Chapitre 208
Le sens du mot « méchant » (1)
Je traitai rapidement la liste que Bell Moore m’avait remise. Durant le week-end, je rendis visite à sept personnes et, à partir de leurs témoignages, conclus à la présence d’un espion industriel, puis le signalai.
Rien n’indiquait la présence de « Vancheon ».
Depuis le début, ce n’était pas un groupe qu’on pouvait facilement prendre. Au lieu d’infiltrer les échelons inférieurs en grand nombre, Vancheon préférait placer quelques élites triées sur le volet, comme Riley, à des postes de haute responsabilité.
Cooper, par exemple, était chercheur principal au laboratoire de Libra.
Quoi qu’il en soit.
Comme le chef d’équipe de l’Agence de renseignement m’avait reproché d’avoir « surréagi », je n’eus pas à aller jusqu’à leur trancher les bras. Je me contentai de remettre des déclarations sous serment et des rapports.
Plus tard, je me rendis à l’hôpital où Cooper avait été admis. Après m’être déguisé pour avoir l’air suffisamment banal, je trouvai sa chambre.
— … Non, je te dis que ça va. Alors pourquoi tu continues de pleurer ?
— Parce que moi, ça ne va pas. Comment est-ce que ça a pu arriver…
— C’est ma faute. C’est ma faute, alors… ne pleure pas.
On lui avait proprement amputé le bras, et sa femme était à son chevet. Elle avait l’air triste, mais Cooper essaya de lui sourire.
En faisant mine de passer près de leur lit, je déposai une carte de visite sur l’étagère.
[ Cercueil désintéressé ]
C’était le Cercueil désintéressé d’Akane. Comme son bras prothétique fonctionnait comme un vrai, une greffe devrait permettre à M. Cooper de reprendre sa vie quotidienne sans trop de difficultés.
Bien sûr, je devrais en parler à Akane à l’avance… Enfin.
Elle donnerait un coup de main d’elle-même.
Elle avait l’esprit vif, après tout.
Je quittai l’hôpital et descendis la ruelle.
En fin d’après-midi, les rues où le soleil se couchait tôt étaient envahies de marchands ambulants. L’odeur des crêpes farcies, des brioches en forme de poisson et des hot-dogs flottait dans l’air.
« … Soupir. »
J’avais le moral à plat. Les visages assombris de la famille de Cooper n’arrêtaient pas de me revenir en mémoire.
Je m’y étais préparé, mais je suppose qu’on n’y pouvait rien.
Avec un sentiment d’impuissance, je sortis mon smartphone.
[ Qu’est-ce que tu fais ? ]
J’envoyai un message à Soliette.
Elle me répondit presque aussitôt.
[ Soliette : Je suis avec Orange. ]
Elle joignit une photo d’un chat. Les meubles et le parquet visibles sur l’image donnaient à la pièce un air douillet.
Elle était tout de même dans l’ancien bâtiment d’Endex.
[ Mais pourquoi tu n’es pas venue au cours de lettres la semaine dernière ? ]
[ Soliette : Je n’étais tout simplement pas motivée pour les lettres. Alors je me suis promenée avec Orange. ]
Un mensonge.
Elle s’était sûrement connectée au Donjon de Bethune.
Mais, en réalité, j’attendais.
J’attendais qu’elle y rencontre « Jared ».
Qu’elle aille le chercher et échange avec lui toutes sortes d’histoires.
Peut-être… qu’elle se crée des souvenirs plus durables, qu’elle passe davantage de temps avec lui.
[ Tu ne devrais pas sortir le chat trop souvent ]
[ Soliette : lol C’est un malentendu. Mon Orange est très différent des autres chats. C’est un descendant des tigres. ]
« … Hein ? »
C’est alors que j’aperçus devant moi une silhouette familière de dos.
Elise était là. Elle contemplait l’enveloppe en papier qu’elle tenait à la main, l’air ravie.
