Chapitre 2
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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Pris pour le boss du donjon ◈
Chapitre 2 : Accepté dans le nid
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<Niv. : 44>
Race : Chevalier de la Mort
Traits passifs : [Maîtrise avancée de l’épée], [Guérison naturelle]
Traits actifs : [Amélioration], [Évolution]
Statistiques…
« C’est vraiment réel. »
Une fenêtre de statut flottait clairement devant mes yeux.
Il me fallut deux heures à nier la réalité avant de parvenir à l’accepter, tant bien que mal.
J’avais été transporté dans un jeu. Un truc aussi invraisemblable, que je n’avais vu que dans des webtoons et des web novels, m’était arrivé à moi aussi.
« Ha. »
Mon soupir s’accompagna d’un souffle glacial. Le souffle des morts, pas des vivants. Cela me rappela une fois de plus que j’étais devenu un Chevalier de la Mort.
Mon reflet dans la source avait lui aussi quelque chose de franchement bizarre.
À la place d’un visage, j’avais un crâne qui ressemblait au masque en forme de bec porté par les médecins pendant la peste noire. Des cornes semblables à des bois de cerf en jaillissaient, tandis que de longs cheveux blancs, privés de couleur et de vie, retombaient autour de moi.
Mon corps était dissimulé sous une armure de fer noir, mais il n’y avait probablement que des os en dessous. J’avais exactement l’apparence dont je me souvenais.
De tous les jeux, il avait fallu que je sois transporté dans 72 Donjons, et pour couronner le tout, en Difficulté Mort-vivant.
Sans même parler de ma situation désastreuse, qu’étais-je censé faire maintenant ?
Quoi d’autre ? D’abord, je devais survivre.
C’était l’époque des raids de donjons et de l’extermination des monstres. Dès que des humains me repéreraient, la Partie d’Extermination se lancerait à mes trousses.
N’était-ce pas justement la faction humaine qui rendait la Difficulté Mort-vivant si brutale ?
« Au moins, j’ai toujours la fenêtre de statut. »
Mes statistiques de base, telles qu’elles apparaissaient dans la fenêtre de statut, étaient correctes.
Mais étais-je complètement surpuissant ? Pas du tout.
Je n’étais qu’un Chevalier de la Mort, un mort-vivant de haut rang.
La seule différence, c’étaient mes traits actifs : Amélioration et Évolution.
Ironiquement, la classe d’origine de ce personnage était amplificateur.
C’était à cause de l’easter egg, qui vous transformait en mort-vivant aléatoire.
Bref, l’amplificateur était une classe qui combattait en améliorant les armes ou en faisant évoluer les familiers. Ou plutôt, une classe qui faisait combattre les autres.
Et maintenant ? Toutes mes armes améliorées avaient disparu, tout comme mes familiers.
Mais mes traits actifs, eux, étaient toujours là.
« Bon. C’est mieux que rien. »
Au moins, ils n’avaient pas été réinitialisés.
Pour l’instant, Évolution ne me servait à rien.
Je ne pouvais pas l’utiliser sur moi-même, seulement sur des familiers.
Je n’étais pas une Liche de haut rang, et je n’avais même pas un petit familier squelette. Autant dire que ce trait ne me servait à rien.
Amélioration, en revanche ? Chaque pièce de l’équipement de base d’un Chevalier de la Mort était de rang A. Si je réussissais à les améliorer, je pourrais devenir un Chevalier de la Mort surpuissant grâce à son équipement.
Grinc, grinc.
Rien que tirer la grande épée du fourreau rouillé attaché à mon dos fut une épreuve. Le bruit me donnait l’impression de gratter un tableau avec mes ongles, et mes doigts en picotaient.
Quand je parvins enfin à dégainer la grande épée et à l’examiner, une notification apparut dans la fenêtre de statut.
[Grande épée en fer noir du chevalier noir (A)]
[Durabilité : 90]
[Chances d’amélioration : 10 %]
[※ Attention ! En cas d’échec de l’amélioration, l’objet sera automatiquement détruit !]
[En cas d’échec de l’amélioration, le temps de recharge sera réinitialisé.]
[Voulez-vous améliorer la Grande épée en fer noir du chevalier noir ?]
[OUI/NON]
« Détruit ? »
J’avais mal lu ? Il n’y avait jamais eu quoi que ce soit de ce genre, avant.
