Chapitre 65
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Traducteur/éditeur : Alyo
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◈ Mémoires d’un Régressé ◈
Chapitre 65 : Traite les autres comme tu voudrais être traité
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Ce n’était pas une question facile.
Plus précisément, je me demandais quelles étaient ses intentions.
« Est-ce une question qui demande réflexion ? »
« Oui. »
« Je suppose que oui. Notre Chef de la Branche des Trois Phénix n’a probablement jamais eu l’intention de rester longtemps à la Secte de l’Épée Asura. »
Ce n’était pas que je sous-estimais Dokgo Dan-ya. Il avait même dissimulé son propre royaume. C’était manifestement un homme méticuleux.
Malgré tout, il devait y avoir une raison pour laquelle il avait agi comme s’il avait presque abandonné les affaires de la Secte de l’Épée Asura.
Cette affaire ne faisait pas exception.
Se servirait-il de Neung-don pour attirer la Secte du Poing brise-ciel ? Lui tendrait-il un piège ?
Impossible à savoir.
C’était l’homme qui avait bâti la secte jusqu’à en faire ce qu’elle était.
Il avait sûrement une autre intention derrière tout cela.
Peut-être ne visait-il pas la Secte du Poing brise-ciel, mais quelqu’un d’autre.
J’ignorais les détails.
Je n’avais pas l’intention de creuser davantage. Il s’en chargerait lui-même.
« Je crois vous l’avoir déjà dit. »
« Qu’avez-vous dit ? »
« Tant que je resterai à la Secte de l’Épée Asura, je considérerai les intérêts de la secte comme les miens. »
« C’est vrai. »
« J’ai agi en accord avec ces paroles. Vous avez des yeux et des oreilles partout, alors vous savez ce que j’ai fait. »
Dokgo Dan-ya sourit.
« En effet. Vous vous êtes occupé de la Forêt céleste, vous avez semé le trouble dans le Comté de Jangam et même menacé la Porte de l’Intelligence céleste. C’est remarquable. Vous avez aussi rédigé ce rapport vous-même ? »
« Un de mes subordonnés l’a écrit. »
« Votre subordonné ? »
« Oui. »
Dokgo Dan-ya éclata de rire. Il riait si souvent que je me surpris à penser que c’était vraiment un homme jovial.
« L’indépendance, c’est bien beau, mais puis-je vous donner mon avis personnel ? »
« Je ne suis qu’un Chef de branche. Pourquoi me demandez-vous la permission ? »
« Malgré tout, il faut faire ce qui doit être fait. C’est une affaire importante. »
J’acquiesçai, et Dokgo Dan-ya prit la parole.
« Si, et je dis bien si… »
Il me regarda droit dans les yeux.
« Si un ennemi bien trop puissant pour vous, compte tenu de votre force actuelle, se présentait, que feriez-vous ? »
« Vous voulez dire un ennemi puissant ? »
« L’idéal serait de pouvoir l’affronter dans un combat à mort, mais que feriez-vous si c’était impossible ? »
« Je comprends où vous voulez en venir. »
« Vraiment ? »
« Oui. Parmi les puissants du Monde martial, rares sont ceux qui n’ont pas d’organisation derrière eux. Si je me fais un ennemi de l’un d’eux, je devrai aussi affronter ses forces. Au bout du compte, ceux qui ont du pouvoir peuvent me tendre un piège ou faire en sorte que plusieurs personnes m’attaquent à la fois. Dès le départ, je serais désavantagé. »
« Au minimum, disposer d’une force équivalente à la leur faciliterait les choses. »
« Oui. »
« Les innombrables sages qui ont vécu au fil des siècles ont prouvé la nécessité d’avoir des forces à ses côtés. Quel que soit votre objectif, mieux vaut être nombreux que seul. Le chemin que vous empruntez vous attirera inévitablement des partisans. »
« Est-ce pour cela que vous m’avez proposé le poste de jeune maître de secte ? »
« En quelque sorte. Au départ, je pensais faire de vous le prochain Maître du Pavillon Asura, mais vous êtes un vase bien trop grand pour un poste aussi modeste. Pour être honnête, je ne crois même pas que le poste de jeune maître de secte puisse vous contenir. »
Je ne répondis pas quelque chose comme : « Vous me flattez. »
Parce que c’était vrai.
