Chapitre 244
Coût d’opportunité, coût irrécupérable (3)
J’attendis devant le salon d’attente de Johanna, en comptant sur mes doigts : un, deux, trois, quatre…
Bang !
À cinq, la porte s’ouvrit à la volée, comme si elle avait été fracassée. C’était Johanna qui l’avait défoncée d’un coup de pied.
Quelle sale connasse !
Elle sortit et, en me voyant toujours planté là, fronça les sourcils.
« Shion Ascal. Quelle insolence ! »
« Un instant. »
Je me penchai près de l’oreille de Johanna. Face à son air furieux, je lui murmurai doucement :
Le visage de l’aînée se durcit. Je reculai d’un pas et baissai la tête.
« C’est vrai ? »
« Oui. Il vaut mieux ne montrer aucune réaction. »
De l’écoute clandestine. Et pas seulement : il enregistrait aussi tout ce qui se disait à l’intérieur.
Beckman voulait garder une trace du quotidien de Johanna.
Elle ferma les yeux très fort et appuya ses doigts contre ses tempes.
« Est-ce que je devrais changer ses fonctions ? »
« Non. Ça ne ferait qu’aggraver les choses. »
En général, les Équilibreurs se voyaient attribuer des fonctions précises. Par conséquent, un seul Équilibreur assistait le seigneur de la manière la plus directe.
Pour Johanna, c’était Beckman.
« Fais comme si tu ne savais rien. »
Beckman perdait clairement de vue ses devoirs, mais je ne pouvais pas me permettre de suggérer qu’on se débarrasse de lui. Après tout, il servait Johanna loyalement depuis des décennies.
Vu l’importance de chaque Équilibreur, ce serait déplacé de la part de quelqu’un comme moi de suggérer son renvoi.
« Je m’en occuperai moi-même. Prends ça. »
Johanna me tendit quelque chose.
C’était une brochure pour la vente aux enchères de Terra.
« Pourquoi me donnez-vous ça ? »
« Choisis ce qui te plaît. Je remporterai les enchères pour toi. »
Je ne m’attendais pas à cette proposition. Je clignai des yeux, sans rien dire.
Johanna esquissa un sourire amer.
« Ma vie vaut au moins ça. »
« Non, ça ira. J’ai déjà reçu la prime pour la vic- »
« Tu as tout donné à Zia. »
Elle semblait quelque peu contrariée.
« Tu devrais avoir quelque chose à toi. »
Elle me remit le catalogue dans la main.
« Oui. Merci. »
Je l’acceptai pour le moment et parcourus la liste des articles, de haut en bas.
« Maître !!! »
Soudain, la voix de Grawl résonna bruyamment dans ma tête.
Je sursautai.
« Tu veux te faire tuer ? Qui gueule comme ça, sans la moindre politesse ? »
« Ça ! Ça ! Le R-élixir ! »
Je regardai une partie du catalogue.
Un R-élixir y figurait.
[R-élixir de rang A]
Certifié de rang A par l’expert en R-élixirs Veromo, cet élixir déborde d’énergie magique. Produit de qualité supérieure, rarissime, même à raison d’une seule trouvaille par an ; cet R-élixir de rang A n’attend plus que son propriétaire.
« Tu sais ce que c’est ? »
« Non ! Mais on dirait qu’une analyse révélerait une quantité incroyable d’énergie magique ! »
Il voulait le greffer à sa racine. Les R-élixirs pouvaient se connecter entre eux, ce qui permettait une Incarnation.
« Hmm. »
« S’il te plaît !!!! »
Je jetai un coup d’œil aux autres articles.
Rien d’autre ne m’intéressait vraiment.
J’avais déjà des armes, je n’avais pas besoin de vêtements et les bijoux ou les objets de valeur ne m’attiraient pas.
« Maître !!!! »
« D’accord, d’accord. »
Je montrai le R-élixir à Johanna.
« Celui-là, si c’est possible. »
Johanna y jeta elle aussi un coup d’œil. Un sourire se dessina sur ses lèvres.
« Tu as bon goût. Attends un peu. »
Elle m’arracha le catalogue des mains et retourna dans son salon.
« Je t’aime !!! »
« Moins fort. »
Le rire de Grawl, aussi heureux qu’un chiot, résonna à mes oreilles.
* * *
« Quel est le plan ? »
Après avoir réglé rapidement les détails de la [Vente aux enchères de Terra], je retournai à l’Agence de renseignement et discutai de l’opération « Faire tomber l’oiseau ».
L’équipe se réduisait à Bell Moore et Riley.
« Le sénateur Syrimus a beaucoup de casseroles. »
Riley remonta ses lunettes après ma remarque.
