Chapitre 133
Lionceau (2)
Je descendis au sous-sol du musée. On m’y avait pratiquement chassé.
En cas d’imprévu, les codes B étaient chargés de surveiller les cellules d’isolement, et les codes C comme moi avaient reçu l’interdiction formelle d’y pénétrer.
Désobéir à cet ordre entraînait une exécution immédiate.
Ziiing ! Ziiing !
Au sous-sol, une pelleteuse creusait le sol. À proximité, des hommes masqués de rang inférieur, des codes D à F, aménageaient des escaliers.
Pour information, les codes se distinguaient à leurs masques. Une grande lettre suivie d’un chiffre était inscrite en plein milieu.
Wiiing… Wiiing…
Des appareils en forme de plateau semblaient détecter les ondes magiques qui émanaient du sol. Ils geignaient, tandis que les chercheurs en blouse blanche s’affairaient à faire des calculs devant leurs ordinateurs.
Le meilleur moment pour voler l’artefact serait sans doute d’ici quatre ou cinq jours. Une tempête de sable magique faisait rage dans le désert, alors nous avions encore le temps. Mais impossible de savoir si l’opération réussirait ou non.
« … Hmm. »
J’observai le chantier, plongé dans mes pensées.
Je n’avais que des souvenirs fragmentaires de l’organisation armée appelée [Lune Nocturne]. Ce n’était pas un groupe qui faisait du trafic de drogue en Edsilla. Je savais seulement qu’il s’était fait un nom dans les pays voisins.
« … »
J’ignorais quel artefact ils recherchaient, mais le radar de mon « Chasseur de trésors » venait de s’activer.
─ Ce ne semble pas être le bon endroit. Nous allons interrompre temporairement l’excavation.
Ils creusaient au mauvais endroit. Le chercheur modifiait sans cesse la trajectoire de la pelleteuse en calculant les ondes souterraines. Mais ils cherchaient toujours dans la mauvaise zone. J’aurais pu leur donner un coup de main et régler l’affaire rapidement, mais, pour l’instant, ils creusaient au mauvais endroit.
« C03. »
Deux hommes s’approchèrent de moi.
« Tu t’es encore battu avec B04. »
Je leur jetai un regard distrait, puis me figeai de surprise.
« Quoi qu’il en soit, elle a un code supérieur au tien. Tu devrais la respecter pendant l’opération. »
C’étaient les deux hommes morts trois heures plus tôt, poignardés à la gorge alors qu’ils tentaient de démêler les fils électriques dans le hall du musée.
Leurs cadavres étaient revenus à la vie et me parlaient.
« … Ha. »
Je laissai échapper un rire sans joie. [Lune Nocturne] n’avait jamais eu l’intention de faire des victimes.
Ils avaient seulement « joué » à tuer des gens pour intimider les autres.
Moi, en revanche…
Je me sentis un peu mal.
« C03. Présente tes excuses à B04 plus tard. »
Quant à ce qui était arrivé au véritable propriétaire de ce visage, C03…
Pour être honnête, il était mort.
Je l’avais tué.
On ne retrouverait jamais son corps. Je l’avais enterré dans les cendres.
« Ah. Ouais. Ça marche. »
Le vrai nom de C03 était Dumas.
Je ne savais rien de sa famille. Le rappel des souvenirs du « Bloc-notes » ne faisait remonter que les plus récents et les plus marquants.
Parmi les souvenirs récents de Dumas, il y avait des enlèvements et des meurtres.
Je n’hésitais pas à tuer, mais j’« espérais » que ceux que je tuais méritaient de mourir.
Un souhait pitoyable et lâche.
─ Il y a de fortes chances que cet endroit ne soit pas le bon non plus. Inclinons encore un peu l’antenne.
Les chercheurs réglaient la pelleteuse tout en tapotant sur leurs ordinateurs.
À voir ces incapables, je poussai un soupir. Quand des types aussi bouchés prenaient les commandes d’une opération, l’atmosphère devenait insupportable.