Dans le jeu, même en cas d’échec, je pouvais réessayer après une heure de recharge et continuer jusqu’à réussir.
J’écopais de cette pénalité à la con juste parce que c’était la réalité ?
… Et si les autres objets étaient pareils ?
[Armure en fer noir du chevalier noir (A)]
[Chances d’amélioration : 4 %]
[※ Attention ! En cas d’échec de l’amélioration, l’objet sera automatiquement détruit !]
[Gantelets en fer noir du chevalier noir (A)]
[Chances d’amélioration : 8 %]
[※ Attention ! En cas d’échec de l’amélioration, l’objet sera automatiquement détruit !]
[Casque en fer noir du chevalier noir (A)]
[Chances d’amélioration : 6 %]
[※ Attention ! En cas d’échec de l’amélioration, l’objet sera automatiquement détruit !]
Mon espoir que ce ne soit pas le cas s’éteignit comme une braise mourante.
Non. Ne te laisse pas abattre maintenant.
Je me sentirais mieux en me disant que je n’avais jamais eu ces traits, au départ.
Voyons les choses du bon côté. Pensée positive.
Qui étais-je ? Un Chevalier de la Mort qui ne risquait quasiment jamais de mourir.
Je n’avais pas besoin de manger, de dormir ni de me battre. Alors, n’était-ce pas une chance inouïe ?
J’avais déjà le gîte, le couvert et de quoi me vêtir, sans lever le petit doigt.
L’important, c’était de trouver une cachette où les humains ne me découvriraient pas.
À première vue, la forêt où je me trouvais avait l’air dangereuse. Des collets fabriqués par des humains étaient disséminés un peu partout, et de nombreux arbres avaient été abattus.
Autant dire que la forêt affichait en grand : « Un village humain se trouve dans les environs. »
Si je me baladais en plein jour, ma mort pourrait presque passer pour une mort naturelle.
En plus, j’étais près d’une source.
Les animaux sauvages se rassemblaient près de l’eau, et les chasseurs patrouillaient autour des sources pour les traquer. C’était probablement pour ça qu’il y avait des collets dans les parages.
En exagérant à peine, quelqu’un m’avait peut-être déjà aperçu à travers les buissons avant de passer son chemin. Pourvu que ce ne soit pas le cas.
« Je ferais mieux de ne pas bouger à la légère pour l’instant. »
Le jour, les villageois pouvaient s’aventurer dans la forêt, tandis que la nuit, celle-ci était dangereuse pour les humains.
Si je voulais me déplacer sans croiser d’humains, mieux valait attendre la nuit. Surtout que les morts-vivants subissaient des dégâts après une exposition prolongée au soleil.
Pour un Chevalier de la Mort, la nuit serait un excellent camouflage.
J’aurais bien aimé que l’un de mes traits permette de me faufiler discrètement, mais dommage : j’avais une classe de lanceur de sorts.
Y avait-il un bon endroit où me cacher jusqu’à la nuit ?
Une forêt peu dense devait regorger de cachettes.
Je devais chercher un endroit adapté aux morts-vivants, un coin où la lumière du soleil ne pourrait pas pénétrer.
Et si je ne trouvais vraiment rien, je n’aurais qu’à creuser un trou et m’y enterrer vivant ?
« Hein ? »
Derrière des lianes et un gros rocher se trouvait un trou dont on ne pouvait pas voir le fond.
Les lianes le dissimulaient si bien qu’on ne remarquait même pas la grotte de loin.
« Accepté. »
Elle était déjà naturellement cachée. Pas question de refuser.
* * *
« Hé, le bleu. C’est ta première exploration de donjon, pas vrai ? »
« O-Oui ? On allait dans un donjon ? »
« Des explorateurs qui vont dans un donjon, mon œil. Pourquoi tu lui fais peur ? Hé, le bleu, redresse les épaules ! »
Pan ! Pan !
Henry faillit basculer en avant sous la claque brutale qui lui frappa le dos.
À cette vue, les vétérans du groupe d’exploration éclatèrent d’un rire sonore.
« Ha… Sérieusement… Pourquoi ce type se comporte comme une fille ? »
« S’il était né femme, il aurait du succès. Même maintenant, Henry plaît aux hommes aux goûts bizarres. »
« Ha ha… »
Henry se gratta la joue et rit avec eux d’un air gêné.
