Chapitre 212
Salle de jeu (1)
Avant ma régression, Void avait échappé aux recherches pendant un bon moment, passant entre les mailles des réseaux de surveillance. La raison était étonnamment simple.
Parce qu’il avait l’apparence d’un « enfant ».
L’être le moins suspect et le plus protégé de la société humaine.
Je baissai les yeux vers l’enfant étendu au sol. Void était déjà mort. Je l’avais tué.
Mais j’avais appris quelque chose de nouveau.
« Raquel Dra » était à l’origine de l’accélération de ses activités.
Cet être, qui avait l’apparence d’un enfant et raisonnait comme tel, avait voulu s’allier à moi et était venu de son plein gré.
Pour moi, la tâche était simple.
Il me suffisait de le tuer.
Crac— Pschitt— !
La magie crépita comme de l’électricité. Je regardai dans cette direction. Elise était en train de rétroconcevoir la formule permettant de démanteler la barrière.
Pendant ce temps, Layla avait cessé de résister. Elle s’était raidie comme un poisson hors de l’eau depuis trop longtemps.
Elle ne s’était pas arrêtée de son plein gré ; elle était presque inconsciente.
Elle s’était épuisée à tenter de s’évader en activant son Corps magique, se débattant, hurlant et se tortillant.
Je jetai un coup d’œil à la baguette que je tenais.
Si ces sorts étaient d’une efficacité qui m’étonnait moi-même, ce n’était pas seulement grâce à la puissance de ma magie, mais aussi à cette baguette qu’Akane m’avait offerte en récompense.
J’avais imprégné la baguette de « Périon ».
Ses performances avaient été améliorées.
Crac— Pschitt—.
À cet instant, les étincelles s’éteignirent. Je regardai Elise. Une masse de mana s’était formée au centre de la formule inconnue.
La rétroconception touchait à sa fin.
Je lui lançai :
— Active-la.
Elise me foudroya du regard. Il avait quelque chose de venimeux.
« … Void est toujours en vie. On ignore ce qui arrivera si la barrière est démantelée. »
— Non. Void est mort.
« … ? »
Elise fronça les sourcils. J’ajoutai :
— Je l’ai tué.
« … »
Elise eut l’air perplexe, puis reporta son regard sur Void, étendu au sol.
« Il n’était pas nécessaire de tuer un enfant. »
Void était humain. Pas un monstre. Il ressemblait tout simplement à un enfant. Quel que soit l’examen pratiqué, autopsie ou autre, on le classerait comme un enfant de dix ans.
Son identité mystérieuse avait suscité de vifs débats dans le monde universitaire.
Certains affirmaient qu’il s’agissait du « Spectre » de Void, tandis que d’autres prétendaient que Void était lui-même une forme de vie extraterrestre qui avait appris auprès des humains.
Je tendis le doigt vers le cadavre de Void.
— Ça, c’est Void.
« … »
Elise semblait toujours sceptique.
Elle se contenta de relier sa magie à la formule rétroconçue. Une énorme masse de mana se condensa au centre de celle-ci, se tordant comme une créature vivante.
Soudain, Elise me lança un regard noir.
Il était chargé d’intentions meurtrières.
À cet instant, je formai une « Protection supérieure ».
La magie jaillit de l’extrémité de ma baguette et m’enveloppa tout entier.
Kwoooaah— !
La formule explosa.
La formule étrangère de Void fut engloutie par les flammes, mais il restait encore une étape. Elise avait préparé artificiellement une formule offensive. Elle jaillit avec la précision d’un laser.
Clang— !
On aurait dit que des métaux s’entrechoquaient.
Ma « Protection » la bloqua net. Elise afficha une expression stupéfaite.
Bientôt, l’obscurité au-delà de la fenêtre s’illumina d’un blanc aveuglant.
— Halte ! Survivants à l’intérieur, ne bougez pas ! Restez où vous êtes !
Dehors, à l’endroit où la barrière avait été démantelée, l’armée était bel et bien au complet. Je reculai discrètement et me fondis dans l’obscurité.
* * *
La situation était réglée.
