Chapitre 3 937
Soudain, Mu Ziwei sourit.
Son sourire était très doux, même si elle était bien moins jolie que Linghu Yueyue.
Il respirait aussi une grande assurance.
« On dirait que le jeune maître n’a pas besoin de mon aide. Dans ce cas, je vais prendre de l’avance sur vous tous. » Sur ces mots, Mu Ziwei se mit en route.
En voyant Mu Ziwei renoncer à aider Chu Feng, ceux qui se trouvaient derrière elle poussèrent tous un soupir de soulagement. Pourtant, en passant près de Chu Feng, ils ne purent s’empêcher de lui jeter un coup d’œil.
Ils se demandaient ce qu’il pouvait bien avoir de si charismatique.
Ils comprenaient plus ou moins pourquoi Mu Ziwei avait décidé de l’aider. Elle était après tout très bonne et aimait rendre service.
En revanche, ils ne comprenaient pas pourquoi Linghu Yueyue et Linghu An’an voulaient aider Chu Feng.
Après tout, à aucun moment elles ne donnaient l’impression d’être du genre à se mêler des affaires des autres.
« Seigneur, qu’est-ce qui ne va pas ? »
À cet instant, Linghu Yueyue et Linghu An’an arrivèrent aux côtés de Chu Feng.
Elles étaient très inquiètes pour lui. Linghu An’an, surtout, n’arrêtait pas de l’appeler « Seigneur », ce qui plongeait le chauve et les autres dans la confusion.
« Qu’est-ce qui se passe ? Ce type aurait-il vraiment des origines extraordinaires ? »
« Impossible. À le voir, il n’a rien d’extraordinaire. Ces deux jeunes femmes doivent déjà le connaître. Il les a très probablement dupées. Oui, ça doit être ça. »
À cette idée, quelqu’un cria à Linghu Yueyue et Linghu An’an : « Mesdemoiselles, est-ce que vous vous êtes fait berner par lui ? Ne le croyez surtout pas ! »
« Fermez-la ! Qu’est-ce que vous y connaissez ?! » lança Linghu An’an avec colère.
Elle ne faisait pas semblant. Elle était réellement furieuse.
« Ne faites pas attention à eux », dit Chu Feng avec un sourire.
Dès qu’il eut prononcé ces mots, Linghu An’an reprit aussitôt son calme. Elle lui obéissait au doigt et à l’œil.
« Seigneur, est-ce que vous les avez délibérément mis à l’épreuve en leur demandant de l’aide ? » demanda Linghu An’an.
Elle ne comprenait vraiment pas pourquoi quelqu’un d’aussi puissant que Chu Feng solliciterait l’aide des autres.
Elle ne voyait qu’une explication : Chu Feng avait fait exprès de procéder ainsi pour s’amuser à mettre les passants à l’épreuve.
Cette hypothèse la laissa quelque peu démunie.
Il ne pouvait tout de même pas lui révéler que deux forces différentes s’affrontaient dans son dantian et que, chaque fois qu’elles le faisaient, sa cultivation diminuait considérablement.
Chu Feng secoua donc la tête. « Tout va bien. Nous en parlerons en chemin. »
Il se leva, puis se tourna vers Linghu Yueyue. « Mademoiselle Linghu, pourriez-vous aussi emmener cet ami à moi ? »
La personne qu’il désignait n’était autre que Pang Bo.
Pang Bo l’avait aidé alors qu’il était complètement démuni. Chu Feng ne pouvait donc pas l’abandonner.
« Tout ce que vous voudrez, Seigneur », répondit Linghu Yueyue.
Ces mots stupéfièrent Pang Bo.
Jusque-là, seule Linghu An’an s’était montrée respectueuse envers Chu Feng. Il ne s’était pas attendu à ce que Linghu Yueyue en fasse autant.
Intrigué, Pang Bo dévisagea Chu Feng. Il voulait savoir qui il était vraiment.
Soudain, son expression changea radicalement. Il tourna alors les yeux vers Linghu Yueyue.
« Ouah ! Vous êtes vraiment puissante, mademoiselle. »
« Votre pression écrasante a complètement dissipé la force qui nous oppressait. »
Pang Bo regarda Linghu Yueyue avec admiration.
Mais ses paroles la surprirent. « Jeune maître, qu’entendez-vous par là ? Je n’ai pas encore libéré ma pression écrasante. »
« Comment ça ? Vous ne l’avez pas libérée ? »
Pang Bo n’y comprenait plus rien.
À cet instant, Chu Feng remarqua que le chauve et son groupe s’étaient eux aussi relevés.
