Chapitre 196
Première rencontre (2)
Le mana qui s’échappait de l’erreur de frontière s’infiltrait dans le château et provoquait toutes sortes de malédictions.
Des tableaux sortaient de leurs cadres en rampant comme des humains, des bougies et des couteaux volaient en attaquant tout ce qui bougeait, et d’étranges rires résonnaient sans cesse : on se serait cru dans une maison hantée.
J’avançais dans le couloir avec Zia, au milieu de ce chaos, mais le plus gros problème était « l’oxygène ».
La barrière isolait complètement l’intérieur de l’extérieur.
L’apport en oxygène était donc limité et, comme l’intérieur s’étendait à l’infini, la quantité disponible diminuait.
« … Huuu. »
Zia ne tiendrait pas longtemps dans ces conditions. Derrière moi, je l’entendais lutter pour respirer.
Le « garde du corps sans nom » que j’avais sauvé au nom de Zia et qui se trouvait maintenant sur mon épaule était dans le même état, mais elle, ça devait être bien pire.
À ma connaissance, elle souffrait d’une maladie génétique semblable à une pneumonie.
« Mademoiselle. »
Je l’interpellai.
« … »
Zia s’arrêta, mais ne répondit pas. Elle avait sans doute elle-même compris qu’il manquait d’oxygène.
« Veuillez patienter. »
« … »
Zia me regarda. Son regard était vide. Le masque de lapin lui couvrait toujours le visage, pourtant nu.
« Je vais essayer de trancher l’espace. »
« … L’espace ? »
« Oui. »
Je levai mon épée.
J’avais l’impression d’avoir trop utilisé l’Épée Tranchante aujourd’hui, mais je n’y pouvais rien. Si je pouvais gagner ne serait-ce qu’un peu la confiance de Zia, les effets secondaires n’étaient qu’un petit prix à payer.
« … Haa. »
Je pris une grande inspiration.
Puis je fis pivoter mon épée. Une ligne oblique et sombre se dessina dans le vide.
Vrooooum── !
L’espace trembla de façon anormale. Le courant d’air changea maladroitement de direction.
La réaction fit affluer la douleur dans tout mon corps, mais, quoi qu’il en soit, j’avais réussi.
« … Tousse. »
Avant ma régression, Soliette m’avait montré une épée capable de trancher l’espace lui-même.
Le principe était simple. Elle « interrompait la continuité de l’espace » pendant un instant afin de raccourcir la distance. Comme un trou de ver.
« Je passe devant. Veuillez me suivre. »
Je remis le garde du corps sur mon épaule et m’engageai dans le passage que j’avais ouvert.
Un pas—
Un seul pas.
Heureusement, rien d’anormal ne se produisit. Je ne faisais que traverser le même espace.
« … Hua. »
Zia passa à son tour.
« Le passage est ici. »
Je désignai un coin où se trouvait auparavant la chambre du sénateur Amota. Elle était désormais complètement vide, mais le sort de « Transfert spatial » était toujours là.
« Deux personnes, pas plus. »
Il restait juste assez de mana dans le sort pour deux personnes. Une fois activé, il se déclencherait de lui-même.
« Ensemble… »
« Non. Cette personne a besoin de soins immédiats. »
Je désignai le garde du corps.
Il devait avoir la fin de la trentaine, ou le début de la quarantaine. Cet homme avait sûrement des enfants. Un fils, une fille, ou les deux.
« Je peux m’en sortir seule. »
« … »
Zia n’avait toujours aucune expression.
Une question me traversa soudain l’esprit.
À quoi pensait-elle, en ce moment ?
Elle était extrêmement calculatrice et semblait dépourvue d’émotions, et pourtant elle se souciait même de la vie d’un simple garde du corps.
Je me demandai comment elle me jugeait.
« … Oui. »
Zia entra dans la zone du sort avec le garde du corps.
« Je vous envoie tout de suite. »
J’insufflai aussitôt du mana dans la formule.
