Chapitre 14
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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Pris pour le monstre boss du donjon ◈
Chapitre 14 : Ce donjon a ses circonstances (?)
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La Fosse Putréfiée, où la mort proliférait.
L’énergie sinistre de la mort qui pesait sur les lieux suffisait à dissuader tout être vivant d’y mettre les pieds.
Assis sur le trône d’os de la salle du boss, Kalandas se tenait le menton d’une main, plongé dans ses réflexions sur ce qui s’était passé là-bas.
Les boss de rang sept ne se valent pas tous.
Le chevalier de la mort Vargoer.
Il était différent du Monstre de Suie de l’Ombre de Pangu, l’ancien boss de rang sept.
Kalandas avait été profondément déçu de voir Vargoer, un mort-vivant, protéger des humains.
Cette déception s’était muée en désir de tuer, au point qu’il avait voulu abattre Vargoer sur-le-champ. Pourtant, il n’avait pas l’intention d’agir sans réfléchir.
Après tout, son adversaire était un membre de rang inférieur des Sept Palais des Abysses.
De plus, c’était le boss d’un donjon récemment créé, qui n’avait de liens avec aucun des 72 Donjons.
Même si Kalandas le remplaçait, personne ne lui reprocherait d’avoir agi seul.
Valentia Rose Sha, de rang six, pourrait peut-être y trouver à redire. Quant aux seigneurs de rang supérieur des Cinq Doigts, ils resteraient sûrement indifférents.
Si Kalandas tuait Vargoer, le Palais des Abysses de rang sept serait remplacé une nouvelle fois. Le nouveau membre des Sept Palais des Abysses céderait simplement sa place à un autre donjon récemment créé.
Bien sûr, cela ferait un peu de bruit pendant quelque temps, mais rien qui vaille la peine de s’inquiéter.
La rumeur disait donc vrai : il avait tué un Héros d’un seul coup.
Tuer un Héros n’avait rien de bien difficile, surtout s’il s’agissait du Moine du Baume, le Héros de la Foi.
Mais même Kalandas n’aurait pas pu affirmer avec assurance qu’il en était capable en un seul coup.
Comme pour prouver que la rumeur était vraie, Vargoer avait anéanti, en guise d’avertissement, un artefact que Kalandas possédait depuis mille ans.
Il avait été anéanti au sens propre du terme. On ne percevait aucune énergie, et pourtant il avait disparu sans laisser la moindre trace.
Ainsi, malgré son rang sept, Vargoer était par nature un Donjon à entité unique.
Les membres de rang supérieur des Sept Palais des Abysses avaient conquis leur place en commandant des armées de dizaines de milliers de soldats. Vargoer, lui, était né pour régner à la septième place.
Pour autant, ce n’était pas une raison suffisante pour reculer.
Même si Kalandas mourait, il avait un réceptacle de vie.
Tant que son Cœur de donjon ou son réceptacle de vie restait intact, Kalandas était immortel.
S’il mourait, ce serait même encore mieux. Il pourrait ressusciter, puis retourner la situation contre Vargoer en jouant de son influence politique.
« Quelle sottise. Aurais-je dû le comprendre dès le début ? »
Kalandas ne se rendit compte que bien trop tard que tous ces projets étaient des décisions téméraires qu’il n’aurait jamais dû envisager.
Lors de leur confrontation, il avait prudemment fermé les yeux.
Pour ouvrir son troisième œil, il devait fermer les deux autres.
En perdant la vie, les Liches acquéraient des âmes d’un ordre supérieur.
Un mort-vivant aussi puissant qu’un Roi Liche pouvait même atteindre le stade où il ouvrait un troisième œil : l’Œil de l’Esprit.
L’Œil de l’Esprit permettait de voir les âmes. Kalandas en avait grandement bénéficié au cours du dernier millénaire.
Une fois l’Œil de l’Esprit ouvert, il pouvait discerner l’ordre d’une âme et ainsi jauger ses adversaires avant d’employer ses pouvoirs.
Aucun être ne pouvait entraîner son âme.
Les troisièmes couteaux entraînaient leur corps.
Les seconds couteaux entraînaient le mana qui circulait en eux.
Les meilleurs perfectionnaient à la fois leur corps et leur mana intérieur.
Mais personne ne pouvait entraîner son âme, l’essence même de son être.
Et il était impossible de dissimuler ou de tromper une âme.
