Chapitre 325
« La Dynastie Jiang ?! »
En voyant ces mots sur la bannière de l’armée, le cœur de Chu Feng se serra malgré lui. C’était la première fois qu’il voyait des hommes de la Dynastie Jiang. La première fois qu’il voyait le maître du continent des Neuf Provinces.
Il fallait reconnaître que, par sa puissance, l’armée de la Dynastie Jiang était sans pareille parmi toutes celles que Chu Feng avait vues. Indépendamment de la force de ses soldats et de leur excellente qualité, la seule atmosphère qu’ils dégageaient suffisait à inspirer la peur.
Chu Feng avait entendu dire que les gens de la Dynastie Jiang n’étaient pas ordinaires. Ils avaient un sang particulier, une puissance de combat et un talent supérieurs à ceux des autres, et surpassaient les gens du commun dans tous les domaines.
On pouvait même dire, à juste titre, que tous les membres de la Dynastie Jiang étaient des génies. C’était la principale raison pour laquelle elle régnait depuis tant d’années sur le continent des Neuf Provinces.
« Étrange. Pourquoi l’armée de la Dynastie Jiang est-elle apparue ici ? Sont-ils venus dans ma Province d’Azur pour une raison précise, ou ne font-ils que passer ? »
Chu Feng était profondément impressionné par la puissance de la Dynastie Jiang. Il n’éprouvait pas la même peur que les gens ordinaires devant cette imposante armée, mais devait tout de même reconnaître que la Dynastie Jiang n’avait rien d’ordinaire.
« Peu importe. Tu avais déjà prévu de quitter la Province d’Azur et tu as bien réglé les affaires de ta famille. Même si les gens de la Dynastie Jiang se rendent dans la Province d’Azur, cela ne te concerne pas », dit Eggy.
« Mm. » Chu Feng hocha la tête, mais une pensée lui traversa l’esprit. Si la Dynastie Jiang ne faisait que passer, tant mieux. Mais si sa destination était réellement la Province d’Azur, c’était probablement pour les Tombes de l’Empereur.
Après tout, la Résidence princière du Qilin avait déjà découvert les Tombes de l’Empereur. En comprenant qu’elle ne pouvait pas les ouvrir par ses propres moyens, elle aurait certainement signalé la nouvelle à la Dynastie Jiang pour obtenir de l’aide. Ainsi, même si elle ne parvenait pas à s’emparer des trésors des Tombes de l’Empereur, la Dynastie Jiang lui accorderait au moins une récompense.
Mais Chu Feng ne s’inquiétait pas outre mesure. Il savait à quel point les Tombes de l’Empereur étaient terrifiantes et comprenait que même l’armée de la Dynastie Jiang ne pourrait s’enfoncer très loin à l’intérieur. Seuls ses experts les plus puissants auraient une chance d’en tirer quelque bénéfice.
Aussi, une fois l’armée de la Dynastie Jiang passée, Chu Feng sortit à son tour des nuages blancs et poursuivit sa route vers la Province de Qin.
Quant à la destination de l’armée de la Dynastie Jiang, Chu Feng avait vu juste : elle se rendit à la Résidence princière du Qilin. Cependant, contrairement à ce qu’il avait imaginé, la Dynastie Jiang n’était pas venue sur invitation.
« Vite ! Faites appeler le seigneur de la résidence ! »
L’armée de la Dynastie Jiang descendit du ciel avec une majesté écrasante. On aurait vraiment dit des soldats et des généraux célestes descendus dans le monde des mortels. Elle sema une peur sans bornes et, à cet instant, la Résidence princière du Qilin, souveraine de la Province d’Azur, était déjà plongée dans le chaos. Ceux qui, jusque-là, s’étaient montrés si arrogants étaient tous terrifiés.
« Seigneurs, je suis Lin Moli. J’ignorais que vous honoreriez cette résidence de votre présence, aussi ne suis-je pas venu vous accueillir. Je vous prie de me pardonner cette faute ! »
Lin Moli était lui aussi pris de panique. Si un ou deux hommes de la Dynastie Jiang étaient venus, il aurait pu tenir bon. Mais voilà qu’une véritable armée de la Dynastie Jiang se présentait à la Résidence princière du Qilin. Ne sachant que faire, il était terrorisé et ne parvenait pas à réprimer son inquiétude.
Ta. À cet instant, un homme vêtu d’une robe dorée sortit lentement du char doré tiré par une Bête monstrueuse.
C’était un jeune homme de deux mètres, au corps robuste. Il portait une couronne dorée ornée d’un dragon ; ses cheveux noirs retombaient sur ses épaules. Son visage, blanc comme neige, inspirait pourtant une froideur anormale. Ses yeux surtout dégageaient une arrogance et une férocité incomparables, au point qu’on n’osait pas les regarder en face.
