Chapitre 49
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Alyo
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Mémoires d’un Régressant ◈
Chapitre 49 : La vérité derrière le massacre
──────
Ils étaient si lamentables que j’en avais honte pour eux.
En général, quand on buvait dans une maison de plaisirs, on pouvait tenir compagnie à des courtisanes et faire tout ce qui nous plaisait.
S’ils payaient plus que d’habitude, qui aurait eu quelque chose à y redire ?
C’était leur affaire. La façon dont ils s’amusaient en buvant ne regardait qu’eux. Ce n’était pas que je respectais ça. Je m’en fichais, tout simplement.
Mais…
Il devait y avoir des limites quand ils agissaient au nom de la Secte de l’Épée Asura.
À quoi servait une branche, au juste ?
Étendre son influence sur une région signifiait protéger ses habitants. En échange, la branche recevait une part fixe de l’argent versé en tribut.
C’était tout.
Bien sûr, les gens pouvaient offrir quelque chose de leur plein gré pour remercier la branche de sa protection. Dans ce cas, elle était libre d’accepter ou non.
Mais là, c’était différent. Ne protéger personne, puis exploiter et dépouiller les gens au nom de la secte, c’était une tout autre histoire.
S’ils avaient payé leurs boissons avec leur propre argent, passe encore. Mais ces salauds n’avaient même pas de quoi régler l’addition et allaient mendier auprès des factions martiales locales ? C’était quoi, cette blague ?
J’examinai le manche du bâton que je tenais. Une rainure y était creusée. Quand j’appuyai dessus, des lames semblables à des épines jaillirent à divers endroits du bâton.
Il me plaisait bien.
Je le brandis de nouveau contre Jin Geon, qui était assis en se tenant le visage.
Flac !
Encore une fois.
Flac !
Je continuai à frapper.
Flac, flac, flac.
La chair s’écrasa, le sang jaillit et les os se brisèrent.
Je m’acharnai sur lui comme si je voulais le battre à mort. Son qi protecteur ne faisait déjà plus effet. Il gisait à plat ventre sur le sol, pris de spasmes.
Après l’avoir observé un instant, je tournai la tête.
Wang Mu-tan s’était précipité dehors.
Il se trouvait au niveau des Cinq dragons honorent le sage.
Une main plaquée sur son visage, il dégaina son épée.
« Qui diable êtes-vous ?! Vous osez vous en prendre aux membres de la Secte de l’Épée Asura et vous croyez que ça va en rester là… »
Il s’interrompit en plein milieu de sa phrase.
L’emblème brodé sur ma robe.
Un char blanc entouré de flammes écarlates.
Impossible qu’il n’ait pas compris ce que cela signifiait.
« C-Chef de branche… ? »
« Qui appelles-tu ton Chef de branche ? »
« …Comment ? »
« Je n’ai jamais accepté des déchets comme toi dans une branche. »
Il avait l’air de ne pas comprendre, mais peu importait.
Je ne m’attendais pas à ce qu’il comprenne.
Sans un mot, je m’approchai et abattis le bâton.
Il leva le bras pour parer. Comme il sied à un artiste martial du niveau des Cinq dragons honorent le sage, son énergie interne arrêta les lames du bâton.
Je souris.
« Tu l’as bloqué ? »
Je lui décochai un coup de pied.
Touché au plexus solaire, il bascula en arrière. Je frappai de nouveau. Comme tout à l’heure, il leva de toutes ses forces un bras enveloppé d’énergie, mais en vain.
J’avais moi aussi mobilisé mon énergie.
Crac !
Son poignet droit vola en éclats.
Son bras pendait mollement, preuve que les os étaient complètement brisés. Je frappai encore, cette fois à l’épaule.
Crac.
Il roula sur le sol en hurlant de douleur. J’abattis le bâton sur sa taille.
Crac.
Puis sur sa cuisse. Puis sur l’autre. Ensuite, de nouveau son épaule, son bras, sa main et son abdomen.
Je frappai sans m’arrêter.
Au bout d’un moment, les bruits alentour s’éteignirent.
On n’entendait même plus de cris.
Seuls résonnaient dans la pièce les bruits de la chair écrasée et des os brisés.
Hmpf.
Je respirais fort en tenant le bâton à bout de bras. Un Seok-mun, le seigneur du Manoir du clan Un, qui se tenait derrière moi, s’empressa de s’approcher pour le prendre.