« Qu’est-ce que tu fais là ? »
Je l’interpellai. À cet instant, Elise se retourna d’un coup, les yeux écarquillés au point de sembler prêts à sortir de leurs orbites.
« …… »
Elle resta muette, dissimulant l’enveloppe derrière son dos tandis que son regard allait de droite à gauche.
Je lui demandai :
« Tu manges une crêpe farcie ? »
« …… Non. »
« C’est bien une crêpe farcie, non ? »
« …… »
À contrecœur, Elise sortit le sachet en papier et répondit :
« …… J’allais le jeter. Je l’ai juste ramassé par hasard. »
« Alors jette-le. »
« …… »
Elise se mordit la lèvre inférieure. Je ricanai et lui demandai :
« Hé. Tu as mangé ? »
Elle pencha la tête, l’air perplexe.
« Mangé ? »
« Ouais. »
« Pourquoi tu me demandes ça ? »
Je répondis d’un ton détaché :
« Si tu n’as pas mangé, on n’a qu’à manger ensemble. »
J’avais le moral en berne et il me semblait que j’avais besoin de compagnie.
C’était pour ça que je lui avais demandé.
« …… Qu’est-ce que tu viens de dire ? »
Elise se décomposa comme si elle venait de voir un sans-abri brandir un couteau.
* * *
Ça n’allait pas. Ça ne devait pas arriver. Elle n’aurait pas dû se retrouver dans cette situation.
…… Voilà ce que pensait Elise.
Elle ne devait pas attirer l’attention. Des paparazzis pouvaient se cacher n’importe où, n’importe quand. Comme son père le lui avait dit, elle était désormais adulte. Elle était l’héritière de la prestigieuse famille Petra et devait se comporter en conséquence.
Et pourtant……
Elise regarda Shion, assis en face d’elle.
Pour une raison ou une autre, il avait l’air triste, aujourd’hui.
« Quelque chose ne va pas ? »
« Qu’est-ce qui pourrait ne pas aller ? »
Elise lui posa la question en rabaissant fermement sa casquette.
« Tu as l’air triste, c’est tout. »
« Ah…… »
Il soupira, comme s’il s’était perdu un instant dans ses pensées.
« J’ai tourmenté quelqu’un de bien. C’était pour son bien, mais quand même. Je ne me sens pas très bien. »
« …… »
Elise le regarda, puis mordit dans sa crêpe farcie.
Entre-temps, on leur servit une soupe d’oden. C’était un plat qu’Elise découvrait pour la première fois de sa vie.
« …… Ne te fais pas d’idées. Il n’y a pas de gens bien dans ce monde. »
Elise attaqua son plat à la cuillère tout en parlant. Shion eut un rire ironique.
« C’est généralement ce que disent les gens mauvais. »
« …… »
Une veine tressaillit légèrement à la tempe d’Elise.
Même quand elle essayait de le réconforter, il réagissait comme ça.
« La plupart des gens sont gris. Tout le monde fait de mauvaises choses. »
Elle goûta la soupe d’oden.
Hmm.
C’était étonnamment bon.
Elise regarda de nouveau Shion.
« …… »
Shion la fixait intensément.
« …… Qu’est-ce que tu regardes ? »
Elise s’essuya la bouche avec une serviette.
« …… Rien. »
Shion ricana avec un étrange sourire.
« Je me disais juste, comme ça, que tu avais beaucoup changé. »
« Changé ? »
« Ouais. Avant, tu étais un monstre. »
« T’es fou ? »
Elise fronça les sourcils.
À l’avenir, elle avait bel et bien été un monstre. Elle avait incarné le venin que personne ne pouvait dompter.
« Ce n’est plus le cas. »
Mais cet avenir n’existait plus.
Elise était donc la preuve que l’avenir n’était pas immuable.
« Les gens changent tout le temps. »
Elle avait parlé d’un ton assourdi.
