Chapitre 190
Stage (1)
« Elly. Qu’est-ce que tu en penses ? »
Par une journée d’hiver, peu avant leur rentrée à l’Université nationale de magie.
Le groupe de futurs étudiants, dont Elise faisait partie, discutait dans leur villa privée.
« Regarde ça. J’ai préparé un projet. »
Layla lui tendit une feuille. Elise y jeta un coup d’œil.
[ Club « On fera tout ce qu’on nous demandera » ]
« … C’est quoi, ça ? »
« Le club qu’on va créer. »
Un club universitaire était, comme son nom l’indiquait, un petit groupe formé par des étudiants. Bien moins important qu’une association ou qu’un club de loisirs, il était pratiquement indispensable aux étudiants de l’Université de magie. Les activités du club venaient enrichir leur dossier.
« On va créer le club “On fera tout ce qu’on nous demandera”. Elly, tu connais [À votre service], non ? Comme la personne qui nous a aidés pour notre projet à Endex. »
Elise examina le visage de Layla. Elle avait les yeux injectés de sang, sans doute par manque de sommeil, et de grands cernes sous les yeux.
« Et si on l’appelait le [Club “Pourquoi t’as cette tête-là”] ? »
« C’est quoi, ça ? Quel genre de club ? Un club de beauté ? »
« … »
« La beauté ne m’intéresse pas. Sinon, que diriez-vous du [Club des résolveurs de mystères] ? Des incidents magiques mystérieux vont se produire un peu partout. On pourra étoffer nos dossiers en les élucidant ! C’est une idée géniale ! »
« … Vous n’avez rien à dire, vous autres ? »
Elise se tourna vers Kain et Asher, affalés sur le canapé. Tous deux bâillèrent et secouèrent la tête à l’unisson.
« On a décidé de rejoindre un club de chevaliers à part, avec James Brown et Mel. »
Elise et Layla étaient au Département de magie, tandis qu’Asher et Kain avaient intégré le Département des chevaliers. Leurs chemins allaient donc forcément se séparer à partir de maintenant.
« Mais Elise, tu vas rejoindre la Tour de magie dans un ou deux ans, pas vrai ? »
Kain posa la question à Elise.
« Il faut que je me constitue un dossier pour ça. Il n’est pas facile d’y entrer plus tôt. »
« Hmmm… On devrait demander à Shion ? »
Layla laissa entendre sa suggestion. Elise parut s’y intéresser un peu. Elle fit mine de s’en moquer, mais jeta un coup d’œil au téléphone de Layla.
« … »
Remarquant sa réaction, Layla eut un sourire en coin et composa un numéro.
Dring, dring…
« Coucou~ Shion~ Qu’est-ce que tu fais en ce moment~ ? »
« Pff. »
Elise secoua la tête. Layla faisait semblant d’avoir quelqu’un au bout du fil alors que l’appel n’avait même pas encore abouti.
« Arrête un peu. Il ne va pas répondre à ton appel… »
« Quoi ? Un stage chez Libra ? »
« ? »
Elise ouvrit de grands yeux. Kain et Asher tournèrent eux aussi vivement la tête.
« Tu fais un stage chez Libra ? »
« … »
Elise colla son oreille au téléphone de Layla.
— Ouais. Je suis en route pour le stage. Pourquoi ?
« Comment tu peux faire un stage alors que tu n’es même pas étudiant ? »
* * *
« Je n’en sais rien non plus. Ils m’ont dit de venir, alors je suis venu. »
Je levai les yeux vers la [Gare de Libra] en répondant.
« Mais pourquoi ? »
— Euh… ben, tu sais~ Quand on entre à l’université, il faut participer à un club~ On réfléchit à ce qu’on va faire, alors je voulais savoir ce que tu comptais faire, toi~
« Ah, un club ? »
Un club était un groupe où les étudiants prouvaient leurs compétences en dehors de l’université. Ils exploraient des donjons, résolvaient des phénomènes magiques, aidaient les gens. Ils rédigeaient aussi des rapports, que l’université validait : c’était donc presque une qualification officielle.