Comme cette qualité était innée, présente dès la naissance, on l’appelait l’ordre de l’âme.
« … Une âme totalement étrangère à tout. »
S’il n’avait pas prudemment ouvert son Œil de l’Esprit à ce moment-là, son choix aurait pu lui coûter la vie.
En temps normal, toutes les âmes des morts-vivants avaient la même forme, quel que soit leur ordre. Elles étaient toutes des âmes mortes.
Mais s’il était vraiment un membre des Sept Palais des Abysses à entité unique…
Kalandas ouvrit son Œil de l’Esprit, par précaution.
L’âme de Vargoer n’était pas celle d’un mort-vivant.
Non, son ordre était même impossible à mesurer.
Était-ce parce qu’il était si noble ? Non, cela signifiait autre chose.
Incompréhensible. Une âme totalement étrangère à tout.
Elle était si étrange qu’elle défiait toute compréhension, comme si elle n’appartenait pas à ce monde.
Avait-il déjà vu une telle âme en plus de mille ans d’existence ?
… Une seule fois.
L’Ancien.
Le Palais des Abysses de premier rang, le Lieu où dort le plus ancien des Anciens.
L’âme de Vargoer rappela à Kalandas celle de l’Ancien qu’il avait aperçue là-bas.
Toutes deux étaient incompréhensibles, et leur ordre ne pouvait être comparé.
Pourtant, leur forme à toutes deux était étrangère, comme si elles n’appartenaient pas à ce monde.
La première fois qu’il avait contemplé l’Ancien, Kalandas avait tremblé de la tête aux pieds sans même se rendre compte de l’allure pitoyable qu’il avait.
Cette terreur inconnue semblait à nouveau remonter en lui.
« Celui-là est vraiment dangereux. »
Et il était de rang sept. Même en tenant compte du fait qu’il était un Donjon à entité unique, Kalandas ne pouvait s’empêcher de douter de son classement.
La puissance d’un Palais des Abysses dépendait-elle vraiment autant de ses subordonnés ?
Ou peut-être le potentiel de Vargoer était-il illimité parce qu’il régnait sur un Palais des Abysses récemment établi.
Dans quelques années, il pourrait dépasser le sixième rang, et peut-être même celui de Kalandas.
« … »
Kalandas ferma les yeux, absorbé par ce souvenir.
Même à présent, cette âme étrangère semblait encore flotter derrière ses paupières closes.
* * *
On disait que celui qui connaissait l’ennemi et se connaissait lui-même ne serait jamais vaincu en cent batailles. Pourtant, avant même d’avoir pu en apprendre davantage sur mes ennemis, je me rendis compte que je ne savais presque rien de notre propre donjon.
Avant de partir pour la forêt tropicale, Charlotte et moi nous penchâmes ensemble sur une carte du donjon.
Isabella se serra contre nous et fourra elle aussi son nez dans la carte, mais je fis semblant de ne pas la voir.
« D’abord, il faut renforcer les pièges. »
C’était évident. Comme nous manquions d’effectifs, nous devions davantage compter sur les pièges.
Le donjon était un labyrinthe de sept étages.
Des pièges étaient disposés du premier au troisième étage, mais aucun monstre n’était posté en dessous. En pratique, les étages inférieurs étaient presque une porte ouverte.
« Ah, je devrais d’abord donner ça à Isabella. »
Charlotte sortit une boule de cristal.
C’était une alarme de sécurité reliée aux fils magiques qu’elle avait installés elle-même à l’entrée.
Elle réagirait et sonnerait à l’arrivée d’un intrus, mais comme nous n’avions aucun moyen fiable de revenir, l’emporter avec nous ne ferait que nous encombrer.
Tout en tendant la boule de cristal à Isabella, Charlotte poursuivit :
« D’après ce que j’ai pu observer, les Parties d’Extermination ordinaires ne dépasseront même pas le troisième étage. Et même si elles y parviennent, le quatrième les arrêtera. Comme vous le savez, les grottes obscures sont un environnement extrêmement favorable aux Vampires. »
« Hum ! »
Isabella se frappa fièrement la poitrine.
« Mais je parlais des Parties d’Extermination ordinaires. Si une équipe un tant soit peu puissante envahit le donjon, nous serons écrasés et repoussés sans appel. »
Le visage d’Isabella se décomposa.