« Il m’a bien servi, mais les lames se sont un peu émoussées et beaucoup trop de sang a pénétré à l’intérieur. »
« C-ce n’est rien… »
« Pour moi, si. Combien avez-vous payé ce bâton ? »
« …Cent taels d’argent. »
« Cent taels d’argent. Très bien. Envoyez quelqu’un à la Branche des Trois Phénix d’ici demain. Vous serez dédommagé. »
Je laissai Un Seok-mun, encore abasourdi, et fis signe à Un Do-hyeon, le jeune seigneur du manoir.
Il s’approcha à pas tremblants, l’air aussi déconcerté qu’Un Seok-mun.
« Je vous le redemande. Voulez-vous rejoindre la Secte de l’Épée Asura en tant que membre d’une branche ? »
« …Si j’accepte… que ferez-vous pour moi ? »
Je me tournai vers Un Do-hyeon et baissai les yeux sur lui.
« Je vous vengerai. »
« …Me venger ? »
« J’enquêterai à fond sur la mort de votre sœur, Un Mi-rang, l’ancienne Cheffe de branche de la Branche des Trois Phénix. Je tuerai jusqu’au dernier de ceux qui y sont mêlés. »
Un Do-hyeon déglutit.
« Qu’allez-vous faire ? »
La discussion était close.
Un Do-hyeon tomba à genoux.
« Je vous en prie, acceptez-moi comme membre de la branche. Je vous servirai de toute ma loyauté. »
« Bien. »
J’avais dit au Maître du Pavillon Asura que je choisirais moi-même les membres de la branche.
J’en avais déjà choisi un.
« Je vais vous donner votre premier ordre. »
« J’obéis. »
« Nous partons pour la Branche des Trois Phénix. Emmenez ces deux salauds. »
« Oui, Chef ! »
Alors que je m’apprêtais à quitter la maison de plaisirs, je m’arrêtai.
« Seigneur Un. »
« …Oui, Chef de branche. »
« Vous avez le droit de vous noyer dans l’alcool, alors je ne vais pas vous le reprocher. Mais j’aimerais vous poser une question. Comptez-vous vivre ainsi jusqu’à la fin de vos jours ? »
« … »
« Je vais faire toute la lumière sur la mort d’Un Mi-rang, la fille aînée de votre famille. Cela concerne aussi l’honneur de la Secte de l’Épée Asura ; je tuerai donc tous les salauds qui y sont liés. »
« …Chef de branche… »
« J’ai entendu dire que le Manoir du clan Un était une famille réputée pour son honneur. Ce serait dommage de la laisser s’effondrer ainsi, vous ne trouvez pas ? »
« … »
« Reprenez vos activités. Accueillez du monde et redonnez à votre famille sa grandeur d’antan. Compris ? »
Des larmes roulèrent sur les joues d’Un Seok-mun.
C’était tout ce qu’il me fallait.
Mon regard se posa ensuite sur les deux hommes qui se tenaient là, hébétés.
Ils n’avaient pas l’air d’avoir le moindre lien avec cette maison de plaisirs. Leurs uniformes martiaux bleus étaient remarquables, mais je ne les avais jamais vus. Impossible de connaître toutes les familles de cet immense monde martial.
« Vous deux, d’où venez-vous ? »
« De la Porte de l’Épée Cheonggang. »
La Porte de l’Épée Cheonggang.
Je n’en avais jamais entendu parler.
« Ces deux-là vous ont aussi emprunté de l’argent pour boire ? »
« …Oui. »
« Bien. Allez le dire à votre Maître de la Porte. »
La suite était évidente.
« Faites le compte de toutes les sommes que ces deux-là ont empruntées et envoyez-le à la Branche des Trois Phénix d’ici demain. »
« …Comment ? »
« Ne m’obligez pas à me répéter. Prévenez aussi toutes les familles auxquelles ils ont emprunté de l’argent. Mais si quelqu’un gonfle la somme, je ferai trancher la tête d’un membre de sa famille pour chaque tael d’argent ajouté. C’est clair ? »
« O-Oui ! »
« C’est tout. Allez-y. »
* * *
La chambre souterraine de la Branche des Trois Phénix.
J’observai la scène devant moi.
Wang Mu-tan et Jin Geon.
Les deux hommes gisaient sur le sol, couverts de sang. On leur avait prodigué quelques soins pour arrêter l’hémorragie, mais pas assez. Leur sang imbibait le plancher.
Je m’assis sur une chaise et croisai les jambes.