Si les travaux s’éternisaient, ce ne serait bon ni pour moi ni pour Elise, qui était enfermée.
« … Attendez. »
Une idée me traversa soudain l’esprit.
Et si j’aidais [Lune Nocturne] ?
Si je les aidais à déterrer la relique et à régler cette affaire plus vite ?
Je pourrais peut-être empêcher Petra de « maltraiter » Elise, au moins.
« Essayons. »
C’était toujours mieux que de ne rien faire.
Je haussai les épaules et interpellai à voix haute les ouvriers du chantier, couverts d’encre.
« Hé ! Là-bas ! »
Les chercheurs et les hommes masqués se tournèrent vers moi.
« Vous êtes complètement à côté de la plaque, non ? »
« … »
Les ouvriers se turent un instant, puis m’ignorèrent ouvertement.
« Nous ajustons la position de la pelleteuse. Inclinez-la de 0,83 degré vers la droite. »
Ils reprirent aussitôt leurs vaines excavations.
« 0,83 degré ? Vous vous fichez de moi. Je vous dis que vous faites fausse route. »
Je pris la pelle des mains d’un homme masqué, en contrebas.
Puis, à l’exact opposé de la pelleteuse, à un endroit auquel les ouvriers n’avaient même pas pensé, j’enfonçai la pelle dans le sol.
« Moi… C04 pense que c’est ici. Alors, creusez là. »
Dans ce groupe, tout le monde, moi compris, était désigné par son nom de code.
Je m’étais trompé, mais, heureusement, personne ne s’intéressait à moi. Ils semblaient habitués à ignorer mes initiatives impulsives.
Floc !
Je creusai à la pelle.
* * *
Elise se réveilla. Sa gorge et sa poitrine étaient toujours oppressées.
Elle se tourna et se retourna, les yeux levés vers le plafond. Il y avait un mur.
Elle baissa le regard. Un autre mur.
Des murs de tous côtés.
─ Miaou.
Un miaulement résonna dans le silence étouffant.
Une minuscule créature, blottie dans son sac.
« Ce… n’était pas un rêve. »
Elle avait espéré que tout cela ne soit qu’un rêve. Elise pressa ses tempes tremblantes.
Elle remarqua soudain qu’elle avait les mains libres.
« ? »
On lui avait retiré ses liens. Elise se redressa, hébétée. Elle effleura ses poignets, marqués par les entraves, et réfléchit.
« … »
Qu’était-il arrivé à Shion ?
Elle serait soulagée s’il était enfermé comme elle.
Ce serait terrible s’il était torturé.
Le pire, ce serait…
Un couteau planté dans la gorge, le sang qui jaillissait.
Le pire scénario. Rien que de l’imaginer, son cœur s’emballait.
─ Miaou.
Alors, le chat lui adressa un faible sourire.
Comme pour lui dire : ne t’inquiète pas, tout ira bien.
« Mais pourquoi… tu as l’air de souffrir, toi aussi. »
Le chat n’avait pas l’air en forme non plus. Il semblait souffrir.
Et si elle essayait de creuser le sol ?
« Hein ! »
Elise activa sa télékinésie, mais le plancher ne bougea pas.
Non seulement son circuit magique ne fonctionnait pas correctement, mais cet endroit était une ancienne prison de mages. Elle sentait une force qui réprimait sa magie.
À son insu, le chat, Grawl, était lui aussi impuissant sous l’effet de cette influence.
« … Ah. »
Elise vacilla et s’effondra.
La télékinésie ne marchait pas. Pas du tout.
─ Miaou.
Le chat miaula de nouveau. Il s’inquiétait pour elle ? Elise le prit dans ses bras.
« Tout ira bien… »
Elle avait l’impression que cela la calmait un peu, mais ce n’était pas vraiment le cas. Elle en avait seulement l’impression.
Son trouble de stress post-traumatique n’avait rien de simple.