« Transfert spatial. »
Zia et le garde du corps s’élevèrent dans les airs avant de disparaître quelque part.
Tout se passa en un instant.
« Ouf… »
J’avais accompli ma mission.
Après tout ça, Zia devrait se souvenir de moi.
— Qu’est-ce qui vient de se passer ?!
Une voix retentit.
Je me tournai dans sa direction.
« … Oh ?! »
C’était Layla, une torche à la main. Elise et le sénateur Amota se tenaient à côté d’elle.
« Shion ! »
« Qu’est-ce que tu fais là ? »
Elise et Layla accoururent vers moi à toute vitesse.
Je haussai les épaules.
« Je suis garde du corps du groupe. Stagiaire, en fait. Mais vous savez que c’est dangereux de sortir dans le couloir ? »
« On a un dispositif. On est parties en expédition pour voir ce qui se passe dehors. »
Layla désigna sa taille. Une large ceinture munie d’un bouton l’entourait.
« S’il arrive quelque chose, on peut s’enfuir avec ça. Je l’ai inventé en une heure. Hé hé. »
Elle avait l’air plutôt fière d’elle.
« Et ça marche comment ? »
« Il suffit d’appuyer sur ce bouton. »
Clic—
J’appuyai sur le bouton. Les yeux de Layla s’écarquillèrent.
« Non !!!! »
Vrrrrrr─── ! Le câble attaché à la ceinture se rétracta en un instant, et Layla fut entraînée jusqu’à l’autre bout du couloir.
Aaaaaah…
« Sérieusement. »
« Hé, toi. Tu sais ce qui se passe, là ? »
Elise me le demanda.
« Ouais. C’est une erreur de frontière. »
« Vous étiez dehors tout ce temps, monsieur le garde du corps ? »
Cette fois, c’était le sénateur Amota.
« Oui. J’étais dans le couloir. »
« Vous avez vu des individus suspects ? »
« Qu’est-ce que vous entendez par “individu suspect”… »
« … Le coupable !! »
Layla revint en un rien de temps. Les cheveux en bataille, elle me fusilla du regard.
« On cherchait au cas où il y aurait des indices ! »
Je fis mine de toucher la ceinture.
« N’y touche pas !! »
Layla se coucha aussitôt en boule, comme une crevette. Je me tournai vers Elise.
« Alors, vous avez trouvé des indices ? »
« Non. Chacun a son suspect. Quand un crime est commis, pourquoi le premier suspect est toujours un ancien détenu ? »
« Et c’est qui, le vôtre ? »
« Raquel Dra. Tu le connais, non ? »
« Hein. »
Je lâchai un rire sans joie.
Je secouai soudain la tête.
« … »
Je regardai le sénateur Amota.
Il y avait beaucoup de gens de la haute société dans ce château, en ce moment.
« Pourquoi tu as changé d’expression, tout à coup ? »
De plus, à mon avis, plus Raquel Dra serait mal vu, mieux ce serait. Le cartel clandestin finirait ainsi peu à peu par se rapprocher de l’Association des monstres.
« Hmm… »
Avant ma régression, le monde souterrain avait mené une guerre de guérilla acharnée contre la Ville des Tours et Edsilla.
C’était le plan de Libra.
Libra avait provoqué la Ville des Tours, le monde souterrain et Edsilla pour déclencher une guerre.
La raison ?
Libra était le groupe qui tirait le plus grand profit de la guerre.
La base de Libra ne se trouvait pas au sol, mais dans les airs, et la famille était militarisée depuis sa création.
Ce n’était pas un hasard si Zia avait inventé le « Périon », cette amélioration de l’être humain.
Leur plan avait réussi : la Ville des Tours avait été gangrenée par le monde souterrain et, dans le chaos exponentiel qui s’était emparé du continent, Libra avait actionné seul tous les rouages d’Edsilla.
Voilà pourquoi je protégeais la Ville des Tours et respectais Mila.
« … Quelle coïncidence. »
« Hein ? Quoi donc ? »
Je souris légèrement.