Je ne prêtai pas beaucoup d’attention au ton plus décontracté de Dokgo Dan-ya. Je le trouvais moi aussi plus agréable.
Dokgo Dan-ya se désigna du doigt.
« Et si vous visiez ce poste ? »
« Il ne peut y avoir deux soleils sous un même ciel. Si je visais ce poste, le Chef de secte devrait être mort. »
Le coin des lèvres de Dokgo Dan-ya tressaillit.
« … Franchement, comment se fait-il que même votre façon de parler me plaise autant ? »
« … »
« Je ne vous demande pas de vous décider sur-le-champ. Réfléchissez-y tranquillement et faites-moi savoir ce que vous en pensez plus tard. Je m’occuperai des préparatifs. »
« Puis-je vous demander une faveur avant cela ? »
« Laquelle ? »
« Ce que je fais dans le Comté des Phénix va certainement faire beaucoup de bruit à partir de maintenant. Je veux seulement m’occuper de la Secte du Poing brise-ciel. »
« Vous voulez que j’écarte ceux qui complotent dans votre dos, comme Neung-don ? »
« Oui. »
« Très bien. Ne vous en souciez pas. Comme je vous l’ai dit, faites tout ce que vous voulez. »
« Bien. Je vais prendre congé, alors. »
Après l’avoir salué poing dans la paume, je me détournai.
Dokgo Dan-ya m’interpella dans mon dos.
« Le ton du rapport était bon, lui aussi. »
Je me retournai.
« Je n’ai fait que rapporter la vérité. »
« On dirait que vous y avez glissé quelques éléments que vous auriez aimé voir devenir vrais. »
Je souris.
« Je ne vois pas de quoi vous parlez. »
Dokgo Dan-ya sourit à son tour.
« Peu importe sous quel angle je l’envisage, le poste de jeune maître de secte vous convient à merveille. »
Je fronçai légèrement les sourcils.
Dokgo Dan-ya.
Il en savait beaucoup.
Ses paroles, ainsi que notre conversation précédente, m’en avaient convaincu. Il fallait que je m’occupe de cette question.
« Myeong-hyeon est l’un de mes subordonnés. »
« Ha ha ! Même les anciens, là-bas, n’auraient pas l’audace de garder Yaksha, de la Secte de l’Épée Impériale, comme subordonné. Vous les dépassez sans conteste. »
Les efforts de Myeong-hyeon n’avaient manifestement pas été vains.
J’aurais misé tout ce que je possédais là-dessus : dans la Secte de l’Épée Asura, personne d’autre que Dokgo Dan-ya ne l’avait remarqué.
Dokgo Dan-ya.
Il était plus intéressant que je ne l’avais cru.
Je répondis d’un ton égal.
« Il a appris des arts démoniaques, mais ceux qu’il a étudiés peuvent être maîtrisés. Lorsqu’il atteindra le Royaume de la Création, les effets secondaires disparaîtront complètement. »
« Vous croyez que le Souverain de l’Épée restera sans rien faire jusque-là ? »
« Eh bien… Il faudra bien attendre et voir. »
« C’est un risque considérable… mais je vous le confie. En sortant, passez au Pavillon des Classiques médicaux et prenez trente Pilules Asura. »
« Oui. »
« Vous feriez mieux de vous dépêcher. J’ai entendu dire que ces imbéciles de la Secte du Poing, dans le Comté de Jangam, avaient déjà monté un coup. »
C’est ainsi que je quittai la Salle du chef de la secte.
Je soupirai intérieurement.
Après m’être arrêté, je regardai droit devant moi.
Six hommes et femmes se tenaient là.
Je ne les avais pas vus depuis longtemps, mais ils m’étaient familiers.
C’étaient les anciens de la Salle des anciens.
À l’exception de Neung-don et de Myo Man-ri, qui s’était retiré pour cultiver.
Les six autres.
L’un d’eux, un ancien à l’air résolu, s’avança. Je le regardai en silence. Un étrange silence s’installa entre nous.
C’était l’Ancien Chodong.
« Ne pourriez-vous pas faire preuve d’un peu de respect ? »
Du respect.