Elise avait réussi à démanteler la formule infectieuse, tandis que le terroriste Void restait introuvable.
L’armée avait tué tous les infectés, et Elise s’était occupée de ceux qui, bien qu’infectés, se trouvaient encore dans la période de grâce.
Elle avait reporté sa propre opération jusqu’à la fin et aidé les autres infectés en attirant les larves parasites grâce au « magnétisme » pour les extraire.
Elle avait ainsi sauvé vingt-sept personnes.
Comme Raquel Dra l’avait dit, il était impossible de sauver ceux qui s’étaient entièrement transformés en infectés, mais les autres avaient survécu sans séquelles après l’extraction des larves parasites.
[… En outre, le débat se poursuit pour déterminer si « Raquel Dra », aperçue sur les lieux, était une complice ou la véritable instigatrice.]
Elise fut la dernière à être opérée. Lorsqu’elle se réveilla, une journée s’était déjà écoulée.
[La confusion s’intensifie, alors que plusieurs témoignages concordants affirment que « Raquel Dra » l’a sauvé, lui et sa fille…]
Les yeux rivés sur les informations à la télévision, elle cligna des yeux, hébétée.
Elle ne savait pas comment le temps avait passé ces derniers jours.
Elise regarda son smartphone.
◆ Avis du Département de magie
Nous sommes le conseil étudiant du Département de magie de l’Université nationale. Nous adressons nos plus sincères condoléances aux personnes touchées par l’incident de la Tour Silonti et sommes soulagés d’apprendre que vous êtes en sécurité.
Tous les cours de l’Université nationale sont annulés cette semaine. Nous vous invitons donc à vous reposer tranquillement…
Heureusement, tous les cours de l’Université nationale avaient été suspendus. Vingt et un étudiants de l’université avaient été piégés dans cette tour.
Ding—
Un autre message arriva.
Son père lui demandait de passer le voir.
« … Pff. »
Elise se leva. Elle descendit aussitôt dans le hall principal de l’hôpital.
Au même moment.
Flash— Flaflaflash— !
Un nombre écrasant de flashs crépitèrent. C’en était presque aveuglant.
Elise fronça les sourcils. Les journalistes étaient nombreux.
Comment diable étaient-ils entrés dans l’hôpital ? Chacun lui lança une question, presque en hurlant.
— Qu’est-ce qui vous est arrivé—
— Vous avez sauvé des gens—
— L’héroïne qui a procédé à la rétroconception—
Elise s’apprêtait à soupirer, mais se ravisa.
Elle fixait quelque chose, le regard perdu.
La scène avait quelque chose d’étrange.
Malgré les innombrables flashs qui crépitaient et les nombreux reporters attroupés là, le visage de quelqu’un lui apparaissait avec une netteté saisissante.
C’était peut-être parce que sa tête était un peu plus grosse que celle des autres… mais il y avait bien plus que cela.
Leurs regards se croisèrent et il lui adressa un doux sourire. Il s’appelait Shion Ascal.
L’homme qui l’avait sauvée par radio.
Celui qui l’avait aidée à rester consciente, à ne pas mourir.
Elise voulut s’approcher de lui.
Elle sentit le besoin de se rapprocher.
Mais les journalistes étaient partout. Elle ne pouvait même pas faire un seul pas vers lui.
Ils n’étaient séparés que par une dizaine de pas, mais la barrière psychologique entre eux lui semblait infranchissable.
« Elise. »
Quelqu’un l’appela. Elle se retourna brusquement.
Son père, Ken Petra, se tenait là.
« Tu as traversé une rude épreuve. »
Ken posa la main sur l’épaule d’Elise avec un sourire naturel. Flaflaflash— ! Les appareils photo des journalistes crépitèrent.
« … Oui. »
Elise acquiesça sans comprendre. Cette photo ferait probablement la une des journaux le lendemain.
« Tu veux raconter ce qui s’est passé aux journalistes ? »
Ken avait l’air très fier d’elle. C’était une expression qu’Elise n’avait plus vue sur le visage de son père depuis très longtemps.