Heureusement, Jade avait dû éliminer les instigateurs de cet incident.
Il ne restait donc aucune preuve.
« Je me suis dit la même chose. »
Il ne me restait qu’à fabriquer des preuves.
Il suffirait d’un indice, même fragmentaire, montrant que « Raquel Dra » était passé par là.
* * *
Pendant ce temps, Zia haletait dans la voiture.
« Ça va ? »
« … Non. »
« Nous arriverons bientôt à l’hôpital. »
Tout en se frappant la poitrine comme si elle allait mourir, elle ouvrit son ordinateur portable. Elle vérifia les logiciels espions qu’elle avait installés ce jour-là.
[ ● ] [ ● ] [ ● ] [ ● ] [ ● ] [ ● ]
Les six logiciels espions fonctionnaient normalement. C’était deux fois plus que les trois prévus au départ.
Malgré la brûlure qui lui déchirait la poitrine, elle sourit, satisfaite.
« … Tousse. »
Elle toussa du sang. En essuyant le liquide rouge de sa main blanche, Zia songea à Shion Ascal.
À l’« Épée Tranchante » qu’il avait montrée.
Elle tranchait l’espace.
Alors, Zia se prit à espérer.
Peut-être pourrait-il aussi trancher sa malédiction. Pourrait-il la sauver de cette maladie qui dévorait sa vie…
Mais il était encore trop tôt.
Sa maladie deviendrait un point faible si elle était révélée.
« Où est passé frère Jade… ? »
« Il est rentré après avoir surveillé les lieux. Un mage a été envoyé à la barrière, alors tout devrait bien se passer. Ne vous inquiétez pas. »
* * *
… Trente-six heures après l’incident.
Les mages de la Tour de magie arrivèrent peu à peu. Après plusieurs heures d’analyse, ils résolurent l’erreur de frontière, et l’équipe de secours pénétra dans la forteresse.
— Donc, la barrière s’est assombrie d’un coup et c’est là que c’est arrivé.
— … Modifiez le programme. J’étais coincé à l’intérieur.
— On fera l’interview plus tard.
— L’action a chuté de 3 % ? On ne devrait pas attaquer en justice cette soirée caritative ?
Je sortis de la forteresse avec l’équipe de secours. Dehors, de nombreux membres de la police d’Edsilla et des forces de l’ordre de la Ville des Tours nous attendaient.
Ils allaient bientôt découvrir les « preuves » que j’avais laissées à l’intérieur.
Il devait rester, dans la barrière, une part des intérêts de Raquel Dra, et le sénateur Amota, personnalité en vue aussi bien à Edsilla qu’à la Ville des Tours, aiderait certainement à faire adopter la « Loi spéciale sur les héros ».
« … Hé. »
Elise me tapota l’épaule.
« Hein ? Quoi ? »
« Tu n’as pas l’air blessé. »
« C’est vrai. »
Au fait, Layla était en plein entretien.
— Ah, ça, je, je, euh, tout à coup, une erreur, de frontière, est apparue, mais, nous, euh, on a fait de notre mieux, haha, euh, on a construit un mur, et tout. En fait, quand, euh, l’espace s’agrandit. Il faut, euh, un espace clos, et aussi, à l’intérieur, des preuves…
Difficile de dire si ça pouvait vraiment s’appeler un entretien. Il y avait presque une centaine de caméras, alors elle semblait un peu trop nerveuse.
« Tu es prête pour la cérémonie de rentrée ? »
« Plus ou moins. Les inscriptions aux cours sont un peu… »
« On en parlera plus tard. »
Elise pivota sur ses talons.
— Ah~ Dommage.
Au même moment, quelqu’un perdit tout intérêt.
C’était un journaliste.
Il ricana en tripotant son appareil photo.
Il avait dû s’enfuir pour éviter d’être filmé.
Je reculai d’un pas.
J’allais repartir seul lorsqu’une voiture s’arrêta devant moi.
Vroum—
La vitre descendit. Un parfum luxueux s’échappa de l’habitacle.
