Chapitre 3 781
« Au départ, je pensais qu’il s’agissait d’une rencontre prédestinée entre deux amants. Jamais je n’aurais imaginé que tu sois une telle ordure. Tu m’as vraiment déçu », lança Chu Feng à Ma Liang.
« Espèce d’enfoiré ! Pour qui tu te prends ? Tu oses gâcher le plaisir de ton père Ma Liang ? Tu cherches vraiment la mort ! »
Sans même prendre le temps de se rhabiller, Ma Liang se précipita sur Chu Feng.
Il était extrêmement rapide. En un clin d’œil, il se retrouva devant Chu Feng.
Il leva la main et lança un coup de poing en direction du dantian de Chu Feng.
Il voulait détruire sa cultivation.
Pourtant, Chu Feng ne chercha même pas à esquiver l’attaque de Ma Liang. Il la laissa simplement l’atteindre.
En voyant cela, Song Ge, qui avait repris espoir, déchanta aussitôt.
Bien que sa blessure eût grandement affecté sa puissance au combat, elle avait conservé ses facultés de perception.
Ainsi, elle vit clairement Ma Liang se précipiter sur Chu Feng. Mais, à sa grande surprise, celui-ci ne réagit pas le moins du monde.
Elle se dit que Chu Feng était tout simplement trop faible pour vaincre Ma Liang. Dans ces conditions, comment aurait-il pu la sauver ?
« Bang~~~ »
Soudain, un bruit sourd retentit. Le poing de Ma Liang avait atteint sa cible. Pourtant, Chu Feng n’avait pas la moindre égratignure. C’était au contraire Ma Liang qui s’était blessé à la main. Il recula de plusieurs pas, grimaça et se mit à hurler de douleur.
Song Ge ne comprit pas d’emblée pourquoi Ma Liang réagissait ainsi.
Ce ne fut qu’en regardant de plus près qu’elle remarqua que son poing était couvert de sang et complètement déchiqueté.
Elle tourna alors les yeux vers Chu Feng et constata qu’il n’était pas blessé.
« Mais… »
À cet instant, Song Ge se mit à examiner attentivement l’homme à l’allure quelconque qui se tenait près d’elle. Lorsqu’elle le fit, ses yeux s’écarquillèrent de stupeur.
Elle avait bien espéré que l’homme à ses côtés puisse la sauver, mais, au fond, elle ne comptait pas vraiment sur lui.
À plus forte raison, elle avait fini par renoncer au peu d’espoir qui lui restait.
Justement parce qu’elle n’avait guère cru que l’homme près d’elle pourrait la sauver, la scène qui se déroulait sous ses yeux la stupéfia d’autant plus.
« Toi… qui es-tu ? »
Ma Liang avait réussi à se calmer. Le visage grave, il fixa Chu Feng.
Chu Feng se déplaça et apparut devant Ma Liang. Il lui saisit la tête et le força à s’agenouiller.
Chu Feng ne répondit pas à sa question. D’une voix glaciale, il demanda plutôt : « Sais-tu ce qui arrive quand on arrache de force la Compétence secrète de quelqu’un ? »
« Monseigneur, j’ai eu tort. J’ai eu tort. »
« Monseigneur, je vous en prie, donnez-moi une autre chance. Je suis un disciple du Paradis des Nuages. Mon maître est l’Ancien suprême du Paradis des Nuages, Zhang Tao. »
« Si vous m’épargnez, mon maître vous donnera tout ce que vous voudrez. Il possède de nombreuses Compétences secrètes. »
Ma Liang était complètement terrifié. Il savait que si on lui arrachait sa Compétence secrète de force, il y laisserait la vie.
« Hmph. »
Chu Feng laissa échapper un ricanement glacial en réponse à sa proposition.
Puis une puissance apparut dans sa paume. Ma Liang se mit alors à trembler de façon incontrôlable.
Son visage se tordit en une grimace sinistre. La douleur qu’il éprouvait était manifeste. Pourtant, il ne pouvait pas prononcer un mot, ni même crier.
La scène ne dura qu’un instant, puis Ma Liang s’effondra au sol dans un bruit sourd.
Il s’était transformé en cadavre. Il était mort.
Chu Feng tenait dans sa main une sphère lumineuse. C’était la Compétence secrète de tout à l’heure.
Song Ge demeura là, complètement abasourdie et terrifiée.
Jamais elle n’aurait imaginé que Chu Feng tuerait Ma Liang comme ça.
