Chapitre 5 735
« Tu ne devrais pas te montrer si arrogant. Le monde est vaste », lança Zhang Yingxiong à Long Chengyu avant d’adresser un sourire à Chu Feng. « Ne t’inquiète pas, il se remettra en un rien de temps. Ça ne compromettra pas ses chances à l’épreuve. »
L’attitude de Zhang Yingxiong envers Chu Feng contrastait vivement avec celle qu’il réservait à Long Chengyu. Il n’était pas du genre à faire preuve de courtoisie, mais il avait le droit de se montrer arrogant.
Déjà, Zhang Yingxiong avait percé à jour leur dissimulation, qui avait échappé à tant d’experts. Cela témoignait à sa façon de sa puissance. De plus, malgré son jeune âge, il avait atteint le septième niveau du Royaume du Demi-Dieu.
À l’inverse, Chu Feng n’en était qu’au troisième niveau du Royaume du Demi-Dieu.
En outre, la pression écrasante exercée par Zhang Yingxiong avait eu quelque chose de particulier : elle avait privé Long Chengyu de toute possibilité de riposter.
Malgré les assurances de Zhang Yingxiong, Chu Feng vérifia l’état de Long Chengyu, inquiet pour lui. Il constata que son sang était en plein désordre, mais poussa un soupir de soulagement en s’assurant qu’il se rétablirait bientôt.
« Frère Chengyu, Muxi, vous devriez passer l’épreuve sans m’attendre. On se retrouvera au Zénith des Neuf Cieux », dit Chu Feng.
« Hors de question. Je veux lui donner une leçon ! » Long Chengyu foudroya Zhang Yingxiong du regard.
« Tu l’as mauvaise ? » demanda Zhang Yingxiong.
« Évidemment ! » renifla Long Chengyu.
« Arrête de faire le dur. On y va ! » intervint Long Muxi.
Elle était furieuse que Zhang Yingxiong ait malmené son petit frère, mais celui-ci était l’ami de Chu Feng. De plus, c’était son frère qui avait cherché querelle le premier. Elle ravala donc sa colère.
Autrement, elle ne se serait pas laissée intimider si facilement, même en sachant qu’il ne fallait pas prendre Zhang Yingxiong à la légère.
« Tu crois que j’aurais perdu contre lui s’il ne m’avait pas attaqué par surprise ? » ricana Long Chengyu.
Zhang Yingxiong ne répondit pas, mais lança à Long Chengyu un regard glacial qui indiquait clairement qu’il ne ferait pas preuve de clémence si celui-ci l’attaquait de nouveau.
« Frère Zhang », l’interpella Chu Feng.
Il se retrouvait dans une position délicate : les deux camps étaient ses amis.
« Je comprends. Je ne te mettrai pas dans l’embarras », répondit Zhang Yingxiong. Puis il se tourna vers Long Chengyu et s’excusa : « Je suis désolé, frère Long. J’ai dépassé les bornes tout à l’heure. J’espère que tu ne m’en tiendras pas rigueur. »
Long Chengyu et Long Muxi furent stupéfaits par les excuses de Zhang Yingxiong, d’autant plus qu’elles leur semblèrent sincères, et non de pure forme.
Long Chengyu aurait fait preuve de mesquinerie en continuant à lui en tenir rigueur après ces excuses. Après tout, Zhang Yingxiong ne s’excusait que pour ne pas mettre Chu Feng dans l’embarras. Long Chengyu ne voulait naturellement pas non plus le placer dans une situation délicate.
« Oublions ça. J’ai aussi eu tort », dit Long Chengyu. Il se tourna vers Chu Feng. « Frère Chu Feng, tu es sûr que nous ne devrions pas t’attendre ? »
« Ce n’est pas la peine. Allez-y. On se retrouvera au Zénith des Neuf Cieux », répondit Chu Feng.
« Très bien », acquiesça Long Chengyu.
Long Chengyu et Long Muxi partirent pour l’examen, laissant Chu Feng seul avec Zhang Yingxiong.
« Frère Zhang, tu me cherchais ? » demanda Chu Feng.
« Chu Feng, je dois bientôt partir, mais j’ai encore un souhait à exaucer », répondit Zhang Yingxiong.
« Tu pars bientôt ? Où vas-tu ? »
« Dans la Neuvième Galaxie. »
« Le Domaine immémorial des Dieux ? »
Chu Feng avait naturellement entendu parler de la Neuvième Galaxie. On disait qu’il était impossible d’en ressortir une fois qu’on y était entré, si bien que personne ne savait ce qui s’y trouvait.
Certains affirmaient que c’était une terre sacrée de cultivation, dont nul ne souhaitait repartir après y être arrivé. D’autres prétendaient que c’était un endroit infernal, où quiconque poserait le pied trouverait la mort.
