Chapitre 4 112
« Ne te compare pas aux Bêtes dévoreuses de Ciel de l’Ère ancienne. »
« Réfléchis : comment s’appelle cet endroit ? »
« Le Royaume dévorant le Ciel. Cet endroit… est le territoire des Bêtes dévoreuses de Ciel de l’Ère ancienne, expliqua la vieille grand-mère. »
« Mais puisque les Bêtes dévoreuses de Ciel de l’Ère ancienne peuvent quitter cet endroit, nous devrions en être capables, nous aussi. »
« Au moins, il doit bien y avoir une sortie », dit Chu Feng.
La vieille grand-mère secoua pourtant la tête. « Jeune homme, puisque tu es entré ici, tu devrais oublier tout ce que tu as connu et recommencer ta vie. Ne songe pas à partir. Tu auras beau désirer quitter cet endroit, ce sera inutile. Il n’existe aucun moyen d’en sortir. »
Sur ces mots, la vieille grand-mère se dirigea vers l’extérieur, les mains derrière le dos.
« Grand-mère ! » À cet instant, une voix féminine retentit depuis l’extérieur de la salle du palais.
Une beauté descendit alors du ciel et atterrit devant l’entrée.
Comme celle-ci était ouverte, Chu Feng put clairement voir le visage de la femme.
Ses yeux limpides, ses traits délicats et ses courbes parfaites.
Elle était d’une beauté extrême, parfaite en tout point. Rien chez elle ne rappelait une femme du monde des mortels.
Elle portait une longue jupe blanche. Lorsqu’elle descendit du ciel, le tissu se souleva dans les airs et lui donna l’allure d’une fée céleste venue sur terre.
Non, elle n’en avait pas seulement l’allure : c’était une véritable fée céleste.
L’aura distante qu’elle dégageait n’était assurément pas celle d’une personne du monde profane.
Sa beauté était tout simplement bouleversante.
Elle n’avait certes rien d’une beauté enjouée, mais cela ne l’empêchait pas de charmer les foules.
Au cours de son périple depuis les Royaumes inférieurs, Chu Feng avait vu d’innombrables beautés. Pourtant, à la vue de cette femme, il fut profondément subjugué.
Une beauté de cette trempe était véritablement rare.
Sa beauté semblait appartenir à un autre monde.
C’était vraiment une femme semblable à une fée céleste.
« Laideron, te voilà de retour », lança la vieille grand-mère en regardant la belle femme.
« Laideron ? »
« Serait-ce la petite-fille affreusement laide dont parlait la grand-mère ? » Chu Feng était stupéfait.
« Grand-mère, pourquoi me traites-tu encore de laide ? Tous ceux qui vivent dehors disent que je suis une fée céleste », répondit la femme.
« Une fée céleste ? À ton âge, ta grand-mère était une véritable fée céleste. »
« Quant à toi, tu es d’une laideur extrême. Évite de trop sortir, tu me fais honte », lui dit la vieille grand-mère avec mépris.
Et elle ne plaisantait pas. Elle semblait parfaitement sérieuse.
À cette vue, Chu Feng comprit que ce n’était pas la petite-fille de la vieille grand-mère qui était d’une laideur incomparable. C’était plutôt la vieille femme qui avait une drôle d’idée de la beauté.
La jeune femme, elle, semblait déjà habituée à ce genre de remarques.
Elle ne prit donc pas ombrage du comportement de sa grand-mère et se tourna vers Chu Feng. Avec un doux sourire, elle lui demanda : « Depuis quand es-tu réveillé ? »
« À l’instant. »
« Merci de m’avoir sauvé, jeune femme. » Chu Feng joignit les poings.
« Je t’en prie. Je m’appelle Fumo Xin’er. »
[1. Fumo signifie « pourfendre les démons ». C’est aussi le nom de leur clan.]
« Et toi, comment t’appelles-tu ? » demanda Fumo Xin’er.
« Chu Feng », répondit-il.
« Chu Feng. C’est un nom convenable. »
« Attends un peu ici, Chu Feng. Je dois parler de quelque chose avec ma grand-mère. »
En parlant, Fumo Xin’er rejoignit la vieille grand-mère, comme si elle voulait l’emmener à l’écart.
Mais la vieille grand-mère se dégagea et rétorqua : « Si tu as quelque chose à dire, dis-le franchement. »
« Grand-mère, ça concerne mon grand frère. »
En prononçant ces mots, Fumo Xin’er jeta un coup d’œil à Chu Feng.
« Je vais vous laisser. »
Comme Chu Feng savait se montrer délicat, il décida de partir en voyant que Fumo Xin’er avait quelque chose de privé à lui dire.
« Inutile. » Avant qu’il ait pu s’éloigner, la vieille grand-mère le retint. Elle lui faisait comprendre qu’il n’avait pas besoin de partir.
« Laideron, si tu as quelque chose à dire, dis-le franchement », lança-t-elle à Fumo Xin’er.
« Grand-mère, j’ai appris quelque chose au sujet de mon grand frère. »
« Des gens du Palais de Glace des Enfers lui ont tendu un piège. Il lui faut un Spiritualiste du Monde au manteau sacré à marques de dragon pour briser le sceau. Si tu ne vas pas l’aider, il est perdu », expliqua Fumo Xin’er.