« N’en est-ce pas déjà ? »
« … Quoi ? »
« À mes yeux, vous parler poliment est presque la plus grande marque de respect. »
« Vous avez la nuque raide. »
« On me le dit souvent. Mais… »
Je promenai mon regard glacial sur les six anciens.
« Pourquoi me barrez-vous la route ? Vous êtes perdus ? »
« … Vous savez aussi plaisanter. »
« Je suis sérieux. Si vous n’êtes pas perdus, écartez-vous. »
Les cinq anciens autres que Chodong s’emportèrent. Ils semblaient prêts à mobiliser leur énergie interne à tout instant, et leur intention meurtrière commençait déjà à se répandre.
Je levai les yeux vers Chodong. Nous étions à peu près à la même hauteur.
« J’ai entendu dire que vous étiez le centre de leur faction. Dites-leur de s’écarter. »
« … Vous avez beau nous détester, nous sommes des anciens. Vous n’êtes qu’un Chef de branche. »
Je ne pus m’empêcher de ricaner.
« Officieusement, je suis le Protecteur personnel du Grand Ancien. À ma connaissance, mon rang au quartier général équivaut à celui d’un ancien ordinaire. Me trompé-je ? »
« … »
« J’ai déjà dit ceci à mes subordonnés : aussi détestable que soit quelqu’un, s’il occupe un rang élevé dans la secte, ils doivent le traiter comme il convient. »
« Et alors ? »
« Et je vous traite comme il convient, en ce moment. Si vous n’étiez pas des anciens, je n’aurais aucune raison de vous parler ainsi, de m’adresser à vous avec respect ni, surtout, de vous laisser vous tenir aussi raides devant moi, la tête haute. »
« … »
« Vous laissez échapper votre intention meurtrière. En temps normal, je vous aurais prévenus que je vous tuerais si vous ne la retiriez pas avant que j’aie compté jusqu’à trois. »
« … Ha… »
« Je ne me retiens pas, là ? Ce n’est pas suffisant, comme traitement ? Je pense que même mes subordonnés seraient satisfaits. »
Je fis un pas en avant. Je me retrouvai presque nez à nez avec l’Ancien Chodong.
« Peu m’importe ce que vous avez fait autrefois à la Secte de l’Épée Asura. Mais vous voulez qu’on vous respecte ? »
« … »
« Traitez les autres comme vous voudriez être traité. Si vous voulez qu’on vous respecte, comportez-vous d’une manière qui le mérite. Ne gaspillez pas votre énergie mentale pour des futilités, comme cet imbécile de Neung-don. »
Contre toute attente,
l’Ancien Chodong ne se mit pas en colère.
Je ne vis dans ses yeux que de l’intérêt.
Un contraste saisissant avec la rage des cinq anciens qui se tenaient derrière lui.
« Vous ne bougez pas ? »
Je n’avais jamais envisagé de les contourner.
Pourquoi aurais-je dû faire un détour ?
Je ne fais qu’avancer. Ceux qui me barrent le chemin n’ont qu’à s’écarter. Je n’avais aucune raison de dévier de ma route.
Chodong eut un sourire étrange et s’écarta pour libérer le passage. Je me remis à avancer lentement, mais les cinq anciens se dressèrent devant moi.
Je commençais à m’impatienter.
J’étais occupé.
J’avais des choses à faire dans le Comté des Phénix.
Je n’avais pas de temps à perdre ici.
Je posai la main sur l’Épée du Dragon des Nuages. Les anciens tressaillirent.
« Écartez-vous. »
« … Petit insolent… Tu vas trop loin… »
« Je ne suis pas comme le Chef de secte. Il a épargné Neung-don, mais moi, je l’aurais tué sur place. Et à mes yeux, vous ne valez pas mieux que lui. Je le répéterai une dernière fois : écartez-vous avant que je vous tue tous. »
Le Qi correctement aligné jaillit de mon véritable dantian et s’amplifia à travers les anneaux. Mes cheveux fouettèrent l’air.
Je resserrai ma prise. Les cinq anciens tressaillirent, mais ne bougèrent toujours pas.
Comme je l’avais dit à mon maître, j’avais l’intention de vivre sans regrets.
Avais-je une chance de survivre à cette situation ?