De plus, ceux qui avançaient péniblement sur le chemin semblaient désormais parfaitement à l’aise.
« On dirait que la pression a disparu d’elle-même », dit Chu Feng.
« Hein ? » Tous furent surpris par ses paroles.
« Ffff, ffff, ffff… »
L’instant suivant, tous les présents disparurent, à l’exception de Chu Feng, Linghu Yueyue, Linghu An’an et Pang Bo.
Ils se précipitèrent vers l’Eau de la Source spirituelle à toute vitesse.
« Seigneur, allons-y aussi », dit Linghu Yueyue.
« Attendez. »
Chu Feng leva soudain la main pour leur faire signe de patienter.
« Seigneur, qu’est-ce qui ne va pas ? » demanda Linghu Yueyue.
« Inutile de se presser. Avançons tranquillement », répondit Chu Feng.
« Très bien. » Linghu Yueyue et Linghu An’an acquiescèrent. Elles le respectaient profondément et n’auraient naturellement pas agi contre sa volonté.
« Frère Asura, mon père m’attend encore. Je ne vais pas vous accompagner. Je vais prendre de l’avance », annonça Pang Bo.
« Frère Pang, attendez un instant. »
Tout en parlant, Chu Feng porta la main à son Sac cosmique. Un Armement immortel apparut dans sa paume. Il le tendit à Pang Bo.
« Frère Asura, vous… »
Pang Bo fut surpris. L’Armement immortel que lui avait donné Chu Feng était d’une qualité exceptionnelle. Même parmi les Armements immortels de premier ordre, il se classait parmi les meilleurs.
Pang Bo lui-même fut tenté en le voyant.
« Prenez-le. C’est un cadeau de ma part. »
Chu Feng poussa l’Armement immortel dans la main de Pang Bo.
« Cette arme me sera vraiment utile. Frère Asura, dans ce cas, je l’accepte sans hésiter. » Pang Bo prit l’Armement immortel, puis sourit et tapota l’épaule de Chu Feng. « Pas étonnant que ces deux jeunes femmes remarquables vous appellent Seigneur. On dirait que vous êtes vraiment quelqu’un d’exceptionnel, frère Asura. Il faudra qu’on prenne le temps de discuter comme il se doit, plus tard. »
« Entendu, nous discuterons plus tard. Allez d’abord retrouver votre père. »
« Ah, et n’entrez pas dans le lac à la légère si vous n’êtes pas certain que tout est sans danger », ajouta Chu Feng.
« Ne vous en faites pas, je le sais. »
Sur ces mots, Pang Bo se retourna et s’éloigna.
Des vagues successives de personnes passèrent alors devant Chu Feng, Linghu Yueyue et Linghu An’an.
Lorsqu’ils découvrirent que la pression avait disparu et qu’ils pouvaient déployer toute leur puissance, ils se ruèrent vers l’Eau de la Source spirituelle, dans l’espoir d’y trouver une occasion décisive.
Si Chu Feng avait choisi d’avancer lentement, c’était parce que la restriction qui pesait sur sa perception spirituelle avait disparu en même temps que la pression.
Il avait retrouvé ses facultés de perception et pouvait de nouveau utiliser ses Yeux célestes.
Grâce à ses Yeux célestes, Chu Feng distinguait des substances gazeuses particulières dans l’air apparemment ordinaire qui les entourait.
Elles suivaient une trajectoire singulière. Chu Feng pensait qu’il s’agissait peut-être d’un indice. C’était pourquoi il avait décidé de marcher lentement : il voulait examiner ces substances gazeuses.
Il ignorait ce que révélaient ces indices, mais il pressentait qu’ils pourraient se révéler utiles.
Tout en avançant, Chu Feng discuta également avec Linghu Yueyue et Linghu An’an.
Il apprit qu’elles n’étaient pas venues pour l’Eau de la Source spirituelle. Leur maître leur avait confié une mission.
Elle avait entreposé un objet dans le palais de l’Eau de la Source spirituelle.
En apprenant que des fissures étaient apparues à l’endroit où se trouvait l’Eau de la Source spirituelle, leur maître s’était inquiétée pour l’objet qu’elle y avait laissé. Mais comme elle n’avait pas encore recouvré la santé, elle n’avait pu confier à Linghu Yueyue et Linghu An’an que le soin de le récupérer.
À force d’observer les environs, Chu Feng obtint quelques résultats. Il décida alors d’accélérer le pas.
Mais lorsqu’ils arrivèrent, ils étaient déjà en retard.
Les lieux étaient donc bondés.
De plus, de grands changements s’étaient produits.