« Un jour… tu arriveras à un carrefour. »
« Un carrefour ? »
« Oui. »
Elise porta une brochette d’oden à sa bouche et la mâcha sans se presser avant de demander :
« Si tu arrives à un tel carrefour, tu es sûr de ne pas devenir un monstre ? »
« … »
Shion sembla réfléchir un instant, le regard dans le vague, puis secoua légèrement la tête.
« Je n’en suis pas sûr. »
Un sourire amer se dessina sur ses lèvres.
« Je n’ai pas beaucoup confiance en moi. »
« Hmm. »
Elise posa sa brochette et haussa légèrement les sourcils.
« Je vois. »
L’ennemi de sa mère.
Le cliché des films et des séries se trouvait juste devant elle.
Elise Petra était l’ennemie de Shion Ascal.
Alors, être aussi proche de lui et désirer de tout son cœur rester avec lui relevait forcément d’une mauvaise forme d’égoïsme.
« Tu… bois de l’alcool ? »
Une demi-heure, ça devait aller.
À sa proposition, un peu plus douce, Shion répondit :
« Non, je ne peux pas. J’ai cours à neuf heures demain. Et je dois encore passer quelque part. »
« T’as vraiment le don d’agacer les gens. C’est toi qui as proposé qu’on mange ensemble ! »
« Mais on est en train de manger. »
Elise fronça les sourcils comme une divinité courroucée.
* * *
Dans la Ville des Tours, Kanya Wieder n’arrivait pas à se sortir de la tête le succès fulgurant de la « Boîte de livraison ».
« Hé, vieux ! Combien de cuves tu peux fabriquer aujourd’hui ?! »
Le procédé de fabrication de la « Boîte de livraison » était simple. Il suffisait de tremper des parchemins de formules préinscrites dans une solution de pierre de mana, puis de les traiter.
« Trois ! »
Mais le problème, c’était la solution de pierre de mana.
Même en ayant fixé un prix modéré, puisque la solution pouvait être réutilisée jusqu’à épuisement de la pierre de mana, ils avaient déjà vendu un million d’exemplaires.
« Seulement trois ? Il nous en faut au moins trois mille de plus, des modèles haut de gamme, aujourd’hui ! La Tour de magie nous a passé une grosse commande ! »
« Déjà ? Les parchemins haut de gamme ne sont arrivés qu’hier. »
La veille, Kanya avait reçu de Dale Kal la formule de la « Boîte de livraison supérieure ».
La « Protection supérieure » était un produit haut de gamme qui se mariait parfaitement avec la « Boîte de livraison ».
« T’as entendu les rumeurs, non ? Bref, dépêche-toi ! Tu auras une prime ! »
Après avoir crié, Kanya retourna à son atelier.
Les informations passaient sur la télévision, allumée toute la journée.
[ À la Ville des Tours, la mode est actuellement au « box decorating ». Plus pratique qu’un drone, la « Boîte de livraison » fait déjà partie du quotidien des habitants de la Ville des Tours… ]
« Hé hé. »
Alors que Kanya regardait les informations avec satisfaction, soudain :
[ Dernière minute. Un meurtre a eu lieu dans le secteur C. Un méchant qui se fait appeler « Void » a massacré toute une famille et sème la terreur en tuant au hasard… ]
« Pourquoi il y a autant de méchants, ces derniers temps ? »
Depuis Raquel Dra, les cinglés qui se prétendaient méchants étaient apparus fréquemment.
Mais ils ne comprenaient pas.
Raquel n’était pas un simple méchant. Il s’apparentait davantage à un assassin. Un assassin qui éliminait les salauds.
En fait, depuis l’apparition de Raquel, les cartels du secteur D se tenaient à carreau.
En revanche, la Manaologie Valmant connaissait une croissance fulgurante, grâce au succès du « Dévoreur de mort » et au carton de la « Boîte de livraison ».
Kanya n’allait pas garder pour elle tout l’argent qu’elle avait gagné. Elle en consacrerait plus de trente pour cent au développement du secteur D.
Parce que les habitants du secteur D méritaient de vivre. Ils ne devaient pas être méprisés simplement parce qu’ils appartenaient à la classe inférieure.