« Allons-y. »
Ken la poussa doucement dans le dos.
Elise se retrouva devant les reporters.
— Donnez-nous une explication détaillée !
— Que s’est-il passé à l’intérieur ?!
— Vous avez accompli un exploit remarquable juste après être devenue major de promotion du Département de magie !
— La Tour de magie souhaite également recueillir votre témoignage !
« … J’ai simplement improvisé en fonction de la situation. »
Ce fut tout ce qu’Elise répondit.
— Nous avons appris que vous aviez sauvé de nombreuses vies !
« Je n’étais pas seule. Mon amie Layla a risqué sa vie pour me protéger, et Sir Rhine a pris le commandement afin d’empêcher que d’autres survivants ne meurent. Et… »
Shion Ascal.
Elle ne parvenait pas à prononcer son nom.
Était-ce à cause de son père derrière elle ?
Ou de la foule de journalistes devant elle ?
— Vous remplissez les critères pour recevoir la médaille du Congrès d’Edsilla…
« C’est un honneur, mais je ne tiens pas à recevoir de médaille. Je suis simplement heureuse d’avoir pu sauver des gens… cela me suffit. »
Elise jeta prudemment un regard en arrière, vers Shion. Il esquissa un sourire. Les lèvres d’Elise s’étirèrent elles aussi en un sourire tremblant.
— Nous avons appris que vous aviez affronté Raquel Dra en personne ! Pensez-vous que cet attentat soit l’œuvre de Raquel Dra ?!
À la question d’un journaliste sur Raquel Dra, Shion tourna les talons. Elise secoua la tête en le regardant s’éloigner.
« L’acte de Raquel Dra… ça ne lui ressemblait pas. »
— Vraiment ?!
— Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?!
« Parce que Raquel Dra voulait aussi sortir de là… »
« Ça suffit. »
Ken Petra intervint. Il s’était manifesté juste au moment où la conversation allait bifurquer, repoussant les journalistes. Sur cette seule phrase, ceux-ci reculèrent comme la marée.
« …… »
Elise leva les yeux vers Ken. Lui aussi baissa tranquillement les yeux vers elle.
Puis, soudain, il déclara :
« Le petit d’un tigre est un tigre. Même acculé au bord d’une falaise, il survit toujours. C’est l’instinct. »
Il parla doucement, puis se détourna. Elise aperçut un léger sourire de profil.
Son père avait beau sembler fier de ses exploits du jour…
« …… Je n’étais pas seule. »
Elise le retint. Ken s’immobilisa brusquement.
« Sans Shion, je serais morte. Il m’a aidée… »
« Fais comme si tu n’avais rien entendu. »
La conversation s’arrêta là.
Ken s’en alla, laissant Elise seule dans le hall principal de l’hôpital. Elle regarda autour d’elle sans but, puis saisit rapidement son smartphone.
« Ah, oui. Layla. »
Elle appela Layla.
Dring— Dring—
Quelques sonneries.
— …… Elly, quoi ?
La voix de Layla lui parvint, complètement noyée sous les larmes.
« Ça va ? »
— …… Ouaiiis.
Pas du tout.
Elle avait dû pleurer jusqu’à maintenant.
* * *
Le week-end venu, le chaos provoqué par l’attentat de Void s’étant apaisé, je me rendis à la quatrième manche préliminaire des World Series of Poker.
Avant, je prenais le bus, mais aujourd’hui, j’avais droit à une limousine.
« …… Le traitement est un peu meilleur. »
Et ce n’était pas une limousine ordinaire. À l’intérieur, il y avait toutes sortes de collations, ainsi que des dossiers d’analyse des adversaires.
« Jette un œil. »
Le problème, c’était que j’étais accompagné d’un type plutôt redoutable.
Beckman.
Un Équilibreur au service de Johanna, chez Libra.
« Je dois vraiment lire tout ça ? »
« Connais ton ennemi et connais-toi toi-même : tu n’auras pas à craindre l’issue de cent batailles. Être bien préparé t’aidera pendant la partie. »
« …… »
Beckman, je le connaissais aussi. Un vrai Lunatique, particulièrement pénible. Il était d’une loyauté sans bornes envers Johanna, mais cela lui ramollissait le cerveau et il finissait par la trahir avant de se faire tuer.
