Chapitre 3 780
Chu Feng arriva au Monastère de la Purification du Vide et découvrit que Song Ge, la fille du vieux fou Tang, n’y était pas.
En réalité, les membres du Monastère de la Purification du Vide étaient partis explorer des Vestiges de l’Ère ancienne.
Ces vestiges se trouvaient non loin du monastère.
Chu Feng décida donc de s’y rendre.
Comme prévu, il y retrouva non seulement les membres du Monastère de la Purification du Vide, mais aussi Song Ge.
Les Vestiges de l’Ère ancienne s’étendaient dans les profondeurs souterraines. Le lieu, aussi complexe qu’un labyrinthe, présentait en outre certains dangers.
Les membres du Monastère de la Purification du Vide avaient décidé de se séparer pour explorer les vestiges. Song Ge avait ainsi fini par s’engager seule dans un passage dissimulé.
En la voyant partir, Chu Feng décida de la suivre en secret. Il ne se montra pas pour lui parler directement.
Une idée lui était venue à l’esprit.
Il était très probable que Song Ge se retrouve en danger. S’il la sauvait à ce moment-là, elle lui en serait sans aucun doute reconnaissante.
Elle baisserait alors sa garde à son égard, ce qui faciliterait leur conversation.
Il pourrait attendre de mieux la connaître avant de trouver un moyen d’aborder le sujet du vieux fou Tang.
La manœuvre de Chu Feng était peut-être un peu méprisable, mais il n’avait pas d’autre choix. Après tout, les techniques de malédiction du vieux fou Tang étaient tout simplement trop importantes à ses yeux.
De plus, le vieux fou Tang ne vivrait probablement plus très longtemps.
Si Chu Feng laissait passer cette occasion, il ne pourrait peut-être jamais apprendre à dissiper les malédictions.
Cependant, il avait sous-estimé Song Ge. Certes, elle rencontra bien des obstacles en chemin, mais elle parvint à les surmonter sans son aide.
Après avoir franchi toutes les difficultés qui se dressaient devant elle, elle arriva enfin devant une salle palatiale.
En y entrant, on remarquait que la salle comptait de nombreuses ouvertures.
Le passage emprunté par Song Ge n’était que l’une d’entre elles. Mais là n’était pas l’essentiel.
« Il y a quelque chose dans cette salle. »
D’un seul regard, Chu Feng comprit qu’elle abritait quelque chose. Il devina également de quoi il s’agissait.
C’était une Compétence secrète, douée de conscience et sans maître.
Elle n’était pas de haut niveau, mais Song Ge aurait tout de même du mal à s’en sortir.
« Roooar ! »
Comme prévu, peu après que Song Ge eut pénétré dans la salle, un rugissement retentit.
La salle se mit alors à trembler violemment. Des flammes gazeuses vert jade jaillirent de toutes parts, avant de se rassembler pour former une bête gigantesque de plus de trois cents mètres de haut.
La créature flottait dans les airs, majestueuse. On aurait dit un souverain dominant les mortels de son regard.
À sa vue, Song Ge recula à plusieurs reprises, terrifiée.
« Cette Vénérable est la Compétence secrète Bête céleste de Jade.
— J’attends ici une personne prédestinée.
— Mais si tu souhaites obtenir mon pouvoir, tu devras d’abord faire tes preuves », dit la Compétence secrète à Song Ge.
« Senior, que dois-je faire pour obtenir votre pouvoir ? » demanda Song Ge avec beaucoup de respect.
« Quelqu’un d’autre est arrivé ? »
Chu Feng changea soudain d’expression. Il avait senti… une autre aura émaner d’un passage différent. La personne qui en était la source approchait à toute vitesse.
« Je n’aurais jamais cru que quelqu’un arriverait avant moi. »
Comme prévu, un homme entra bientôt par un autre passage dissimulé.
Il avait à peu près le même âge que Song Ge et cultivait au même niveau qu’elle : tous deux étaient des Immortels célestes de premier rang.
En outre, il était très beau. Pourtant, à en juger par sa tenue, il ne venait pas du Monastère de la Purification du Vide.
« Qui êtes-vous ? »
Song Ge ne le connaissait pas et se mit aussitôt sur ses gardes.
« Mademoiselle, inutile d’être si tendue. Je suis venu moi aussi pour la Compétence secrète, mais puisque vous êtes arrivée avant moi, elle vous revient naturellement. » L’homme lui adressa un sourire éclatant.