« Et vous, qu’est-ce que vous allez faire ? »
— On pense faire du bénévolat avec Elly !
« Je vais y réfléchir. »
— Vraiment ?!
« Ouais. Je raccroche. »
Je remis mon téléphone dans ma poche.
[ Gare de Libra ]
La Gare de Libra. Le centre névralgique de Libra et le siège de la société qui gérait toutes ses filiales.
C’était une immense entreprise qui occupait tout un bâtiment de quatre-vingt-dix-neuf étages, fondé et construit par l’actuel dirigeant, Sherlock.
Autant dire qu’une foule immense y entrait et en sortait. Chevaliers et mages, bien sûr, mais aussi comptables, avocats et employés de divers services venus tout droit du siège.
J’étais venu ici après avoir reçu une offre de stage de Belingham.
Au fait, Soliette n’avait finalement pas reçu de carte de stage. Normal, puisqu’elle était une Arkne.
« … Que faites-vous ici ? »
Un agent de sécurité s’approcha de moi tandis que je regardais distraitement les locaux.
« Ah. Je viens participer au stage. »
« Vous avez reçu une carte de stage ? »
« Oui. »
« Vous pouvez la scanner ici. »
L’agent désigna le portique d’entrée. Je passai ma carte de stage.
Bip.
« Vous pouvez vous rendre à l’auditorium, au cinquième étage. »
« Ah, d’accord. »
Je pris l’ascenseur. Il y avait beaucoup de monde à l’intérieur. Chacun appuya sur le bouton d’un étage élevé, mais moi, je choisis le cinquième.
« … Vous participez au stage, vous aussi ? »
Un homme me jeta un coup d’œil.
« Oui. Je suis étudiant. »
« Ha ha. »
Il rit et appuya sur le bouton du cinquième étage, comme moi. Le voyant s’éteignit.
« Les nouveaux et les stagiaires ne prennent généralement pas l’ascenseur. C’est la tradition. »
« Ah bon, il y a une tradition comme ça ? »
« C’est Libra. »
J’appuyai de nouveau sur le bouton du cinquième étage.
Ding.
L’ascenseur s’arrêta pile au cinquième étage, et l’homme fronça les sourcils.
« Qu’est-ce que… »
« Je n’aime tout simplement pas les traditions. »
Je me dirigeai droit vers l’auditorium.
La salle était immense, mais moins de vingt personnes y étaient assises. Elles me dévisagèrent, l’air un peu perplexe.
Sans doute parce que j’étais trop jeune.
« Hm. »
À neuf heures précises, dès que l’heure annoncée arriva, les portes de l’auditorium se refermèrent et un homme en costume monta sur scène.
« Je vous le rappelle : lors du stage, le moindre retard, ne serait-ce que d’une seconde, sera éliminatoire. »
Du Libra tout craché. Ils étaient incroyablement stricts sur la gestion du temps.
« J’espère que vous ne serez plus jamais en retard. Tout retard entraînera une disqualification, sans le moindre avertissement. »
Sur ces mots, il ouvrit un dossier.
« Vous êtes seize à participer au stage de Libra. Je vais vous appeler un par un ; veuillez monter sur scène. Monsieur Bell Moore ? »
Bell Moore.
À l’instant où j’entendis ce nom, mes yeux s’écarquillèrent.
« Oui. Je suis Bell Moore. »
Je me tournai vers lui.
Avant mon retour dans le passé, il était le psychopathe le plus malveillant parmi les cadres de Libra. Il lissa ses cheveux entièrement blancs en arrière et monta sur scène.
« Monsieur Rellion Sensle. »
Le nom suivant m’était familier, et son visage aussi.