« Un Do-hyeon. »
« Oui, Chef de branche. »
« Parlez-moi de ces deux-là. »
« Dois-je aussi vous dire d’où ils viennent ? »
« Non. Ça m’est égal. »
« …Compris. Je vais vous dire ce que je sais. Pour commencer, ces deux-là ont une très mauvaise réputation. »
« À cause de ce qui s’est passé tout à l’heure ? »
« …Entre autres. Pour être précis, ils oppriment depuis longtemps les familles du Comté des Phénix. »
« Depuis longtemps ? »
« Oui. Même du vivant de l’ancienne Cheffe de branche, ils s’en prenaient aux autres familles. Une fois, ils ont été en retard à une mission parce qu’ils s’étaient amusés avec trois femmes, et on leur a réduit leur solde. Chaque fois qu’une mission se terminait, ils partaient boire. Bien sûr, ces salauds n’ont jamais payé de leur poche. »
« Quel spectacle. »
« …C’est vrai. L’ancienne Cheffe de branche n’arrivait pas non plus à les maîtriser. Elle avait beau les punir ou leur réduire leur solde, c’était tout ce qu’elle pouvait faire. Vous avez dit que leurs origines ne vous intéressaient pas, mais je pense que vous devriez au moins savoir ceci. »
Ses paroles piquèrent ma curiosité.
« Continuez. »
« Si l’ancienne Cheffe de branche ne pouvait pas les maîtriser, c’est parce que l’Ancien Neung-don de la Secte de l’Épée Asura les protégeait. »
« Neung-don ? »
« Oui. L’Ancien Neung-don vient des Barbares du Sud, tout comme ces deux hommes. Inutile de chercher plus loin. Dans tout le Comté des Phénix, personne d’autre qu’eux ne vient des Barbares du Sud. Si c’est déjà le cas dans le comté, la Secte de l’Épée Asura ne doit pas être différente. Les gens des Barbares du Sud sont si rares. »
C’était vraiment étrange.
« La branche a subi un terrible désastre, et pourtant les deux seuls survivants viennent du même endroit, tout en étant protégés par un ancien qui vient lui aussi de là-bas ? »
Je réagissais peut-être de façon excessive, mais quelque chose clochait.
« …Ne vaudrait-il pas mieux les garder en vie pour l’instant ? »
« Pourquoi dites-vous ça ? »
« …Parce que l’Ancien Neung-don les soutient. S’ils meurent, il ne restera sans doute pas les bras croisés. »
Je ris.
« Vous n’avez pas à vous en inquiéter. »
« …Compris. »
« Maintenant que j’y pense, j’ai vu quelques chiens errants dehors en venant. »
Un Do-hyeon cligna des yeux. Son visage semblait demander pourquoi je parlais soudain de chiens errants.
« La Branche des Trois Phénix est déjà si poussiéreuse, et pourtant ces pauvres bêtes erraient jusque-là, incapables de trouver à manger. Ça m’a fendu le cœur. »
« …Chef de branche ? »
« Allez en attraper cinq. »
Un Do-hyeon ne demanda pas pourquoi. Il sortit et revint avec cinq chiens errants à l’air féroce.
Je les dévisageai.
Ils se calmèrent aussitôt.
Je m’adressai à Un Do-hyeon.
« Réveillez-les. »
« Oui. »
Un Do-hyeon s’approcha des deux hommes étendus par terre et leur donna un coup de pied à chacun. Ils reprirent difficilement connaissance et se mirent à crier dès qu’ils me virent.
« C-Chef de branche ! Il y a un malentendu ! »
Je ne leur avais pas touché à la gorge ; ils pouvaient donc encore parler. Je les avais frappés au visage en évitant leur bouche.
Quelle chance, nous allions pouvoir discuter.
« Un malentendu ? »
« Oui ! Il y a eu un malentendu ! »
Ils grimacèrent aussitôt, sans doute parce qu’ils avaient mal partout, mais je m’en fichais.
« Peu importe le malentendu que vous invoquez, ce qui s’est passé tout à l’heure a déjà réglé la question. Je vous ai gardés en vie parce que j’ai quelque chose à vous demander. »
« D-Demandez ce que vous voulez. Nous vous dirons tout. »
« Bien. Vos réponses décideront si vous vivez ou si vous mourez. Avez-vous quelque chose à me dire sur le drame qui a frappé la branche il y a un mois ? »
Je ne pus m’empêcher de rire en voyant leur réaction.
À côté de moi, Un Do-hyeon serra les dents.
Leurs réactions différaient, mais elles allaient dans le même sens.
Ils ne pouvaient pas faire autrement.
À ma question, les deux membres de notre branche, Wang Mu-tan et Jin Geon, se murèrent dans le silence.
Leurs yeux s’agitaient eux aussi fébrilement.
Face à la terreur de la mort, le jugement s’émoussait naturellement. Les pensées s’appauvrissaient et la capacité de réfléchir tombait à néant.
S’ils avaient quelque chose à cacher, ils ne pouvaient que réagir ainsi.