« Même si les Vampires et le Moine du Baume unissent leurs forces, je pense qu’ils auraient du mal à tenir tête à une Partie d’Extermination de rang A. Or, les Sept Palais des Abysses sont attaqués par des groupes d’extermination de rang A, au minimum. »
« Hum. »
« Aussi renforcions-nous les pièges, ils ne resteraient que des obstacles passifs. Il nous faut des monstres puissants capables d’agir. »
« On ne pourrait pas demander l’aide de l’Association marchande ? »
« Nous cherchons des monstres que nous pourrions utiliser, mais nous n’avons rien trouvé de convenable. Et même ceux-là, nous ne pourrions pas les faire venir immédiatement. Ce ne sont que des candidats que j’ai repérés pour plus tard. Pour le moment, nous ne pouvons pas demander d’aide à l’Association marchande. »
À ma question silencieuse, elle répondit aussitôt :
« Nous ne pouvons pas nous endetter davantage auprès de l’Association marchande. Entre les frais d’embauche des monstres et la construction du donjon, nous leur devons encore des dizaines de millions. Si les quelques kobolds postés ici s’en vont, nous perdrons aussi notre seule source de minerai. »
« … »
« L’Association marchande ne pense qu’au profit. Même si nous faisons partie des Sept Palais des Abysses, elle s’en moquera si elle n’y trouve pas son compte. »
Au lieu de consolider nos bases, nous n’avions même pas encore remboursé nos dettes.
J’avais vraiment vu trop grand.
« Il y aurait bien une solution, mais… »
Charlotte s’interrompit en observant ma réaction.
Qu’est-ce qui pouvait être si grave ?
Je haussai nonchalamment le menton.
« Nous pourrions invoquer le nom des Sept Palais des Abysses et demander le soutien d’autres donjons. Mais notre réputation de membre des Sept Palais en prendrait un sacré coup. »
Elle avait raison.
Même en tenant compte du fait que notre donjon venait d’être créé, imaginez la rumeur qui se répandrait : un membre des Sept Palais des Abysses demandait l’aide de donjons de rang inférieur.
Je nous imaginais déjà nous faire complètement snober lors du prochain rassemblement des 72 Donjons.
Et la suspicion ne tarderait pas à suivre. Ce salaud faisait-il vraiment partie des Sept Palais des Abysses ?
« Et si on s’adressait à un autre des Sept Palais des Abysses ? »
Même si le donjon était de rang supérieur, cela froisserait quand même notre orgueil, mais ce serait beaucoup moins humiliant.
Vu la façon dont les autres boss le prendraient, ne trouveraient-ils pas ça compréhensible, puisque nous venions d’être établis et qu’ils étaient de rang supérieur ?
« Quelle excellente idée ! Comme on pouvait s’y attendre de vous, Boss. »
« … »
Elle se fichait de moi, là ?
« Mais vous vous êtes déjà brouillé avec le Roi Liche de cinquième rang à cause de quelqu’un d’aussi insignifiant que moi. »
« Tu n’es pas insignifiante. Tu es une adjointe compétente. »
« … Merci. »
J’avais réussi, mine de rien, à gagner ses bonnes grâces.
Remonter le moral d’une subordonnée ne pouvait pas faire de mal.
« Les autres membres des Sept Palais des Abysses doivent déjà être au courant. Même si quelqu’un nous aidait sans le savoir, il se sentirait profondément trahi en l’apprenant. Cela nous entraînerait dans un conflit avec un autre Palais des Abysses. »
« Et s’ils étaient déjà en mauvais termes avec lui ? »
Je connaissais un boss qui était hostile à Kalandas.
Valentia Rose Sha, de rang six.
Charlotte hocha la tête, comme si elle avait compris ce que je pensais.
« On dit que l’ennemi de mon ennemi est mon ami. Elle serait peut-être même prête à nous aider. Mais si nous faisons ça, notre relation avec le boss de rang cinq sera irrémédiablement compromise. »
« Ça m’est égal. Je ne l’aimais déjà pas. »
Rien que de repenser à ce moment-là, j’en avais encore des frissons.
Pourquoi voudrais-je rester proche de quelqu’un qui avait essayé de me tuer ?
Je préférais me rapprocher d’un boss avec qui je pouvais discuter, même si son rang était inférieur.
« … Vous iriez jusque-là pour moi. »
Charlotte s’était fait ses propres idées, mais je ne pris pas la peine de la détromper.
