Chapitre 5 737
« Ne dis pas ça. Si tu as atteint ton niveau actuel, c’est grâce à tes propres capacités. Je ne t’ai pas beaucoup aidé. Cependant, j’aurai peut-être besoin de te demander un service. Je vais bientôt entrer dans la Neuvième Galaxie. Tu sais aussi que ceux qui y pénètrent ne peuvent plus en ressortir. Je partirai sous peu, sans quoi je risque de manquer certaines rencontres fortuites.
— Cela dit, je soupçonne que cette édition du Zénith des Neuf Cieux a quelque chose de particulier, d’autant plus qu’elle se tient ici. Je crains qu’un pouvoir extraordinaire n’en émerge et n’alarme certains êtres, dit le maître de Zhang Yingxiong.
« Ancien, le pouvoir extraordinaire dont vous parlez pourrait-il être… » Song Changsheng entrevit une possibilité.
« C’est bien ce que tu as deviné », répondit le maître de Zhang Yingxiong.
Le regard de Song Changsheng s’assombrit. « Va-t-il enfin apparaître ? »
« Je n’en suis pas sûr, mais ces êtres se le disputeront s’il se manifeste. S’il ne s’agit que d’un affrontement entre les jeunes générations, il reviendra au plus capable. En revanche, il serait injuste que les anciennes générations s’en mêlent. Changsheng, je sais que tu n’aimes pas prendre part à ce genre d’affaires, mais cette fois, c’est différent. J’espère sincèrement que le Zénith des Neuf Cieux pourra se tenir sans encombre », dit le maître de Zhang Yingxiong.
« Ancien, je ferai de mon mieux pour exaucer votre souhait », répondit Song Changsheng.
« Bien. Espérons que personne ne viendra y semer le trouble », dit le maître de Zhang Yingxiong.
…
Chu Feng et Zhang Yingxiong croisèrent le fer pendant deux heures sans qu’aucun ne l’emporte. La formation se dissipa et les épées de bois qu’ils tenaient disparurent. Ils quittèrent le monde de formation et revinrent dans le monde réel.
Ils étaient alors tous deux en nage et haletaient. Ce duel les avait épuisés. Aucun ne pouvait se permettre de baisser sa garde : son adversaire était bien trop puissant, et la moindre inattention risquait de causer sa défaite.
Rester concentré au plus haut degré n’avait rien de facile.
Bien qu’ils fussent épuisés, de corps comme d’esprit, tous deux arboraient un large sourire. Ils n’avaient pas réussi à se départager, mais leur affrontement les avait exaltés.
« Tu es vraiment un monstre, frère Chu Feng ! s’exclama Zhang Yingxiong.
— Toi aussi, tu n’es pas mal dans ton genre, répondit Chu Feng.
Il avait pu mesurer de ses propres yeux la force redoutable de Zhang Yingxiong au cours de leur affrontement. Non seulement ce dernier avait une grande expérience du combat, mais son esprit était assez vif pour faire face à toutes les situations imprévues. Sans parler de son incroyable maîtrise de l’épée.
« Notre prochain duel aura probablement lieu dans le Domaine immémorial des Dieux. D’ici là, je pense que tu seras capable de croiser le fer avec moi grâce à ta propre cultivation », dit Zhang Yingxiong.
« Espérons-le », répondit Chu Feng dans un soupir.
Il savait que ce combat n’avait pas été tout à fait équitable, car la formation avait davantage handicapé Zhang Yingxiong que lui. Dans un affrontement ordinaire, il aurait été vaincu sur-le-champ.
« Je vais te donner ceci », dit Zhang Yingxiong en pointant Chu Feng du doigt. Un rayon de lumière pénétra dans le corps de ce dernier.
Chu Feng baissa les yeux et vit une empreinte sur sa poitrine, mais elle disparut presque aussitôt. Il ne la retrouvait plus ni sur son corps ni dans son âme, pourtant il la sentait toujours. Quelque chose semblait dissimulé dans cette empreinte, mais il était incapable de dire quoi.
Il leva donc les yeux vers Zhang Yingxiong et demanda : « Qu’est-ce que c’est ? »
« Je n’en sais rien non plus. Mon maître m’a chargé de te la remettre. Tu sauras ce que c’est le moment venu », répondit Zhang Yingxiong.
« Ton maître m’intrigue vraiment. »
« Tu le sauras en temps voulu. Mon maître a une très haute opinion de toi. »
Zhang Yingxiong s’approcha de Chu Feng et posa la main sur l’empreinte du Qilin dévoreur de Ciel, sur sa poitrine. « Tu ferais mieux de ne pas faire de bêtises. Crois-moi, tu ne veux pas offenser ce frère à moi. S’il lui arrive quoi que ce soit, tu mourras. »
Inutile de préciser qu’il s’adressait au Qilin dévoreur de Ciel. Il avait vraiment réussi à voir à travers l’empreinte !