La claustrophobie, la peur de la solitude, diverses compulsions et divers traumatismes, sans oublier une possession magique… Tout cela relevait pratiquement de la malédiction.
Même avec l’aide du chat, elle parvenait à peine à tenir le coup. Mais cet espace exigu la menaçait davantage qu’une mer remplie de lames de rasoir.
« … Haah. »
Elle haletait déjà, mais elle pouvait tenir.
Non, elle devait tenir.
Et pas seulement tenir : elle devait s’échapper.
Elle devait s’accrocher de toutes ses forces et trouver un moyen, n’importe lequel, de sortir de là.
Alors seulement, elle pourrait sauver Shion.
* * *
Je passai toute la journée à creuser à la pelle. Au début, les chercheurs m’ignorèrent, mais ma façon de creuser finit par poser problème : j’étais trop efficace.
Alors que la pelleteuse semblait modifier sa trajectoire à tâtons, j’avais foncé droit vers un point précis et creusé vers le bas. Sans m’en rendre compte, j’étais descendu plus profond qu’elle.
« C03 ! Qu’est-ce que tu fais ?! »
Un code supérieur accourut, furieux.
« Qui t’a autorisé à creuser où bon te semble ?! »
B01.
Ce n’était pas lui qui dirigeait l’opération. Le cinglé qui aimait la musique classique, c’était A09. Il devait être seul dans le bureau du directeur du musée, à en écouter à l’instant.
« Je pensais que c’était le bon endroit. Je creuse tout seul, non ? »
« Espèce de taré ! Qu’est-ce que C03 peut bien savoir ?! Tu t’y connais en magie ?! »
Je fis comme si je n’entendais pas sa voix furieuse.
« Eh bien, regardez cette antenne. Il devrait y avoir des ondes d’artefact qui remontent de sous nos pieds. Je le sens. »
« Qu’est-ce que tu sens, espèce de connard ?! »
B01 allait me gifler quand…
Clic.
Quelqu’un lui saisit le poignet. Je me retournai.
C’était B04, la manipulatrice d’électricité qui avait maîtrisé Elise.
« B01. C03 est sous mes ordres. »
… Je vois.
J’étais sa subordonné.
Quoi qu’il en soit, B04 me protégea. B01, qui s’était emporté, se calma aussitôt.
« B04. Tu te rebelles toi aussi contre un code supérieur ? »
« Si un subordonné commet une faute, c’est à son supérieur d’en répondre. Hé ! »
B04 s’adressa au chercheur.
« Apportez l’antenne. »
« … Ce n’est pas une antenne, c’est un détecteur d’ondes magiques… »
« Peu importe ! »
Le chercheur apporta l’antenne. Je la tournai vers le trou que j’avais creusé et allumai l’appareil.
« B04. Avant de parler de ta responsabilité envers lui, il y a la discipline de l’organisation. »
Pendant ce temps, la magie s’accumulait dans le corps de B01. Sa colère bouillonnait sous son masque.
Il était plutôt fort. Bien plus fort qu’Elise, à l’heure actuelle.
« Un code inférieur qui se rebelle contre un code supérieur… »
« — Une amplitude ! Nous détectons une amplitude ! »
Le chercheur cria alors.
Wiiing─ ! Wiiing─ !
L’antenne qui détectait les ondes magiques retentit à son tour, comme une sirène.
« C’est ici ! »
Wiiiiiiing───── !
Wiiiiiiing───── !
L’antenne, qui hurlait à tue-tête, fit trembler le sous-sol.
« … »
« … »
B01 et B04 s’interrompirent un instant, puis tous les autres chercheurs et les hommes de rang inférieur se précipitèrent vers le trou que j’avais creusé.
Je haussai les épaules.
« Je vous l’avais dit. Ça a l’air d’être ici. »
B04 et B01 se retournèrent vers moi.