Le groupe d’exploration de Wemard Ivory n’était pas particulièrement célèbre. C’était simplement l’un des innombrables groupes d’exploration disséminés dans la capitale.
Seuls quelques-uns en faisaient leur métier. La plupart étaient des vagabonds désœuvrés qui espéraient faire fortune en fouillant des ruines à la recherche de trésors.
Ils n’étaient peut-être pas très sérieux, mais leur expérience était indéniable.
À l’exception de Henry, le bleu, les membres exploraient depuis plus d’un an, et leur capitaine était un vieux routier qui exerçait ce métier depuis des décennies.
« Capitaine, ce ne serait pas ça ? L’endroit dont nous ont parlé les villageois du coin. »
« Je crois bien. »
« Waouh, on ne le remarquerait vraiment pas si on ne regardait pas attentivement. Cela dit, ça ne ressemble pas du tout à des ruines. »
« C’est toujours mieux que de rester à ne rien faire. »
« C’est vrai. »
Arrivés à mi-hauteur de la montagne derrière le village, ils découvrirent une grotte dissimulée derrière des lianes et des rochers.
L’entrée avait l’air lugubre et sinistre, mais pour le groupe d’exploration, c’était comme un foyer.
Sans hésiter, les membres suivirent le capitaine qui marchait en tête.
« On entre là-dedans ? »
Henry fut le seul à rester figé sur place.
Il avait seulement entendu dire que les ruines anciennes se trouvaient dans des endroits isolés comme celui-ci.
Mais il y avait un monde entre en entendre parler et le voir de ses propres yeux.
Ils allaient vraiment entrer dans cette grotte effrayante ? On aurait dit un donjon.
Henry, qui s’était engagé comme les autres dans l’espoir de faire fortune, ne comprit qu’en voyant la grotte qu’on ne pouvait pas faire ce travail à la légère.
« Qu’est-ce que tu fais planté là, le bleu ? Hé, le bleu ! Henry !!! »
« O-Oui ! »
« Putain. Il y a une limite à la façon dont on peut planer sous prétexte qu’on est nouveau. Arrête ça. »
« Désolé, chef ! »
Même quand il finit par les suivre, Henry n’avança pas d’un pas léger.
Une fois le groupe entré, celui qui marchait en tête alluma un bout de bois imbibé d’huile.
À la lumière, rien de particulièrement étonnant ne leur apparut. Henry, qui avait été tendu, poussa un soupir de soulagement.
« Alors ? Tu avais peur ? »
« E-Eh bien, oui. Un peu. »
« Un peu, mon œil. Tu étais blanc comme un linge. Mais je comprends. La première fois qu’on entre dans un endroit comme ça, on n’a pas l’impression d’être dans des ruines. On se croirait dans un donjon, pas vrai ? »
« Hein ? Comment vous l’avez deviné ? »
« C’est pareil pour tout le monde, idiot. On est tous humains. »
Leurs voix résonnaient dans la grotte au plafond bas.
Le vacarme aurait dû déranger, pourtant personne ne leur demanda de se taire.
Même s’ils s’étaient habitués à ce genre d’endroit au fil des années, les humains craignaient instinctivement l’obscurité. Créer cette ambiance dans le noir les aidait à se détendre.
« Tu croyais que je t’avais taquiné en parlant de donjon pour rien ? »
« Ha ha. C’est vrai. Si vous m’aviez menti et amené ici, j’aurais vraiment cru que c’était un donjon. »
« Tu ne serais pas entré. Tu aurais hurlé qu’on était un groupe d’exploration, pas une Partie d’Extermination, et demandé pourquoi on pénétrait dans un endroit pareil. »
Les membres qui connaissaient la voix aiguë de Henry ricanèrent.
Pour faire comme s’il n’avait rien entendu, Henry lança la première question qui lui vint à l’esprit afin de changer de sujet.