Oui.
Étais-je certain de pouvoir tuer les cinq anciens du Royaume de la Création ?
Oui.
Même si Chodong se joignait à eux, portant leur nombre à six, rien ne changerait.
Je serais blessé, et je devrais peut-être récupérer pendant plusieurs mois, mais l’essentiel, c’était que je pouvais les tuer. Je réfléchirais à la suite le moment venu.
Alors que j’allais dégainer, une voix s’éleva derrière moi.
« Écartez-vous. »
C’était Chodong.
À ces mots, les cinq anciens se séparèrent et s’écartèrent.
Qu’est-ce que cela signifiait ?
Que Chodong avait de l’influence.
Je calmai mon énergie. Je fusillai les cinq anciens du regard et m’apprêtai à repartir lorsque j’entendis une voix.
« Toi, là. »
Je me retournai en entendant Chodong.
Il ne détourna pas les yeux.
« Tu crois que nous faisons fausse route ? »
« Vous ne connaissez pas déjà la réponse ? »
« … »
« Je ne sens pas du tout que nous allons vers la même destination. Vous ne le croyez tout de même pas, vous aussi ? »
« … »
« Je ne vous reprocherai pas de former une faction pour servir vos intérêts personnels, mais même cela a ses limites. Il y a des choses qu’on peut dissimuler, et d’autres qu’on ne devrait pas. Comme je l’ai dit dans la Salle du chef de la secte, si vous êtes des anciens, montrez l’exemple. Ne faites pas honte à ceux qui sont sous vos ordres. »
Chodong ne répondit rien.
Il se contenta de me regarder avec un sourire indéchiffrable.
Inattendu.
Je pensais qu’il serait plus facile à gérer, mais il semblait plus réfléchi que je ne l’avais cru.
Je n’avais rien de plus à ajouter. Les choses pourraient changer s’il se corrigeait, mais pour l’instant, je ne voulais ni m’allier à lui, ni le placer sous mes ordres, ni même échanger des paroles avec lui.
Le temps était précieux.
Je me détournai.
C’est ainsi que je regagnai la Branche des Trois Phénix.
Bien sûr, avant de partir, j’étais passé au Pavillon des Classiques médicaux pour prendre trente Pilules Asura.
Les regards qu’on me lançait n’avaient rien d’amical, mais qu’y pouvaient-ils ?
C’était l’ordre du Chef de secte.
* * *
Il me fallut encore une journée entière pour regagner le Comté des Phénix.
À peine arrivé, je sentis des regards perçants se poser sur moi.
La chose était assez agaçante.
C’était probablement l’un des coups montés par la Secte du Poing brise-ciel dont Dokgo Dan-ya m’avait parlé.
Peu importait.
Je comptais d’abord écouter ce qu’ils avaient à dire, puis décider.
Alors que je me dirigeais tout droit vers la Branche des Trois Phénix, deux personnes vinrent m’accueillir : Myeong-hyeon, dont le regard était légèrement absent, et Un Do-hyeon, toujours droit, qui me salua respectueusement poing dans la paume.
« Monseigneur, je vais vous rendre compte de ce qui s’est passé pendant votre absence. »
Je levai brièvement la main.
« Avant cela, Myeong-hyeon. »
« Oui ? »
« Tu as de nouveau libéré tes méridiens ? »
« … Oui. »
« Pourquoi ? »
« Des membres de la Branche de Jangam de la Secte du Poing brise-ciel sont venus en groupe. Je devais me préparer à l’éventualité d’un bain de sang. »
Je le regardai sans rien dire.
C’était un drôle de numéro.
« Bien joué. Scelle-les de nouveau. Puisque je suis là, inutile de recourir aux arts démoniaques. »
« Je me pose la question depuis un moment : d’où vous vient cette confiance ? »
Je l’ignorai. Après m’être assis, je fis signe à Un Do-hyeon.
« Fais ton rapport. »
« Oui. Tout d’abord… »
À l’exception des remèdes spirituels et de quelques épées précieuses parmi les biens pris à la Forêt céleste, tout le reste, ainsi que les présents que le Clan Hong du Comté des Phénix m’avait offerts, avait été envoyé à la vente dans toute la Nation Jeok par la caravane marchande du Manoir du clan Un. La Forêt céleste avait également envoyé vingt ginsengs centenaires, entre autres choses.