Parmi eux, B04, ma supérieure directe, la manipulatrice d’électricité, me demanda :
« … C03. Comment tu le savais ? »
« Ça n’a pas d’importance. Il faut creuser vite et mettre la relique au jour. Comptez ça parmi mes responsabilités, aussi. »
Je ramassai la pelle que j’avais utilisée jusque-là.
« Les autres, prenez une pelle ! Qu’est-ce que vous attendez ?! »
Je hurlai aux hommes masqués de rang inférieur, les codes D à F.
« Creusez ! Vite ! Et après, on rentre ! »
* * *
Elise creusait la terre. Elle avait beau déployer toute sa télékinésie, c’était inutile. Alors elle creusait de ses propres mains.
Elle grattait la terre avec ses ongles, la raclait avec un morceau de pierre trouvé par hasard, et, quand celui-ci se brisa, reprenait avec ses ongles.
« ——— ! »
Elle hurlait pour évacuer ce qu’elle ressentait, comme si elle allait exploser. Elle avait l’impression de devenir folle.
Elle creusait la terre.
Toute la journée, elle creusait la terre de toutes ses forces.
Sans même s’en rendre compte, ses mains se couvrirent de sang, sa peau s’arracha, ses ongles se déchirèrent. Son souffle se bloqua, son cœur s’emballa, elle eut la nausée ; même quand elle eut l’impression que des asticots lui sortaient de la bouche, elle continua.
Elle continua de creuser la terre.
Mais malgré tout…
Rien ne répondit.
Elle avait beau creuser, elle ne gagnait que quelques centimètres. Il semblait impossible de s’échapper. Quelle que soit la profondeur atteinte, elle n’avait pas l’impression de pouvoir sortir de là.
« … Ah. »
Elise finit par s’effondrer.
Elle s’allongea sur le sol, couverte de terre.
─ … Miaou.
Même le chaton qui s’approchait d’elle semblait à bout de forces. Elle avait peur qu’il lui arrive quelque chose avant qu’il ne lui arrive quoi que ce soit à elle.
Elle serra la créature contre elle et murmura d’une voix faible :
« … Je suis désolée. »
Elle pensa à Shion, l’esprit vide.
Était-il mort ou vivant ?
Était-il mort ?
Était-il vivant ?
Était-il mort ?
Était-il vivant ?
Elle sentait son esprit lui échapper, ses pensées s’embrouiller.
C’était étrange.
Pourquoi était-elle ici, et pourquoi étais-tu là ?
Qu’est-ce qu’on foutait ici ?
Tout ça, c’était à cause de ces foutus hommes masqués.
Son cœur se serra un instant. Sa poitrine était oppressée.
Cette douleur, comme si elle allait mourir sans pourtant mourir. Ce moment où elle tremblait, écrasée par une pression insoutenable.
───♬.
Un son discret lui parvint. Une mélodie classique.
Elise l’écoutait sans y penser quand, soudain, elle tendit l’oreille.
Ses yeux desséchés reprirent vie.
« … ! »
Elle se redressa d’un bond.
Cette musique, avec sa mélodie de piano qui résonnait dès le prélude, c’était…
* * *
─ Un jour et seize heures.
Quarante heures tout rond plus tard.
« Nous avons localisé l’objet ! »
[Lune Nocturne] avait récupéré la relique. Dès qu’il l’apprit, A09, le stratège, descendit au sous-sol.
B01 accourut, le salua et fit son rapport.
« A09. L’excavation n’est plus qu’une question de temps. Nous abaissons actuellement la température de la couche magique qui entoure la relique. »
A09 hocha la tête, satisfait.
« Bien. »
Puis, soudain, il tourna les yeux vers moi. Il me fixa et éclata d’un rire sonore.
Qu’est-ce qui lui prenait ?
« C03. »
Il m’appela par mon code et s’approcha.
« J’ai tout observé. C03, tu as mené l’opération et creusé ce tunnel avec une fougue remarquable. »
D’où avait-il regardé ? Il y avait une caméra ?