« C’est facile à étouffer. Pas assez pour le faire tomber. »
« C’est vrai. Vern le soutient. Pour le faire chuter avec un scandale, il nous faudrait quelque chose du genre… tu sais, ce salaud de chef d’équipe mort ? Benedict. Il nous faut un scandale aussi énorme que celui de ce connard. »
Bell Moore intervint à son tour.
Je feuilletai plusieurs dossiers, puis retroussai légèrement les lèvres.
« Le soutien de Vern complique un peu les choses. »
« Ouais. Si on regarde les secteurs pris séparément, Everett est plus importante que Libra. Numéro un dans le monde des affaires. Tu croyais que ce serait facile ? »
Officiellement, bien sûr, Libra était numéro un dans le secteur financier. La famille contrôlait tellement d’entreprises.
Mais dans chaque secteur pris individuellement, Everett, l’entreprise de Vern, arrivait en tête.
« Enfin, on n’y peut rien. »
Je soupirai.
Même pour moi — ou plutôt, à cause de moi —, il y avait une méthode que je répugnais un peu à employer.
J’aurais préféré m’en passer, si possible, mais je n’avais pas le luxe de choisir mes moyens.
« On abandonne ? »
« Non. Le sénateur Syrimus a un enfant. »
« Quoi ? »
« Hein ? »
Bell Moore et Riley furent tous deux pris au dépourvu. Ils se replongèrent aussitôt dans les dossiers.
« Syrimus n’est pas marié, si ? »
« C’est ce qu’on a annoncé. Il a caché son enfant dans un autre pays. »
Un fait qui ne serait jamais révélé dans des circonstances normales.
Mais en tant que revenant, je savais tout.
Voilà pourquoi, dans des affaires comme les élections, les batailles d’opinion et les campagnes de désinformation, j’avais plusieurs centaines de longueurs d’avance.
Avec les bonnes ressources, je pourrais même faire tomber des sénateurs de la Table ronde. Voilà qui j’étais.
« Son fils vit dans un pays lointain appelé Elhener. Il s’appelle Luke. Il a probablement déjà tué quelques personnes ; si on commence à fouiller de ce côté-là, les autres scandales prendront de l’ampleur. »
Il fallait fissurer le mur avec le scandale le plus dévastateur, puis y faire passer les autres ragots comme des flèches.
C’était le principe d’une campagne de dénigrement.
« Bon, pour le déplacement professionnel, Riley et moi, on y va ensemble ? »
Bell Moore lança un regard en coin à Riley.
« Vas-y tout seul. Si les informations du Chaser Shion sont exactes, je dois me préparer à l’attaque suivante. »
Riley balaya froidement sa proposition.
Sur la place du district d’Edsilla Sanrama, où s’étaient rassemblés camions et badauds, Syrimus menait sa campagne électorale, sa voix tonnant dans les haut-parleurs.
« Je suis Syrimus, le numéro un sur le bulletin de vote ! »
À chacun de ses mots, la foule acclamait et poussait des cris, tandis que des pétards éclataient.
« Un sénateur pour vous, et le seul pour Sanrama ! »
Bien que son élection fût pratiquement assurée, il ne relâchait pas ses efforts de campagne. En le regardant,
Ludeniel avait l’impression que ses entrailles pourrissaient.
Ce siège aurait dû être le sien. Puis il y avait eu cette absurde accusation de corruption.
Accusé à tort, avec des preuves fabriquées d’un pot-de-vin qu’il n’avait jamais accepté, il avait vu sa femme se suicider et tout perdre.
« Syrimus de Sanrama ! Sanrama pour Syrimus ! »
Ludeniel se détourna lentement. Il traversa la place à pas hésitants, sans un mot, puis s’affala sur un banc vide.
.
Il sortit de sa poche une carte de visite.
[Jean Consulting]
Sur un téléphone à l’écran fracassé, il composa le numéro qui y figurait.
Clic.
L’appel aboutit.
« C’est Ludeniel. »
Son interlocuteur ne répondit pas, mais Ludeniel prit la parole le premier.
« Que dois-je faire ? »
À cet instant, la proclamation de Syrimus résonna. « Je deviendrai votre mine ! » Les slogans de sa campagne emplissaient l’air.
Jean Consulting répondit :
« Commençons par un contrat. »
.
Je rendis de nouveau visite à Ludeniel. Il prit le contrat d’un air toujours méfiant.
« Vous avez encore des doutes ? »
À ma question, il secoua la tête. Il prit aussitôt un stylo, signa le contrat et y apposa son sceau d’un coup sec.
« C’est fait ? »
« Oui. Monsieur Ludeniel, vous allez maintenant bénéficier de nos services de conseil et de notre soutien financier. »
« Et maintenant, qu’est-ce qui va se passer ? »
« Ce qui va se passer ? Vous allez devenir sénateur, monsieur Ludeniel. Ensuite, vous n’aurez qu’à nous rendre quelques services, quand nous vous le demanderons. »
Le teint de Ludeniel se figea visiblement.