« Vous comptez vraiment me la laisser ? »
De toute évidence, Song Ge ne s’était pas attendue à ce qu’il accepte de lui céder la Compétence secrète.
« Bien sûr. Moi, Ma Liang, je ne mens jamais.
— Surtout pas à une aussi belle jeune femme que vous », déclara celui qui s’était présenté sous le nom de Ma Liang.
Ces paroles firent légèrement rougir Song Ge. Elle ne répondit toutefois rien.
« Petit insolent, pour qui me prends-tu ? Crois-tu que n’importe qui puisse recevoir mon pouvoir ? »
La conversation entre Song Ge et Ma Liang finit par mettre la Compétence secrète en colère.
« Fwou ! »
Ma Liang agita soudain le bras, et une boule de lumière fusa vers la Compétence secrète.
« Clang ! »
« Roooar ! »
La boule de lumière frappa la bête gigantesque, qui poussa aussitôt un rugissement de douleur.
Au même moment, une vapeur blanche s’échappa de la créature, manifestation de la Compétence secrète.
C’était une Formation spirituelle capable de contenir le pouvoir de la gigantesque bête issue de la Compétence secrète.
« Espèce de salaud ! Je vais te tuer ! »
Touchée par la Formation spirituelle, la gigantesque bête de la Compétence secrète entra dans une rage folle contre Ma Liang. Mais sa puissance avait été considérablement réduite et son corps était devenu presque irréel.
Elle n’avait plus rien de l’aura imposante qui l’entourait à son apparition.
« Clang, clang, clang ! »
Ma Liang, qui s’y était préparé, sortit son arme et se rua sur la Compétence secrète pour l’affronter.
Déjà furieuse, celle-ci ne se retint naturellement pas contre lui.
Mais Ma Liang n’était pas non plus un adversaire à prendre à la légère. Il avait de solides capacités.
Le combat entre eux se solda par un véritable match nul.
« Mademoiselle, aidez-moi, je vous en prie. Une fois cette Compétence secrète maîtrisée, elle sera à vous. »
Comprenant qu’il ne pourrait pas vaincre seul la Compétence secrète, Ma Liang demanda l’aide de Song Ge.
À ces mots, Song Ge sortit aussitôt son arme et se précipita sur la gigantesque bête.
À eux deux, ils prirent rapidement l’avantage sur la Compétence secrète. Même si celle-ci résistait encore avec acharnement, Chu Feng savait qu’elle avait déjà perdu et que les deux jeunes gens finiraient tôt ou tard par la maîtriser.
Cette scène rappela à Chu Feng l’époque où il vivait sur le Continent des Neuf Provinces.
Il se remémora cette année-là…
Il était encore disciple de la Secte du Dragon d’Azur.
Dans des vestiges, il avait rencontré la Technique du Tigre Blanc massacreur et Zi Ling.
À l’époque, Chu Feng et Zi Ling ne se connaissaient pas. Pour s’emparer de la Technique du Tigre Blanc massacreur, il s’était battu contre elle.
On pouvait dire qu’il s’était alors fait une ennemie de Zi Ling.
Mais qui aurait cru qu’elle finirait par devenir sa fiancée, puis sa bien-aimée ?
En repensant à son propre passé et en observant Song Ge et Ma Liang, Chu Feng les trouva plutôt bien assortis.
Il se dit que cette Compétence secrète finirait peut-être par rapprocher deux autres personnes.
Ma Liang, du moins, se montrait bien plus généreux qu’il ne l’avait été à l’époque. Après tout, il comptait céder la Compétence secrète à Song Ge.
« Roooar ! »
Un cri retentit. Ma Liang et Song Ge avaient vaincu la gigantesque bête issue de la Compétence secrète.
Dans le même temps, Ma Liang se servit d’un trésor pour maîtriser la Compétence secrète.
« Mademoiselle, elle est à vous. »
Ma Liang tendit à Song Ge la Compétence secrète qu’il venait de maîtriser.
« Jeune maître, vous me la donnez vraiment ? »
Song Ge désirait ardemment cette Compétence secrète, mais elle se sentait malgré tout gênée.
« Les premiers arrivés sont les premiers servis. Inutile d’être si polie, mademoiselle », répondit Ma Liang en souriant.
