Chapitre 576
« Non ! »
À la vue du gigantesque marteau qui s’abattait sur elle, la femme, malgré sa cultivation bien supérieure, ne put s’empêcher de pousser un hurlement.
Ce marteau n’était pas seulement énorme : il dégageait aussi une pression terrifiante. S’il la frappait, elle finirait sans aucun doute écrasée comme une galette de viande, la chair et le sang réduits en bouillie. Elle ne pouvait tout simplement pas l’accepter.
« C’est le moment. »
Mais la femme ignorait qu’alors qu’elle faisait face à la mort, quelqu’un se cachait dans l’ombre, l’observant et guettant l’occasion d’intervenir. Et cette personne n’était autre que Chu Feng.
À partir des paroles du vieil homme et de la femme, il avait compris l’essentiel. Puisqu’il avait choisi de sauver cette femme, il devait naturellement intervenir au moment le plus périlleux : ainsi, elle n’oublierait pas de sitôt ce qu’il aurait fait pour elle.
Fff
L’occasion était idéale ; Chu Feng ne retint donc pas ses forces. Il bondit et s’élança dans les airs tel un dragon. Au même instant, des éclairs jaillirent de ses yeux et son aura atteignit le huitième niveau du Royaume Céleste.
Chu Feng descendit du ciel et atterrit juste devant la femme. Puis il tendit le poing et frappa le gigantesque marteau qui fonçait sur lui.
Boum ! Son coup provoqua une détonation. La puissance céleste déferla, et le terrifiant marteau vola en éclats sous le poing de Chu Feng.
Aouh ! La Bête monstrueuse poussa un rugissement de douleur au moment où son marteau fut détruit, et le souffle de l’explosion la repoussa.
Après avoir réussi ce premier coup, Chu Feng enchaîna. L’immense puissance du huitième niveau du Royaume Céleste jaillit et forma un filet invisible qui emprisonna la Bête monstrueuse.
Aouh, aouh !
La pression que dégageait Chu Feng était trop puissante. Elle dépassait même celle de cultivateurs du neuvième niveau du Royaume Céleste. Écrasée par cette pression, la Bête monstrueuse, qui n’avait atteint que le septième niveau du Royaume Céleste, ressemblait à une souris terrorisée par un chat. Elle se mit à hurler de peur et à détaler dans tous les sens.
Mais Chu Feng ne lui laissa aucune chance. D’une simple pensée, il renforça aussitôt la pression. Celle-ci s’abattit sans relâche sur la Bête monstrueuse, traversant son corps pour pénétrer directement dans son âme.
Écrasée par une telle puissance, la Bête monstrueuse vit son regard vaciller. Elle se débattit d’abord avec frénésie, puis ses mouvements ralentirent et son corps rapetissa. De la taille d’une petite colline, elle devint aussi grosse qu’un tigre. Pour finir, elle s’agenouilla docilement, abattue.
À cet instant, la Bête monstrueuse n’avait plus rien de sa puissance d’antan. À genoux devant Chu Feng, elle ressemblait à un petit monstre peureux et n’osait même pas bouger. D’une simple pensée, Chu Feng l’avait complètement maîtrisée.
« Ça alors… »
La femme en resta bouche bée. Elle avait cru sa mort certaine, sans l’ombre d’un doute, mais jamais elle n’aurait imaginé que quelqu’un surgirait devant elle et maîtriserait la Bête monstrueuse déchaînée par des moyens aussi puissants.
Fff, fff
À peine Chu Feng eut-il maîtrisé la Bête monstrueuse que deux personnes jaillirent à leur tour des environs. C’étaient le vieux couple.
« Misérable insolent, comment oses-tu faire du mal à notre demoiselle ?! »
Le couple ne s’était jamais attendu à voir un homme surgir de nulle part. Quoi qu’il en soit, Chu Feng venait clairement de contrecarrer leurs plans. Sitôt sortis de leur cachette, ils lancèrent une attaque surprise dans le but de le tuer.
« Hmph. » Malgré leur puissance du huitième niveau du Royaume Céleste, ils étaient faibles aux yeux de Chu Feng. Il ne leur accorda même pas un regard et se contenta de renifler avec mépris avant de balayer sa large manche, libérant une vague de puissance céleste.