C’était aussi pour cette raison que la Neuvième Galaxie était appelée le Purgatoire immémorial.
« Oui, je m’y rends », confirma Zhang Yingxiong.
« Tu sais de quel genre d’endroit il s’agit ? » demanda Chu Feng.
« Certains disent que c’est le domaine des dieux, d’autres que c’est un purgatoire. Je n’en connais pas bien les détails non plus, mais nous finirons tous par devoir nous y rendre », répondit Zhang Yingxiong.
« Qu’est-ce qui te fait dire ça ? » demanda Chu Feng.
« Sais-tu pourquoi les experts des premières années de l’ère actuelle sont entrés dans la Neuvième Galaxie ? » demanda Zhang Yingxiong.
« Pourquoi ? »
« Le monde de la cultivation est un bon endroit pour poser ses fondations, mais il faut entrer dans la Neuvième Galaxie pour atteindre de plus hauts sommets. Un événement survenu vers la fin de l’Ère antique a concentré l’énergie du monde dans la Neuvième Galaxie.
« L’énergie des autres galaxies suffit à atteindre le Royaume du Vrai Dieu, mais il est presque impossible d’accéder au Royaume du Dieu céleste. Les cultivateurs et les Esprits du Monde des premières générations de l’ère actuelle pouvaient compenser ce manque grâce aux bizarreries naturelles. On comptait donc encore alors un bon nombre de cultivateurs du Royaume du Dieu céleste et de spiritualistes du Monde au Dragon céleste.
« Pourtant, les bizarreries naturelles sont en nombre limité. Elles s’épuisent peu à peu, et les générations suivantes comptent de moins en moins de cultivateurs du Royaume du Dieu céleste et de spiritualistes du Monde au Dragon céleste.
« Ce n’est qu’une supposition de ma part, mais je pense qu’ils ont fait le bon choix. Seule la Neuvième Galaxie peut les mener vers de plus hauts sommets », expliqua Zhang Yingxiong.
« Sais-tu pourquoi il est impossible de quitter la Neuvième Galaxie ? Est-ce lié à ce qui s’est passé vers la fin de l’Ère antique ? » demanda Chu Feng.
« Je n’en suis pas sûr non plus, mais c’est vrai qu’une fois entré dans la Neuvième Galaxie, on s’y retrouve coincé pour un temps. Cela ne devrait toutefois pas poser de problème : il suffit d’y faire entrer sa famille et ses amis… Mais tu ne comptes pas t’y rendre tout de suite, n’est-ce pas ? » demanda Zhang Yingxiong.
« En effet. Je compte d’abord sauver ma mère », répondit Chu Feng.
Zhang Yingxiong garda le silence en entendant ces mots.
« Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda Chu Feng.
« Rien. J’espère que nous nous reverrons », répondit Zhang Yingxiong.
« Sans aucun doute. »
Si les paroles de Zhang Yingxiong étaient vraies, Chu Feng finirait par atteindre un plafond dans sa cultivation. Il lui faudrait alors entrer dans la Neuvième Galaxie s’il voulait aller plus loin.
« Au fait, tu as dit qu’il te restait un souhait à exaucer. Est-ce que je peux t’aider ? » demanda Chu Feng.
« Bien sûr. Cela te concerne. Chu Feng, j’aimerais t’affronter en combat amical », répondit Zhang Yingxiong.
« Maintenant ? » demanda Chu Feng.
« Oui, tout de suite », répondit Zhang Yingxiong en hochant la tête.
« Tu ne vas pas au Zénith des Neuf Cieux ? »
« Non. De toute façon, tu es le seul ici qui soit digne d’être mon adversaire », répondit Zhang Yingxiong.
« Dans mon état actuel, je ne fais pas le poids », répondit Chu Feng avec un sourire amer.
Zhang Yingxiong ouvrit la main, et une sphère apparut. Il s’agissait d’une formation particulière qui prenait la forme d’un monde. Deux étranges épées de bois s’y trouvaient.
« Cette formation mettra nos niveaux de cultivation à égalité. Nous n’utiliserons ni techniques martiales, ni Compétences secrètes, ni moyens spéciaux. Nous nous affronterons simplement avec des armes identiques. La formation se dissipera dans deux heures. Si aucun de nous n’a remporté la victoire d’ici là, nous considérerons le combat comme nul », expliqua Zhang Yingxiong.
« Ça me va », répondit Chu Feng en hochant la tête.
Il savait que Zhang Yingxiong s’était retenu lors de leur affrontement précédent, et il était curieux de découvrir sa véritable puissance.
Zhang Yingxiong eut un petit rire et ouvrit la main. La sphère qu’il tenait s’agrandit et les enveloppa tous les deux. Au même instant, les deux épées de bois flottèrent jusqu’à eux.