La suite était importante.
« Pung Bi-chang, de la Branche de Jangam, est venu menacer tous les clans du Comté des Phénix. »
« Il les a menacés ? »
« Oui. Pung Bi-chang a déclaré que si vous ne vous rendiez pas dans le Comté de Jangam pour vous agenouiller devant eux sous une semaine, ils trancheraient la tête des chefs de secte, comme vous l’aviez fait. À cette nouvelle, les sectes du Comté des Phénix… »
« Elles ont peur ? »
« Oui. Voici la liste. »
Un Do-hyeon me tendit une lettre assez épaisse.
Je la parcourus en silence.
« Ils sont nombreux. »
« Certains ont propagé la rumeur, d’autres se sont laissé entraîner. Mais, au bout du compte, plus de la moitié des sectes veulent que vous vous agenouilliez devant la Branche de Jangam. »
La situation n’était-elle pas intéressante ?
« On dirait que le Comté des Phénix n’est pas un territoire gouverné par la Secte de l’Épée Asura, mais par la Secte du Poing brise-ciel. »
« Monseigneur, puis-je donner mon avis ? »
« Vas-y. »
« Je ne pense pas que vous ayez besoin d’intervenir en personne. »
« Pourquoi ? »
« Si nous faisons un exemple de quelques clans influents et de ceux qui attisent les troubles, les autres finiront par se calmer. »
« Se calmer ? »
« Oui. Laissez-moi m’en charger. Je vais régler ça. »
Régler ça… ?
« Tu comptes y aller seul ? »
« … Je compte m’appuyer sur les forces du Manoir du clan Un. »
Je ris.
Myeong-hyeon exprima tout haut ce que je pensais.
« Notre cadet a le cœur trop tendre. »
Un Do-hyeon regarda Myeong-hyeon. Je fronçai brièvement les sourcils en le voyant assis de travers, écouter le rapport comme s’il était le maître des lieux, mais je pouvais mettre cela sur le compte des effets secondaires des arts démoniaques.
« Qu’entends-tu par “le cœur trop tendre” ? »
« Cadet, quand une affaire est assortie d’un délai, faire un exemple de quelques personnes ne suffit pas. Pourquoi ? Parce que ce sont le genre d’individus qui peuvent se retourner contre nous à tout moment. »
« … »
« Cela dit, exterminer des clans entiers n’aurait aucun sens non plus. Enfin, qui sait ? Notre Chef de branche en serait certainement capable. Et tu n’agirais pas seul. Si tu fais appel au Manoir du clan Un, tu ne feras que compliquer les choses. Tu n’as pas réfléchi à la suite ? »
Les choses se compliqueraient, c’était certain.
Cependant, je comprenais parfaitement pourquoi Un Do-hyeon m’avait fait cette proposition.
Il s’inquiétait pour moi, depuis le quartier général jusqu’au Comté des Phénix.
J’avais parcouru cette grande distance aller-retour en seulement deux jours.
Il avait pensé que j’avais dû dépenser beaucoup d’énergie interne ; son souci s’était ainsi manifesté.
Je me levai et tapotai l’épaule d’Un Do-hyeon.
« C’était une bonne proposition. Je comprends aussi que tu t’inquiètes. »
« … Monseigneur… »
« Cependant, je la rejette. Tes arguments ne sont pas dénués de sens, cela dit. Ils se laissent influencer par une simple menace, alors que veux-tu qu’on y fasse ? »
Je comptais agir à ma façon.
Peut-être avait-il deviné quelque chose à mon expression résolue, car Myeong-hyeon se leva.
Un Do-hyeon prit la parole.
« J’ai appris qu’une réunion aurait lieu ce soir, à l’heure du Chien. »
« Une réunion ? »
« Oui. Tous les chefs de clan figurant sur la liste y assisteront. »
« Tu en es sûr ? »
« J’ai vérifié avant votre retour, monseigneur. »
« Bien. »
Un Do-hyeon attendait mes ordres. Je les lui donnai.
« Allons-y. »
Tous deux me saluèrent poing dans la paume.
« À vos ordres. »
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