Le but ultime de Kanya était d’abolir la division de la Ville des Tours en secteurs.
Pour cela… elle avait besoin de Raquel Dra.
* * *
Campus de l’Université nationale. Bâtiment principal de la faculté des chevaliers, hall du premier étage.
Le cours du jour était une matière fondamentale : [ Vertus chevaleresques ].
« Je m’adresse aux étudiants de première année. Selon vous, en quoi consistent les vertus d’un chevalier ? »
Environ cent cinquante étudiants étaient assis dans une salle de classe ordinaire, les yeux tournés vers le professeur.
Gerkhen leva haut la main.
« “Protéger”, monsieur. »
« Exact. Protéger. C’est la réponse classique. »
Le professeur s’appelait Zekrun. C’était un homme assez renommé, chevalier honoraire des Chevaliers parlementaires et doyen de la faculté des chevaliers de l’Université nationale.
C’était l’une des personnes en qui Theia Esil avait confiance, mais…
Attention, divulgâchis.
En réalité, c’était un monstre.
Un homme à qui l’on avait greffé un cœur de monstre pour améliorer son taux de conversion magique et dont on avait augmenté artificiellement l’endurance cardiovasculaire, la capacité pulmonaire et la force physique. Au milieu de sa carrière, ses capacités avaient connu une progression suspectement rapide.
Il y avait donc sur ce continent pas mal de monstres qui ne laissaient rien paraître au premier abord.
« Cependant, le devoir d’un chevalier ne se limite pas à protéger. En définitive, les vertus chevaleresques consistent donc à accomplir au mieux la tâche qui nous est confiée — notre mission. J’évaluerai donc votre aptitude à mener vos missions à bien. »
Clic.
Il claqua des doigts et alluma le vidéoprojecteur.
[ Programme chevaleresque : Freelance ]
« Un espace magique. À partir de maintenant, vous serez des travailleurs indépendants en quête d’emploi. Vous allez donc tous rédiger votre curriculum vitæ. Indiquez vos points forts et ce que vous savez bien faire. »
Tout le monde alluma son ordinateur portable. Je n’en avais pas. Heureusement, ma voisine, Soliette, en avait un.
« N’exagère pas trop. Tu risquerais d’accepter une tâche qui dépasse tes capacités. »
Je jetai un coup d’œil à Soliette. Elle me tendit son ordinateur.
« Shion, commence. Je n’ai jamais écrit de curriculum vitæ. »
« D’accord. »
[ Shion Ascal ]
[ Guide, chasseur de trésors, chauffeur, garde du corps, etc. On m’a souvent dit depuis tout petit que j’étais polyvalent. Je suis capable d’accomplir efficacement toutes sortes de tâches. ]
« … Qu’est-ce que tu en penses ? »
« C’est tout ? »
« Ouais. »
« Hmm. »
Soliette reprit alors l’ordinateur.
[ Soliette ]
[ Excellente épéiste. À l’aise avec l’informatique et douée dans de nombreux jeux. Classée dans plusieurs genres de FPS et de RPG- ]
« Hé. Supprime la partie sur les jeux. »
« Quoi ? »
Soliette avait l’air perplexe.
« C’est aussi une qualification. »
« Supprime, c’est tout. »
« … »
Soliette eut l’air mécontente, mais finit par appuyer frénétiquement sur la touche Retour arrière.
« Vous avez trois minutes pour envoyer vos candidatures. »
…
Dix minutes plus tard.
Je reçus aussitôt l’affectation de ma mission. Un message confirmant mon embauche venait d’arriver sur mon téléphone.
Mais le contenu était plutôt sinistre.
[ Résumé de la mission : Sécurité extérieure de la « Tour Silonti », secteur C de la Ville des Tours ]
[ Détails de la mission : Patrouille extérieure jusqu’à 18 h ]
[ Des problèmes avec des pervers ont récemment été signalés dans la Ville des Tours. Un méchant nommé « Void » est en liberté. Si vous ne souhaitez pas accepter la mission, veuillez envoyer un SMS d’annulation. ]
« Un méchant… ? »
Ce n’était qu’un travail de sécurité ordinaire, mais je devais en plus me rendre directement à la Ville des Tours.