Une sorte d’histoire de harceleur, où il cherchait à faire tomber Johanna pour tout accaparer.
« Bon, allons-y. »
Je parcourus le document en diagonale. J’enregistrai dans le « Bloc-notes » les noms des adversaires, leurs habitudes et leurs manies.
À la quatrième manche préliminaire, trente-six joueurs disputaient six parties, et seuls les six premiers au nombre de jetons passaient à la manche officielle.
« …… Tu as déjà fini de lire ? »
« Oui. »
Beckman pinça les lèvres. C’était un homme incapable de garder son sang-froid. Pas étonnant qu’on l’ait écarté.
« Je peux te tester ? »
« Comme tu veux. »
Il prit le dossier d’analyse.
« Ben. »
« Trente-trois ans. Un homme. En général, il commence par observer, passe à l’action au milieu de la partie, puis se contente de préserver sa mise en fin de partie. Son expression ne change pas. S’il a une mauvaise main, il se couche vite au lieu de bluffer. »
Je regardai le « Bloc-notes » suspendu dans les airs et répondis.
Ce genre d’aide-mémoire m’était plutôt familier.
« Jaco. »
« Vingt-cinq ans. Une femme. Elle reste en retrait au début et au milieu de la partie, puis renverse la situation en fin de partie… »
Je récitai les informations sur les trente-cinq participants, et Beckman acquiesça, quoique d’un air mécontent.
« Bien. Tu as réussi. »
Je ne savais pas qui il était pour décider si j’avais réussi ou échoué, mais bon.
Après tout, c’était un Équilibreur.
Qu’un individu pareil soit devenu Équilibreur prouvait que la succession était très disputée. Mais puisqu’il finirait par être écarté, autant faire preuve d’indulgence.
* * *
J’arrivai sur le lieu de la quatrième manche préliminaire.
Contrairement aux trois premières manches, celle-ci était plus formelle. Des gradins occupaient le balcon supérieur, et l’intérieur brillait comme un véritable casino. Il n’y avait ni fenêtres ni horloges.
Le guide prit la parole en premier.
« Veuillez vous asseoir. »
Il y avait six tables. Je m’installai à celle où se trouvait mon étiquette.
[Shion Ascal]
« La partie va bientôt commencer. Ne soyez pas trop nerveux si des VIP arrivent. Ils sont simplement là pour regarder. »
J’observai ma table. Il y avait pas mal de joueurs chevronnés. Chacun avait ajouté une touche personnelle avec une cravate, un ruban ou un nœud papillon, et les couleurs semblaient indiquer leur famille ou leur clan.
Je portais moi-même une cravate bleue.
« Préparez-vous. La quatrième manche préliminaire va bientôt commencer. »
Le croupier arriva à la table. Quelques personnes prirent place au balcon. Je levai brièvement les yeux vers elles, puis baissai aussitôt le regard.
Johanna.
Même masquée, l’aura qu’elle dégageait était incomparable.
L’aînée de Libra, incarnation même de l’argent, qui gérait les plus grands casinos, des dizaines de grands magasins et des marques de luxe… était venue ici « en personne »…
* * *
Sur le lieu de la quatrième manche préliminaire,
Johanna, assise dans le siège VIP du balcon, trouvait les mafieux à côté d’elle particulièrement agaçants.
Au passage, la mafia et les cartels étaient légèrement différents.
Alors que les cartels vivaient de crimes comme le trafic de drogue, le pillage, le meurtre ou les assassinats commandités dans le milieu interlope, les mafieux étaient ceux qui avaient quitté cette obscurité pour s’installer dans les casinos.
Au fond, leurs origines étaient les mêmes.
Ainsi, pour Johanna, les mafieux étaient à la fois des ennemis et des alliés, toujours à convoiter leurs territoires et leur argent dans une relation hostile…
« Vous avez amené un joueur novice, Johanna. »
Un conseiller de la mafia, un cadre, prit la parole. Johanna esquissa un sourire en coin.