« Même sans être un code supérieur, tu as fait preuve d’audace en affrontant l’échec, de confiance en toi et d’un courage tout à fait louable. »
Il posa la main sur mon épaule.
« J’ai donc parlé au Code Alpha. »
Le Code Alpha était probablement le grand patron de [Lune Nocturne]. J’en avais l’impression.
« C03. À partir de maintenant, tu n’es plus C03. »
B01 m’observait avec envie.
A09 acheva sa phrase :
« Tu es C01. Deux échelons d’un coup : la première promotion en trois ans. »
« … »
Deux échelons d’un coup. Je ne savais pas si je devais m’en réjouir.
Le C03 du paradis devait être reconnaissant pour cette promotion… ou pas.
Et A09 avait encore quelque chose à ajouter, on aurait dit.
« C01. Y a-t-il un morceau de musique que tu aimes particulièrement ? »
Encore cette histoire de musique.
Il semblait obsédé par la musique classique, mais c’était possible. Surtout si cela avait un rapport avec le « Spectre ».
« Rien en particulier… »
J’allais répondre quand un morceau de musique classique me vint soudain à l’esprit.
Je demandai à A09 :
« Vous pouvez la faire jouer dans tout le musée ? Pour que même la personne enfermée dans la prison l’entende. »
« Bien sûr. De quelle musique s’agit-il ? »
De la musique, du classique.
Le morceau auquel je pensais portait le nom de quelqu’un.
Le nom de la personne qui souffrait encore terriblement en prison, non pas à cause d’un étranger, mais de sa propre famille. Son nom.
« … “Pour Elise”. »
* * *
La mélodie qui résonnait était familière à Elise.
C’était le morceau classique qu’elle détestait le plus, justement parce qu’elle le connaissait trop bien.
Quand elle était encore trop jeune et trop faible, de jeunes nobles rongés par la jalousie et la méchanceté s’en servaient pour se moquer d’elle.
« … Hein. »
Mais, curieusement, elle aimait l’écouter, à présent.
Son corps et son esprit étaient déjà tordus, au bord de la rupture.
Pourtant, un sourire se dessina au coin de ses lèvres.
« Il doit être sain et sauf. »
Elle murmura ces mots et cligna des yeux. La tension retomba aussitôt et, dans le même temps, elle perdit connaissance.
Peut-être s’érodait-elle lentement depuis longtemps déjà.
Et puis, alors qu’elle tombait doucement…
── Grincement.
La porte de fer de la cellule d’isolement s’ouvrit. Une lumière semblable au soleil se déversa à l’intérieur. Au même instant, de nombreux pas se précipitèrent dans la pièce.
C’étaient les hommes masqués de l’Ordre.
« Sortez-la. »
Au milieu de la mélodie classique, qui s’amplifiait, ils soulevèrent Elise. Tandis qu’on l’emportait, inerte, elle jeta rapidement un regard en arrière vers la prison.
Elle chercha le chat qui l’avait aidée jusque-là, mais il avait disparu.
Il n’était nulle part dans le coin.
« … ? »
Était-ce une hallucination ?
On enroula de nouveau le fil électrique autour du corps d’Elise, puis on la remit à quelqu’un.
Elise leva les yeux vers lui.
La lettre inscrite sur son masque était un C.
Boum.
Le chiffre n’était pas 03, mais 01.
Shion était C03.
Cet homme était C01.
Autrement dit, ce n’était pas Shion.
La déception.
Elise ne laissa rien paraître, mais, soudain…
C01 l’attira contre lui et lui murmura doucement :
« À partir de maintenant, je vais t’enlever. »
« … »
Cette voix… Quelque chose qui lui chatouillait l’oreille.
Une voix qui lui fit écarquiller les yeux.
C’était Shion.
Elise leva légèrement les yeux vers lui, puis baissa vite la tête. Elle sourit en regardant le sol, pour ne pas être démasquée.