En temps normal, ils auraient joué la comédie du mieux qu’ils pouvaient.
J’avais vu juste.
Ces deux salauds cachaient quelque chose au sujet du drame de la Branche des Trois Phénix.
Les choses devenaient plus simples.
Je parlai calmement.
« À partir de maintenant, je vais vous poser des questions, une par une. Si vous ne répondez pas, je vous couperai un membre. En comptant la tête, vous avez cinq chances. Première question : donnez-moi le nom de tous ceux qui ont participé au drame de la Branche des Trois Phénix. »
Je comptai jusqu’à cinq dans ma tête.
Les deux hommes répondirent par le silence.
« Un Do-hyeon. »
« Oui, Chef de branche. »
« Allez leur couper une jambe chacun. »
« Oui, Chef ! »
Le visage empreint d’une rage meurtrière, Un Do-hyeon dégaina son épée et trancha sans pitié une jambe à chacun.
Chlac, chlac.
« Aaaah ! »
« Arrêtez ! »
Pourquoi, sinon, aurais-je amené ces chiens errants ?
Je lançai un regard à Un Do-hyeon. Il sourit de toutes ses dents.
Il avait parfaitement compris.
Il ramassa aussitôt les deux jambes et les jeta aux chiens errants.
Les chiens affamés me jetèrent un regard, puis se mirent à dévorer les jambes.
« Deuxième question. C’est la même qu’avant. Donnez-moi le nom de tous ceux qui ont participé au drame de la Branche des Trois Phénix. »
Jin Geon, qui avait un niveau inférieur, ne semblait pas pouvoir résister à sa peur.
Il répondit aussitôt.
« Il y a treize factions martiales dans le Comté de Jangam ! »
Wang Mu-tan fusilla Jin Geon du regard.
Je l’ignorai. D’un léger geste de ma main, Un Do-hyeon trancha l’autre jambe de Wang Mu-tan.
Chlac.
Le reste se déroula comme la fois précédente.
Mais surtout, il ne s’agissait pas d’une ou deux factions martiales, mais de treize. C’était beaucoup trop. Je me demandai si j’avais bien entendu.
« Treize factions martiales dans le Comté de Jangam ? »
« O-Oui. Pour être précis, un petit groupe dirigé par Pung Bi-chang, le Chef de branche de la Branche de Jangam, a conçu le plan. »
« Tous les participants appartiennent à l’une de ces treize factions martiales ? »
« Oui… Il y avait des chefs de clan, des jeunes chefs de clan, des jeunes maîtres de porte et toutes sortes de gens. Si vous voulez une liste, je peux vous l’écrire tout de suite. »
Comme je gardais le silence, Jin Geon s’écria avec désespoir :
« Le Manoir du clan Myeong, le clan Pung, le clan Han, le Manoir du clan Jang, la Porte de l’Épée Jinaek, la Secte de l’Épée à l’énergie du tonnerre, le Clan de l’Épée Nakseong… et d’autres encore. »
À leur tête se trouvait Pung Bi-chang, le Chef de branche de la Branche de Jangam.
Je les mémorisai.
Comme pour se justifier, Jin Geon cria, les yeux injectés de sang :
« L’ancienne Cheffe de branche, Un Mi-rang, était une salope qui nous traitait comme des moins que rien ! »
Un Do-hyeon s’emporta, mais c’était un homme capable de distinguer le bien du mal. Les yeux agités, il me regarda.
La colère se lisait clairement sur son visage.
Je secouai la tête pour lui dire de laisser passer. Un Do-hyeon hocha la tête et se contenta de serrer plus fort la poignée de son épée.
« J-Je vais tout vous dire. Je vous en prie, épargnez-moi. »
« Bien. Racontez-moi tout. »
Jin Geon commença son récit.
Il avait commencé de façon dramatique, mais l’histoire était plutôt banale.
En résumé, ces deux hommes s’étaient mis à boire sans retenue dès leur arrivée dans la branche. Quant à leur habitude de courir après les femmes, inutile d’en parler.
Lorsque la branche s’occupait des missions envoyées par le Maître du Pavillon Asura, aucun des deux n’était jamais vraiment présent.
Sur les vingt et un membres de la branche, Chef de branche compris, dix-neuf accomplissaient toujours les missions. Ces deux-là les rejoignaient en cours de route ou ne se montraient qu’une fois tout terminé.
Il leur était arrivé de participer dès le début, mais ils travaillaient si mal que les autres membres de la branche les regardaient toujours de travers.
Les deux hommes échafaudèrent un plan.
Ils comptaient prendre secrètement contact avec des forces du Comté de Jangam et remplacer tous les membres de la Branche des Trois Phénix. Par chance, tout se déroula à merveille.