« … Seigneur Jade ? »
C’était Jade. Il semblait un peu contrarié. En tout cas, il n’avait pas l’air content.
Après tout, c’était un noble qui détestait le combat en soi, malgré sa force céleste.
« J’ai appris que vous aviez sauvé Zia. »
Jade me le demanda d’un ton indifférent.
« Ah… C’est arrivé comme ça. »
« … »
Il désigna le siège à côté de lui. Il m’invitait à monter.
« Oui. »
Je m’assis à côté de lui. Jade sortit d’abord son carnet de chèques.
Ffff—
Il écrivit son nom et la somme de 300 000 Ren d’une écriture soignée, puis me tendit le chèque.
« Zia a toujours besoin d’aide, alors difficile d’espérer une récompense. »
« Oh, ce n’est pas grave. Je ne l’ai pas fait en espérant… »
« Libra est un ordre céleste. Elle récompense donc les services rendus. »
« Merci. »
Jade se tut un instant. Il ne dit rien et ne bougea pas. Seule sa montre-bracelet faisait tic-tac.
Je ne sais pourquoi, mais ça me tracassait. Je demandai à voix basse :
« Que s’est-il passé ? »
À ma question, les sourcils de Jade tressaillirent.
« J’ai simplement écrasé quelques insectes. Ce n’est pas agréable d’avoir des chaussures sales. »
Jade avait traité ces monstres comme de simples insectes.
S’ils avaient pu provoquer une erreur dans une barrière aussi solide, puis enlever et tuer le sénateur Amota, ils devaient être au moins de rang A à S.
« Je vais vous laisser. »
Soudain, le chauffeur quitta son siège.
Je me sentis légèrement mal à l’aise.
Être seul avec Jade dans un espace clos avait de quoi vous mettre les nerfs à vif. N’importe qui, face à Jade, devenait un lapin devant un tigre.
« Shion Ascal. »
« … Oui. »
En plus, il venait de m’appeler par mon nom.
Ce n’était pas courant.
Non. C’était une crise.
« Vous me connaissez. »
« … »
Qu’est-ce qu’il voulait dire ? Je réfléchis à toute vitesse.
« Vous avez bien réglé cette affaire, l’autre fois. Grâce à vous, je n’ai pas eu à m’occuper de problèmes agaçants. »
Berhalsi.
Le monstre-lion qui avait osé enlever Jade pour lui réclamer de l’argent, avant d’exploser sous un seul coup de poing.
« Vous êtes probablement le seul. Le seul être vivant à connaître cette facette de moi. »
Jade baissa les yeux sur sa paume.
S’il lui suffisait de faire claquer un doigt, j’étais fichu.
J’étais tendu, mais je n’en laissai rien paraître. Jade ne semblait pas vouloir m’attaquer ; il se contenta de serrer le poing.
« Shion Ascal. »
Il m’appela de nouveau par mon nom.
« Oui. »
« Vous êtes-vous déjà demandé à quel point ce monde était vaste ? »
« … Oui. »
Le monde était vaste, et les talents ne manquaient pas.
C’était une pensée que tout le monde, sur le continent, avait eue un jour.
Quelque part, il y avait toujours quelqu’un de meilleur que soi.
« Pas moi. »
Jade s’adossa à son siège.
À première vue, c’était une déclaration arrogante et hautaine. Mais, pour Jade, c’était un fait indéniable.
Car il se tenait à la « fin ».
« Au contraire, il est incroyablement étroit. Ce continent, ce monde… Ce n’est qu’un vulgaire puits. »
Son regard se porta vers la fenêtre. Une brume empreinte de tristesse et de solitude semblait l’envelopper.
Était-ce là l’image d’un être absolu qui avait atteint le sommet sans même s’en rendre compte ?
« Avez-vous déjà entendu parler de la fois où j’ai arraché un bras à une certaine peintre ? »
« … »
J’essayai de rester aussi calme que possible, mais c’était bien l’atrocité commise par Jade.