« S-Seigneur Jiang Han ! » À la vue de l’homme, le visage de Lin Moli devint aussitôt blanc comme un linge, sans la moindre trace de sang. Une peur indescriptible envahit ses yeux. On voyait à quel point il redoutait le jeune homme devant lui, pourtant bien plus jeune que lui.
[Note du traducteur : Jiang est le nom de famille, Han signifie « froid ».]
« Lin Moli, connaissez-vous vos crimes ? » demanda Jiang Han, le visage aussi froid que le ton.
« Seigneur, que… que voulez-vous dire ? Je… » Lin Moli était terrifié. Déjà extrêmement inquiet, il fut saisi d’une telle frayeur lorsque Jiang Han l’interrogea ainsi qu’il ne sut plus quoi faire ni quoi répondre.
Fff. Mais avant même que Lin Moli ait pu finir sa phrase, Jiang Han leva soudain la main, recroquevilla les doigts comme les serres d’un aigle et libéra de sa paume une force d’aspiration sans limites. En un instant, il arracha Lin Moli au sol et l’attira dans sa main.
À cet instant, Jiang Han agrippa fermement la tête de Lin Moli d’une seule main. Lin Moli, pourtant au Royaume Céleste, eut beau se débattre, il ne put se libérer.
Jiang Han tourna alors son regard glacial vers les membres de la Résidence princière du Qilin, agenouillés à terre, le visage empreint de peur, et déclara :
« Lin Moli, seigneur de la Résidence princière du Qilin, avait été chargé par la cour impériale de gouverner la Province d’Azur. Pourtant, après avoir découvert une tombe mystérieuse dans la province, non seulement il ne l’a pas immédiatement signalée à la dynastie, mais il l’a ouverte en secret dans l’intention de garder pour lui les trésors de la dynastie. C’est un crime passible de mort. Il doit être décapité sur-le-champ ! »
« Seigneur, épargnez-moi ! Seigneur, épargnez-moi ! » À ces mots, le visage de Lin Moli vira au violet sous l’effet de la terreur et il se mit à implorer bruyamment qu’on lui laisse la vie sauve.
Mais Jiang Han ne lui accorda même pas un regard. Il referma brusquement la main et, dans un fracas, écrasa la tête de Lin Moli, seigneur de la Résidence princière du Qilin, sous les yeux de toute l’assemblée.
« Seigneur, épargnez-nous ! Seigneur, épargnez-nous ! »
À cet instant, tous les membres de la Résidence princière du Qilin présents se mirent à se prosterner et à implorer qu’on leur laisse la vie sauve. Ils craignaient par-dessus tout de subir le même sort que Lin Moli.
Car, sur le continent des Neuf Provinces, la Dynastie Jiang était seule à commander et seule à faire la loi. Personne n’osait l’offenser, car quiconque le faisait n’avait qu’une seule issue : la mort.
« Écoutez-moi tous. À partir d’aujourd’hui, ma Dynastie Jiang administrera directement la Province d’Azur. Vous pouvez toujours servir ma dynastie, mais si l’un de vous montre la moindre infidélité, il finira comme Lin Moli aujourd’hui. » La voix de Jiang Han tonna comme le tonnerre, son ton était glacé, et il lança ces mots à la foule.
« Nous sommes prêts à servir la dynastie ! Nous n’oserions pas nourrir la moindre ambition personnelle ! » À cette vue, les membres de la Résidence princière du Qilin, soulagés comme si un lourd fardeau venait de leur être ôté, se prosternèrent avec gratitude.
Par la suite, l’armée de la Dynastie Jiang prit le contrôle de tout ce qui se trouvait dans la Résidence princière du Qilin. Elle comptait bel et bien administrer elle-même la Province d’Azur.
À cet instant, dans un palais somptueux de la Résidence princière du Qilin, Jiang Han se tenait prêt à partir. Il semblait vouloir se rendre quelque part. Derrière lui se trouvait un vieil homme aux cheveux grisonnants.
Ce vieil homme dégageait une aura très puissante et était manifestement lui aussi un expert du Royaume Céleste. Pourtant, face à Jiang Han, il paraissait insignifiant. Il demanda avec un profond respect : « Seigneur, tout est prêt. Allons-nous inspecter cette tombe ? »
« Non. La tombe est déjà sous notre contrôle. Nous pouvons nous y rendre quand nous le voulons. »
« En revanche, puisque je suis arrivé dans la Province d’Azur, je dois aller rendre visite à quelqu’un. » Le ton de Jiang Han était glacial, dénué de la moindre émotion. Il se comportait de la même manière même avec les membres de son propre clan.
« Voulez-vous que je vous accompagne ? » Le vieil homme semblait savoir qui Jiang Han voulait aller voir et lui demanda respectueusement la permission.
« Inutile. Je peux y aller seul. » Jiang Han agita la main. Une rafale de vent se leva et son corps disparut entièrement. Il ne laissa pas même la moindre trace de son aura : il était déjà en route vers sa destination.