Un jour, il avait kidnappé et torturé l’un de mes camarades.
« Je suis Rellion Sensel. »
« Ensuite, Riley Erin. »
Mais quand vint son tour, je ressentis autre chose.
Riley Erin.
Les cheveux violets, les lèvres boudeuses. Une femme à l’allure déterminée et intelligente.
« Ah. »
Je souris sans m’en rendre compte.
« Je suis Riley Erin. »
J’avais eu un camarade. Pour donner une idée, c’était un [groupe de gens que Libra avait fait souffrir].
Elle y jouait le rôle d’informatrice.
Elle faisait partie de Libra, mais en divulguait les informations à l’extérieur. Quelqu’un comme moi, aujourd’hui.
Seulement, je ne connaissais pas son visage. Mes camarades ne m’avaient parlé que de son nom.
Pourquoi ?
Elle avait été exécutée avant même que cinq ans ne se soient écoulés.
« Thames Horne. »
« Je suis Thames Horne. »
C’était un bel homme noir. Il avait découvert la vraie nature bestiale de Libra, l’avait quittée et s’était opposé à elle juste avant ma mort.
Je souris d’un air ironique.
Du point de vue de Libra, ce stage réunissait un mélange étrange de pépites d’or et de serpents.
« … Enfin. »
Quinze noms avaient été appelés. Restait le dernier, le seizième.
« Shion Ascal. »
Je me levai sans un mot et montai sur scène.
Nous étions seize à participer au stage.
« Enchanté. Pour l’instant, vous serez appelés stagiaires de l’Espace magique, mais vous n’êtes pas de véritables stagiaires. Ce stage n’est qu’une expérience. »
Un cadre de Libra dont je ne connaissais pas le nom poursuivit son discours.
« Espace magique. Vous êtes probablement étudiant, mercenaire célèbre ou mage. Je précise, au cas où. Savez-vous ce que vous ferez en rejoignant Libra ? »
Quelqu’un leva vivement la main.
« Exploration de donjons. Exécution de missions. Escorte de marchandises, mais aussi toutes les tâches que Libra nous confiera. »
C’était la réponse de Riley. Elle se donnait un air plus enthousiaste que quiconque.
« Exact. Libra possède de nombreuses entreprises. Cependant, les personnes comme vous, qui manient la magie, seront affectées au siège de Libra. Ce stage ne vise donc pas à déterminer si vous pouvez devenir de simples employés, mais si vous pouvez devenir “des gens de Libra”. »
Clac !
Le cadre claqua des doigts.
« Comme c’est le premier jour du stage, nous n’allons pas vous demander grand-chose. Vous allez participer à une mission simulée. »
Le décor de l’auditorium changea. Nous nous retrouvâmes sur une autoroute. Un camion s’était renversé et le conducteur était mort, empalé sur le volant.
« Un jour, Libra transportait un précieux matériau magique appelé “cristal de béryl”. Comme vous le voyez, un accident s’est produit. »
Le cadre désigna le camion en parlant.
« L’Espace magique a été “envoyé” sur les lieux. En tant que responsable de la livraison, je vous y ai tous dépêchés. »
Il observa les stagiaires, sans un mot.
Bell Moore prit la parole.
« … Le fait d’être dépêchés, c’est tout ? »
« Vous n’êtes pas là pour exécuter les ordres de l’Espace magique. Vous devez prendre vos propres décisions. »
Voilà ce que signifiait être « un homme de Libra ».
Lorsqu’un incident ou un combat survenait chez Libra, on était envoyé sur place et on agissait de manière à servir au mieux les intérêts de Libra.
« Alors, mettez-vous au travail. »
À ces mots, les autres se mirent à s’agiter. Ils examinèrent tour à tour le cadavre et les objets, lancèrent des sorts et reconstituèrent la scène à leur façon.
« … Vous comptez rester planté là ? »
Le cadre me demanda, l’air perplexe. Je le détaillai de la tête aux pieds.