« Qu’est-il arrivé au Voleur divin des mille lieues ? »
« …Ce n’était pas le Voleur divin des mille lieues. C’était le jeune chef du clan Pung, dans le Comté de Jangam. Nous lui avons donné trente Pilules Asura, puis il est reparti au Comté de Jangam avec. Ensuite, nous l’avons poursuivi. »
« Nous ? »
Quand les gens étaient troublés ou terrorisés, il leur arrivait de faire des lapsus. D’après ce que j’avais entendu, ces deux-là étaient restés ivres et terrés dans un coin d’une maison de plaisirs du Comté des Phénix au moment du drame.
Et pourtant, il avait dit « nous » ?
« …Wang Mu-tan et moi étions là aussi. »
« Vous étiez là ? »
« … »
« J’ai appris que l’ancienne Cheffe de branche et trois femmes avaient été violées et tuées. Vous étiez là ? »
« …Oui… »
« Vous avez participé ? »
« …Oui. »
« Je vois. »
La vérité avait éclaté au grand jour.
En toute logique, j’aurais dû garder au moins l’un des deux en vie, épargner aussi le Voleur divin des mille lieues et les emmener à la Secte de l’Épée Asura pour qu’ils témoignent.
Mais…
Est-ce que ça changerait quoi que ce soit ?
Ces deux-là n’avaient pu agir ainsi que parce qu’ils avaient quelqu’un pour les couvrir.
Ce vieux salaud d’ancien, Neung-don, Don-neung ou je ne sais quoi, les avait protégés.
À ce stade, le rapport devait comporter des lacunes, mais on les avait négligées. Même le Maître du Pavillon Asura, le seul à l’avoir remis en question, avait été muselé par les anciens.
Treize factions martiales dans la vaste région du Comté de Jangam.
Pas une ou deux, mais treize. Et la Secte du Poing brise-ciel était directement impliquée.
Les anciens, qui aspiraient à la stabilité, avaient dû être désespérés.
À en juger par le résultat, ils avaient réussi.
La chance avait dû leur sourire aussi.
Dokgo Dan-ya s’était retiré pour cultiver en solitaire et n’était ressorti que deux jours plus tôt. La chance les avait donc sans aucun doute favorisés.
J’avais entendu dire que Myo Man-ri faisait des histoires parce qu’il voulait quitter la secte de l’épée et partir sur les routes. Que cela me plaise ou non, je pouvais comprendre la situation d’une façon ou d’une autre.
Si je signalais l’affaire à la secte principale, une véritable enquête serait ouverte et Dokgo Dan-ya agirait lui aussi.
Mais ce n’était pas ma façon de faire.
Je comptais exercer ici une influence absolue.
Je n’avais besoin de l’aide de personne. Je n’étais pas encore attaché à la Secte de l’Épée Asura, et je réglerais cette affaire à ma manière.
Treize factions martiales et une branche de la Secte du Poing brise-ciel.
J’allais toutes les écraser.
« Un Do-hyeon. »
« … »
« Un Do-hyeon. »
Il ne revint à lui qu’après que je l’eus appelé deux fois. Il se tourna vers moi.
Une rage si intense qu’il semblait prêt à tuer les deux hommes sur-le-champ jaillissait de ses yeux, mêlée à ses larmes.
Je tenais toujours mes promesses.
Sans quitter Un Do-hyeon des yeux, je pris la parole.
« Je vous donne le choix entre deux possibilités. Je vous coupe les membres et détruis votre dantian. Ensuite, vous irez à la Secte de l’Épée Asura, où l’on vous torturera pour vous soutirer des informations avant de vous tuer. Voilà la première option. »
« V-Vous avez dit que vous nous épargneriez ! »
« J’ai dit que je vous épargnerais. Je n’ai jamais dit que la Secte de l’Épée Asura ferait de même. »
« Q-Qu’est-ce que vous… »
« La deuxième option, c’est de mourir de ma main. »
« … »
« Vous n’avez pas répondu. Je vais donc choisir pour vous. »
Je plongeai mon regard dans celui d’Un Do-hyeon.
« Coupez-leur les membres. Laissez-leur le cou intact. »
« …Merci ! »
« Et… »
À mes mots suivants, Un Do-hyeon sourit de toutes ses dents tandis que les deux hommes sombrèrent dans le désespoir.
Deux heures plus tard.
Les deux hommes, amputés de leurs membres, étaient pendus par le cou à un grand arbre, à l’entrée du Comté des Phénix.
Ils se débattirent longuement avant de finir par s’immobiliser.
Notes :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>