« Vous avez dû en entendre parler. C’est pour ça que vous étiez si nerveux en peignant mon portrait. Je lui ai arraché le bras parce que je n’aimais pas le tableau qu’elle avait peint. »
Il écarquilla les yeux.
« C’est vrai, mais ce n’est pas toute l’histoire. »
Il fixa le vide.
« Je ne voulais pas lui faire de mal. »
Comme s’il tentait de saisir les jours éparpillés, une nostalgie fleurit dans ses yeux bleus.
« Je voulais seulement la retenir. »
Le souvenir était si vif que j’avais l’impression de voir son passé.
« Elle qui essayait de s’éloigner de moi… »
Jade.
Lui, autrefois, tendait la main vers quelqu’un.
Il saisissait celle d’une femme qui tentait de lui échapper, une peintre qu’il avait aimée, ou qu’il aimait peut-être encore.
Mais…
Crac─── !
D’une simple pression, il lui arracha le bras.
L’articulation de l’épaule se déboîta, et la chair comme les os se détachèrent du corps.
Ahhh─── !
La femme hurla de douleur. Le sang jaillit à flots ; elle sanglota jusqu’à perdre connaissance.
Jade contemplait sa main, hébété.
La seule main qu’il lui restait.
Il tenait toujours sa main, mais ce n’était plus sa main.
Ce n’était qu’un bras inerte.
« Je… Je ne voulais pas lui faire de mal. »
Jade parla d’une voix terne, teintée de regret. Je me calmai.
« Ha. »
Il eut un petit rire, un sourire d’autodérision aux lèvres, puis baissa la tête.
« Shion Ascal. Vous êtes digne de confiance. Du moins, à mes yeux. »
« … »
Il regarda dans le rétroviseur du siège conducteur vide, puis croisa mes yeux dans la glace.
« Je veux vous confier Zia. »
Cette déclaration me fit battre le cœur, mais le poids en était tout de même écrasant.
« Zia a beaucoup de lieutenants. Mais, à mes yeux, aucun n’est digne de confiance. Ils ne cherchent tous qu’à servir leurs propres intérêts. »
Il devait y avoir autour de Zia des subordonnés bien plus compétents et remarquables que moi. Jade ne les connaissait simplement pas.
« Je… Je ne pourrai jamais suivre les traces de Jade, quoi que je fasse. »
« Shion Ascal. Je vous ai confié ce qui me pèse. »
Les yeux de Jade s’aiguisèrent comme ceux d’un loup.
« Vous devriez comprendre ce que cela signifie. »
Il tourna la tête vers moi et me regarda droit dans les yeux.
Alors, je compris pourquoi il avait dû se servir du rétroviseur.
C’était une marque d’égard.
« Les gens qui me sont chers… »
Jade, en proie à l’instabilité émotionnelle, libérait son mana sans même s’en rendre compte.
Voilà pourquoi le simple fait de croiser son regard mettait tout le corps sous tension.
« Ils ne peuvent même pas supporter la plus infime… la plus infime parcelle de moi. »
« … »
Je ne détournai pas les yeux. Je plongeai mon regard dans son visage, véritable œuvre d’art, mais marqué par de profondes blessures et une immense solitude.
« Maintenant, donnez-moi la bonne réponse, Shion Ascal. »
L’homme le plus fort du monde.
L’homme le plus fort du monde était aussi l’être le plus solitaire.
Un homme qui avait créé une « fin » artificielle dans un monde sans fin, isolé dans son impuissance.
« Oui. »
Je lui donnai la réponse qu’il attendait.
Car c’était la bonne réponse qu’il voulait.
« Je m’approcherai de mademoiselle Zia. Lentement, mais sûrement. »
« … »
Jade détourna de nouveau les yeux. Tout en regardant dans le rétroviseur, il me tendit une petite boîte.
« Ouvrez-la. »
Clac—
Une boîte luxueuse s’ouvrit.
À l’intérieur se trouvait une cravate bleue.
« À partir de maintenant, je vous soutiendrai. »
… C’était un cadeau très rassurant.