Il croyait qu’il vendait son âme à un démon ou quoi ?
Je secouai la tête avec un sourire.
« Nous ne vous demanderons rien d’excessif. Après tout, vous n’avez plus rien à perdre, n’est-ce pas ? Vous vous en inquiéterez une fois devenu sénateur. »
Il ne me restait plus qu’une chose à faire pour lui.
Je sortis de mon manteau une fiche.
« Tenez. Apprenez-la par cœur, puis brûlez-la. »
?
Ludeniel prit la fiche, quelque peu déconcerté. Ses yeux parcoururent rapidement le texte.
[Samedi, à minuit.
Vous vous promenez la nuit quand vous entendez un faible bruit. Il provient de la mine de Belmion. Vous percevez le grondement d’un tunnel qui s’effondre pendant les travaux. Pour ne rien arranger, un incendie se déclare.
Une petite mine en flammes. De faibles appels au secours résonnent.
Faute de temps, vous prenez une décision : vous allez entrer seul dans la mine pour secourir les mineurs.]
« C’est un scénario. »
À mes mots, Ludeniel releva brusquement la tête.
« Mais même si tout cela est vrai, comment pourrais-je secourir les mineurs tout seul ? »
« Pourquoi me poser la question, alors que vous êtes diplômé de l’Académie de magie ? Activez simplement votre Corps magique comme il faut. Tout est prévu, vous ne serez pas blessé. »
Le monstre terrestre Grawl l’aiderait.
« Lisez la suite. »
Je désignai la fiche du doigt. Ludeniel baissa de nouveau les yeux.
[Après avoir secouru une douzaine de mineurs environ, soudain, vous captez un courant d’énergie sous les flammes vacillantes.
Dans un espace vide où il ne devrait rien y avoir, vous sentez l’énergie magique s’agiter.]
Il restait encore de nombreuses pierres de mana à découvrir dans la mine de Belmion. Et c’était vous, monsieur Ludeniel, qui les découvririez.
C’était un site repéré par le radar de Grawl.
« Nous creuserons un nouveau tunnel là-bas, sous votre direction. La mine de Belmion appartient aux habitants de la communauté. Les profits leur reviendront donc directement. »
Ludeniel me fixa, l’air absent.
« Cet incident deviendra votre tremplin. »
Je souris finement. Ludeniel se lécha les lèvres sèches et me demanda :
« Et après ? Que se passera-t-il ensuite ? »
« Le sénateur Syrimus tombera en disgrâce. Il reste encore du temps avant l’élection. La communauté vous désignera naturellement comme candidat. Après tout, vous êtes un ancien sénateur, n’est-ce pas ? »
La barbe de Ludeniel se hérissa un instant.
Il respira lourdement, encore et encore. Ses yeux étaient déjà injectés de sang, et son corps tremblait comme s’il faisait une crise.
« Monsieur Ludeniel. J’ai besoin de votre réponse. »
Ludeniel, qui serrait la fiche entre ses doigts, répondit :
« Je vais essayer. »
* * *
Deux jours plus tard.
Le matériel commandé par Jesco était prêt. L’usine avait doublé de taille et avait été entièrement modernisée avec les technologies les plus récentes.
« Le travail avance bien. »
« Qu’en penses-tu ? »
Face, le bras droit qui avait transporté le matériel, s’approcha de moi.
« C’est bien. »
« Bien ? J’ai fortement insisté auprès du patron pour qu’il fasse les choses comme ça. »
Face se vanta, puis me demanda d’un ton désinvolte :
« Tu as réfléchi à ce que je t’ai dit l’autre fois ? »
Il m’avait laissé un message qui ressemblait fort à une menace, en me demandant de lui céder 0,5 %.
« Désolé. »
« Espèce de petit con. T’as pas d’autre usage pour ton fric, sale morveux. »
« J’ai d’autres dépenses. Je peux vous prêter de l’argent, si vous le demandez. »
« Alors prête-moi tout. »
« Je n’en ai pas. »
« Espèce d’enfoiré. T’as tellement été choyé parce que t’es technicien que t’en as perdu la vue. »
Les yeux de Face flamboyèrent comme ceux d’une bête.
Je fis semblant d’avoir peur et reculai en répondant :
« Mais si je travaille dur, les ventes globales augmentent. La part que monsieur Face touche grandira donc elle aussi. »
Face prit alors l’air de faire quelques calculs.
Si le bénéfice net de dix millions passait à vingt millions, même avec le même pourcentage, son salaire doublerait.
On aurait dit qu’il n’y avait jamais pensé.
« Bon, c’est vrai. Alors, donne-moi 0,25 %. »
« Désolé. »
« Ah, espèce de putain de… »
À cet instant, la porte s’ouvrit. Face recula précipitamment, et Jesco apparut avec ses hommes.