« Combien de fois vous ai-je dit de ne pas quitter la zone scellée ? »
« Mais vous avez refusé de m’écouter. Surtout ton frère ! Qu’il se promène, passe encore, mais pourquoi diable s’en est-il pris au Palais de Glace des Enfers ? »
« Il cherchait la mort, non ? »
« Maintenant qu’il est piégé, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Je n’irai pas le sauver », déclara la vieille grand-mère.
« Grand-mère, mon grand frère est ton petit-fils biologique. C’est l’héritier du Clan des Pourfendeurs de Démons. De plus, il n’a pas encore de fils. »
« S’il meurt, la lignée du Clan des Pourfendeurs de Démons s’éteindra », dit Fumo Xin’er, inquiète.
« Avec deux déceptions pareilles, la lignée du Clan des Pourfendeurs de Démons est éteinte depuis longtemps. »
« Ne me reparle plus de ton frère. Si tu remets ça sur le tapis, je t’enfermerai. »
Contre toute attente, les supplications de sa petite-fille ne touchèrent pas la vieille grand-mère ; elles la mirent même en colère. Après avoir lancé ces mots, elle s’envola dans les airs et disparut.
« Grand-mère, tu… »
Fumo Xin’er ne courut pas après elle. Elle afficha plutôt un air désemparé.
« Où ton grand frère est-il détenu ? » Chu Feng s’avança pour le lui demander.
« Dans la zone interdite du Palais de Glace des Enfers », répondit Fumo Xin’er.
« Il suffit d’un Spiritualiste du Monde au manteau sacré pour le sauver ? » demanda Chu Feng.
« Il faut qu’il soit un Spiritualiste du Monde au manteau sacré à marques de dragon », précisa Fumo Xing’er.
« Alors, allons-y. Je devrais pouvoir vous aider », déclara Chu Feng.
« Toi ? » Fumo Xin’er le dévisagea, stupéfaite.
« Ne plaisante pas. À ton âge, tu dois être encore plus jeune que moi. »
« Nous appartenons tous deux à la jeune génération. Comment pourrais-tu avoir atteint le rang de manteau sacré à marques de dragon ? » Fumo Xing’er ne croyait pas Chu Feng.
« On dirait que je vais devoir me débrouiller seule », dit Fumo Xin’er avant de s’envoler pour partir.
Elle allait extrêmement vite.
Chu Feng constata que, malgré son jeune âge, elle possédait une cultivation du niveau suprême exalté.
Elle n’était qu’au premier rang du niveau suprême exalté, mais sa cultivation restait impressionnante pour quelqu’un de la jeune génération.
En la voyant s’éloigner, Chu Feng s’éleva lui aussi dans les airs et la poursuivit.
Il voyait bien à quel point Fumo Xin’er tenait à la vie de son frère.
Puisqu’elle lui avait sauvé la vie, il lui devait une dette. S’il le pouvait, il l’aiderait sans hésiter.
« Tu as réussi à me rattraper ? »
Fumo Xin’er fut très surprise de voir Chu Feng la rejoindre.
« Ma cultivation est inférieure à la tienne, mais je suis tout de même un Spiritualiste du Monde au manteau sacré à marques de dragon. »
« Ma force est comparable à celle d’un suprême exalté. » Sur ces mots, Chu Feng libéra sa puissance spirituelle.
En voyant la puissance spirituelle de rang de spiritualiste du Monde au manteau sacré à marque de dragon qu’il dégageait, Fumo Xin’er resta bouche bée de stupeur.
« Tu es vraiment un Spiritualiste du Monde au manteau sacré à marques de dragon ?! »
« Incroyable ! Pas étonnant que cette Bête dévoreuse de Ciel de l’Ère ancienne soit allée jusqu’à quitter le Royaume dévorant le Ciel pour te dévorer. »
« C’est merveilleux. Mon frère puant va enfin être sauvé. » Fumo Xin’er était folle de joie.
« Elle est allée jusqu’à quitter le Royaume dévorant le Ciel ? Qu’est-ce que tu veux dire ? »
« Les Bêtes dévoreuses de Ciel doivent-elles payer un prix pour quitter le Royaume dévorant le Ciel ? »
Chu Feng s’attarda sur les paroles que Fumo Xin’er avait lâchées sans y penser.
« Bien sûr. Leur espérance de vie diminue », répondit Fumo Xing’er.
« Leur espérance de vie diminue ? » Chu Feng prit un air pensif.
« Pourquoi ça t’intéresse tant ? Tu ne songerais tout de même pas à quitter cet endroit ? » demanda Fumo Xin’er.
« Bien sûr que si. Ma famille et mes amis sont tous là-bas », répondit Chu Feng.
« Alors, c’est simple. Si tu veux partir, je peux t’aider », dit Fumo Xin’er.
« Tu peux m’aider ? » L’expression de Chu Feng se fit complexe.
La vieille grand-mère lui avait assuré qu’il était impossible de partir. Pourquoi sa petite-fille prétendait-elle pouvoir l’aider à s’en aller ?
Laquelle des deux lui mentait ?