« Oui. »
Dès que j’eus répondu, je me mis en mouvement. Je commençai par examiner la remorque du camion.
Elle contenait plusieurs cargaisons leurres, mais seule la cargaison de « cristal de béryl » avait été volée.
Comme si les voleurs avaient su dès le départ que le cristal se trouvait là.
Ensuite, j’examinai le téléphone portable du chauffeur. Après l’avoir déverrouillé grâce à ses empreintes digitales, je lus les messages liés à son travail.
[ Expéditeur : 0983-123-2910 ]
[ Destination de livraison : 3D-95 ]
[ Top secret. Déchiffrement impossible ]
Je lus ensuite les messages envoyés juste avant l’accident du chauffeur.
[ Chauffeur : Je suis en livraison. J’ai décroché un gros contrat, alors on boira un coup quand ce sera fini. ]
[ Collègue : Un gros contrat ? Tu veux dire Libra ? ]
[ Chauffeur : Ouais. Comment tu le sais ? ]
[ Collègue : Libra a loué pas mal de camions cette semaine. Ils doivent transporter quelque chose de précieux. Ils essaient sans doute de le dissimuler en utilisant plusieurs camions. ]
La tromperie. Une méthode de livraison classique : engager plusieurs chauffeurs et confier la véritable cargaison à un seul d’entre eux.
« … Ça suffit. »
Ça me suffisait. Il n’y avait rien d’autre à voir.
Parce que je connaissais Libra. Je connaissais peut-être Libra mieux qu’elle-même.
Alors, comprendre la situation jusque-là, c’était aussi facile que de mâcher du chewing-gum en étant allongé.
* * *
Au même moment, l’équipe des ressources humaines suivait le déroulement du stage grâce aux caméras de surveillance.
« Qu’est-ce qu’il a, cet étudiant ? »
Jean Blunt, la cheffe de l’équipe des ressources humaines de Libra, fronça les sourcils en regardant Shion Ascal, l’étudiant qui bâillait tout seul dans son coin.
« Il reste planté là. »
« Qui l’a invité ? »
« … C’était Belingham Kantar. »
Belingham Kantar, le bras droit du maître actuel.
Jean se laissa lourdement retomber sur sa chaise.
« À quoi ça sert d’intégrer un gamin qui n’est même pas encore étudiant au stage… »
« Pourtant, il était classé soixante-septième au concours d’entrée. »
« Moi, j’étais quatrième. »
Son subordonné toussota, embarrassé.
« Enfin, ce n’est qu’un stage, après tout. »
Ils reportèrent leur attention sur l’écran.
Dix minutes s’étaient écoulées depuis le début de la mission simulée.
La plupart des stagiaires avaient terminé leurs recherches. Le subordonné se tourna vers Jean.
« On dirait que vous pouvez y aller, cheffe Jean. »
« Enregistre. Et fais ça correctement. »
Jean enfila son manteau et descendit à l’auditorium. Les stagiaires étaient toujours alignés dans le décor, qui représentait encore une autoroute.
Elle leur fit face et prit la parole.
« Enchantée. Je suis Jean Emily, cheffe de l’équipe des ressources humaines de la Gare de Libra. »
Clap !
« Pas besoin d’applaudir. »
Les stagiaires qui s’apprêtaient à battre des mains s’arrêtèrent discrètement.
« Dites-moi comment vous comptez réagir. Commençons par… »
« Je vais répondre. »
C’était Bell Moore.