« Mais ce ne peut vraiment pas être un donjon, hein ? »
« Bien sûr que non. Tu crois qu’on est entrés sans vérifier ? On s’est renseignés avant. »
« Vraiment ? Ce n’en est vraiment pas un ? »
« Quel froussard. Réfléchis un peu. D’après les villageois, cette grotte est là depuis longtemps, pas vrai ? »
« Oui, c’est ça. »
« Tu ne crois pas que d’autres se sont posé la même question que toi ? Même sans signalement, dès qu’on découvre un endroit comme celui-ci, une équipe de la Guilde de Soumission vient au moins une fois procéder à une détection de mana. »
Il existait de nombreuses façons de déterminer, depuis l’extérieur, si un lieu était un donjon.
La détection de mana permettait d’en être presque toujours certain.
En fait, la Guilde de Soumission n’enregistrait comme donjons que les lieux soumis à une détection de mana.
La grotte où se trouvait le groupe d’exploration avait déjà été identifiée comme une grotte ordinaire ; personne n’aurait même pu soupçonner qu’elle abritait des ruines.
Ils étaient venus uniquement parce que le chef du village leur avait dit que tout explorateur se devait de la visiter au moins une fois pendant son séjour, et qu’ils mouraient d’ennui.
« Ah. Mais on ne sait jamais. Cet endroit est peut-être un donjon. »
« … Quoi ? »
Le visage de Henry pâlit d’un coup.
Le vétéran poursuivit en s’efforçant de retenir son rire.
« Tu sais ce que c’est, un donjon irrégulier ? »
« Q-Qu’est-ce que c’est ? »
« Il arrive que certains donjons soient impossibles à repérer de l’extérieur. Même les plus grands mages n’arriveraient pas à les comprendre, paraît-il. On les appelle des donjons irréguliers, je crois. Bref, ce que je veux dire, c’est que cet endroit pourrait en être un. »
Gloups. La pomme d’Adam de Henry tressaillit.
Le vétéran le remarqua, et ses yeux se plissèrent en croissants de lune. Partout, les anciens adoraient taquiner les bleus effrayés.
« Les donjons irréguliers sont bien plus dangereux que les donjons ordinaires. Je te l’ai dit : impossible de les détecter de l’extérieur avec la détection de mana. À ton avis, pourquoi ? »
« Vous venez de dire que même les mages ne pouvaient pas les comprendre… »
« Putain, t’es bouché ! Il n’y a pas d’explication officielle, mais les théories ne manquent pas. Tu sais quelle est celle que la Guilde de Soumission juge la plus probable ? Le camouflage du mana. Le camouflage. »
« Le camouflage ? »
« Ouais. Et si le boss du donjon pouvait dissimuler le mana du donjon ? Il aurait forcément une raison de le faire. Ce serait donc un boss de haut rang et intelligent. Apparemment, les donjons irréguliers qui ont réellement été découverts faisaient partie des 72 Donjons les plus élevés en rang. »
« Les 72 Donjons ! »
Les 72 Donjons, qu’on surnommait aussi bien l’origine des donjons que l’ennemi public de l’humanité.
Les enfants avaient peur des vieilles sorcières, mais les 72 Donjons terrifiaient tout le monde, jeunes et vieux, hommes et femmes.
Les lèvres de Henry, déjà pâles, se mirent à trembler.
Et si c’était vraiment un donjon irrégulier ? Ça voudrait dire que c’était l’un des 72 Donjons, non ?
« Si c’est un donjon irrégulier, on est tous morts. Chacun d’entre nous mourra en hurlant. Bon, si tu as crié fort à ta naissance, tu devrais crier encore plus fort à ta mort. »
« Ça suffit, Jack. Tu vas trop loin avec quelqu’un qui vient d’arriver. »
« Ouais, ouais. Vu sa tête, il va se pisser dessus si je continue. »
Cling, cling.
C’est alors que des bruits métalliques retentirent, sans qu’on sache d’où ils venaient. Ce n’était pas le groupe qui les avait produits : ils provenaient des ténèbres, plus loin dans la grotte.
« Chut ! »
Le capitaine en tête fut le premier à les remarquer, puis les autres membres les entendirent à leur tour.
Le vice-capitaine éteignit la torche et alluma la mèche de la lanterne. Ils tendirent alors le bras vers les ténèbres qui les attendaient, et tous se figèrent sur place.
Une armure intégrale d’un noir d’encre, qui semblait se fondre dans l’obscurité comme un camouflage. À la place d’un visage humain, un crâne.
Quand le Chevalier de la Mort tourna la tête, une lueur glaciale brilla dans ses yeux.
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