte ?]
Je ramassai le bras droit qui gisait seul au sol et le plaquai contre la blessure.
La Régénération naturelle conférée par l’Évolution ne pouvait pas réparer un membre tranché.
Je comptais donc d’abord faire évoluer Charlotte, puis rattacher son bras droit à l’aide de l’Épée sacrée.
[Évolution de la Sorcière Charlotte.]
[Toutes les conditions sont réunies. Chances de réussite : 100 %.]
Le potentiel de Charlotte n’était plus à démontrer.
Et le sacrifice se mesurait aux sentiments qui poussaient une personne à risquer sa vie.
Charlotte avait risqué sa vie pour moi et, comme j’avais un cœur humain, je lui en étais infiniment reconnaissant.
Offrir sa vie pour quelqu’un d’autre était, à mes yeux du moins, l’une des façons les plus difficiles de mourir.
La lumière s’amassa autour des blessures qui couvraient le corps de Charlotte.
À commencer par son épaule transpercée, toutes ses plaies se régénérèrent à une vitesse terrifiante.
En moins de cinq secondes, toutes les blessures mortelles de son corps furent entièrement guéries. Pour finir, je me servis de l’Épée sacrée pour lui rattacher parfaitement le bras droit.
« … ? »
Charlotte ouvrit prudemment les yeux.
Après m’avoir regardé, elle examina son corps de la tête aux pieds. Puis elle fit tourner son bras droit.
Elle continua un moment, avant de reporter son regard sur moi.
Je devinais parfaitement ce qu’elle pensait.
« Tu ne mourras pas. »
« Ah… Mon seigneur, votre miséricorde est véritablement sans égale. Je croyais que je ne pourrais expier mes fautes qu’en mourant, après avoir failli à mon devoir… »
Il semblait que Charlotte avait su que je possédais un moyen de la sauver.
Peut-être avait-elle accepté sa mort d’elle-même, de peur que je ne la juge indigne de vivre.
Mon adjointe manquait d’estime de soi d’une façon assez particulière.
Pourquoi te laisserais-je mourir ?
Sans toi, ce donjon partirait en morceaux. Comment suis-je censé le protéger avec ces gamins pénibles et le boss le plus faible de tous les faibles ?
« Tu as fait du bon travail. Tu as largement rempli ton devoir d’adjointe. »
« … Je vous suis profondément reconnaissante. »
Le courage dont elle avait fait preuve en essayant d’arrêter le Héros armé de l’Épée sacrée éveillée était déjà admirable.
Rien que de tenter une telle chose demandait une volonté immense, et elle avait tenu bon jusqu’au bout.
Sans y penser, mon regard s’attarda sur les yeux de Charlotte.
« Mais tu es devenue une Humaine magique. »
« Une Humaine magique ? »
Je m’y étais attendu, bien sûr. Je le lui disais simplement pour qu’elle le sache.
Si l’on appelait ça l’Évolution, c’était aussi parce qu’elle s’accompagnait de changements physiques.
Dans le blanc des yeux de Charlotte, des cercles magiques en forme d’étoile à cinq branches avaient remplacé ses pupilles humaines.
Quand une Sorcière évoluait ainsi, elle devenait une Humaine magique.
Le seul moyen de reconnaître une Humaine magique était ce changement physique distinctif : les cercles magiques qui remplaçaient ses pupilles.
Pour info, les Humains magiques et les personnes mi-humaines, mi-démones étaient des notions complètement différentes.
Contrairement à ces dernières, qui étaient à moitié humaines et à moitié démones, une Humaine magique était une humaine de la magie.
[Niv. 80]
La capacité magique de Charlotte avait donc probablement grimpé du septième au huitième cercle.
Chez les mages, même si ce n’était pas une règle absolue, chaque tranche de dix niveaux déterminait généralement le cercle maximal qu’ils pouvaient utiliser.
Ceux qui avaient atteint la cinquantaine pouvaient utiliser le cinquième cercle. Ceux dans la soixantaine, le sixième, et ainsi de suite.
Ses yeux marqués de cercles magiques étaient le changement le plus évident, mais il y en avait bien d’autres.
Sa sensibilité au mana s’était encore améliorée. Elle avait développé des organes de respiration du mana capables de remplacer l’oxygène.
De plus, les circuits de mana qui avaient été artificiellement créés dans son corps s’étaient probablement transformés pour se consacrer entièrement à la magie.
Je retirai la lumière de l’Épée sacrée et la tendis à Charlotte.
L’Épée sacrée refléta les yeux de Charlotte comme un miroir.
« Humaine magique… »
Charlotte regarda tour à tour son reflet dans l’Épée sacrée et moi.
Elle avait déjà vu Balutak évoluer ; au lieu de la stupéfaction, la gratitude se lisait bien plus clairement sur son visage.
« Je ne peux qu’être bouleversée par la grâce du Boss. »
Charlotte se prosterna devant moi.
Cette évolution devait compter énormément pour quelqu’un pour qui la magie était tout.
J’avais hâte de voir la réaction de Charlotte quand je lui offrirais aussi le Nécronomicon.
« Nng… Hein, quoi !? »
J’allais m’occuper d’Isabella, mais elle venait apparemment de se réveiller et regardait autour d’elle.
Elle ne présentait aucune blessure apparente et semblait en parfaite santé. Je n’avais rien à faire pour elle.
Je sortis le grimoire que j’avais soigneusement dissimulé dans ma onzième côte.
Charlotte pencha la tête en le voyant.
« Est-ce que ce serait… ? »
Malgré sa question, elle semblait avoir reconnu le grimoire.
« Le Nécronomicon. J’ai dû faire quelques efforts pour l’obtenir de Rose Sha. »
En réalité, je l’avais obtenu avec une facilité déconcertante, mais les gens appréciaient davantage les choses quand ils pensaient qu’on s’était donné du mal pour les avoir.
Charlotte fixa le grimoire, la bouche légèrement entrouverte.
Elle avait probablement l’air d’un chat découvrant une montagne d’herbe à chat après en être devenu fou.
Charlotte, qui n’avait pas quitté son expression impassible jusque-là, devait en avoir terriblement envie pour réagir ainsi.
« On dirait que le Boss s’intéresse aussi à la Nécromancie. C’est vrai qu’un tel ouvrage lui serait d’une grande aide. »
« Hum ? »
« … Je suis jalouse. »
Charlotte poussa un petit cri et agita précipitamment les mains.
« J-je ne voulais pas dire ça. Veuillez me pardonner. Comment quelqu’un comme moi pourrait-il convoiter un bien appartenant au Boss ? »
La Sorcière, qui avait jusque-là été semblable à une machine, se mettait même à bafouiller.
Je découvrais tant de nouvelles facettes de Charlotte aujourd’hui. Était-ce parce qu’elle avait frôlé la mort avant de revenir à la vie ?
Et puis, c’était hilarant que la seule nécromancienne du donjon n’ait même pas envisagé que ce grimoire puisse lui appartenir.
« Se pourrait-il que le Boss veuille apprendre la Nécromancie parce que je ne suis pas à la hauteur… Je comprends, c’est forcément ça. Je suis désolée. Comme le pense le Boss, je ne sers à rien dans ce donjon. »
Charlotte en était maintenant arrivée à démolir elle-même sa propre estime.
Sérieusement, je te dis qu’il est à toi ?
Notes de bas de page :
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