« Dans ce cas, merci, jeune maître. »
Malgré sa gêne, Song Ge désirait trop la Compétence secrète pour y renoncer. Elle l’accepta donc.
« Bang ! »
À sa grande surprise, au moment même où elle reçut la Compétence secrète, Ma Liang la frappa soudain du plat de la main au dantian.
Prise totalement au dépourvu, Song Ge encaissa le coup de plein fouet.
Elle fut projetée à plusieurs mètres de là et s’écrasa violemment contre un mur.
Quand elle retomba au sol, du sang coulait des commissures de ses lèvres et son aura s’était considérablement affaiblie. Elle avait pratiquement perdu la capacité de continuer à se battre.
Pourtant, si son visage exprimait la douleur, ses yeux, eux, étaient pleins d’innocence.
« Jeune maître, pourquoi avez-vous fait ça ? » demanda Song Ge, déconcertée.
« Hahaha ! Mademoiselle, vous ne voyez vraiment pas ?
— Depuis le début, je n’ai jamais eu l’intention de vous la donner. »
Tout en parlant, Ma Liang ramassa la Compétence secrète et l’assimila directement.
« Vous… Vous êtes un être sans honte et méprisable ! »
Le visage de Song Ge devint livide de colère. Elle était si furieuse qu’elle ouvrit la bouche et cracha une gorgée de sang, ce qui l’affaiblit encore davantage.
« Le Monastère de la Purification du Vide… Je n’aurais jamais imaginé qu’il abritait une aussi belle femme que vous. »
Ma Liang contempla Song Ge, qui gisait, trop faible pour se défendre, et un sourire froid se dessina sur ses lèvres.
Tout en parlant, il commença à se déshabiller.
« Vous… Qu’est-ce que vous comptez faire ?! »
En voyant Ma Liang retirer ses vêtements et s’approcher d’elle, Song Ge laissa aussitôt sa colère céder la place à une peur sans bornes.
« Vous m’avez traité de méprisable et d’infâme, non ? Alors je vais agir comme tel.
— Puisque vous allez mourir ici aujourd’hui, laissez donc votre papa s’amuser un peu avant votre mort. Votre papa vous fera aussi découvrir ce qu’est un homme.
— À vrai dire, votre papa n’a encore jamais joué avec une Ancienne du Monastère de la Purification du Vide. »
Ma Liang se comportait comme un véritable vaurien.
« Vous… »
Song Ge resta complètement abasourdie par ses paroles.
Bientôt, une lueur déterminée apparut dans ses yeux.
Elle leva la main et concentra toute sa puissance martiale dans sa paume.
Mais le coup pour lequel elle mobilisait toutes ses forces n’était pas destiné à Ma Liang.
Gravement blessée, elle savait qu’elle ne pourrait pas l’affronter.
Sa paume était donc dirigée contre elle-même.
Elle comptait se suicider !
Même si elle devait mourir, elle refusait de se laisser souiller par Ma Liang.
« Paf ! »
À la stupéfaction de Song Ge, dès qu’elle leva la main, une poigne puissante lui saisit le poignet avant qu’elle ait pu se frapper.
De plus, toute la puissance martiale qu’elle avait rassemblée se dissipa aussitôt.
Song Ge en fut presque anéantie par le désespoir.
Elle ne pouvait ni s’échapper ni se tuer. Que pouvait-elle donc faire dans une telle situation ?
Devait-elle se résigner et laisser Ma Liang la souiller avant de mourir ?
« Qui êtes-vous ?! »
Un cri furieux, teinté d’embarras, retentit soudain.
Ce cri tira Song Ge de sa torpeur. Elle vit que Ma Liang, cet être sans honte et méprisable, ne l’avait pas encore atteinte.
En réalité, c’était quelqu’un d’autre qui lui avait saisi le poignet.
L’homme avait l’air tout à fait ordinaire. Il était loin d’égaler la beauté de Ma Liang.
Pourtant, la présence de cet homme d’apparence banale fit renaître une lueur d’espoir chez Song Ge.
Au moins, il n’avait pas l’air d’être le complice de Ma Liang.
Peut-être allait-il la sauver.
Mais tandis que cette pensée lui traversait l’esprit, une autre lui vint également.
Elle se demanda… *Cet homme pourra-t-il vraiment me sauver ?*