« Oh~ Ça avance bien~. »
Jesco commença par inspecter le matériel, ici et là.
Crow, le troisième dans la hiérarchie, s’approcha de moi avec un sourire.
« Alors, comment ça va ? »
« Ah, c’est bien. Tout est à la pointe de la technologie. On dirait qu’on pourrait traiter cinq fois le volume, non, six fois. »
« Oh. Voilà qui fait plaisir à entendre. »
Au fait, Crow avait détourné une partie de l’argent de Jesco.
J’avais rassemblé tous les détails et les avais consignés dans le Journal.
« Quelle chance d’avoir un technicien qui débarque juste au bon moment. Haha. »
Clap !
Jesco applaudit.
« Hé, Beckman. On fait un essai, maintenant ? »
« Oui, ce serait parfait. »
À mes mots, Jesco réfléchit un instant, puis secoua la tête.
« Non, prenons plutôt la journée pour nous reposer. »
« Pardon ? »
Je clignai des yeux, surpris.
« Malheureusement, nous avons une réunion prévue. On ne se reverra peut-être pas avant quelques semaines. Tu ne peux pas venir avec nous. »
« Ah bon ? »
Je pris délibérément un ton déçu.
« Ne le prends pas trop mal. Tu es technicien, alors on doit te garder aussi discret que possible. Tu comprends, non ? »
« Oui, ça me va. »
Jesco sourit de toutes ses dents.
« Bon, alors, vous autres, filez devant. »
« Oui ! »
Une réponse tonitruante, typique des gangsters.
Crow et Face, ainsi que les autres hommes, sortirent dans un grand remue-ménage. Jesco, lui, s’attarda un instant.
« Bon. Le matériel est en état ? »
« Oui, c’est exactement ce que je voulais. »
« Tant mieux. Commence à faire tourner l’usine dès demain. Repose-toi aujourd’hui. On a largement le temps de répondre à la demande. »
« Oui, grand frère. »
« Bon. J’y vais, alors. »
Alors que Jesco s’apprêtait à saluer de la main et à partir, je l’interpellai.
« Grand frère. »
Il se retourna vers moi.
Je me contentai de le regarder, sans rien dire.
« Quoi ? »
Il finit par me le demander.
J’hésitai sans raison, puis m’inclinai profondément.
« Merci. »
?
Jesco prit un air perplexe devant cette gratitude soudaine.
« De m’avoir accueilli alors que je n’avais que ce petit talent. »
Mais à présent, la fin était proche.
C’était peut-être bien la dernière fois que nous nous voyions.
Quitter le désert avait été difficile, et il m’avait manqué. Mais depuis que je t’avais rencontré, grand frère, cet endroit ressemblait à un chez-moi.
« Hmm… eh bien… »
En réalité, ce n’était pas le désert qui m’avait manqué, mais quelqu’un.
Le nez de Jesco rougit lentement. Ça se voyait même malgré son teint naturellement rougeaud.
« T’es dingue ? T’as mangé quelque chose de mauvais ? »
Il fit semblant de bâiller en disant cela, pour cacher son émotion.
« Arrête tes conneries. Même sans moi, ton talent aurait fini par éclater. »
Jesco tourna brusquement la tête, me parlant sans me montrer son visage.
« Tu aurais eu une vie bien meilleure et plus ordinaire si tu étais allé à l’université. »
« Non, pas du tout. »
« Comme tu veux. Repose-toi. Je m’en vais. »
Jesco sortit à la hâte.
Je regardai la porte claquer et poussai un soupir lorsque toute présence eut disparu.
« Pfiou. Enfin terminé. »
Ce boulot pénible allait bientôt être derrière moi.
Faire tourner l’équipement de l’usine quatre ou cinq fois, puis disparaître. Après ça, ils pourraient se débrouiller et se faire frire tout seuls.
Drring-
Mon téléphone Libra sonna. C’était Bell Moore.
« Oui. »
« Hé, Shion ! J’ai trouvé le type dont tu parlais ! Il déballait tout autour d’un verre. Ce salaud est bien le fils du sénateur Syrimus ! »
Je répondis d’un ton sec :
« Oui. Garde-le en détention jusqu’à ce que l’histoire éclate. »
« Ça marche ! Ah, mais je l’aime bien, ce type. Il adore les femmes et l’alcool ! Reste dans le coin. Tu devrais passer plus tard, toi aussi. Ouais ! »
Les rires des femmes, les verres qui s’entrechoquaient et la musique assourdissante du club me donnaient le tournis.
« Arrête de t’amuser et concentre-toi sur le boulot. »
« Tu me casses l’ambiance avec tes conneries. Je suis Chaser depuis plus longtemps que toi, mon vieux ! Je raccroche ! »
Clic-
Bell Moore raccrocha.
Quel abruti.
Je jurai dans ma barbe, puis ris.