Nous décidâmes donc de solliciter l’aide de Rose Sha, de rang six.
Rien ne garantissait qu’elle nous aiderait vraiment, mais c’était mieux que de ne rien faire.
« Par chance, le marchand qui m’a été assigné s’occupe aussi d’elle. Nous pouvons la contacter par son intermédiaire. »
Ce Marchand démoniaque était donc aussi en relation avec un boss d’un Palais des Abysses ?
… À quel point Charlotte était-elle compétente pour avoir des liens avec un marchand des Palais des Abysses ?
Charlotte déchira un billet noir, et le marchand se précipita hors du portail qui apparut.
Charlotte lui expliqua aussitôt la situation. Après l’avoir écoutée jusqu’au bout, le marchand afficha une expression mémorable.
« Hein… Vous parlez du seigneur de rang six ? »
« Oui. »
« Vous êtes sérieux ? »
« C’est la décision du Boss. Abstenez-vous de poser d’autres questions. »
« Et quelle compensation appropriée comptez-vous proposer ? »
Quand on recevait quelque chose, il fallait bien donner quelque chose en retour.
Pour obtenir un soutien militaire d’une telle ampleur, nous devions offrir quelque chose d’une valeur équivalente. Et si nous voulions préparer l’avenir, il nous fallait au moins faire une promesse.
Elle enverrait volontiers des troupes si je lui disais que je rejoindrais sa faction, mais ce n’était qu’une solution de repli.
Comme je ne savais rien de la manière de bâtir une faction, je devais rester prudent.
J’avais bien une autre idée en tête. Le problème, c’était qu’elle me paraissait absurde, même à moi.
En fait, c’était pire qu’absurde. C’était si grossier que je me demandais si j’avais seulement une once de conscience.
Mais je dois le faire.
D’après Kalandas, Rose Sha, de rang six, s’intéressait à moi.
Et d’après ce que je savais d’elle, elle prenait chacune de ses décisions, grandes ou petites, en fonction de ce qui l’intéressait ou l’amusait.
« Dites ceci au boss de rang six : si elle m’aide, elle pourra me faire bonne impression avant même notre première rencontre. »
« … Pardon ? »
Le marchand, abasourdi, répéta la question sans réfléchir. C’était une réaction compréhensible.
M’aider parce que je pourrais avoir une bonne impression d’elle ?
C’était une demande déguisée en ordre, le genre de chose qu’un boss de rang supérieur pouvait dire à l’un de ses subordonnés.
Même moi, je trouvais complètement dingue qu’un boss de rang sept s’adresse ainsi à celui de rang six.
Mais Rose Sha aimait ce genre d’insolence — ou, pour le dire plus joliment, d’audace. Je le savais bien.
Ce n’était pas une réponse ferme, mais cela laissait aussi entendre que je n’étais pas fermé à l’idée de rejoindre sa faction.
Si elle apprenait mon conflit avec Kalandas, elle nous enverrait sûrement du renfort.
« Allez lui transmettre le message. »
« … »
À ses yeux, on voyait bien que le marchand craignait de se faire écraser entre deux baleines.
Le marchand n’arrêtait pas de se retourner vers moi, l’air sombre, avant de finir par franchir le portail.
« … Boss. »
Après le départ du marchand, Charlotte prit la parole à voix basse.
« On dirait que nous allons nous faire deux ennemis. »
Je haussai les épaules.
On verrait bien.
* * *
« Elle a accepté avec plaisir. Elle dit qu’elle a un peu de marge et qu’elle va nous envoyer une partie de son armée permanente. Ouf ! »
Le marchand, de retour, était trempé de sueur, mais son visage semblait soulagé.
Vous voyez ? Je vous l’avais dit que ça marcherait.
Je jetai un coup d’œil à Charlotte. Ses lèvres s’étaient légèrement entrouvertes.
Le Marchand démoniaque parcourut un parchemin et en lut le contenu à voix haute.
« Voyons voir… La force de soutien sera composée de cent Succubes, cent Incubes, cent Loups-garous et cent Vampires. Elle fournira en tout quatre cents Serviteurs de la Nuit. Aucune autre précision. »
Quatre cents. C’était un peu maigre pour un Palais des Abysses, mais au moins, elle nous aidait.