« Attends. Void ? »
Je cherchai davantage d’informations sur mon smartphone. Il y avait un méchant du nom de « Void ».
Ce type était une ordure. Une vraie ordure.
À l’origine, il n’était censé apparaître que bien plus tard, dans trois ou quatre ans.
« Pourquoi est-ce qu’il apparaît aussi tôt ? »
« De quoi tu parles ? »
Une réponse me parvint soudain. C’était Soliette.
« Oh, rien. Tu vas où ? »
« Je suis affectée à la protection rapprochée. Et toi, Shion ? »
« … À la Ville des Tours. »
« Oh. Ça a l’air intéressant. »
Soliette rangea son ordinateur dans son sac et me demanda :
« Shion. Au fait… »
« Oui ? »
« J’ai quelque chose à te raconter à propos de Bethune… »
Elle hésita, comme si elle avait quelque chose à dire, mais finit par ravaler ses mots et secouer la tête.
« … Laisse tomber. On en parlera plus tard. Après les cours, aujourd’hui. Je monte dans la montagne, alors je reviendrai. »
« D’accord. À plus tard. »
Je lui fis signe de la main.
…
Secteur C-15 de la Ville des Tours. Devant le trente-neuvième étage de la Tour Silonti. J’écoutais les consignes du chef de la sécurité.
« Le travail est simple. Faites seulement une patrouille extérieure. Il y a un événement aujourd’hui et, avec les méchants qui s’agitent ces derniers temps… »
Je n’étais pas le seul. Avec Kain, il y avait environ sept étudiants de l’Université nationale, et une douzaine d’autres venaient d’universités prestigieuses.
« Bref. Il ne devrait pas y avoir d’incident, mais si vous repérez quelqu’un de suspect, signalez-le immédiatement par le micro. Nous vous communiquerons les itinéraires de patrouille dans l’oreillette, alors gardez vos écouteurs. »
Je branchai mes écouteurs. Kain, debout à côté de moi, me regarda en ricanant.
« Toi aussi, t’es là ? »
« Ouais. Pourquoi ? »
« Elise t’a appelé ? »
« … De quoi tu parles ? »
C’est alors que cela arriva.
Elise et Layla descendirent d’une limousine devant la Tour Silonti. À peine eurent-elles posé le pied à terre qu’elles m’aperçurent.
« Quoi ? C’est Shion ? »
« … Pourquoi tu es là…… ? »
Elise fronça légèrement les sourcils en me voyant.
« Oh là là~ C’est évident, Elly a dû l’appeler~ »
« La ferme, sérieusement. Je vais te tuer. Il y a des caméras, ici aussi. »
Layla plaisantait comme d’habitude, mais Elise n’avait jamais eu l’air aussi sérieuse.
« … Ouais. Désolée. »
Layla resta sans voix, et je leur demandai :
« Pourquoi vous êtes là… ? »
« On est là pour un cours. »
« Un cours ? »
« Oui. Aujourd’hui, au Département de magie, on doit observer les ondes de mana. »
Elise haussa les épaules en parlant.
« Il paraît qu’on pourra observer ici des ondes de mana particulièrement puissantes. »
« C’est ça, c’est ça. »
Layla désigna également son sac à dos.
« On a apporté plein de matériel. »
« … Ah bon. »
J’eus un étrange pressentiment.
« Regarde, Shion, tu connais ça ? Ça s’appelle un télescope Buramata. C’est vraiment très cher… »
En regardant Layla se vanter de son matériel comme un singe avec des bananes, j’eus une drôle d’impression…
L’impression qu’un méchant allait surgir et semer le chaos.
Pour l’instant, ce n’était qu’un pressentiment.
Pour l’instant.