« Pour commencer, je vais récupérer la cargaison volée. Je tuerai moi-même les assaillants. »
« Vous en êtes capable ? »
« Oui. D’après mes estimations, le camion a été attaqué dix minutes avant mon arrivée. Si j’avais été là dès le départ, j’aurais pu arriver en trois minutes dès réception du signal, mais dix minutes, ça suffit. »
« Comment allez-vous les retrouver ? »
« Grâce à mon odorat. Ils ont utilisé de la magie pour arrêter le camion. Je suivrai les traces de magie qui persistent dans l’air. Je peux courir à trois cents kilomètres à l’heure pendant trois heures, mais trente minutes suffiront pour les retrouver. »
Les capacités que Bell Moore revendiquait étaient monstrueuses, mais il ne mentait pas le moins du monde.
Jean connaissait ses aptitudes physiques. Il pouvait réellement courir comme Superman.
« Ensuite. »
Jean consulta le dossier et passa au suivant. Il n’y avait pas de bonne réponse à ce problème.
« Moi aussi, j’irai récupérer la cargaison volée. Le cristal de béryl est un objet d’une valeur énorme, près de cent millions de Ren au cours actuel… »
Les stagiaires proposèrent chacun une méthode différente, mais la plupart posèrent d’abord comme condition de récupérer la cargaison. Seule la méthode pour retrouver les voleurs variait selon leurs capacités.
Après avoir écouté les réponses sans y accorder trop d’importance, Jean se tourna vers le dernier.
Shion Ascal.
« Enfin, Shion Ascal. Et vous ? Vous aussi, vous allez poursuivre les voleurs ? »
« … Non. »
Shion Ascal secoua la tête.
« Je ne vais pas poursuivre la cargaison. »
« Alors, que comptez-vous faire ? »
À cette question, il répondit simplement :
« Je vais trouver le traître au sein de Libra. Celui qui a révélé l’emplacement de la cargaison et l’existence du cristal. »
« … »
Les doigts de Jean s’immobilisèrent un instant. Elle regarda tour à tour le document qu’elle remplissait et Shion.
« Un traître. »
« Oui. »
« … Quelqu’un d’autre a quelque chose à ajouter ? »
Jean interrogea les autres stagiaires. Bell Moore leva alors la main.
« Allez-y. »
« La plupart d’entre nous ont probablement pensé à la possibilité d’un traître. Parmi toutes ces cargaisons, seul le cristal de béryl a été volé. Mais ce n’est pas la première chose à faire. »
Bell Moore regarda Shion Ascal. Shion soutint son regard.
« On pourra trouver le traître plus tard. Il faut récupérer la cargaison tout de suite. »
La bouche de Bell Moore s’étira en un sourire narquois. Il gloussa en regardant Shion Ascal, comme s’il trouvait un enfant mignon.
« Je comprends que vous vouliez avoir l’air intelligent, mais pensez d’abord à votre mission, petit. Nous sommes tous passés par là, mais avec un parcours bien plus brillant que le vôtre… »
« On n’a pas besoin de la cargaison, pour commencer. »
Shion Ascal répliqua. Il lança à Bell Moore un regard accompagné d’un léger sourire.
« Dès le départ, ce camion de livraison n’était qu’un piège destiné à démasquer le traître. »
« … Quoi ? »
Bell Moore fronça les sourcils. Jean observa Shion.
Shion poursuivit calmement :
« La mission principale, c’est d’éliminer le traître. Il est indispensable de faire une répétition avant de livrer une marchandise aussi précieuse que le cristal de béryl. »
Chez Libra, le premier réflexe était de se méfier : n’y avait-il pas quelqu’un qui poursuivait un autre objectif au sein de la famille ?
« Il est peu probable qu’on confie une livraison à un simple chauffeur de camion. Mais si on la lui a confiée, la livraison elle-même est peut-être bidon. C’est la première chose à laquelle on pense. »
Shion tira son épée et en pointa la lame contre le cou de quelqu’un.
C’était le cadre qui avait appelé les stagiaires depuis la scène.
« Pourquoi vous pointez votre épée sur moi ? »
Le cadre lui demanda, les sourcils froncés. Shion répondit calmement :
« Parce que vous êtes le traître. »
Jean observa les deux hommes et retint un sourire.