À y réfléchir, j’étais plus que satisfait, puisqu’il s’agissait de Serviteurs de la Nuit.
On appelait collectivement Serviteurs de la Nuit les monstres qui révélaient toute leur puissance la nuit ou dans l’obscurité.
Ils pourraient tirer bien mieux parti de nos défenses et du terrain.
« Quand arriveront-ils ? »
« Elle a dit que ce serait immédiat, mais… »
Vroooong !
Avant que le marchand ait pu terminer, un portail rose s’ouvrit.
Des monstres en sortirent un à un, calmement.
Succubes, Incubes, Loups-garous et Vampires.
Comme promis, quatre cents Serviteurs de la Nuit se rassemblèrent devant moi en rangs bien ordonnés.
Ils étaient si nombreux à se déplacer en même temps et pourtant, le moindre désordre était absent.
Ils ressemblaient moins à une armée bien entraînée qu’à un groupe de serviteurs d’élite parfaitement bien élevés.
« Nous saluons le maître de ce nouveau Palais des Abysses. »
Comme s’ils avaient répété leur entrée, les serviteurs s’inclinèrent tous en même temps.
Je regardai tranquillement autour de moi, en faisant semblant d’être détendu.
[Niv. 35]
[Niv. 47]
[Niv. 58]
[Niv. 61]
Leurs niveaux variaient énormément, mais c’était amplement suffisant.
Ils pouvaient toujours me trahir et s’emparer du donjon.
À vrai dire, je n’avais aucun moyen de parer à cette éventualité.
Dans ce cas, j’abandonnerais le donjon. Que pouvais-je faire d’autre ? Je n’étais pas lié au Cœur de donjon. Je pouvais simplement m’enfuir ailleurs.
J’étais tout de même certain que Valentia Rose Sha ne ferait pas ça.
Les coups de poignard dans le dos, c’était le genre de coups qu’aurait fait un serpent rusé comme Kalandas. Rose Sha savait se montrer habile, mais sur ce point, c’était une dame.
Ce pacte reposait uniquement sur la confiance mutuelle.
Alors que j’allais détourner le regard, satisfait…
[Niv. 41 (?)]
… Qu’est-ce que c’était ?
À côté du niveau d’une Succube qui s’inclinait, figurait un symbole représentant mon état émotionnel actuel.
Je n’avais jamais rien vu de tel dans le jeu non plus. Qu’est-ce que c’était ? Un bug ?
Comme si j’étais possédé, je me retrouvai à marcher vers la Succube.
« … »
La Succube restait inclinée devant moi.
Même de près, le point d’interrogation à côté de son niveau était toujours là.
Des questions et des réponses de toutes sortes tourbillonnaient dans ma tête.
Impossible que ce soit vraiment un bug. Il devait y avoir une explication cachée, mais je ne parvenais pas à comprendre laquelle.
… Ce serait possible ?
Rose Sha était la Reine des Succubes.
Parmi ses nombreuses capacités, la plupart étaient naturellement des traits raciaux, mais elle en possédait aussi une unique qui n’avait rien à voir avec les Succubes.
Si c’était cette capacité unique… cela suffisait à expliquer le point d’interrogation.
« Je ne pensais pas que tu avais un passe-temps aussi étrange. »
Tressaillement.
Les épaules de la Succube frémirent légèrement. C’était bien ça.
Faire semblant de ne pas savoir ne lui ressemblait pas. Elle devait vraiment vouloir le cacher.
« Je voulais te rencontrer sous ta véritable apparence pour notre première rencontre. »
La Succube ne releva la tête qu’à cet instant.
Son visage impassible ne laissait paraître aucune tension. À première vue, elle semblait être une Succube ordinaire.
Mais je n’aurais jamais pu ne pas reconnaître l’être dissimulé sous cette apparence.
« Valentia Rose Sha. Retire ton masque. »
Un sourire en coin.
Le coin des lèvres de Rose Sha se releva.
Avant même que je puisse comprendre ce qui se passait, elle passa soudain les deux bras derrière ma nuque et m’attira vers elle.
Dans le même temps, elle se dressa sur la pointe des pieds, si près que nos visages se frôlèrent presque.
Pris au dépourvu, je me retrouvai front contre front avec elle, nos regards plongés l’un dans l’autre.
« Mon chéri. Comment as-tu deviné ? »
Rose Sha se lécha les lèvres avec un sourire séducteur.
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