Il avait agi avec une détermination implacable.
« Jeune fille, n’aie pas peur. Cet homme méritait de mourir. »
« S’il avait été laissé en vie, qui sait combien d’autres personnes il aurait fait souffrir ? »
Voyant que Song Ge semblait quelque peu effrayée, Chu Feng s’empressa de la réconforter.
« Merci de m’avoir sauvée, senior. »
Song Ge finit peu à peu par se calmer. Elle s’agenouilla aussitôt devant Chu Feng et s’inclina respectueusement.
Elle ne le comprenait pas et ignorait qui il était, mais ses paroles lui firent supposer qu’il avait peut-être tué Ma Liang pour la sauver. Elle lui en était donc particulièrement reconnaissante.
« Fff~~~ »
Chu Feng agita soudain le doigt et envoya dans le corps de Song Ge la Compétence secrète qu’il tenait jusque-là.
Le corps de Song Ge se raidit. Elle comprit que la Compétence secrète s’était assimilée à elle et qu’elle en avait acquis la puissance.
« Senior, pourquoi… ? »
Song Ge était perplexe. Chu Feng l’avait déjà sauvée et lui avait témoigné une immense bonté.
Et voilà qu’il lui avait aussi donné sa Compétence secrète ? Elle lui en était extrêmement reconnaissante, mais ne comprenait pas son geste.
Elle ne parvenait pas à comprendre pourquoi Chu Feng donnerait une Compétence secrète à une étrangère comme elle.
« Cette Compétence secrète ne m’est d’aucune utilité. En revanche, elle peut t’être utile. Autant qu’elle serve à quelqu’un », lui expliqua Chu Feng.
Cette simple phrase dissipa les doutes de Song Ge.
En effet, si cette Compétence secrète avait une grande valeur pour quelqu’un comme Song Ge, elle ne valait rien aux yeux des véritables experts.
C’était elle qui manquait d’expérience.
« Song Ge n’oubliera jamais votre bonté et votre bienveillance, senior. »
Song Ge s’agenouilla de nouveau devant Chu Feng.
Cette fois, cependant, Chu Feng lui saisit le bras avant qu’elle ne puisse s’agenouiller et la redressa.
« Tu es blessée. Prends ce médicament. » Chu Feng lui tendit une pilule médicinale.
Song Ge la regarda, puis l’avala sans hésiter.
Ce n’était pas qu’elle ne se méfiât pas de Chu Feng. Après ce qui s’était passé avec Ma Liang, elle craignait que la pilule médicinale qu’il lui avait donnée ne cache quelque chose.
Mais, après avoir repensé à ce que Chu Feng venait de faire et à sa puissance, elle décida de lui faire confiance.
Après qu’elle eut avalé la pilule médicinale, les nombreuses blessures qui la couvraient commencèrent à guérir rapidement.
Pour une pratiquante martiale comme Song Ge, se blesser était normal. En temps ordinaire, il aurait fallu des pilules médicinales combinées à des formations de guérison pour soigner des blessures aussi graves que les siennes. Et même ainsi, il aurait été impossible de les guérir en peu de temps.
Pourtant, une seule pilule médicinale venait de la guérir complètement. Song Ge éprouva dès lors un respect tout nouveau pour Chu Feng.
« Senior, votre pilule médicinale est vraiment extraordinaire. On dirait l’œuvre des dieux », s’exclama Song Ge, admirative.
« Ne m’appelle pas senior. En fait, je suis plus jeune que toi », répondit Chu Feng avec un sourire.
« Senior, vous êtes plus jeune que moi ? »
« Mais… »
Song Ge était stupéfaite.
Au Monastère de la Purification du Vide, on la considérait comme une génie.
Elle avait été couverte d’éloges tout au long de son parcours, depuis ses débuts comme disciple jusqu’au moment où elle était devenue Ancienne.
Aussi, lorsqu’elle avait rencontré quelqu’un d’aussi puissant que Chu Feng, sa première pensée avait été qu’il s’agissait d’un expert chevronné, bien plus âgé qu’elle.
Or, il venait de lui dire qu’il était plus jeune qu’elle. Song Ge en fut naturellement très surprise.
Après tout, si c’était vrai, cela signifiait qu’elle avait rencontré un génie encore plus remarquable qu’elle.
De plus, Chu Feng semblait beaucoup plus puissant qu’elle.
Cela signifiait-il que l’homme qui se tenait devant elle était un génie exceptionnel ?