Cette puissance céleste semblait douce, mais dissimulait une force brutale. Pris au dépourvu, le couple en fit les frais. Ils furent projetés à plusieurs centaines de mètres avant de parvenir à reprendre pied. Ils faillirent être grièvement blessés.
Mais ils ignoraient que s’ils s’en étaient tirés ainsi, c’était uniquement parce que Chu Feng s’était retenu. Autrement, il aurait pu les tuer tous les deux sans le moindre effort.
Le vieil homme et la femme n’en avaient toutefois pas conscience. Ils crurent même que leur propre imprudence leur avait valu ce coup. Au lieu de battre en retraite après avoir compris l’écart de force, ils crièrent de rage, rassemblèrent leur énergie autour d’eux et s’apprêtèrent à lancer une attaque encore plus puissante contre Chu Feng.
« Oncle Sha, tante Bi, ne l’attaquez pas ! Il vient de me sauver la vie. Je lui en dois une. » À cet instant, la femme d’âge mûr prit soudain la parole.
En entendant ces mots, le couple ne put s’empêcher de marquer un temps d’arrêt. Même s’ils n’en avaient pas envie, ils ne pouvaient pas continuer à attaquer. Ils s’empressèrent donc de rejoindre la femme, feignant l’inquiétude et la culpabilité. « Mademoiselle, vous allez bien ? C’est notre faute, nous n’aurions pas dû vous laisser ici. »
« C’est grâce à mon bienfaiteur que j’ai été sauvée. Sans lui, je ne sais vraiment pas si j’aurais survécu. » La femme les regarda sans paraître leur en vouloir, puis s’avança vers Chu Feng.
Elle jeta d’abord un regard appuyé à la Bête monstrueuse qui avait voulu la tuer et qui, à présent, s’agenouillait docilement par terre. Puis elle s’inclina devant Chu Feng et lui dit avec une profonde gratitude : « Je m’appelle Li Chan. Merci de m’avoir sauvée. Puis-je connaître le nom de mon bienfaiteur ? »
« Wuqing. » Chu Feng ne regarda même pas la femme. Il s’accroupit simplement pour caresser la Bête monstrueuse.
Bien que Chu Feng l’eût maîtrisée de force et qu’elle se montrât aussi soumise qu’un mouton, il percevait encore sa soif de sang.
En réalité, tandis qu’il la caressait, Chu Feng insufflait son énergie spirituelle dans le corps de la Bête monstrueuse afin d’en trouver la cause. Il venait d’en découvrir l’origine : on lui avait administré un médicament spécial qui lui avait fait perdre la raison et l’avait rendue sanguinaire.
« Ainsi, mon bienfaiteur s’appelle Wuqing. C’est un nom assez original. »
« Merci d’être intervenu pour me sauver. Sans vous, j’aurais perdu la vie. Si vous n’y voyez pas d’inconvénient, venez vous reposer un peu dans ma demeure, celle de la famille Li. Ce sera une façon de vous remercier de m’avoir sauvé la vie. » Li Chan ne se formalisa pas de la froideur de Chu Feng. Depuis le début, elle le regardait avec une profonde reconnaissance.
Ce ne fut qu’après avoir constaté la bienveillance de Li Chan que Chu Feng se retourna vers elle. Il remarqua que, bien qu’elle eût déjà atteint l’âge mûr, elle prenait grand soin de son visage et avait aussi une très belle silhouette. Elle était non seulement séduisante, mais aussi particulièrement attirante. Sans avoir déterminé son âge grâce à son énergie spirituelle et en se fiant uniquement à son apparence, il n’aurait vraiment pas deviné qu’elle était une femme d’âge mûr.
Il fallait reconnaître qu’une femme séduisante et mûre comme Li Chan pouvait charmer bon nombre d’hommes.
Malheureusement, elle n’était pas du goût de Chu Feng. À vrai dire, les femmes capables de retenir son attention étaient déjà rares ; il n’allait pas s’intéresser à une femme qui avait dépassé l’âge mûr.
Chu Feng se contenta donc de jeter un bref coup d’œil à Li Chan, puis répondit : « Inutile de me récompenser. Je ne vous ai pas sauvée pour cela. J’ai simplement remarqué que cette Bête monstrueuse se comportait bizarrement et j’ai craint qu’après vous avoir tuée, elle ne s’en prenne à d’autres personnes. Qu’elle tue des cultivateurs n’est pas bien grave, mais si elle s’attaquait à des gens ordinaires, ce serait fâcheux. »