Chu Feng ne fut toutefois pas très surpris : il savait que le maître de Zhang Yingxiong était un homme aux moyens extraordinaires.
Après avoir averti le Qilin dévoreur de Ciel, Zhang Yingxiong se tourna vers Chu Feng, joignit le poing et dit : « Frère Chu Feng, je vais prendre congé. À bientôt dans le Domaine immémorial des Dieux. »
Il forma un sceau manuel et une vague d’énergie de téléportation l’enveloppa. Avant de partir, il jeta un regard hésitant à Chu Feng et ajouta : « Frère Chu Feng, tu devrais te montrer prudent avec la Résidence sacrée des Sept Royaumes, et avec ton grand-père aussi. Ni l’un ni l’autre ne sont aussi simples qu’ils en ont l’air. »
Zhang Yingxiong s’en alla après ces paroles.
Chu Feng s’abîma dans ses pensées.
Il savait que les eaux de la Résidence sacrée des Sept Royaumes étaient plus profondes qu’il n’y paraissait, mais il ne s’attendait pas à ce que Zhang Yingxiong le mette en garde contre le maître de la Résidence sacrée des Sept Royaumes. Vu les origines de Zhang Yingxiong, mieux valait prendre ses paroles au sérieux.
Zhang Yingxiong retourna au bateau où son maître l’attendait. Dès qu’il apparut, il s’affala sur le sol, incapable de bouger.
« Tu es blessé ? » demanda le maître de Zhang Yingxiong.
« Non, je suis juste épuisé par le combat », répondit Zhang Yingxiong avec un sourire.
« Quelle impression t’a faite Chu Feng ? »
« À ce rythme, je risque de perdre contre lui. »
« Tant mieux si tu t’en rends compte. Au moins, tu ne te croiras pas vraiment invincible. »
Le bateau se mit à filer à toute allure en direction de la Neuvième Galaxie.
« Maître, les jeunes de la Neuvième Galaxie sont-ils encore plus redoutables ? » demanda Zhang Yingxiong.
« Pas forcément. Tu as peut-être déjà rencontré les plus forts d’entre eux. Ne sous-estime pas les jeunes réunis au Zénith des Neuf Cieux. Chu Feng n’est peut-être pas le seul à pouvoir rivaliser avec toi », répondit son maître.
« Ah ? » D’abord surpris, Zhang Yingxiong finit par sourire avec impatience. « Voilà qui promet. »
…
Chu Feng prit le temps de reprendre des forces avant d’entrer sur le terrain d’épreuve.
À peine eut-il franchi les portes singulières du palais qu’une immense vague d’énergie l’immobilisa. Celle-ci dissipa son camouflage, puis pénétra dans son corps pour s’attaquer à son âme.
C’était probablement la première épreuve. Ceux qui ne parviendraient pas à la supporter seraient éliminés.
Une telle épreuve n’aurait normalement pas même ébranlé Chu Feng, mais il était dans un état de faiblesse extrême après avoir livré pendant deux heures un combat d’une intensité folle contre Zhang Yingxiong. Dans son état, subir cette épreuve était un supplice.
Malgré tout, il tint bon.
Lorsque l’énergie disparut, Chu Feng se retrouva au milieu d’une immense chaîne de montagnes. Il sentait qu’il se trouvait dans un monde gigantesque et complexe, et qu’il ne serait pas facile de réussir cette épreuve.
Il jeta un coup d’œil au compte à rebours dans le ciel, qui indiquait que l’épreuve prendrait bientôt fin. Personne d’autre ne se trouvait près de lui : ceux qui voulaient participer au Zénith des Neuf Cieux avaient déjà tenté l’épreuve. Il ne servait à rien d’y entrer à ce stade, et il était impossible de la réussir en si peu de temps.
Chu Feng savait qu’il devait se dépêcher, mais son état de faiblesse l’en empêchait. Il avait à peine repris des forces et, pourtant, il avait dû fournir un effort considérable dans la formation précédente. Son sens de l’observation et ses autres facultés s’en étaient trouvés émoussés.
Au lieu d’avancer, il sortit donc une pilule et s’assit au sol, prêt à reprendre des forces une nouvelle fois.
« Qui est là ? » Chu Feng sentit soudain la présence de quelqu’un à proximité et se releva aussitôt.
Plusieurs silhouettes apparurent au loin et s’approchèrent rapidement. En quelques instants, elles l’avaient encerclé.