« La chance du débutant, ça existe. »
« Ha ha. Vous ne trouvez pas que c’est une expression qui ne convient pas aux joueurs ? »
« …… »
Johanna observa la table en silence.
Shion Ascal. Sur les trente-six joueurs, c’était le seul représentant de Libra.
« S’il n’atteint pas la finale, vous perdrez trois cents millions de Ren, n’est-ce pas ? »
La conseillère Eri, assise à côté d’elle, était plutôt bavarde. Johanna répondit sans expression :
« S’il atteint la finale, c’est vous qui perdrez trois cents millions de Ren. »
À cet instant, la quatrième manche préliminaire commença.
À vrai dire, Johanna ne s’attendait pas à grand-chose.
On pouvait certes passer les trois premières manches grâce à la chance, mais à partir de la quatrième, on affrontait les vrais professionnels.
Johanna ne quittait pas des yeux la table numéro trois, celle de Shion Ascal.
« Enfin, quoi qu’il en soit. La table numéro trois ? Il n’a vraiment pas de chance. Il est mal tombé dès le départ. »
Le conseiller Eri haussa les sourcils.
« Jericho, Tommel, Casano, Derian, Pennsyl. Cinq pointures réunies au même endroit. »
Et c’était bien le cas.
Il était évident que la mafia avait manigancé quelque chose. Rien que des maîtres, qui n’auraient pas dépareillé en finale, avaient été réunis à la table de Shion Ascal.
« Un groupe de la mort que même Lady Johanna aurait du mal à vaincre… »
Johanna avait envie de tuer cet imbécile qui jacassait sans relâche.
Si elle remportait les trois cents millions de Ren, elle pourrait peut-être lui réclamer la tête au lieu des cent millions de Ren.
Bonne idée.
« Lady Johanna. La partie commence. »
« Vous pouvez vous taire, oui ? »
« Ha ha. Bien sûr. »
Johanna observa la partie d’un air las.
Elle s’efforça de ne pas trop espérer, pour éviter d’être déçue.
« Oh~ Il n’arrête pas de perdre. Difficile de lire son expression, pas vrai ? »
Shion Ascal avait perdu trois parties de suite dès le début. La conseillère Eri bavardait comme un forcené.
Peut-être que cet homme avait mis sa vie en jeu, en espérant que je me mette tellement en colère que je le tue.
Alors que je serrais les dents et réprimais mes envies de meurtre,
[4 : victoire de Shion Ascal.]
[1 000 000 jetons obtenus]
Shion Ascal remporta la quatrième partie. La conseillère Eri, du côté de la mafia, força un sourire.
« …… Il a de la chance, hein ? »
« Hum. »
Johanna s’adossa à son siège.
Au début, elle aussi avait cru qu’il s’agissait simplement de chance.
Mais…
[5 : victoire de Shion Ascal]
Shion Ascal remporta également la cinquième partie.
[6 : victoire de Shion Ascal]
La sixième partie se déroula de la même façon.
« …… Quoi ? »
La conseillère Eri eut l’air un peu décontenancée, et Johanna lui jeta un regard moqueur.
« On dirait qu’il a pas mal de chance. »
Il se coucha rapidement à la septième partie, puis remporta les neuvième et dixième à la suite.
Il avait gagné cinq des dix premières parties.
« Hé, dis quelque chose. »
C’est alors que la tendance s’inversa. La conseillère Eri se tut, et Johanna lui donna une tape en ricanant.
« Hé, connard. Parle donc. Il peut vraiment avoir autant de chance cinq fois ? »
« …… Au début, ça peut arriver. Vous savez comment ça se passe. Quand on joue, si on sabre le champagne trop tôt… »
[11 : victoire de Shion Ascal]
La conseillère Eri baissa la tête.
« Ha ! »
Johanna éclata elle aussi de rire et pencha la tête pour plonger son regard dans celui de la conseillère Eri, qui s’était courbée.
« Répète un peu. C’était quoi, déjà ? Hein ? »